Festival du Grand Fauconnier

Les Fêtes du Grand Fauconnier, également appelées Médiévales de Cordes-sur-Ciel, sont une fête médiévale organisée chaque été à Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn, généralement aux alentours du 14 juillet. Créée en 1971 à l'initiative de l'imagier-enlumineur Georges Delcausse et d'un groupe d'artistes et d'artisans cordais, la manifestation associe défilés costumés, spectacles de rue, musique, artisanat, campements et marché d'inspiration médiévale. Selon les éditions, elle comprend aussi un banquet, des démonstrations de combats ou d'archerie, des spectacles de feu et de fauconnerie[1],[2].
Le nom de la fête est emprunté à la Maison du Grand Fauconnier, demeure gothique construite dans la première moitié du XIVe siècle et classée monument historique en 1875. Sa dénomination, attribuée à Prosper Mérimée, serait liée aux nombreux oiseaux de proie sculptés sur sa façade[3],[4].
Histoire
La première édition est organisée en 1971 par Georges Delcausse, avec notamment le tisserand Pierre Rial, le peintre Gérard Capou, le forgeron d'art Jean-Marc et d'autres artisans de Cordes. Le groupe veut créer une fête populaire susceptible d'animer la cité et d'y attirer des visiteurs[5]. La deuxième édition, en 1972, est placée sous le signe du 750e anniversaire de la fondation de Cordes, créée en 1222 par le comte de Toulouse Raymond VII ; au fil du temps, d'autres éditions prennent pour thème un épisode ou une représentation du passé de la ville, comme le 770e anniversaire de sa fondation en 1992, « Cordes à travers les siècles » en 2000 ou la guerre de Cent Ans en 2018[6].
La fête se développe progressivement en s'appuyant sur le décor de la cité haute et sur la participation d'habitants costumés. Dans les années 1990, elle atteint une fréquentation importante : en 1998, La Dépêche du Midi estime à 15 000 à 16 000 le nombre de personnes présentes sur trois jours, alors un record pour la manifestation[7]. Au début des années 2010, plusieurs milliers de visiteurs sont encore signalés lors de certaines éditions[8].
L'édition 2020 est annulée dans le contexte de la pandémie de Covid-19[9]. En 2022, pour le 800e anniversaire de la fondation de Cordes, la plupart des animations sont déplacées au stade situé en contrebas, tandis que le défilé reste dans la cité[10]. Le transfert au stade est ensuite critiqué par le maire de Cordes-sur-Ciel, Bernard Andrieu ; la presse locale le décrit également comme un échec[11]. En 2023, la nouvelle équipe replace donc la fête dans les rues et les places de la cité haute[5]. Cette édition comptabilise 1 962 entrées payantes ; ce chiffre n'est toutefois pas directement comparable aux estimations des décennies précédentes, la durée de la manifestation, le périmètre payant et les règles de gratuité ayant varié selon les éditions[12].
En 2025, les organisateurs réaffirment une ouverture au « médiéval fantastique », en introduisant davantage d'éléments imaginaires dans la programmation et l'identité visuelle[13]. Cette orientation n'est cependant pas sans précédent : l'édition 2000 comprenait déjà un camp et un thème explicitement qualifiés de « médiéval fantastique »[4]. Le mélange des registres médiéval et fantastique est reconduit en 2026, lors d'une édition organisée les 11 et 12 juillet[14].
Forme de la manifestation

Le programme change d'une année à l'autre, mais repose sur plusieurs éléments récurrents. Les rues, les portes fortifiées, les places et la halle de Cordes servent de décor à des déambulations de musiciens et de comédiens, à des défilés en costume et à des campements évoquant la vie civile ou militaire du Moyen Âge. Des artisans présentent selon les éditions la forge, la calligraphie, l'enluminure, le travail du bois ou d'autres techniques, tandis qu'un marché réunit des exposants d'artisanat et de produits alimentaires[10],[14].
Les animations comprennent fréquemment des combats ou initiations à l'escrime, de la musique et des danses, du théâtre de rue, des jeux et des spectacles de feu. Les défilés diurnes ou aux flambeaux constituent depuis longtemps l'un des temps forts de la fête ; des banquets costumés ont également été organisés sous la halle ou dans d'autres espaces de la ville[15],[16]. Malgré le nom de la manifestation, les démonstrations de fauconnerie ne sont pas systématiques : elles apparaissent dans de nombreux programmes, mais certaines éditions s'en passent, comme en 2023[5].
