Franck Papazian

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Franck Papazian
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Franck Papazian (au centre) lors d'une commémoration du génocide arménien à Paris en 2016.
Nom de naissance Franck Mourad Papazian
Naissance (61 ans)
Paris (France)
Nationalité Française
Profession
Entrepreneur, patron de presse
Autres activités
Coprésident du CCAF
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur (2024)

Franck Mourad Papazian, né le à Paris, est un entrepreneur et patron de presse français[1]. Fondateur et président de MediaSchool, groupe privé d'enseignement supérieur et de formation continue, il développe parallèlement des activités dans la presse et les médias. Il préside notamment AdMediaGroup, qui détient Stratégies, CB News, Le Journal du Luxe et, depuis 2023, l'édition française du Who's Who in France[2]. Il compte également parmi les premiers investisseurs de Loopsider, dont MediaSchool a détenu une participation de 8 %[3],[4]

Issu d'une famille française d'origine arménienne, il est aussi connu sous le prénom de Mourad dans ses activités associatives[5]. Il copréside le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) avec Ara Toranian et appartient à la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA, ou Dachnaktsoutioun)[6],[7]. Il publie en 2022 l'essai Le Régime Erdogan : une menace pour la France. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2024[8].

Biographie

Origines, formation et débuts professionnels

Franck Papazian naît à Paris le 19 décembre 1964. Ses grands-parents, arméniens, ont fui les persécutions et le génocide arménien : son grand-père paternel, originaire de Van, passe notamment par la Grèce, tandis qu'une partie de sa famille maternelle transite par le Liban avant de s'établir en France. Il grandit dans un milieu familial engagé dans la vie de la diaspora arménienne, ce qui nourrit tôt son intérêt pour l'histoire familiale et les questions liées à l'Arménie[9].

Après des études de lettres modernes et une formation en communication, il commence sa carrière dans le marketing des hôtels Mercure, au sein du groupe Accor, de 1988 à 1990. Il rejoint ensuite plusieurs agences et annonceurs, puis Publicis en 1994 comme directeur de clientèle. En 1999, il entre dans la régie publicitaire du groupe RTL, où il dirige les partenariats et les opérations spéciales[10]. Parallèlement à son activité professionnelle, il intervient dans l'enseignement de la communication. Il expliquera par la suite avoir voulu rapprocher davantage les formations du fonctionnement concret des entreprises et des médias[11].

Développement de MediaSchool

En 2002, il reprend deux établissements parisiens de communication et de journalisme, l'Institut supérieur d'enseignement des relations publiques (ISERP) et l'Institut des techniques avancées de l'information et des médias (ITAIM). Les deux écoles ne rassemblent alors qu'une soixantaine d'étudiants à la rentrée selon Papazian[11]. Elles constituent le noyau du groupe qui prend le nom de MediaSchool en 2008 ; les deux établissements deviennent alors respectivement l'European Communication School (ECS) et l'Institut européen de journalisme (IEJ)[10],[12].

Le modèle développé par Papazian repose sur une forte place accordée aux professionnels en activité, à l'alternance et aux liens avec les recruteurs. Le groupe s'étend ensuite à d'autres métiers : il ouvre notamment Supdeweb en 2012 et Supdeprod en 2016, puis se diversifie vers le luxe, le sport ou encore la transition écologique[10],[13]. La croissance passe aussi par des acquisitions. En 2016, MediaSchool rachète le groupe IPF, qui réunit les écoles EPH, ETS et IRIS et compte alors 1 800 étudiants, puis Elysées Alternance, spécialisée dans les formations en alternance. Ces opérations portent l'ensemble à environ 5 000 étudiants[14],[15].

En mai 2020, MediaSchool réalise une levée de fonds menée par Florac Investissements, avec la participation de 123 Investment Managers et Golda Darty Invest. Papazian reste alors actionnaire majoritaire et conserve la direction du groupe, qui compte à cette date environ 5 500 étudiants[13]. Le développement se poursuit au cours des années suivantes. En 2026, MediaSchool indique accueillir 10 500 étudiants dans ses différents programmes en France et à l'étranger[16].

En janvier 2021, une enquête de Mediapart rapporte que MediaSchool a ouvert une enquête interne après plusieurs signalements visant des intervenants et un cadre du groupe, accusés de violences sexistes ou sexuelles. Le journal indique que Papazian avait été alerté quelques mois auparavant par d'anciennes étudiantes au sujet d'un cadre ; les accusations rapportées ne le visent pas personnellement[17]. La direction de MediaSchool adresse un droit de réponse au journal, qui le publie tout en indiquant maintenir les informations de son enquête[18].

En 2023, Papazian engage un processus de cession du pôle de formation de MediaSchool, expliquant vouloir se concentrer davantage sur ses activités dans les médias[19]. Plusieurs fonds d'investissement étudient le dossier, mais la vente n'aboutit pas[20]. Il demeure président de MediaSchool en 2026[21].

