Morsay

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Morsay
Nom de naissance Mohamed Mehadji
Naissance (47 ans)
Activité principale Rappeur, vidéaste, réalisateur, acteur
Genre musical Rap français
Instruments Voix
Années actives Depuis 2007
Labels Truand 2 la Galère

Morsay, nom de scène de Mohamed Mehadji, né le [1],[2], est un rappeur, vidéaste, réalisateur, acteur et commerçant français. Associé au collectif et label indépendant Truand 2 la Galère (T2LG), animé avec son frère Youssef Mehadji, dit Zehef, il se fait connaître à la fin des années 2000 par des disques autoproduits, la vente de vêtements aux puces de Saint-Ouen et surtout une série de vidéos de confrontation diffusées sur Dailymotion puis YouTube[3].

Sa notoriété en ligne repose en grande partie sur les « clashs », les provocations et les réponses filmées à ses détracteurs, une mécanique qui contribue aussi à faire connaître les vêtements et les disques de T2LG[4],[3]. En 2009, un clip couramment désigné dans la presse sous le titre J'ai 40 meufs déclenche une polémique médiatique après des réactions de syndicats policiers, de responsables politiques et d'une association LGBT[5],[6]. À partir de 2011, il étend ses activités au cinéma indépendant avec La Vengeance, suivi de deux suites dans les années 2020[7].

Biographie

Parcours et Truand 2 la Galère

Morsay est issu d'une famille nombreuse de la banlieue parisienne. Dans un portrait publié par Le Monde en 2019, il raconte avoir grandi notamment dans le Val-d'Oise et à Clichy, avoir quitté l'école en classe de cinquième et avoir connu plusieurs périodes d'incarcération avant et après sa majorité. Le journal présente ces épisodes comme faisant partie du récit qu'il livre de sa jeunesse et de son passage à une activité commerciale et artistique[3].

Son frère Youssef, connu sous le nom de Zehef, développe de son côté Truand 2 la Galère, à la fois collectif de rap, marque de vêtements et structure de production. Le site du collectif présente Zehef comme son fondateur et indique que Morsay le rejoint au milieu des années 2000. Les deux frères vendent des disques et des tee-shirts aux puces de Saint-Ouen, à proximité de la porte de Clignancourt[8]. Cette articulation entre musique, commerce de rue et autopromotion devient ensuite une constante de leurs activités[3].

En 2007, T2LG réalise l'un de ses premiers coups médiatiques en filmant le déplacement d'un groupe de plusieurs dizaines de personnes dans les locaux de Skyrock, après une plaisanterie de l'animateur Difool visant la sœur d'un vendeur proche de Morsay. Zehef affirme au Monde que la vidéo obtient alors plusieurs milliers de vues en une journée[3]. L'année suivante, Morsay publie son premier album solo, Le Son du Ter-Ter[9], puis participe en 2009 avec Zehef au double album Cli-Cli, notre plaque tournante[10].

Notoriété sur Internet

La musique reste cependant secondaire dans la construction de sa notoriété. En 2008, un clip aux paroles violentes et homophobes attire l'attention d'internautes qui tournent Morsay en dérision. Il répond par une longue vidéo intitulée Message à Internet, composée de menaces et d'invectives à l'encontre de ses détracteurs. Le Monde la décrit en 2012 comme un « cas d'école du Web » et revient en 2019 sur la succession de parodies et de réponses qui s'ensuit[4],[3].

Ces échanges l'opposent notamment à des membres des forums de Jeuxvideo.com surnommés les « noelistes », ainsi qu'au vidéaste Vinceneil, présenté par Le Monde comme un sympathisant du Rassemblement national. Les affrontements filmés s'étalent sur plusieurs mois et mêlent surenchère verbale, mise en scène et autopromotion. Zehef estime rétrospectivement que cette exposition a augmenté la fréquentation de leur boutique et les ventes de T2LG[3]. Le portrait publié par le quotidien en 2019 souligne ainsi que Morsay a transformé une réputation d'abord largement moqueuse ou hostile en levier commercial, tout en restant durablement associé à son personnage agressif en ligne[3].

