Institut de recherche sur les expériences extraordinaires

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Institut de recherche sur les expériences extraordinaires
Histoire
Fondation
2007
Cadre
Sigle
INREES
Type
Organisme d'édition et de production audiovisuelle
Forme juridique
Association à l'origine ; société par actions simplifiée pour les activités commerciales depuis 2011
Domaine d'activité
Paranormal, spiritualité, psychologie
Siège
Paris
Pays
France
Organisation
Fondateur
Stéphane Allix, Bernard Castells et Sébastien Lilli
Président
Sébastien Lilli
Publication
Inexploré
Site web

L’Institut de recherche sur les expériences extraordinaires (INREES) est une organisation française consacrée à la diffusion d'informations et de témoignages sur les expériences humaines considérées comme inhabituelles ou paranormales. Fondé en 2007 autour du journaliste Stéphane Allix, il développe des activités de presse, de production audiovisuelle et de conférences, principalement sous la marque Inexploré. Né sous forme associative, le projet s'appuie depuis 2011 sur une société commerciale chargée notamment de l'édition et des productions audiovisuelles[1],[2].

Ses publications abordent notamment les expériences de mort imminente, les récits de contacts avec des défunts, la médiumnité, la conscience et les pratiques spirituelles. Son nom ne lui confère cependant pas le statut d'un établissement universitaire ou d'un laboratoire scientifique ; la portée scientifique revendiquée par l'organisme et certains de ses fondateurs a fait l'objet de critiques documentées[3],[4].

Histoire

L'INREES naît en 2007 de l'initiative de Stéphane Allix, ancien reporter de guerre, et du médecin Bernard Castells. Sébastien Lilli les rejoint quelques mois plus tard et participe au développement du projet, dont il devient l'un des principaux responsables[1]. À ses débuts, l'organisme entend offrir un espace de discussion aux personnes racontant des événements qu'elles interprètent comme inexpliqués, en particulier lorsqu'elles éprouvent des difficultés à en parler à leur entourage ou à des soignants. Il cherche à réunir autour de ces récits des professionnels de la santé mentale, des intervenants et un public intéressé par le paranormal[5].

Cette première orientation s'accompagne de la publication, en 2009, du Manuel clinique des expériences extraordinaires, ouvrage collectif dirigé par Stéphane Allix et Paul Bernstein et publié chez InterÉditions avec le concours de l'INREES. Destiné notamment aux professionnels de l'accompagnement, il expose différentes manières de comprendre les expériences rapportées et les questions psychologiques qu'elles peuvent soulever. Le livre a connu plusieurs rééditions[5],[6].

Une société par actions simplifiée portant le nom d'INREES est créée en 2011 pour exercer des activités d'édition, d'organisation d'événements et de production de films et de programmes audiovisuels. Stéphane Allix en est le premier président ; Sébastien Lilli lui succède à cette fonction en 2013[2]. L'activité du projet s'élargit progressivement au-delà des rencontres et des publications imprimées, avec la mise en place de services numériques et d'une offre vidéo.

Activités

Presse et médias numériques

L'INREES publie à partir de l'automne 2008 une revue trimestrielle intitulée INREES, le magazine. Après onze numéros, celle-ci prend le titre Inexploré en octobre 2011, tout en conservant sa périodicité. Les notices de la Bibliothèque nationale de France décrivent une publication située à la croisée de la psychologie, de la spiritualité, du bien-être, des sciences et de la parapsychologie[7],[8].

Le magazine associe reportages, entretiens, témoignages et dossiers thématiques. Une place importante y est accordée aux questions relatives à la mort et à la conscience, aux traditions spirituelles et aux phénomènes présentés comme inexpliqués. Il s'agit d'un titre de presse destiné au grand public, et non d'une revue scientifique à évaluation par les pairs. La marque Inexploré est également déclinée sur un site d'information, en articles numériques et en podcasts. Une offre de vidéo à la demande, lancée sous le nom d'INREES TV puis rebaptisée Inexploré TV, diffuse des entretiens, des documentaires et des conférences, en partie accessibles par abonnement[9],[10].

Conférences et accueil des témoignages

L'organisme organise des conférences et des rencontres réunissant des auteurs, des chercheurs, des professionnels de santé, mais aussi des intervenants issus des milieux spirituels ou de la médiumnité. Il a notamment proposé un « Festival de l'Extraordinaire », lié à ses manifestations publiques. Ces activités prolongent sa ligne éditoriale : rapprocher des récits personnels, des interprétations spirituelles et des discours scientifiques, sans que les interventions de spécialistes constituent à elles seules une validation des phénomènes évoqués[11],[12].

L'écoute des personnes déclarant avoir vécu une expérience extraordinaire constitue une autre activité historique de l'INREES. Un réseau de psychologues et de psychothérapeutes a proposé, notamment par messagerie, un espace de parole destiné à accueillir ces récits sans jugement préalable. La démarche était présentée comme un accompagnement à la parole, non comme un dispositif de diagnostic ou de soins. L'organisme précise qu'elle ne remplace pas une prise en charge médicale ou psychologique. Après plus de quinze ans de fonctionnement, cette plateforme de messagerie a été fermée ; l'INREES oriente désormais les personnes intéressées vers un annuaire de professionnels et de structures extérieures[13],[14].

