Le Grand JD
| Genre | Divertissement, exploration urbaine, reportage, paranormal, documentaire animalier |
|---|---|
| Nom de naissance | Julien Donzé |
| Naissance |
Genève, Suisse |
| Nationalité | Suisse |
| Nombre d'abonnés | 4,17 millions sur YouTube (septembre 2026)[1] |
| Autres activités | Réalisateur, caméraman, monteur, producteur |
| Chaîne | www.youtube.com/@legrandjd |
Le Grand JD, de son vrai nom Julien Donzé, né le à Genève, est un vidéaste web, réalisateur, caméraman et monteur suisse. D'abord connu pour des vidéos humoristiques, des parodies et des expériences absurdes, il diversifie progressivement sa chaîne YouTube vers l'exploration urbaine, le paranormal, puis les reportages de terrain et les documentaires consacrés à l'environnement et à la faune[2],[3]
Créée en 2009, sa chaîne rassemble 4,17 millions d'abonnés et plus de 615 millions de vues cumulées à la fin de septembre 2026[1]. Ses activités passent notamment par des collaborations avec la Radio télévision suisse (RTS), de la websérie animalière Animalis au documentaire Le Fantôme des Rocheuses, ainsi que par la société de production Laxar Gang, qu'il a fondée avec la productrice Margaux Fritschy[4].
Biographie
Formation et débuts sur Internet
Julien Donzé naît le 5 février 1987 à Genève. Il s'intéresse à l'image dès l'adolescence, en utilisant notamment la caméra familiale, puis se forme au montage et à la prise de vues[2]. À la fin des années 2000, il travaille comme caméraman et monteur pour une société de production genevoise tout en réalisant, le soir et le week-end, ses propres vidéos[3]. Sa chaîne YouTube actuelle est créée le 6 mai 2009[1] ; il diffuse à cette époque des créations personnelles sur les plateformes vidéo, dont Dailymotion et YouTube.
Ses premières années en ligne sont marquées par un mélange de clips, de publicités détournées, de parodies et d'expériences volontairement absurdes. En 2011, Bref j'ai joué à Call of Duty avec Diablox9, qui mêle le jeu vidéo Call of Duty, le vidéaste Diablox9 et une parodie de la série télévisée Bref., lui apporte une forte visibilité : la vidéo dépasse le million de vues en dix jours et entraîne plusieurs milliers de nouveaux abonnements à sa chaîne[5]. La Société suisse des auteurs relève encore en 2019 que cette parodie demeure, avec onze millions de vues, l'un de ses principaux succès[3].
Le clip humoristique J'aime les licornes, publié en janvier 2012, auquel Orelsan participe brièvement, devient un autre titre emblématique de cette période[6]. Le Grand JD pousse également le procédé de la répétition jusqu'à publier une version de onze heures de ce morceau, l'une des déclinaisons volontairement démesurées qui caractérisent alors son humour[7]. Dans un entretien de 2019, il explique toutefois que son intérêt premier reste la fabrication des images, le montage et les formes de récit plutôt que sa seule présence à l'écran[3].
Exploration urbaine et paranormal
L'exploration de lieux abandonnés ou réputés hantés devient un axe important de la chaîne au milieu des années 2010. En 2014, il se rend sur l'île italienne de Poveglia dans le cadre des Étranges Expériences ; en 2016, il lance Phantasma, série spécifiquement consacrée à l'exploration de lieux présentés comme hantés[8]. Ces tournages l'emmènent dans différents pays et se situent au croisement de l'urbex, de la mise en scène de l'angoisse et de l'enquête sur des phénomènes inexpliqués.
Dans une étude consacrée aux chaînes francophones de chasse aux fantômes sur YouTube, la chercheuse en sciences de l'information et de la communication Fanny Georges classe Le Grand JD, avec Silent Jill, dans une tendance davantage centrée sur l'exploration urbaine que sur l'accumulation d'appareils censés détecter le paranormal. Elle observe que ses vidéos parlent de lieux « supposés hantés » et que la majorité des phénomènes présentés y reçoivent, de sa part, une explication ordinaire, notamment par la paréidolie ; dans un bilan publié en 2018, il ne retenait que deux phénomènes qu'il disait ne pas savoir expliquer après quatre années d'explorations[8].
