Paul Melun
Paul Melun, né en 1994 en Gironde, est un écrivain, essayiste et éditorialiste français. Diplômé de Sciences Po Bordeaux puis de l'ESSEC, il travaille d'abord comme consultant en stratégie avant de développer une activité d'auteur et de chroniqueur[1],[2].
Ses premiers essais portent sur les transformations sociales et politiques contemporaines. Il publie avec Jérémie Cornet Enfants de la déconstruction en 2019, puis dirige en 2021 le manifeste collectif Souverains demain !. Dans Libérer la gauche (2023), il mêle récit personnel et critique de l'évolution de la gauche française. Après un ouvrage consacré au patrimoine du Thouarsais en 2024 et un dialogue sur la république et la monarchie en 2025, il passe à la fiction avec Plouc Story, son premier roman, paru chez Fayard en 2026[3],[2].
D'abord engagé à l'UNEF puis au Parti socialiste, qu'il quitte en 2022, Paul Melun se présente comme un « souverainiste de gauche » et un « gaulliste de gauche »[4],[5]. En 2021, il fonde le laboratoire d'idées Souverains Demain !, qui place la souveraineté, l'écologie et l'innovation au centre de ses travaux[6].
Dans les médias, il intervient pendant quatre saisons sur CNews, notamment dans L'Heure des pros, avant de quitter la chaîne en 2025. Il anime ensuite avec Nathan Devers Le pour et le contre sur France Info pendant la saison 2025-2026 et tient parallèlement une chronique hebdomadaire dans Télématin sur France 2[7],[8]. À la rentrée 2026, il rejoint LCI comme éditorialiste dans Brunet sans filtre[9].
Formation et premiers engagements
Paul Melun grandit à Bordeaux. La notice biographique de son premier livre situe ses premiers engagements politiques au lycée, lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2010[1]. Il intègre ensuite Sciences Po Bordeaux, où il milite à l'UNEF. Il préside la section locale du syndicat de 2014 à 2016[10]. En 2016, Rue89 Bordeaux le présente également comme représentant de l'UNEF au conseil d'administration de l'Institut d'études politiques[11].
Il adhère au Parti socialiste pendant ses études[3]. Après son diplôme de Sciences Po Bordeaux, il poursuit sa formation à l'ESSEC, puis rejoint KPMG comme consultant en stratégie[1]. L'écriture de son premier essai commence durant cette période, parallèlement à ses études puis à son activité professionnelle.
Œuvre
Premiers essais et souveraineté
En 2019, Paul Melun publie avec Jérémie Cornet Enfants de la déconstruction : Portrait d'une jeunesse en rupture, aux Éditions Marie B[1]. Les auteurs y proposent un portrait critique de la jeunesse occidentale contemporaine. Ils relient l'affaiblissement des cadres collectifs et des transmissions culturelles à la progression de l'individualisme et de la consommation, et s'intéressent notamment aux effets des réseaux numériques, de l'automatisation et de la compétition sociale. Leur propos est organisé autour de trois moments — « se faire », « s'aimer » et « se battre » — auxquels répondent trois voies de « reconstruction », la terre, la culture et les sciences[12].
Deux ans plus tard, il dirige Souverains demain ! : Manifeste pour une France indépendante, écologique et innovante, publié aux Éditions Marie B[13]. L'ouvrage rassemble une trentaine de contributeurs autour d'un « souverainisme éclairé » que ses auteurs opposent à l'autarcie et au repli national. Il formule des propositions destinées à intervenir dans le débat précédant l'élection présidentielle française de 2022[14].
Libérer la gauche et ouvrages de 2024-2025
Avec Libérer la gauche : La confession d'un enfant du peuple, paru aux Éditions du Cerf en mai 2023, Paul Melun associe autobiographie politique et essai sur l'histoire récente de la gauche française[3]. Il y défend l'idée que celle-ci s'est progressivement éloignée du monde du travail, des classes populaires et de ses traditions républicaines, tout en accompagnant selon lui la mondialisation économique et l'individualisation de la société. Dans un entretien à la Revue des Deux Mondes consacré au livre, il fait de cette rupture avec les catégories populaires, les campagnes et la souveraineté nationale le fil conducteur de son analyse[15].
