Ordre de Saint-Rémi
Ordre de saint Remi | ||
![]() Écu de l'Ordre. | ||
Repères historiques | ||
---|---|---|
Fondation | 25 mars 2017 | |
Fondateur(s) | Chanoine Frédéric Goupil
Chanoine Sébastien Goupil |
|
Siège | Évreux | |
Fiche d'identité | ||
Église | Catholique | |
Type | Association loi de 1901 | |
Vocation | Prière liturgique pour la fidélité de la France aux promesses de son Baptême | |
Localisation | France | |
Site internet | http://chapitredesaintremi.wordpress.com/ | |
modifier ![]() |
L'Ordre de saint Remi est une association de fidèles catholiques et civile (loi de 1901)[1], réunie autour d'un chapitre collégial de chanoines séculiers, qui a son siège à Évreux en Normandie.
L'Ordre est fondé en 2017 dans l'intention de restaurer en France les chanoines séculiers pour « accomplir les fonctions liturgiques plus solennelles » (canon 503[2]) dans des églises collégiales. Il prie spécifiquement « pour la fidélité de la France aux promesses de son Baptême »[3], selon l'appel du pape Jean-Paul II au Bourget (1er juin 1980).[4]
Le « chapitre de Saint-Remi », sa branche ecclésiastique accueillie pour sa période de fondation (2017-2020) en Provence par Mgr Dominique Rey, est une association cléricale publique de fidèles depuis le 8 octobre 2018[5].
Des laïcs appartiennent également à l'Ordre pour vivre de sa spiritualité et soutenir son chapitre.
Spécificités
Statut canonial séculier
L'Ordre de saint Remi aspire à faire revivre en France les chanoines séculiers de collégiales. Cette forme de vie mixte, intermédiaire entre la vie religieuse cloîtrée et la vie séculière paroissiale, était très présente en France avant la Révolution: un tiers des prêtres martyrs (18 sur 64) déportés sur les pontons de Rochefort en 1794-1795 et béatifiés par Jean-Paul II en 1995, étaient des chanoines, et chaque diocèse français compte ordinairement plusieurs églises historiquement collégiales.
Tout chapitre entraînant autour de lui l'existence d'un clergé auxiliaire[6] : vicaires, prêtres chapelains, enfants de chœur, etc., plusieurs chapitres canoniaux se constituèrent par le passé en congrégations ou en ordres, par exemple le chapitre du Saint-Sépulcre (1099) en ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre (1114).
Après la suppression des congrégations de chanoines séculiers par saint Pie V (1504-1572, pape en 1566)[7], ces dernières n'ont survécu - et même connurent un nouvel essor aux XVIIe et XVIIIe siècles[8] - que dans les pays anciennement sous l'obédience du Saint-Empire romain germanique.
Chapitre collégial
Au bénéfice du Code de droit canonique de 1983 reconnaissant désormais à l'évêque diocésain (et non plus seulement au Saint-Siège) le droit d'ériger une église collégiale[9], Mgr Rey, pour la première fois en France depuis la Constitution civile du Clergé (1790), érige le 25 octobre 2018 par décret l'église paroissiale du Val en collégiale ad tempus, en faisant alors la seule collégiale française encore spécifiquement en exercice.[10] Le même jour est érigé le chapitre collégial de Saint-Remi.
L'évêque de Fréjus-Toulon installe le les chanoines de Saint-Remi en la collégiale du Val, y partageant les charges entre le curé de la paroisse et le chapitre collégial[11], puis l'année suivante en l'église de La Roquebrussanne.
Culte divin pour la France
Comme dans les monastères et abbayes, la vie d'un chanoine de Saint-Remi est rythmée par la célébration solennelle de la Liturgie, l'Office divin étant chanté depuis les stalles du chœur, dans la liturgie latine traditionnelle en chant grégorien et à l'intention du salut de la France, à l'instar des messes célébrées « pro Francia » à la basilique Saint-Pierre le 31 mai[12] et « pro felici ac prospero statu Galliæ » (pour la prospérité de la France) en la basilique Saint-Jean-de-Latran par le cardinal-vicaire le 13 décembre[13] à Rome chaque année.
Des rubriques propres aux églises cathédrales (in Ecclesiis Cathedralibus) ou collégiales (in Ecclesiis Collegiatis) précisent les cérémonies spécifiques de la Messe capitulaire, à laquelle assiste tout le chapitre, et des autres Messes à célébrer le même jour par les prêtres du chapitre.