Cette distance augmente au fil du temps. Interrogé en 2023 sur sa croyance aux fantômes, il dit y croire « de moins en moins » et évalue alors sa position à « 50-50 », tout en conservant son intérêt pour le mystère[9]. L'exploration ne se limite pas au paranormal : il tourne également dans des sites industriels ou militaires abandonnés, notamment un hangar de l'ancien cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, qu'il cite en 2023 comme l'une de ses explorations les plus marquantes[9].
Passage au reportage de terrain
Au début de 2017, la chaîne prend une nouvelle orientation avec Un Youtubeur en Irak, tourné à Mossoul pendant la reconquête de la ville face à l'État islamique. Le film, d'une durée d'environ vingt-six minutes, atteint 2,5 millions de vues selon la Société suisse des auteurs[3]. France Inter souligne alors le caractère inhabituel, sur YouTube, d'un créateur issu du divertissement se rendant sur un terrain de guerre accompagné de professionnels familiers de ce type de reportage[10]. Donzé dira deux ans plus tard que cette vidéo a été fortement critiquée par des professionnels des médias, mais qu'elle lui a montré qu'un public pouvait aussi suivre ses sujets sérieux[3].
La même année, il filme les zones évacuées et radioactives autour de Fukushima, puis multiplie les voyages pour des sujets mêlant exploration, environnement et reportage[3]. En novembre 2017, il participe également au Bangladesh à l'opération Love Army for Rohingya, lancée par Jérôme Jarre et Omar Sy avec plusieurs artistes et vidéastes afin d'attirer l'attention sur la crise des Rohingya et de recueillir des dons[11].
Le reportage demeure ensuite l'un des formats de la chaîne, sans remplacer ses autres registres. En mars 2021, il publie ainsi La guerre en Ukraine, documentaire consacré à la guerre du Donbass tourné du côté ukrainien[12]. Cette évolution vers des formats plus documentaires reste articulée à son écriture de vidéaste : la caméra subjective, la présence du réalisateur dans le récit et un montage conçu pour les usages du web continuent d'occuper une place centrale.
Nature, faune et environnement
En 2016, avant même le tournant de Mossoul, Le Grand JD développe avec le réalisateur et photographe animalier Fabien Wohlschlag la websérie Animalis, diffusée par la RTS et sur YouTube. Les dix épisodes s'intéressent à la faune de Suisse romande et d'Europe centrale en reprenant certains codes de la vidéo web — récit incarné, montage rapide et humour — tout en cherchant à observer les animaux avec discrétion. Wohlschlag présente alors la sensibilisation à la faune de proximité et le respect d'une éthique animale comme les objectifs du programme[13]. Animalis dépasse le million de vues sur le web et reçoit le Grand Prix du Swiss Web Festival en 2017[14].
Cette collaboration avec le service public se prolonge avec Alerte Bleue, produite par la RTS en 2017. Le journaliste Bernard Genier y revient, quinze ans après de précédents reportages, sur plusieurs écosystèmes fragilisés, accompagné du Grand JD ou de la vidéaste Dear Caroline. Les épisodes abordent notamment la fonte du pergélisol dans le nord du Canada, l'évolution des fonds marins de la mer Rouge, la déforestation liée à l'huile de palme à Bornéo et les transformations d'un écosystème de la zone birmano-thaïlandaise[15].
L'épisode tourné à Bornéo, mis en ligne en mars 2018, retient particulièrement l'attention : Télérama décrit un film qui combine documentaire télévisé et blog de voyage incarné, et relève près de 1,5 million de vues quelques jours après sa publication[16]. Le Conseil du public de la RTSR salue de son côté la capacité de la série à utiliser les codes de YouTube pour toucher un public jeune, tout en rapportant que certains de ses membres regrettent un manque d'approfondissement de l'information. Il comptabilise alors près de quatre millions de consultations pour quatre épisodes[17].
Le Grand JD continue par la suite à intégrer les animaux sauvages à ses films. En 2026, il réalise Le Fantôme des Rocheuses, documentaire consacré au puma et au travail de pistage du photographe animalier neuchâtelois Neil Villard dans les montagnes Rocheuses canadiennes. Le tournage dure 58 jours sur le terrain[18]. Coproduit par la RTS, le film dure 65 minutes et fait l'objet d'avant-premières à Genève et Neuchâtel en février 2026 avant sa diffusion télévisée[19].
Production et audience
L'élargissement de la chaîne à des tournages plus longs et plus coûteux s'accompagne d'une professionnalisation de sa production. À partir de 2017, Julien Donzé s'associe à Margaux Fritschy, ancienne journaliste de la RTS, qui prend en charge une partie du suivi éditorial et de la production. Tous deux fondent Laxar Gang, société audiovisuelle qui produit les contenus de la chaîne et dont Fritschy co-réalise également certains projets[3],[4].
