John Searl
| Nom de naissance | John Roy Robert Searl |
|---|---|
| Naissance |
Wantage (Berkshire, Angleterre) |
| Décès |
(à 86 ans) Californie (États-Unis) |
| Nationalité | Britannique |
| Profession |
Inventeur |
John Roy Robert Searl, né le à Wantage, alors dans le Berkshire (aujourd'hui dans l'Oxfordshire), et mort le en Californie, est un inventeur britannique connu pour avoir proposé un dispositif électromagnétique appelé générateur à effet Searl (Searl Effect Generator, ou SEG)[1].
Il affirmait que cette machine pouvait entretenir son propre mouvement, produire de l'électricité sans apport énergétique conventionnel et, dans certaines configurations, soulever un appareil par un effet d'antigravité. Ces propriétés extraordinaires n'ont jamais fait l'objet d'une démonstration indépendante et reproductible. Ses travaux sont généralement associés aux projets de mouvement perpétuel et d'énergie libre, plutôt qu'à une technologie de production électrique validée[2],[3].
Biographie
Premières expériences et diffusion du projet
Son parcours technique est principalement connu à travers ses propres récits. D'après un rapport rédigé par S. Gunnar Sandberg, il aurait commencé en 1946, à quatorze ans, un apprentissage au sein du Midland Electricity Board, à Birmingham, où il se serait familiarisé avec la fabrication et l'aimantation de pièces métalliques. Il situe entre 1946 et le début des années 1950 ses premières expériences sur des aimants rotatifs et la mise au point supposée d'un générateur autonome[4].
Au fil des décennies, il assure avoir construit plusieurs machines, puis des engins circulaires capables de décoller sans propulsion classique, qu'il nomme Searl Levity Disc. Dans l'un de ses récits, un prototype aurait même quitté le sol et disparu après une accélération incontrôlée. Ces événements reposent sur son témoignage et ne sont pas corroborés par des observations instrumentées accessibles à des chercheurs indépendants[4],[2].
À partir des années 1980, Searl collabore avec S. Gunnar Sandberg, auteur de descriptions techniques du générateur en 1985 et 1987. Rattaché à l'École d'ingénierie et de sciences appliquées de l'université du Sussex, Sandberg précise que sa reconstitution s'appuie essentiellement sur les entretiens de l'inventeur. Il examine également un échantillon d'aimant dont certaines caractéristiques ordinaires sont mesurées, sans confirmer l'existence de la structure magnétique particulière revendiquée. Ces documents apportent une description du projet, non une validation expérimentale de ses performances[5],[4].
Difficultés et poursuite des activités
Au début des années 1980, John Searl connaît un conflit avec son fournisseur d'électricité, suivi d'une incarcération dont il donnera sa propre version. L'enquêteur Anders Heerfordt rapporte en 1991 que l'intéressé reconnaissait avoir été emprisonné et que des habitants de Mortimer, où il avait vécu, évoquaient une tentative de dégradation d'un pylône électrique. Faute de documents judiciaires consultés, ces témoignages ne permettent cependant pas de reconstituer avec certitude les faits et les motifs de la condamnation[6].
Searl attribue aussi la disparition de nombreux documents et prototypes à un incendie. Sandberg évoque la destruction des archives expérimentales en 1983, ce qui rend impossible, selon lui, la restitution exacte des procédures initiales. Lors de ses recherches sur place, Heerfordt recueille néanmoins un témoignage mettant en doute la réalité de cet incendie[4],[6].
Ses projets se poursuivent à travers des conférences, des publications et la constitution de groupes de soutien. À partir de 2003, il travaille avec Fernando D. Morris à une nouvelle tentative de développement du générateur. Morris installe un centre de recherche privé en Californie en 2010. Searl le rejoint dans le comté de San Diego en 2014 et devient consultant de la société SEG Magnetics, constituée en 2016. Celle-ci annonce poursuivre des travaux sur les matériaux et l'aimantation, sans présenter de production industrielle validant les performances promises[1].
John Searl meurt le 4 décembre 2018, à l'âge de 86 ans, alors qu'il réside près des installations de cette société en Californie[1].
Le générateur à effet Searl
Principe annoncé
Le générateur imaginé par Searl repose sur des anneaux concentriques fixes, autour desquels se déplaceraient des cylindres aimantés appelés « rouleaux ». Ceux-ci devraient tourner sur leur axe tout en circulant autour des anneaux. Dans la configuration la plus élaborée, trois ensembles concentriques seraient entourés de bobines destinées à recueillir un courant par induction électromagnétique[5],[7].
L'inventeur attribue une importance déterminante à la composition des matériaux, à la disposition des éléments magnétiques et à un traitement faisant intervenir simultanément des champs magnétiques continus et alternatifs. Il présente également sous le nom de « loi des carrés » un ensemble de règles numériques servant à définir le nombre et la répartition des pièces. Il ne s'agit pas d'une loi reconnue de la physique[4],[7].
Selon Searl, des interactions magnétiques particulières permettraient aux rouleaux de se déplacer sans contact ni apport permanent d'énergie mécanique. La rotation alimenterait alors les bobines électriques, tandis que des effets électrostatiques et une modification supposée de la gravitation pourraient assurer la sustentation d'un appareil discoïdal. Les versions destinées à la production d'électricité et celles présentées comme véhicules volants reposent ainsi sur les mêmes phénomènes allégués, mais rempliraient des fonctions différentes[4],[7].
Évaluations et tentatives expérimentales
La rotation d'aimants devant des bobines peut effectivement engendrer un courant : c'est le principe des alternateurs. Elle ne supprime toutefois pas le besoin d'une source d'énergie mettant le système en mouvement. Un générateur électromagnétique convertit une énergie mécanique en énergie électrique ; l'existence d'aimants permanents ne permet pas à elle seule d'obtenir un fonctionnement perpétuel avec une puissance utile disponible en sortie[8].