Activités dans les médias

Constitution d'un pôle de presse

Franck Papazian investit dans la presse dès 2014, en participant au tour de table organisé pour recapitaliser le quotidien Libération, alors en difficulté financière[22].

À partir de 2017, MediaSchool constitue un pôle de médias professionnels. Le groupe rachète CB News puis INfluencia, avant de prendre en 2018 une participation de 33 % dans le mensuel belge PUB et d'acquérir Stratégies[23],[4]. La même année, MediaSchool entre à hauteur de 8 % au capital de Loopsider, média vidéo lancé par Johan Hufnagel, Arnaud Maillard et Giuseppe de Martino. Au lancement du titre, Papazian et le banquier Bernard Mourad sont présentés comme les deux premiers investisseurs extérieurs du projet ; Papazian en devient administrateur[3]. La participation de 8 % de son groupe est encore mentionnée lors du rachat du Who's Who en 2023[24].

MediaSchool acquiert également Le Journal du Luxe et son événement professionnel associé en 2019, poursuivant la logique consistant à rapprocher des écoles spécialisées et des médias couvrant les mêmes secteurs[25]. Papazian préside ensuite AdMediaGroup, dans lequel sont regroupées plusieurs de ces activités. En 2025, le groupe compte parmi ses titres Stratégies, CB News, Le Journal du Luxe et le Who's Who ; cette année-là, son capital est ouvert au Média Positif, qui entre comme actionnaire minoritaire[2].

Rachat du Who's Who in France

En avril 2023, AdMediaGroup acquiert l'édition française du Who's Who, jusque-là contrôlée par l'éditeur Antoine Hébrard. Les discussions avaient commencé avant la mort de celui-ci en mars 2023 et le montant de l'opération n'est pas rendu public. L'annuaire, lancé en 1953, compte alors environ 22 000 notices biographiques et son édition imprimée est diffusée à environ 5 000 exemplaires[24].

Papazian annonce vouloir conserver l'annuaire tout en développant autour de la marque des contenus numériques et audiovisuels, des événements et une plateforme destinée à mettre en relation ses membres[26]. La publication reste juridiquement assurée par les Éditions Lafitte-Hébrard, présidées par AdMediaGroup ; Papazian est directeur de la publication du site du Who's Who[27].

Engagement au sein de la communauté arménienne

L'engagement de Franck Papazian dans les organisations franco-arméniennes s'inscrit dans une histoire familiale marquée par le génocide et l'exil[9]. En 2006, un rapport de l'Assemblée nationale le mentionne comme vice-président du CCAF pour Paris, à l'occasion d'auditions consacrées à une proposition de loi relative à la négation du génocide arménien[28]. Il devient ensuite coprésident national du Conseil aux côtés d'Ara Toranian. Tous deux sont reconduits à la coprésidence en mars 2026, à l'issue de l'élection des nouvelles instances de l'organisation[6].

Dans ce cadre, il intervient régulièrement dans le débat public français sur la mémoire du génocide arménien et les relations franco-arméniennes ; il accompagne notamment le président François Hollande en Arménie lors des commémorations du centenaire du génocide en 2015[9]. Il est par ailleurs membre de la Fédération révolutionnaire arménienne, formation politique arménienne également implantée dans la diaspora, et de son bureau mondial[7].

En juillet 2022, les autorités arméniennes lui interdisent l'entrée dans le pays et le renvoient vers la France. Le bureau du Premier ministre arménien affirme alors qu'il figure parmi les organisateurs d'une manifestation tenue à Paris le 1er juin 2021, au cours de laquelle des objets auraient été jetés en direction du cortège du Premier ministre Nikol Pachinian. Papazian nie avoir organisé ou participé à cet incident et conteste la mesure en justice[29],[30]. En janvier 2024, le tribunal administratif d'Erevan ordonne au Service de sécurité nationale de le retirer de la liste des étrangers considérés comme indésirables[31]. Il est de nouveau autorisé à se rendre en Arménie plus tard en 2024[32].

Publication

En 2022, Franck Papazian publie chez Robert Laffont et Versilio Le Régime Erdogan : une menace pour la France, un essai dans lequel il développe une critique du régime de Recep Tayyip Erdoğan et de la politique d'influence qu'il attribue à la Turquie en Europe[33].

  • Le Régime Erdogan : une menace pour la France, Paris, Robert Laffont/Versilio, 2022, (ISBN 978-2-221-25875-0)[33].

Distinctions

  • En 2018, le Grand Prix des Agences de l'année le désigne « Homme des médias de l'année »[34].
  • Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du 3 juillet 2024, au titre de ses 35 années de services[8].