La participation du public fait partie du dispositif. Le port d'un costume d'inspiration médiévale ouvre régulièrement droit à la gratuité, et la manifestation dispose d'une costumerie constituée au fil des décennies. En 2013, celle-ci comptait plus de 700 costumes et plusieurs centaines de personnes costumées participaient habituellement aux défilés[17]. La gratuité pour les visiteurs costumés reste appliquée dans les éditions récentes[2].
Costumes et bannières
Le pavoisement de Cordes est l'un des signes distinctifs des fêtes. Dès 1971, Georges Delcausse conçoit des bannières destinées aux rues de la cité. Son fils Michel Delcausse poursuit ensuite cette production ; en 2023, il indiquait avoir réalisé plus de deux cents modèles différents[5]. Peintes sur tissu, elles représentent notamment des métiers, des scènes de vie, des motifs festifs et des éléments de l'architecture cordaise. Le comité les expose pendant une partie de l'été afin de limiter leur dégradation[18].
Au fil des éditions, costumes et bannières constituent un fonds propre à la fête, conservé et entretenu par le Comité du Grand Fauconnier. En 2022, à l'occasion du 800e anniversaire de Cordes, des expositions spécifiques leur sont consacrées dans la cité[10],[19].
Place dans la vie locale
Conçues à l'origine comme un moyen d'animer Cordes et d'attirer des visiteurs, les Fêtes du Grand Fauconnier sont devenues un rendez-vous durable de la saison estivale cordaise. Leur organisation repose largement sur des bénévoles, auxquels s'ajoutent des troupes, artisans, commerçants et restaurateurs locaux ou invités[1],[20]. Leur inscription dans le paysage urbain — plutôt que dans un espace de spectacle isolé — constitue une part importante de leur identité, comme l'a montré le retour dans la cité haute après l'expérience de 2022[5].
En 2026, la presse locale présente encore les Médiévales du Grand Fauconnier comme l'un des principaux rendez-vous festifs de la commune. L'événement conserve néanmoins une forme évolutive : sa durée, ses thèmes, les animations proposées et son modèle d'accès ont changé à plusieurs reprises depuis sa création[14].
Notes et références
- ↑ 1,0 et 1,1 Boris Repac, « Fêtes du Grand Fauconnier : un retour aux sources dans les rues de Cordes-sur-Ciel », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ 2,0 et 2,1 « Comité du Grand Fauconnier », sur Fédération française des fêtes et spectacles historiques (consulté le )
- ↑ « La maison du Grand Fauconnier », sur Musée d'art moderne et contemporain de Cordes-sur-Ciel (consulté le )
- ↑ 4,0 et 4,1 « Quand le médiéval devient fantastique », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 et 5,4 J. A. L. et Boris Repac, « « Ça passe, ou ça casse ! » : à Cordes-sur-Ciel, les Fêtes du Grand Fauconnier reprennent leur envol », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Les Fêtes du Grand Fauconnier depuis 1971 », sur Fêtes médiévales de Cordes-sur-Ciel (consulté le )
- ↑ Espérance Giral, « L'horizon 2000 en bleu pastel », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Cordes-sur-Ciel. Ils ont fait un plongeon dans le passé médiéval », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Fêtes médiévales du Grand Fauconnier à Cordes-sur-Ciel », sur Le Routard (consulté le )
- ↑ 10,0 10,1 et 10,2 Emma Calvet, « Vacances dans le Tarn : place aux fêtes médiévales du Grand Fauconnier à Cordes-sur-Ciel », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Tarn : comment Cordes-sur-Ciel veut enrayer son déclin touristique », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ Boris Repac, « Cordes-sur-Ciel. Bilan positif pour le comité du Grand Fauconnier », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Cordes-sur-Ciel. Le Grand Fauconnier 2025 s'ouvre au médiéval fantastique », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ 14,0 14,1 et 14,2 B. R., « Cordes-sur-Ciel replonge au Moyen Âge : dragons, chevaliers et spectacle de feu enflamment les Médiévales du Grand Fauconnier », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Les Fêtes du Grand Fauconnier approchent », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Cordes-sur-Ciel. Animations, marché, banquet : un Grand Fauconnier revisité », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ Lucie Villalon, « Du nouveau pour les fêtes du Grand Fauconnier à Cordes-sur-Ciel », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Location de costume du Moyen Âge — Les bannières du Grand Fauconnier », sur Fêtes médiévales de Cordes-sur-Ciel (consulté le )
- ↑ Boris Repac, « Cordes-sur-Ciel. Grand Fauconnier : les bannières s'exposent au village », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ « Tarn : Oyez oyez, place aux fêtes du Grand Fauconnier », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
Article publié sur Wikimonde Plus
- Occitanie