Cette logique nourrit également des affirmations spectaculaires sur sa réussite financière ou ses activités, que la presse ne parvient pas toujours à vérifier. Dès 2012, Le Monde relève que plusieurs de ses affirmations sur ses affaires et sa fortune sont invérifiables ou fausses, et distingue ces déclarations de ce qui peut être établi sur son parcours[4]. En 2019, le même journal constate que son audience sur YouTube a fortement diminué après plusieurs suppressions de chaîne, tandis qu'il continue à publier ponctuellement des vidéos pour son public[3].

Polémique autour de J'ai 40 meufs

À l'automne 2009, un clip associé à T2LG, identifié dans la presse par le refrain J'ai 40 meufs, provoque une polémique en raison de propos visant notamment la police municipale et les homosexuels. Le Syndicat national des policiers municipaux demande des sanctions au ministère de l'Intérieur. Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qualifie les propos de Morsay d'« intolérables » et estime que la liberté d'expression ne saurait servir de prétexte à des dérives incitant, selon lui, à la haine ou à la violence, tout en rappelant qu'il revient à la justice de déterminer si la loi a été enfreinte[5].

Morsay répond alors qu'il n'a ni mis la vidéo en ligne ni décidé de son retrait et qu'il intervient sur le morceau comme invité. Il défend le clip comme une fiction et conteste l'interprétation qu'en font les syndicats policiers[5]. Le 28 octobre 2009, l'association Révolution LGBT dépose à son tour une plainte, estimant que certaines paroles relèvent de l'incitation à la haine homophobe[6]. Dans une rétrospective consacrée aux conflits entre responsables politiques et rappeurs, Le Monde relève l'année suivante que la controverse contribue à accroître la notoriété de Morsay, jusque-là peu connu du grand public[11].

Opérations médiatiques de 2012

En 2012, Morsay met en scène une pseudo-candidature à l'élection présidentielle, expression employée par Le Monde pour qualifier cette opération de communication[4]. Le portrait publié en 2019 replace cet épisode parmi plusieurs opérations de communication destinées à relancer son exposition médiatique[3].

Au printemps de la même année, il apparaît dans des vidéos avec l'écrivain Mickael Korvin, candidat à l'Académie française. Une première séquence s'en prend à l'académicien Erik Orsenna avec des insultes et des menaces de violences sexuelles ; une autre vise ensuite Patrick Poivre d'Arvor, lui aussi candidat à l'Académie. La presse culturelle présente ces vidéos comme des opérations provocatrices liées à la campagne de Korvin[12],[13]. Elles prolongent la stratégie de « clash » qui a construit la visibilité de Morsay sur les plateformes vidéo.

Cinéma et activités ultérieures

Morsay réalise à partir de 2011 La Vengeance, long métrage de 2 h 06 coréalisé avec Youssef Mehadji et Stevens Simons, dans lequel les deux frères jouent leur propre personnage[7]. Avant sa commercialisation, Morsay affirme dans plusieurs vidéos que le film a été « censuré » et met en cause notamment Marine Le Pen, Claude Guéant et Éric Zemmour. Le site JeuxActu relaie ces accusations comme des déclarations du réalisateur, sans produire de décision officielle d'interdiction[14]. Le film est finalement commercialisé en DVD en février 2012[15].

La Vengeance attire une attention particulière dans les communautés consacrées au nanar : le site spécialisé Nanarland lui consacre une longue chronique et le répertorie parmi ses films, en insistant notamment sur son autoproduction et sur l'entrelacement entre le film, la marque T2LG et la stratégie de promotion de Morsay[16]. Le Monde cite également le film parmi les projets par lesquels Morsay a cherché à prolonger sa notoriété au-delà de YouTube[3].

Une suite, La Vengeance 2, est réalisée avec Hilaci Attia et mise en ligne directement sur la chaîne YouTube de Morsay en 2020[17],[18]. La Vengeance 3, réalisé et écrit par Morsay, paraît en 2021[19].

Parallèlement, il poursuit ses activités musicales et commerciales. La série Le Son du Ter-Ter se prolonge jusqu'à un quatrième volume en 2013, tandis qu'une bande originale de La Vengeance paraît la même année et qu'un autre album, Baise tous les racistes du monde, sort en 2016[20],[21],[22]. En 2024, il revient longuement sur l'histoire de T2LG, de sa marque MY, de la vente aux puces et de l'usage des réseaux sociaux dans un épisode du podcast Merci le Merch[23].