Patronage et héraldique
L'Ordre est consacré à la royauté de la Sainte Famille de Jésus-Christ, comme dévotion à la royauté sociale du Christ (sur la France en particulier), de la Très Sainte Vierge Marie Immaculée et de saint Joseph.[14]
Il est placé sous le patronage de saint Remi de Reims (437-533), 15e évêque de Reims, qui administra le baptême au roi Clovis, acte fondateur de la France[3].
L'Ordre a relevé les armes de l'abbaye royale Saint-Remi de Reims, dont l'église abbatiale (basilique depuis 1871) abrite les reliques de l'Apôtre des Francs dans une châsse en bronze de 1896. L'écu se blasonne : De France ancien à la croix d'argent, et la devise est Adveniat Regnum Tuum (« Que Votre Règne arrive », paroles du Pater).
L'Ordre arbore aussi un drapeau rectangulaire composé de deux bandes horizontales de surface égale, la première or et la seconde noire]
Esprit
L'étude et la prière personnelle occupent une grande partie de la journée d'un chanoine. Plusieurs membres du chapitre sont étudiants dans des universités pontificales et publiques.
L'Ordre de saint Remi, dont les fondateurs sont nourris de spiritualité salésienne et carmélitaine, se rattache à l'École française de spiritualité, attentive à méditer le mystère de l'Incarnation et du Sacerdoce et à travailler à la sanctification du clergé catholique.
Calendrier
La Pénitencerie apostolique accorde à la Toussaint 2019 aux membres et fidèles du chapitre de Saint-Remi différentes indulgences : partielle pour la récitation de la prière quotidienne de l'Ordre, ainsi que pour toute prière offerte pour le salut de la France ; plénière au jour de l'entrée des membres, et à tous les fidèles pour l'assistance aux offices célébrés par le chapitre aux fêtes de l'Ordre.
Organisation
L'Ordre se compose d'un collège de clercs présidé par un prévôt et comprenant des chanoines titulaires, des clercs affiliés (membres d'autres congrégations ou diocèses et désireux de vivre de son esprit), des bénéficiers ecclésiastiques ou laïcs (s'engageant au service actif de l'Ordre) ainsi que de membres simples désireux de participer selon leurs possibilités aux œuvres, mérites et indulgences de l'Ordre.
Apostolat
Les membres de l'Ordre exercent aussi un ministère ad extra, complémentaire de celui du clergé diocésain paroissial : service des curies (chancellerie, secrétariat particulier de l'évêque, officialité, archives, etc.), prédication de retraites spirituelles et de missions, organisation de conférences et de pèlerinages, enseignement de la doctrine sociale de l'Église selon le génie catholique et français[18], enseignement et direction spirituelle dans les écoles ou séminaires, aumônerie ou service d'associations et institutions : Action Familiale et Scolaire, Alliance des Cœurs Unis (2017-2021), Association universelle des amis de Jeanne d'Arc, Compagnons de Saint Michel Archange, Confrérie Royale (pour ses pèlerinages et retraites), Confrérie de saint Joseph, patron de la bonne mort, pour le soulagement des âmes du Purgatoire.
Habit de chœur
Les membres clercs de l'Ordre de saint Remi portent lors des cérémonies liturgiques un habit propre, défini par les constitutions du chapitre[19]. Ils portent sur la soutane noire une ceinture armoriée au blason de l'Ordre, un surplis (candidats au canonicats) ou rochet revêtu d'un mantelet noir doublé d'or (clercs affiliés) et se coiffent d'une barrette noire.
Sur le rochet, les chanoines revêtent la mosette noire moirée filetée, boutonnée et doublée d'or, et se coiffent de la barrette noire au filetage doré, sans houppe. Ils portent sur la poitrine la croix canoniale du chapitre, attachée à une cordelière noire et or, aux couleurs de l'Ordre.
Histoire
Formation et ministère des fondateurs
Originaires d'Évreux en Normandie, les fondateurs sont frères. Ils reçoivent leur formation ecclésiastique au séminaire de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, et sont respectivement ordonnés prêtres par le cardinal Raymond Leo Burke en 2009 et 2012 en l'église Saint-Michel-Saint-Gaétan à Florence.
Le chanoine Frédéric Goupil, né en 1980, licencié en histoire et droit canonique, est élu chapelain prieur des Compagnons de Saint Michel Archange et béni le 20 octobre 2018 par Dom Jean Pateau, abbé de Notre-Dame de Fontgombault.[20]
Le chanoine Sébastien Goupil, né en 1982, diplômé d'un master en droit, est vice-chancelier du diocèse de Cahors et juge auditeur ecclésiastique à l'officialité de la province ecclésiastique de Toulouse.[21]
Fondation en Provence
L'Ordre de saint Remi est symboliquement fondé le , pour le centenaire des apparitions mariales de Fátima.