Notes et références

  1. ↑ (nl) « IMMO 935 (0535.744.955) : Omzet & bestuurders », sur Pappers Belgique (consulté le ).
  2. ↑ 2,0 et 2,1 Gilles Wybo, « Le Média Positif entre au capital d'AdMediaGroup pour accélérer la transformation digitale de ses médias », sur Stratégies, (consulté le ).
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Frédéric Roy, « Loopsider se lance », sur CB News, (consulté le ).
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « Stratégies rejoint MediaSchool », sur Stratégies, (consulté le ).
  5. ↑ « Mourad Papazian », sur Aurora Humanitarian Initiative (consulté le ).
  6. ↑ 6,0 et 6,1 « Premier communiqué du nouveau Bureau national du CCAF », sur Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, (consulté le ).
  7. ↑ 7,0 et 7,1 (en) « ARF Bureau Member Mourad Papazian: Weakening the Diaspora Means Weakening Armenia », sur Armenian Revolutionary Federation (consulté le ).
  8. ↑ 8,0 et 8,1 « Décret du 3 juillet 2024 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur », sur Légifrance, (consulté le ).
  9. ↑ 9,0 9,1 et 9,2 « Franck Papazian, 100% français, 100% arménien », sur Le Journal du dimanche, (consulté le ).
  10. ↑ 10,0 10,1 et 10,2 « La biographie de Franck PAPAZIAN, Président des groupes MediaSchool, IPF et Elysée Alternance », sur L'Étudiant - EducPros (consulté le ).
  11. ↑ 11,0 et 11,1 Gilles Wybo, « Franck Papazian (Mediaschool Group), appliqué », sur Stratégies, (consulté le ).
  12. ↑ « Media School Group, professionnels du faire-savoir », sur L'Étudiant - EducPros (consulté le ).
  13. ↑ 13,0 et 13,1 « MediaSchool », sur Eurvad Finance, (consulté le ).
  14. ↑ « Groupe IPF – Acquisition », sur Eurvad Finance, (consulté le ).
  15. ↑ « Elysées Alternance », sur Eurvad Finance (consulté le ).
  16. ↑ « Étudier en français », sur MediaSchool International (consulté le ).
  17. ↑ Julie Chansel, Elie Hervé et Sophie Grison, « Violences sexuelles : le groupe MediaSchool contraint de lancer une enquête interne », sur Mediapart, (consulté le ).
  18. ↑ « Un droit de réponse de MediaSchool », sur Mediapart, (consulté le ).
  19. ↑ Gilles Wybo, « Pourquoi Franck Papazian rachète le Who's Who », sur Stratégies, (consulté le ).
  20. ↑ Aroun Benhaddou, « Mediaschool : les écoles de Franck Papazian n'ont pas trouvé preneur », sur L'Informé, (consulté le ).
  21. ↑ « Les équipes de direction », sur MediaSchool (consulté le ).
  22. ↑ « Libération : nouveau chapitre avec le retour de Joffrin et une recapitalisation », sur Le Point, (consulté le ).
  23. ↑ Frédéric Roy, « CB News rejoint MediaSchool », sur CB News, (consulté le ).
  24. ↑ 24,0 et 24,1 « Le « Who's Who » racheté par Franck Papazian », sur Le Figaro, (consulté le ).
  25. ↑ « Après CB News et Stratégies, Mediaschool achète le Journal du Luxe », sur Le Figaro avec AFP, (consulté le ).
  26. ↑ Frédéric Roy, « Franck Papazian : « Avec le Who's Who, nous allons construire un nouveau média d'influence » », sur CB News, (consulté le ).
  27. ↑ « Rapport no 3074 sur la proposition de loi complétant la loi no 2001-70 du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915 », sur Assemblée nationale, (consulté le ).
  28. ↑ « Le cabinet du Premier ministre a précisé pour quelles raisons Murad Papazian a été interdit d'entrée en Arménie », sur Armenpress, (consulté le ).
  29. ↑ (en) Artak Khulian, « Armenian Government Explains Entry Ban Imposed On Diaspora Leader », sur Azatutyun, service arménien de Radio Free Europe/Radio Liberty, (consulté le ).
  30. ↑ (en) Artak Khulian, « Armenian Court Overturns Entry Bans For Diaspora Leaders », sur Azatutyun, service arménien de Radio Free Europe/Radio Liberty, (consulté le ).
  31. ↑ (en) Ruzanna Stepanian, « Diaspora Leader Credits France's Macron With Lifting Of Armenia Entry Ban », sur Azatutyun, service arménien de Radio Free Europe/Radio Liberty, (consulté le ).
  32. ↑ 33,0 et 33,1 « Le Régime Erdogan », sur Decitre, (consulté le ).
  33. ↑ « Le Grand Prix des Agences de l'année 2018 dévoile son palmarès », sur Stratégies (consulté le ).

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