Le financement repose sur plusieurs sources. En 2019, Donzé indique à la Société suisse des auteurs que la rémunération directement liée aux vues sur YouTube ne représente qu'environ 20 à 30 % de ses revenus et qu'il recourt notamment à des partenariats commerciaux et à des coproductions, dont celles de la RTS, pour financer ses films. Il présente alors cette diversification comme un moyen de conserver une marge de liberté dans le choix de ses sujets[3]. Le passage d'une production largement solitaire à une structure professionnelle ne fait pas disparaître la variété de la chaîne, qui continue à alterner reportages, explorations, paranormal et sujets animaliers.
L'audience progresse parallèlement : la chaîne dépasse 2,3 millions d'abonnés en 2019[3], puis trois millions en 2020[2]. À la fin de septembre 2026, elle compte environ 4,17 millions d'abonnés et plus de 615 millions de vues cumulées[1].
Publications
- Cauchemar en Écosse : Fantastic Escape Game, avec Simon Gabillaud, Coline Pignat et William Bonhotal, Solar, 2019, (ISBN 978-2-263-16065-3)[20].
- Rencontre en zone 51 : escape game, avec Simon Gabillaud et Coline Pignat, illustrations de William Bonhotal, Solar, 2020, (ISBN 978-2-263-16917-5)[21].
Notes et références
- ↑ 2,0 2,1 et 2,2 « Le Grand JD, influenceur d'influence », sur Sauvons l'eau, (consulté le ).
- ↑ 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 et 3,09 Pierre-Louis Chantre, « Le Grand JD, sa petite entreprise de fou » [PDF], sur Le Journal de la Société suisse des auteurs, (consulté le ).
- ↑ 4,0 et 4,1 « Gamification of cinema – YouTube turns 20: how creators adapt to platform shifts », sur Geneva International Film Festival, (consulté le ).
- ↑ « Call of Duty parodié à la sauce Bref », sur Wizdeo, (consulté le ).
- ↑ « LE GRAND JD — Season 2012 », sur TheTVDB (consulté le ).
- ↑ « Corpus des vidéos étudiées — Le Grand JD », sur Communiquer (consulté le ).
- ↑ 8,0 et 8,1 Fanny Georges, « La chasse aux fantômes sur YouTube. Approche ethnographique et quali-quantitative des commentaires des vidéos », Communiquer, no 27, , p. 99-122 (DOI 10.4000/communiquer.4989, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ 9,0 et 9,1 Alyssa Garcia, « Le plus célèbre des Youtubeurs suisses : « J'ai plus peur ici que dans un lieu hanté » », sur Watson, (consulté le ).
- ↑ « Ces Internets qui sont sur le terrain », sur France Inter, (consulté le ).
- ↑ Romain Baheux et Delphine Perez, « #LoveArmyForRohingya : les dessous de l'opération de Jérôme Jarre et Omar Sy », sur Le Parisien, (consulté le ).
- ↑ « Un youtubeur Le Grand JD a tourné un documentaire en français sur la guerre en Ukraine », sur Ukrinform, (consulté le ).
- ↑ Clémence Olivier, « Animalis, la web-série qui casse les codes du documentaire animalier », sur Ouest-France, (consulté le ).
- ↑ « La malice d'Animalis primée au Swiss Web Festival ! », sur SSR Suisse Romande, (consulté le ).
- ↑ « Alerte bleue », sur RTSpro (consulté le ).
- ↑ Julie Lassale, « « J'ai vu le scandale de l'huile de palme », une vidéo militante (et alarmante) du Grand JD », sur Télérama, (consulté le ).
- ↑ Conseil du public RTSR, « Communiqué de presse — Alerte Bleue » [PDF], sur SSR Suisse Romande, (consulté le ).
- ↑ Patricia Martin, « Pour son nouveau film le Grand JD est sur les traces du puma », sur Blick, (consulté le ).
- ↑ « « Le Fantôme des Rocheuses » — Projections spéciales », sur RTS Avec vous, (consulté le ).
- ↑ « Cauchemar en Ecosse. Fantastic Escape Game », sur Decitre (consulté le ).
- ↑ « Rencontre en zone 51 : escape game : 20 énigmes, 40 indices pour vous échapper d'une aventure extra-ordinaire », sur Médiathèques de l'Eurométropole de Strasbourg (consulté le ).
Liens externes
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