Installé une partie de son temps dans les Deux-Sèvres, il consacre en 2024 un ouvrage au patrimoine local. Châteaux & logis en Thouarsais, publié aux Nouvelles Éditions Sutton, présente un peu plus de quarante châteaux et demeures répartis dans les quatre cantons historiques du Thouarsais[16]. Il explique alors que son installation dans la région a nourri son intérêt pour le patrimoine bâti et sa conservation[17].
En 2025, il cosigne avec le journaliste Philippe Viguié Desplaces Et si le prochain président était un roi ? République ou monarchie ? Un match pour la démocratie, chez Mareuil Éditions. Construit comme une confrontation argumentée entre les deux formes de régime, le livre confie à Viguié Desplaces la défense de la monarchie et à Melun celle de la république[18],[19].
Plouc Story
Le 11 mars 2026, Paul Melun publie chez Fayard Plouc Story, son premier roman[2]. Le récit suit Sébastien, un adolescent d'un village fictif de Gironde qui cherche à s'extraire de son milieu social grâce aux réseaux sociaux. Son ascension le conduit à Bordeaux puis à Paris avant une chute qui remet en cause son rapport à la célébrité et à son milieu d'origine. Le roman transpose dans la fiction plusieurs thèmes déjà présents dans les essais de Melun : la mobilité sociale, la relégation territoriale, l'identité et l'emprise des réseaux numériques[2].
Dans Le Journal du dimanche, Adrien Baget rapproche le parcours du personnage de la tradition du roman d'ascension sociale et met l'accent sur la figure du « transfuge de classe » à l'ère d'Instagram et de TikTok[20].
Activités médiatiques
Paul Melun publie des tribunes et chroniques dans la presse écrite, notamment dans Le Figaro, Marianne, Atlantico et Front Populaire[21]. Il tient également une chronique au Journal du dimanche, consacrée principalement à la politique française, aux institutions, aux questions européennes, à l'écologie et à l'aménagement du territoire[22].
À la radio et à la télévision, il devient dans la première moitié des années 2020 un intervenant régulier dans les émissions de débat. Sa notice d'auteur aux Éditions du Cerf le présente en 2023 comme chroniqueur sur RTL, CNews et LCI[3]. Il passe quatre saisons sur CNews, en particulier dans L'Heure des pros de Pascal Praud, où il débat régulièrement avec Nathan Devers[7]. Les deux chroniqueurs annoncent leur départ à l'été 2025 en expliquant vouloir modifier leur manière de participer au débat public[7].
Le 29 août 2025, Melun et Devers lancent sur France Info Le pour et le contre, coanimé avec la journaliste Claire-Élisabeth Beaufort. Diffusée les vendredis, samedis et dimanches soirs, l'émission associe débats d'actualité, livres et échanges avec des invités issus du monde intellectuel et culturel[8]. En novembre, Melun rejoint parallèlement Télématin sur France 2, où il présente chaque vendredi une chronique du même nom, construite autour des arguments contradictoires suscités par une question d'actualité[23].
France Télévisions ne reconduit pas Le pour et le contre au-delà de sa première saison. En juin 2026, Le Monde relie cette décision aux faibles audiences du programme et rapporte que la direction de France Info le juge peu compatible avec sa conception de l'actualité[24]. La chronique de Melun dans Télématin s'arrête également à l'issue de la saison 2025-2026. À la rentrée suivante, il rejoint LCI comme éditorialiste dans Brunet sans filtre, l'émission d'Éric Brunet, avec deux participations hebdomadaires annoncées[9].
Engagement politique et idées
Du Parti socialiste au souverainisme de gauche
En 2020, plusieurs années après son passage à l'UNEF, Paul Melun publie dans Atlantico un témoignage très critique sur l'évolution du syndicat : il estime que la défense des conditions d'études et les revendications sociales y ont reculé au profit des approches identitaires et intersectionnelles[10]. La même année, il figure parmi les signataires d'une tribune du Monde demandant la numérisation et la mise à disposition du public des « cahiers citoyens » issus du Grand débat national, afin qu'ils puissent être exploités par les chercheurs et les citoyens[25].