Accueillis en Provence en par Mgr Dominique Rey, et mis à disposition du diocèse de Fréjus-Toulon[22], les fondateurs sont d'abord installés au Trayas puis au Val en comme prêtres desservants, au service de la curie épiscopale de Fréjus-Toulon — Frédéric comme notaire épiscopal[23], collaborateur du chancelier et notaire à l'officialité de la province ecclésiastique de Marseille, et Sébastien comme chargé de mission au secrétariat particulier de Mgr Rey[24]. C'est dans cette Provence verte qu'est située l'arrivée des premiers disciples du Christ : saint Lazare, sainte Marthe et surtout sainte Marie-Madeleine à la Sainte Baume.
Le chapitre de Saint-Remi, dont la fondation est ébauchée le lundi de Pentecôte à Évreux et Chartres devant les reliques du Voile de la Très Sainte Vierge et l'Anneau de sainte Jeanne d'Arc, est érigé le sous forme d'association cléricale publique de fidèles de droit diocésain[25]. L'aîné des fondateurs en est reconnu prévôt et modérateur le même jour par décret épiscopal[20]. Le chapitre est installé le dans la collégiale Notre-Dame de l'Assomption du Val[26].
À la demande de l'évêque, l'Ordre organise son premier pèlerinage à Cotignac le à l'occasion de l'année jubilaire du 5e centenaire des apparitions mariales, et commence à recevoir des membres. Le Jeudi saint, le chapitre de Saint-Remi est invité en corps par Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz, à la Messe chrismale, dont la célébration dans le rit latin traditionnel est unique au monde, en sa cathédrale au Liechtenstein[27].
Les chanoines de Saint-Remi participent le à la fondation, par des fidèles laïcs de Provence, de la « Confrérie de saint Joseph, patron de la bonne mort, pour le soulagement des âmes du Purgatoire »[28]. Le 2 juillet, le 10e anniversaire de Sacerdoce du prévôt est célébré à la basilique Saint-Remi de Reims.
En , les chanoines sont nommés en l'église Saint-Sauveur de La Roquebrussanne[29], où s'établit alors le siège de l'Ordre. Le , le prévôt célèbre en la basilique de Domremy le centenaire de la canonisation de sainte Jeanne d'Arc par le pape Benoît XV[30], et un pèlerinage y est organisé en octobre 2020[31].
À l'issue de leur service à Toulon, début 2021, les chanoines sont reçus plusieurs mois en Périgord par l'association Entraide et Tradition et son président-fondateur l'abbé Paul Aulagnier, qui meurt le 6 mai après la publication de sa Grande histoire de la Messe interdite[32] ; il est fait chanoine d'honneur à titre posthume le 12.
Sources
- « Des chanoines pour la France », in Église Fréjus-Toulon, n° 226, entretien, mars 2018, p. 13.
- « L'Ordre de Saint-Remi », in Lectures Françaises, n° 732, avril 2018, p. 42[33].
- « Vivre au rythme de Dieu », in Polonia Cristiana, entretien de Jacques TRUFFEM avec le chanoine GOUPIL, 26 février 2019.[34]
- « Les Chanoines Goupil, pro Deo et Patria », in L'Incorrect, entretien d'Élodie PEROLINI avec les chanoines, n° 28, février 2020, pp. 24-25.[35]
- « Hommage à André Clément (1930-2020) : entretien avec les chanoines Goupil », sur le site Vexilla Galliae, par V.F., 28 mars 2021.[36]
- « Les Belles Figures de l'Histoire » sur saint Remi, sur la chaîne CNews, émission présentée par Aymeric POURBAIX, 15 janvier 2022, à 20'57.[1][2][3]
Articles connexes
- Baptême de Clovis
- Chanoine
- Chapitre de chanoines
- Collégiale
- École française de spiritualité
- Liste de collégiales de France
- Saint Remi
Liens externes
Notes et références
- ↑ https://www.journal-officiel.gouv.fr/associations/detail-annonce/associations_b/20190034/231
- ↑ Code de droit canonique, Rome, [lire en ligne], p. Canon 503
- ↑ Revenir plus haut en : 3,0 et 3,1 https://www.dailymotion.com/video/x8740en?fbclid=IwAR0gOPIEhkh82ZeosU1fwdmASFNpWrb6ep8uAH-TmNUmyXotLWVJXuAUUIE