Dès 1990, un rapport réalisé par le physicien Dennis J. Cravens pour le laboratoire d'astronautique de l'armée de l'air américaine examine le cas Searl. Il relève que les allégations d'antigravité et de mouvement perpétuel proviennent de l'inventeur et de ses partisans, sans témoignage indépendant ni données techniques suffisantes. Le rapport ne recommande pas d'engager des recherches expérimentales sur ce dispositif dans le cadre du programme étudié[2].
Des chercheurs russes, V. V. Roshchin et S. M. Godin, publient en 2000 dans Technical Physics Letters une étude sur un système d'aimants en rotation inspiré de ces idées. Ils y font état d'une diminution du poids apparent de leur montage, de variations de température et d'un régime de rotation qu'ils interprètent comme autonome. Il s'agit de résultats rapportés par les auteurs, et non d'une reproduction indépendante du générateur complet de Searl[9].
Dans un essai ultérieur sur un prototype simplifié, utilisant notamment des aimants en céramique et un moteur électrique, les mêmes chercheurs ne constatent ni autoaccélération, ni anomalie notable de température ou de champ magnétique. Ils supposent que la taille ou la composition du montage pourrait expliquer ce résultat négatif, sans en apporter la démonstration. Ces expériences n'établissent donc ni le rendement énergétique annoncé ni un effet d'antigravité reproductible[10].
Réception et médiatisation
En 1991, Anders Heerfordt entreprend de retrouver des témoins des expériences de John Searl. Il rencontre notamment Sandberg et d'anciens proches de l'inventeur, mais aucun ne lui présente de démonstration convaincante d'une machine capable de produire de l'énergie sans apport ou de léviter. Il conclut que les affirmations les plus spectaculaires ne sont pas étayées[6].
Le physicien Steve Donnelly, professeur à l'université de Salford, relate en 2007 sa participation, plusieurs années auparavant, à l'émission britannique Pebble Mill at One de la BBC, au cours de laquelle il avait été invité à examiner les affirmations de Searl. Aucun appareil fonctionnel n'avait alors été présenté, l'inventeur invoquant la destruction de ses installations. Donnelly parle à son propos de « professeur autoproclamé » et critique la manière dont les images de cette émission ont ensuite été réutilisées sur des sites promotionnels, au risque de laisser croire qu’il soutenait ses travaux[3].
Le projet conserve une visibilité dans les milieux consacrés aux technologies énergétiques non conventionnelles, notamment à travers des ouvrages de vulgarisation spéculative, des conférences et Internet. Un film documentaire, The John Searl Story, réalisé par Brad Lockerman et sorti en 2009, participe à cette diffusion[11]. Malgré les efforts de ses promoteurs et les maquettes réalisées, aucune machine n'a démontré dans des conditions expérimentales indépendantes les capacités énergétiques ou gravitationnelles attribuées à l'effet Searl[3],[7].
Bibliographie
- S. Gunnar Sandberg, « Searl-Effect Generator: Design & Manufacturing Procedure », rapport technique, 1985.
- S. Gunnar Sandberg, « The Searl Effect & the Searl-Effect Generator », rapport technique, 1987.
- Rho Sigma, Ether-Technology: A Rational Approach to Gravity Control, Adventures Unlimited Press, 1996 (réédition d'un ouvrage de 1977), (ISBN 978-0-932813-34-3). Cet ouvrage aborde notamment les projets de Searl dans le cadre des théories spéculatives sur la gravitation.
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 (en) « About Us », sur SEG Magnetics, Inc. (consulté le )
- ↑ 2,0 2,1 et 2,2 Dennis J. Cravens, Electric Propulsion Study, rapport technique AL-TR-89-040, Science Applications International Corporation, pour l'Astronautics Laboratory de l'US Air Force, août 1990, annexe D, p. D-4 (document ADA227121).
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Steve Donnelly, « Levity on the Web: how the internet facilitates pseudoscience – and skepticism », The Skeptic, vol. 20, no 3, 11 juillet 2007.
- ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 4,4 et 4,5 S. Gunnar Sandberg, « The Searl Effect & the Searl-Effect Generator », rapport daté du 17 juin 1987, d'après des entretiens avec John Searl réalisés à partir de 1982.
- ↑ 5,0 et 5,1 S. Gunnar Sandberg, « Searl-Effect Generator: Design & Manufacturing Procedure », juin 1985.
- ↑ 6,0 6,1 et 6,2 Anders Heerfordt, « John Searl and his flying disks », enquête personnelle des 1er mars et 22 juin 1991, diffusée par le réseau KeelyNet sous les noms SEARLE1.ASC et SEARLE2.ASC, textes reproduits dans The UFO Technology Hackers Manual.
- ↑ 7,0 7,1 7,2 et 7,3 Tim Ventura, « John Searl and the Searl Effect Generator (SEG) », Alternative Propulsion Engineering Conference, 20 septembre 2025.
- ↑ (en) « How electricity is generated », sur U.S. Energy Information Administration (consulté le )
- ↑ V. V. Roshchin et S. M. Godin, « An Experimental Investigation of the Physical Effects in a Dynamic Magnetic System », Technical Physics Letters, vol. 26, no 12, 2000, p. 1105-1107, doi:10.1134/1.1337268.
- ↑ S. M. Godin et V. V. Roshchin, « Testing of Small Prototype to Investigate Searl's Effect », New Energy Technologies, vol. 2, 2001, p. 242-245.
- ↑ (en) « The John Searl Story (2009) », sur IMDb (consulté le )
Article publié sur Wikimonde Plus
- Physique