En février 2021, il fonde Souverains Demain !, un laboratoire d'idées qui se présente comme apartisan. Le collectif entend travailler sur l'indépendance de la France, la démocratie, l'écologie et l'innovation et réunit, pour son manifeste de 2021, une trentaine de contributeurs issus de sensibilités différentes[6],[14]. Paul Melun en assure la présidence.
Il conserve sa carte du Parti socialiste jusqu'au printemps 2022. Le 27 avril, au moment où la direction du parti négocie un accord avec La France insoumise pour les élections législatives, Le HuffPost rapporte qu'il annonce la rendre ; le journal le présente alors comme le fondateur de Souverains Demain ! et comme un « souverainiste de gauche »[4]. Il continue par la suite à revendiquer son appartenance à la gauche tout en se réclamant du gaullisme. En 2025, il se définit ainsi comme « souverainiste de gauche » et « gaulliste de gauche », et emploie aussi l'expression « socialiste vintage » pour caractériser sa position[5].
Souveraineté, gauche populaire et territoires
La souveraineté nationale constitue le principal fil conducteur de ses prises de position. Dans la Revue des Deux Mondes en 2023, Paul Melun distingue explicitement le souverainisme du nationalisme et du repli identitaire. Il défend la coopération internationale et une Europe fondée sur des projets communs, tout en contestant le transfert de compétences qu'il attribue à la construction européenne issue du traité de Maastricht[15]. Cette orientation se retrouve dans les travaux de Souverains Demain !, qui associent indépendance politique et économique, protection de l'environnement et capacité d'innovation[6].
Sa critique de la gauche française s'appuie sur l'idée d'un éloignement des catégories populaires et des territoires ruraux. Il lui reproche d'avoir sous-estimé les effets de la désindustrialisation et de la mondialisation, ainsi que les préoccupations relatives à la sécurité et à l'immigration. Dans l'entretien de 2023, il appelle la social-démocratie à rompre avec ce qu'il nomme l'« Europe de Maastricht » et à adopter une ligne plus restrictive en matière migratoire, tout en refusant d'assimiler cette position à un nationalisme de fermeture[15].
L'aménagement du territoire occupe une place complémentaire dans ce corpus. Résidant une partie de son temps dans un village des Deux-Sèvres, il défend la décentralisation, le renforcement des villes moyennes et des espaces ruraux et une plus grande place accordée à la participation citoyenne[15]. Ses chroniques au Journal du dimanche prolongent ces thèmes autour de la souveraineté énergétique, de la gestion des forêts, des institutions et de la démocratie directe[22].
Sur les questions culturelles, Melun critique régulièrement ce qu'il désigne comme le « wokisme » et l'importation en France de catégories politiques issues des campus américains. Cette lecture apparaît dès ses textes sur l'UNEF, puis dans Libérer la gauche, où il relie ces évolutions à sa critique plus générale de l'individualisme et de la « déconstruction »[10],[15]. Il inscrit ces prises de position dans la revendication d'un héritage social, républicain et souverainiste.
Activités culturelles
Paul Melun est à l'origine des « Lectures musicales », des rencontres associant textes littéraires et musique classique. Après une première lecture autour de la guerre de Troie au château d'Oiron, le format est repris en 2023 à Villefranche-de-Rouergue autour des Fables de Jean de La Fontaine, avec des œuvres de Maurice Ravel et Francis Poulenc[26].
En janvier 2025, il cofonde avec l'homme d'affaires Tony Gomez le prix de la Pensée libre, destiné à distinguer des essais contemporains. Livres Hebdo indique que Melun prend en charge la sélection littéraire et la constitution du jury, tandis que Gomez s'occupe principalement de l'organisation et de la promotion de l'événement[27].
Publications
Essais et autres ouvrages
- avec Jérémie Cornet, Enfants de la déconstruction : Portrait d'une jeunesse en rupture, Éditions Marie B, 2019[1].
- sous sa direction, Souverains demain ! : Manifeste pour une France indépendante, écologique et innovante, Éditions Marie B, 2021[13].
- Libérer la gauche : La confession d'un enfant du peuple, Éditions du Cerf, 2023[3].
- Châteaux & logis en Thouarsais, Nouvelles Éditions Sutton, 2024[16].