- ↑ « 1 juin 1980, Le Bourget | Jean Paul II », sur w2.vatican.va (consulté le )
- ↑ « Ordre de saint Remi - Eglise catholique de Fréjus-Toulon », sur diocese-frejus-toulon.com (consulté le )
- ↑ Bénédicte Sère, « Anne Massoni, La Collégiale Saint-Germain l’Auxerrois de Paris (1380-1510). Préface de Philippe Contamine. Limoges, Presses Universitaires de Limoges (« Histoire. Trajectoires »), 2009, 685 p., 24 cm, 30 €, (ISBN 978-2-84287-480-3) », Revue de l’histoire des religions, no 1, , p. 141–143 (ISSN 0035-1423, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (it) Ad instar canonicorum, la struttura essenziale della vita canoniale secolare, Rome, Lateran University Press, coll. « Corona lateranensis », , 488 p. (ISBN 9788846510792)
- ↑ « Dictionnaire historique de la Suisse », sur https://hls-dhs-dss.ch, (consulté le )
- ↑ « Code du Droit Canon », sur Faculté de Droit Canonique (consulté le )
- ↑ « Décrets année 2018 », sur Service de la chancellerie, (consulté le )
- ↑ « Code du Droit Canon », sur Faculté de Droit Canonique (consulté le )
- ↑ https://va.ambafrance.org/Messe-pour-la-France-31-mai-2021
- ↑ https://www.infocatho.fr/rome-celebration-dune-messe-pour-la-france-a-saint-jean-de-latran/
- ↑ François Ier, « Lettre apostolique Patris corde », vatican.va, (lire en ligne)
- ↑ Huguet (Jean-Joseph, dir.), « Henri de Bourbon consacre sa personne, sa maison et sa patrie à saint Joseph », Le propagateur de la dévotion à saint Joseph et à la Sainte Famille, Périsse Frères, , pp. 185-190 (lire en ligne)
- ↑ Pie XI, « Lettre apostolique GALLIAM ECCLESIAE FILIAM PRIMOGENITAM », sur salve-regina.com, (consulté le )
- ↑ Pie XI, « Encyclique QUAS PRIMAS », sur vatican.va, (consulté le )
- ↑ S. Pie X : lettre encyclique "Notre charge apostolique" aux évêques de France ; Rome, 25 août 1910. http://www.virgo-maria.org/references/references_html/Saint_Pie_X/1910-08-25_SS-PIUS-X_NOTRE-CHARGE-APOSTOLIQUE.html
- ↑ Statuts du Chapitre de Saint-Remi, VI, Toulon, , 9 p., p. art. 13, p. 6
- ↑ Revenir plus haut en : 20,0 et 20,1 « Chapitre 2018 à Fontgombault », sur ocsma.blogspot.com,
- ↑ « Diocèse de Cahors », (consulté le )
- ↑ icrsp.org/Calendriers/Calendrier-2018/Calendrier%202018.pdf
- ↑ « Chancellerie du diocèse de Fréjus-Toulon », sur https://chancellerie.frejustoulon.fr, (consulté le )
- ↑ « Chancellerie du diocèse de Fréjus-Toulon », sur https://chancellerie.frejustoulon.fr, (consulté le )
- ↑ « Chancellerie du diocèse de Fréjus-Toulon », (consulté le )
- ↑ « Chancellerie du diocèse de Fréjus-Toulon », sur https://chancellerie.frejustoulon.fr, (consulté le )
- ↑ « Messa in latino », sur http://blog.messainlatino.it, (consulté le )
- ↑ « La Confrérie de saint Joseph pour les âmes du Purgatoire », sur riposte-catholique.fr,
- ↑ Summorum Pontificum, « Un nouveau lieu d'application du Motu Proprio dans le diocèse de Toulon », sur www.riposte-catholique.fr,
- ↑ « L'Ordre de saint Remi à Domremy », sur pelerinagesdefrance.fr/, (consulté le )
- ↑ Summorum Pontificum, « Pèlerinage à Domrémy les 3 et 4 octobre », sur riposte-catholique.fr,
- ↑ La Grande histoire de la Messe interdite, Ilion Ed., , 324 p. (ISBN 978-2-382-90002-4)
- ↑ « L'Ordre de Saint-Remi », Lectures Françaises, no 732, , p. 42
- ↑ (pl) Jacques TRUFFEM, « Vivre au rythme de Dieu », sur https://pch24.pl, (consulté le )
- ↑ Elodie PEROLINI, « Les chanoines Goupil, Pro Deo et Patria », L'Incorrect, no 28, , p. 24-25 (lire en ligne
)
- ↑ F.V., « Hommage à André Clément (1930-2020) : entretien avec les chanoines Goupil », sur https://www.vexilla-galliae.fr, (consulté le )
- ↑ https://pelerinagesdefrance.fr/L-Ordre-de-saint-Remi-a-Domremy
Article publié sur Wikimonde Plus
- Portail du catholicisme