Philippe Torre

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Philippe Torre
Fonctions
Maire de Berlancourt
En fonction depuis le
(11 ans, 10 mois et 16 jours)
Réélection 2020 et 2026
Conseiller régional des Hauts-de-France
En fonction depuis
(5 ans)
Élection 27 juin 2021
Circonscription Aisne
Président Xavier Bertrand
Conseiller communautaire de la communauté de communes de la Thiérache du Centre
En fonction depuis
(moins d’un an)
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Nationalité Française
Parti politique Debout la France (jusqu'en 2020) ; CNIP (depuis 2021)
Diplômé de Université Paris-II Panthéon-Assas
Profession Avocat d'affaires

Philippe Torre, né le 8 novembre 1964, est un avocat d'affaires et homme politique français[1]. Maire de Berlancourt, commune de l'Aisne, depuis 2014, il est également conseiller régional des Hauts-de-France depuis 2021, élu sur la liste du Rassemblement national conduite par Sébastien Chenu[2].

Ancien vice-président de Debout la France puis responsable au Centre national des indépendants et paysans (CNIP), il défend une stratégie d'alliance avec le Rassemblement national. Il intervient notamment comme avocat d'Éric Ciotti pendant la crise interne de Les Républicains (LR) en 2024. Depuis février 2025, il revendique la présidence du CNIP face à Bruno North, dans le cadre d'une élection interne contestée[3].

Carrière d'avocat

Diplômé d'un DESS de droit des affaires et de fiscalité de l'université Paris-II Panthéon-Assas, Philippe Torre commence sa carrière chez Gide Loyrette Nouel. Il fonde en 1995 le cabinet Hausmann & Associés, puis rejoint en 2001, comme associé, le cabinet parisien Reinhart Marville Torre. Son activité porte principalement sur le droit des sociétés, les fusions-acquisitions, le capital-investissement et les opérations de rachat d'entreprise par effet de levier (LBO). Il conseille aussi des entreprises lors de restructurations et intervient dans les contentieux et arbitrages liés aux opérations sur leur capital[4],[5].

Avec l'avocat Christian Hausmann, il est l'auteur de Les garanties de passif, un ouvrage consacré à la négociation et à la mise en œuvre des garanties lors des transmissions d'entreprises. Sa cinquième édition paraît chez EFE en 2018[6].

Parcours politique

Mandats locaux et Debout la France

Élu au conseil municipal de Berlancourt lors des élections municipales de 2014, Philippe Torre devient maire en décembre de la même année[7],[8]. Reconduit après les municipales de 2020, il conduit en mars 2026 la liste « Berlancourt, en avant ! », seule liste en présence, qui remporte les sièges du conseil municipal[9]. Le Répertoire national des élus, actualisé après le renouvellement municipal, le recense toujours comme maire et comme conseiller communautaire de la communauté de communes de la Thiérache du Centre en 2026, parallèlement à son mandat régional[10],[11].

Engagé auprès de Nicolas Dupont-Aignan au sein de Debout la France, il y exerce des responsabilités sur les questions territoriales. Il est nommé vice-président du parti en septembre 2019[12]. Candidat sous cette étiquette dans la troisième circonscription de l'Aisne aux législatives de 2017, il est éliminé au premier tour avec 3,9 % des suffrages exprimés[11].

Il rompt avec Debout la France en décembre 2020, en reprochant à son dirigeant de maintenir des candidatures autonomes aux prochaines élections régionales, plutôt que de rechercher des alliances à droite. Il rejoint alors le CNIP, formation présidée par Bruno North, et prépare un rapprochement électoral avec le Rassemblement national[13],[14].

Alliance avec le Rassemblement national

Aux élections régionales de 2021, Philippe Torre conduit la section de l'Aisne de la liste RN menée par Sébastien Chenu contre la majorité sortante de Xavier Bertrand. Il est élu conseiller régional le 27 juin 2021[14],[2]. Lors de la même séquence électorale, il se présente aux départementales dans le canton de Bohain-en-Vermandois, en binôme avec Christelle Parant, également sous l'étiquette RN ; ils sont battus au second tour par le binôme de gauche formé par Delphine Molet et Yann Rojo[15].

Son rapprochement avec le RN prend une dimension publique en mai 2021, lorsque Marine Le Pen et Sébastien Chenu participent à une rencontre de campagne organisée à Berlancourt. Philippe Torre, qui n'est alors pas adhérent du RN, présente cette alliance comme un moyen de défendre la ruralité. Parmi ses priorités déclarées figurent le maintien des services publics de proximité, l'accès aux soins et l'opposition au développement de l'éolien terrestre[16].

Les divergences au sein du CNIP sur les alliances à l'extrême droite apparaissent lors de l'élection présidentielle de 2022 : alors que Bruno North s'est rapproché d'Éric Zemmour, Philippe Torre, membre du comité directeur du CNIP, soutient Marine Le Pen et défend un accord entre les différentes formations de droite pour les élections législatives[17].

Aux législatives anticipées de 2024, il est candidat soutenu par le RN dans la deuxième circonscription de l'Aisne, tout en demeurant membre du CNIP. Qualifié pour le second tour, il recueille 49,42 % des suffrages le 7 juillet, contre 50,58 % au député LR sortant Julien Dive, réélu avec 524 voix d'avance[18],[19].