- avec Philippe Viguié Desplaces, Et si le prochain président était un roi ? République ou monarchie ? Un match pour la démocratie, Mareuil Éditions, 2025[18].
Roman
- Plouc Story, Fayard, 2026[2].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Jérémie Cornet et Paul Melun, Enfants de la déconstruction : Portrait d'une jeunesse en rupture, Éditions Marie B, 2019, notice biographique des auteurs (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 « Plouc Story », Éditions Fayard, 11 mars 2026 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 « Libérer la gauche », Éditions du Cerf, mai 2023 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 4,0 et 4,1 Jade Toussay avec l'AFP, « La première rencontre entre PS et LFI pour les législatives “constructive” », Le HuffPost, 27 avril 2022 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 5,0 et 5,1 Maxime Birken, « Nathan Devers et Paul Melun, éditorialistes sur CNews débarquent sur… franceinfo », Le HuffPost, 20 août 2025 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 6,0 6,1 et 6,2 « Souverains Demain », HelloAsso (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 7,0 7,1 et 7,2 Benjamin Meffre, « Nathan Devers et Paul Melun quittent CNews : “Envisager autrement notre participation au débat public” », Le Parisien, 3 août 2025 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 8,0 et 8,1 Alice Clavier, « “Nous cherchons avant tout la vérité” : après CNews, Nathan Devers et Paul Melun débattront sur Franceinfo », Le Parisien, 20 août 2025 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 9,0 et 9,1 Benjamin Meffre, « Après son départ de France Info, Paul Melun rejoint LCI », Le Parisien, 21 juillet 2026 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 10,0 10,1 et 10,2 Paul Melun, « Les dérives islamo-gauchistes de l'Unef vues de l'intérieur », Atlantico, 24 octobre 2020 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Simon Barthélémy, « Le FN entre à Sciences Po Bordeaux », Rue89 Bordeaux, 16 mars 2016 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Louis Armengaud Wurmser, « Enfants de la déconstruction, de Jérémie Cornet et Paul Melun », ESSEC Alumni, 14 novembre 2019 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 13,0 et 13,1 « Souverains demain ! : manifeste pour une France indépendante, écologique et innovante », Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 14,0 et 14,1 « Souverains Demain : Manifeste pour un souverainisme éclairé », Fnac, 12 novembre 2021 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 15,0 15,1 15,2 15,3 et 15,4 Claudine Wéry, « Paul Melun : “Mai 68 a été le cheval de Troie du capitalisme mondialisé” », Revue des Deux Mondes, 3 juillet 2023 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 16,0 et 16,1 « Châteaux & logis en Thouarsais », Fnac, 5 juin 2024 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Erwan Barillot, « Paul Melun au JDD : “Restaurer un château est un projet qui vous survivra” », Le Journal du dimanche, 4 mai 2024 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 18,0 et 18,1 « Et si le prochain président était un roi ? », Livres Hebdo, 27 mars 2025 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Victor Lefebvre, « “Et si le prochain président était un roi ?” : le débat inattendu entre républicain et monarchiste », Le Journal du dimanche, 5 mai 2025 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Adrien Baget, « “Plouc Story” : les illusions perdues de Paul Melun », Le Journal du dimanche, 23 juin 2026 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ « Paul Melun », Front Populaire (consulté le 25 août 2026).
- ↑ 22,0 et 22,1 « Paul Melun », Le Journal du dimanche (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Benjamin Meffre, « Ex de CNews et complice de Nathan Devers, Paul Melun rejoint “Télématin” », Le Parisien, 6 novembre 2025 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Brice Laemle, « BFM-TV devance CNews et LCI pour le troisième mois de suite, Franceinfo loin derrière », Le Monde, 1er juin 2026 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Collectif, « Le gouvernement doit rendre disponibles, en ligne, l'ensemble des “cahiers citoyens” en open source », Le Monde, 24 novembre 2020 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ « Chapelle St-Jacques : une lecture musicale autour des Fables de la Fontaine », La Dépêche du Midi, 23 novembre 2023 (consulté le 25 août 2026).
- ↑ Élodie Carreira, « Paul Melun et Tony Gomez lancent le prix de la Pensée libre », Livres Hebdo, 18 février 2025 (consulté le 25 août 2026).
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