Discographie

Projets solo et principaux albums

  • 2008 : Le Son du Ter-Ter[9].
  • 2009 : Le Son du Ter-Ter 2[8].
  • 2011 : Le Son du Ter-Ter 3[24].
  • 2013 : La Vengeance (Bande originale du film)[21].
  • 2013 : Le Son du Ter-Ter 4[20].
  • 2016 : Baise tous les racistes du monde[22].

Projets avec Zehef et Truand 2 la Galère

  • 2009 : Cli-Cli, notre plaque tournante, avec Zehef, double album[10].
  • 2011 : Après la haine, la vengeance, avec Truand 2 la Galère[25].

Filmographie

Réalisation

  • 2011 : La Vengeance, coréalisé avec Youssef Mehadji et Stevens Simons ; commercialisé en DVD en 2012[7],[15].
  • 2020 : La Vengeance 2, coréalisé avec Hilaci Attia[17].
  • 2021 : La Vengeance 3[19].

Notes et références

  1. ↑ « Mohamed MEHADJI - Dirigeant de SASU HUMANITAIRE », sur Verif.com (consulté le )
  2. ↑ « Mohamed Mehadji : TRUAND 2 LA GALERE », sur Pappers (consulté le )
  3. ↑ 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 et 3,10 Bruno Lus, « La vie après YouTube : Morsay, perdu dans le clash », sur Le Monde, (consulté le )
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 Jean-Jacques Larrochelle, « Mais qui est donc Morsay ? », sur Le Monde, (consulté le )
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 « Frédéric Mitterrand s'insurge contre le clip d'un rappeur », sur Le Parisien, (consulté le )
  6. ↑ 6,0 et 6,1 Gilles Klein, « Plainte gay contre le rappeur Morsay », sur Arrêt sur images, (consulté le )
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 « La Vengeance », sur AlloCiné (consulté le )
  8. ↑ 8,0 et 8,1 « BIO T2LG », sur Truand 2 La Galère (consulté le )
  9. ↑ 9,0 et 9,1 « Criblé De Balle (feat. Zehef, Zk & Ben) », sur Spotify, (consulté le )
  10. ↑ 10,0 et 10,1 « Cli-cli notre plaque tournante », sur E.Leclerc, (consulté le )
  11. ↑ « Près de vingt ans de combats entre politiques et rap », sur Le Monde, (consulté le )
  12. ↑ Clément Solym, « Erik Orsenna menacé de mort et de viol », sur ActuaLitté, (consulté le )
  13. ↑ Clément Solym, « PPDA dans le viseur de Morsay et Korvin », sur ActuaLitté, (consulté le )
  14. ↑ Maxime Chevalier, « La Vengeance : Morsay attaque Marine Le Pen, Claude Guéant et Eric Zemmour », sur JeuxActu, (consulté le )
  15. ↑ 15,0 et 15,1 « Morsay : tous les produits », sur Fnac (consulté le )
  16. ↑ « La Vengeance », sur Nanarland (consulté le )
  17. ↑ 17,0 et 17,1 « La Vengeance 2 », sur AlloCiné (consulté le )
  18. ↑ Jessica Gajderowicz, « Morsay confirme la sortie du troisième volet du film « La Vengeance » », sur Gentsu, (consulté le )
  19. ↑ 19,0 et 19,1 « La Vengeance 3 », sur AlloCiné, (consulté le )
  20. ↑ 20,0 et 20,1 « Son du ter ter 4 », sur Fnac, (consulté le )
  21. ↑ 21,0 et 21,1 « La vengeance (Bande originale du film) », sur Apple Music, (consulté le )
  22. ↑ 22,0 et 22,1 « Baise tous les racistes du monde », sur Fnac, (consulté le )
  23. ↑ « EP 03 - Vendre sa marque à Clignancourt (Truand 2 La Galère, MY) - avec Morsay », sur Merci le Merch : Hustle et Rap, (consulté le )
  24. ↑ « Son du ter ter 3 », sur Fnac, (consulté le )
  25. ↑ « Après la haine, la vengeance », sur Apple Music, (consulté le )

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