Intervention dans les contentieux politiques

La double activité de Philippe Torre, avocat d'affaires et élu proche du RN, se manifeste lors de la crise qui touche Les Républicains en juin 2024. Après l'annonce par Éric Ciotti d'un accord électoral avec le RN, le bureau politique de LR prononce son exclusion de la présidence du mouvement. Mandaté par Ciotti, Philippe Torre se présente, à l'audience du 14 juin devant le tribunal judiciaire de Paris, comme l'avocat de l'association Les Républicains. Face à lui, Benoît Verger, mandaté par des responsables du bureau politique, revendique également cette représentation. Les deux avocats sont autorisés à plaider des positions opposées. Philippe Torre soutient notamment que les statuts du parti ne permettent pas au bureau politique de nommer un président par intérim dans ces conditions[20].

Le soir même, le tribunal suspend provisoirement les effets des décisions d'exclusion d'Éric Ciotti. Cette mesure d'urgence ne tranche toutefois pas sur le fond le désaccord concernant les statuts de LR et la direction du parti[21].

En décembre 2024, une enquête de La Lettre revient sur son rôle auprès de Ciotti. Le média fait état de démarches visant à obtenir les dossiers juridiques de LR et de l'utilisation du fichier des adhérents du parti par le camp de Ciotti.[22].

Contestation de la présidence du CNIP

Le 8 février 2025, l'élection à la présidence du CNIP oppose Philippe Torre au président sortant, Bruno North. À l'issue du vote, les deux hommes revendiquent leur élection et contestent la version de leur adversaire. Cette rivalité prolonge des désaccords sur l'orientation du parti : Bruno North est associé au rapprochement avec Reconquête, tandis que Philippe Torre est soutenu par des responsables du Rassemblement national, notamment Sébastien Chenu[3].

Le Canard enchaîné indique avoir consulté le constat de l'un des commissaires de justice présents lors du scrutin, constat qui donne Bruno North vainqueur. Philippe Torre maintient néanmoins sa revendication de la présidence. Cette pièce rapportée par la presse ne met pas fin, à elle seule, à la contestation. En septembre 2026, une notice historique publiée par le Sénat présente toujours Bruno North comme président du CNIP en précisant que sa « réélection [est] contestée en 2025 ». La présidence demeure ainsi l'objet de prétentions concurrentes, sans qu'il soit possible de présenter l'issue de ce différend comme définitivement tranchée[3],[23].

Notes et références

  1. ↑ « Philippe Torre – Maire de Berlancourt », sur DataRespublica, (consulté le )
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Élus de la liste conduite par M. Sébastien Chenu, section électorale : Aisne », sur Archives des résultats des élections, Ministère de l'Intérieur, (consulté le )
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Jérôme Canard, « Droite : Pu-putsch chez les patriotes du CNIP », sur Le Canard enchaîné, (consulté le )
  4. ↑ « Philippe Torre », sur Reinhart Marville Torre (consulté le )
  5. ↑ « Reinhart Marville accueille 3 nouveaux collaborateurs », sur Le Monde du droit, (consulté le )
  6. ↑ « Notice bibliographique : Les garanties de passif (5e éd., 2018) », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
  7. ↑ « Résultats des élections municipales 2014 à Berlancourt », sur Le Figaro (consulté le )
  8. ↑ « Répertoire national des élus 2019 : conseillers municipaux de l'Aisne », sur Audentia Gestion (reprise des données du ministère de l'Intérieur) (consulté le )
  9. ↑ « Municipales 2026 : Berlancourt (02068), résultats du premier tour », sur Publication des candidatures et des résultats des élections, Ministère de l'Intérieur, (consulté le )
  10. ↑ « Répertoire national des élus (RNE), mise à jour du 11 août 2026 », sur data.gouv.fr, Ministère de l'Intérieur, (consulté le )
  11. ↑ 11,0 et 11,1 « Philippe Torre – Mandats en cours », sur elus.fr, réutilisation du RNE du 11 août 2026 (consulté le )
  12. ↑ Nicolas Dupont-Aignan, « Nomination de quatre vice-présidents de Debout la France », sur Debout la France, (consulté le )
  13. ↑ Franck Johannès, « Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, au bord du naufrage », sur Le Monde, (consulté le )
  14. ↑ 14,0 et 14,1 Clément Raveaux, « Élections régionales – Avec le RN, contre Xavier Bertrand : Philippe Torre annonce une alliance », sur La Thiérache, (consulté le )
  15. ↑ « Élections départementales 2021 : canton de Bohain-en-Vermandois », sur Archives des résultats des élections, Ministère de l'Intérieur, (consulté le )
  16. ↑ Franck Johannès, « Régionales 2021 : Marine Le Pen se veut la candidate de la ruralité », sur Le Monde, (consulté le )
  17. ↑ « Comment le Rassemblement national a neutralisé le parti d’Éric Zemmour pour les législatives », sur Le Monde, (consulté le )
  18. ↑ « Élections législatives 2024 : les résultats définitifs proclamés dans l'Aisne », sur Les services de l'État dans l'Aisne, Préfecture de l'Aisne, (consulté le )
  19. ↑ Paul Schuler, « Élections législatives : 5 candidats à la députation en Thiérache », sur Canal FM, (consulté le )
  20. ↑ Laura Motet, « Exclusion d’Éric Ciotti : au tribunal judiciaire, LR affronte LR », sur Le Monde, (consulté le )
  21. ↑ Olivia Dufour, « Le tribunal judiciaire de Paris suspend les effets de l’exclusion d’Éric Ciotti », sur Actu-Juridique, (consulté le )
  22. ↑ Clément Fayol et Elsa Trujillo, « Les Républicains : comment un avocat affilié au RN a aidé Éric Ciotti à constituer son butin de guerre », sur La Lettre, (consulté le )
  23. ↑ « Roger Duchet, ancien sénateur de la Côte-d'Or, note biographique (note 1) », sur Sénat (consulté le )

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