Positionnement et critiques

Entre témoignage et recherche scientifique

L'INREES présente sa démarche comme un dialogue entre psychologie, sciences et spiritualité. Il affirme vouloir examiner sans préjugé des expériences qui suscitent l'incompréhension ou le rejet, en donnant notamment la parole à leurs témoins[11]. Ce projet d'écoute et de médiatisation doit toutefois être distingué de la démonstration scientifique d'un phénomène. Un récit sincère, une interprétation personnelle ou l'avis d'un chercheur interrogé ne suffisent pas, en eux-mêmes, à établir l'existence de communications avec les morts, de perceptions extrasensorielles ou d'effets thérapeutiques revendiqués.

Le psychologue et chercheur Renaud Evrard, qui travaille sur les expériences exceptionnelles, a contesté l'emploi du mot « recherche » par l'INREES. Dans une réponse publiée en janvier 2024 par la revue Science et pseudo-sciences, il précise avoir critiqué cette organisation dans son ouvrage Phénomènes inexpliqués et considère que sa référence à la recherche est « usurpée ». Il insiste en particulier sur la nécessité de ne pas la confondre avec l'Institut métapsychique international (IMI), organisme distinct fondé en 1919 et historiquement engagé dans des études de parapsychologie[3],[15].

Dans un article paru en 2024 dans Scepticisme scientifique, John MacAllics examine le discours de Stéphane Allix, notamment à partir de son livre La mort n'existe pas (2023). Il lui reproche de faire passer les enquêtes journalistiques, les témoignages recueillis, ses convictions personnelles et les travaux de chercheurs pour les éléments d'une même démonstration scientifique. L'auteur soutient également que l'INREES n'a pas mené de programme de recherche identifiable en sciences naturelles ou humaines et que les investigations personnelles d'Allix ne sont pas soumises à la discussion scientifique selon les procédures habituelles. Cette critique porte sur la méthode et la force probante des arguments, non sur le droit des personnes à raconter leurs expériences[4].

Médiatisation du paranormal

L'activité de l'INREES s'inscrit dans un ensemble plus large de publications et d'émissions consacrées au paranormal auxquelles Stéphane Allix a pris part. Le journaliste a notamment présenté sur M6 la série documentaire Enquêtes extraordinaires, diffusée à partir de 2010. Cette émission relève de son parcours médiatique ; elle ne se confond pas avec les publications de l'INREES[16].

À propos d'un épisode consacré aux guérisseurs, Florian Mahé, dans Le Monde, reproche au documentaire de manquer de recul critique et de présenter de manière trop favorable l'intégration de certaines pratiques de guérison non conventionnelles à la médecine. Cette réception illustre les réserves soulevées par une partie des observateurs à l'égard de traitements médiatiques où les affirmations paranormales ou thérapeutiques ne sont pas suffisamment confrontées à des vérifications indépendantes[16].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 Delphine Blast, « Stéphane Allix & Sébastien Lilli : l'INREES fête ses 10 ans ! », sur Inexploré, (consulté le )
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « INREES (529 179 582) : informations juridiques et activité », sur Pappers (consulté le )
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Renaud Evrard, « Critiques injustifiées (réponse à une recension de Phénomènes inexpliqués) », sur Science et pseudo-sciences, Association française pour l'information scientifique, (consulté le )
  4. ↑ 4,0 et 4,1 John MacAllics, « Stéphane Allix ou la rhétorique de l'enquête », Scepticisme scientifique, vol. 2,‎ , p. 1-8 (lire en ligne)
  5. ↑ 5,0 et 5,1 Sylvain Michelet, « Expériences paranormales : difficile d'en parler », sur Psychologies, (consulté le )
  6. ↑ « Manuel clinique des expériences extraordinaires, 2e éd. », sur Hachette, (consulté le )
  7. ↑ « Notice bibliographique : INREES, le magazine », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
  8. ↑ « Notice bibliographique : Inexploré », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
  9. ↑ « Qu'est-ce que Inexploré TV + Digital ? », sur INREES (consulté le )
  10. ↑ « INREES TV devient Inexploré TV », sur Inexploré TV (consulté le )
  11. ↑ 11,0 et 11,1 « La mission de l'INREES », sur INREES (consulté le )
  12. ↑ « L'INREES fête ses 10 ans… avec vous ! », sur INREES (consulté le )
  13. ↑ « Écouter l'extraordinaire », sur INREES (consulté le )
  14. ↑ « J'ai vécu une expérience extraordinaire et j'ai besoin d'aide / de soutien », sur INREES (consulté le )
  15. ↑ Sofie Lachapelle, « Attempting science: The creation and early development of the Institut métapsychique international in Paris, 1919–1931 », Journal of the History of the Behavioral Sciences, vol. 41, no 1,‎ , p. 1-24 (DOI 10.1002/jhbs.20061)
  16. ↑ 16,0 et 16,1 Florian Mahé, « Les guérisseurs », sur Le Monde, (consulté le )

Liens externes

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