Principes non négociables de l'Église catholique
Les principes non négociables sont les enseignements de l'Église catholique tenus pour fondamentaux que les fidèles devraient juger indiscutables, prévalant lorsqu'ils sont en contradiction formelle avec un choix électoral qui ne serait pas en stricte conformité.
Le contexte
Certaines positions du parti socialiste français représenté par le candidat François Hollande auraient dû interdire, pour des raisons doctrinales, le vote à gauche des catholiques de stricte observance[1]. Mais, sur certains points tout aussi importants, c'est le candidat Nicolas Sarkozy qui aurait pu faire l'objet d'un vote sanction de la part des catholiques.
Explication de Mgr Guy Bagnard
Parmi les évêques qui ont pris soin de rappeler ces principes « non-négociables », Mgr Guy Bagnard[2] a fait publier la note suivante :
« Je voudrais ajouter ces quelques réflexions au texte « Quelle vision de l'homme ? », paru dans le numéro de mars 2012 de la revue diocésaine « Église des Pays de l'Ain », à l'approche des prochaines élections. En mars 2006, le Pape Benoît XVI était intervenu auprès de Parlementaires italiens dans le contexte d'une Journée d'études sur l'Europe. Dans la période électorale où nous nous trouvons ici en France, il est bon de rappeler ce que le Pape avait alors exprimé aux Parlementaires. À la fin de son discours, il avait énuméré ce qu'il avait appelé les trois « points non négociables » pour un catholique, face aux programmes des candidats[3]. »
Le discours de Benoît XVI
Après les remerciements[5] d'usage et le rappel de l'attachement de la papauté à l'Europe, le pape fait mention des problèmes actuels liés à « la croissance et [au] développement de l'intégration européenne ». Pour lui, l'héritage chrétien permettrait, si l'on veut tenir compte des racines chrétiennes du continent, de « donner une orientation sûre au choix de ses citoyens et de ses peuples », consolidant notamment ses orientations éthiques en matière économique et sociale. En outre, il trouve dommageable la « [relég]ation dans la sphère privée [...] des convictions religieuses », dont la conséquence est de « menacer la démocratie dont la force dépend des valeurs qu'elle défend[6]. Après avoir déploré « une certaine intransigeance séculière [...] ennemie de la tolérance », dans laquelle le pontife voit « un signe d'immaturité, voire de faiblesse », il se réjouit que le traité constitutionnel de l'Union européenne prévoie un dialogue permanent avec les communautés religieuses. À ce propos, le pape rappelle que les interventions de l'Église dans le débat public ne sont pas des admonestations mais visent uniquement à éclairer les consciences. C'est à ce moment qu'il introduit la notion qui nous occupe :
« En ce qui concerne l'Église catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité[7] de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire :
- la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ;
- la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille — comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage — et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;
- la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants[8]. »
Sa conclusion est très éclairante. Le pape ne considère pas ces principes comme « vérités de foi », mais « inscrits dans la nature humaine elle-même » et « communs à toute l'humanité ». Il ne saurait donc être question d'y voir « une promotion à caractère confessionnel ». En revanche, les nier « constitue une offense contre la vérité de la personne humaine, une blessure grave infligée à la justice elle-même. » S'adressant à son public de politiciens, il les exhorte
« à un témoignage crédible et cohérent de ces vérités fondamentales à travers [leur action] politique, et plus fondamentalement à travers [leur] engagement à vivre de manière authentique et cohérente [leur] vie. »
Reprise du discours par les évêques de France
Quelques évêques de France ont repris les propos de Benoît XVI dans le cadre de la campagne des présidentielles de 2012. Nous nous contenterons d'en citer trois. Ils ne sont pas plus représentatifs des positions de l'Église sur les problèmes soulevés tant il est clair que les idées émises sont partagées par tous les évêques. Elles ont d'ailleurs fait l'objet d'une déclaration commune[9].
Mgr Dominique Rey
Dans son « Message[10] », Mgr Dominique Rey[11] commence par en appeler au devoir civique des fidèles conviés à faire valoir leur choix à l'approche des échéances électorales, présidentielles et législatives. Pour lui, une seule grande question peut résumer toutes les autres :
« Quelle société voulons-nous pour nous-mêmes et nos enfants ? »
Il explicite cette question primordiale par une série de problèmes s'y rapportant : la garantie de la dignité de tous les individus, le vivre ensemble, la paix sociale, le mode de vie le mieux en concordance avec les valeurs de l'Évangile, l'équilibre entre le principe de laïcité, la liberté d'expression et la liberté religieuse. Dans un contexte de crise, l'évêque insiste sur l'urgence encore plus accrue du vote de tous, pour le bien commun et la justice
« en vue d'édifier une société plus solidaire et plus respectueuse de "l'écologie de l'homme" et de son environnement. »
Pour introduire les notions de « principes non-négociables », il commence par citer ces paroles de Jean-Paul II :
« La conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d'encourager par son vote la mise en œuvre d'un programme politique ou d'une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé[12]. »
Les « trois principes non-négociables » sont cités ensuite pour illustrer cette affirmation. Mgr Dominique Rey se positionne comme « pasteur du diocèse » pour inviter chacun
« à honorer ces principes d'humanité, que nous rappellent le Christ et son Église. »
Mais de la même façon que Benoît XVI avait fini son discours en le plaçant sur le terrain des droits de l'homme et non de la doctrine religieuse proprement dite, l'évêque de Fréjus-Toulon engage sa responsabilité « morale et spirituelle » en vue d'« éclairer les consciences[13] »
« sur ce qui porte gravement atteinte aux fondements éthiques et anthropologiques de la vie, de la famille et de l'éducation. »
Mgr Marc Aillet
À la différence de Mgr Dominique Rey, la lettre de Mgr Marc Aillet[14] ne s'adresse pas aux fidèles. Sur ce point, l'en-tête est très explicite et ne saurait entraîner aucune équivoque : « À l'attention des candidats aux élections présidentielles et législatives[15] ».
En outre, alors que celle de Mgr Marc Aillet pouvait passer pour un jugement ou une consigne donnée par une hiérarchie ecclésiale par l'intermédiaire des évêques locaux, les premiers mots du message ne manquent pas d'apporter des informations indispensables sur le contexte précis des propos tenus : Marc Aillet parle au nom d'« observateurs attentifs de l'actuelle campagne ». Non seulement il se met à distance de ses fonctions officielles, mais il tient à se fondre dans la liste des personnalités cosignataires dont il se fait le porte-parole : Philippe Carhon ; Rémi Fontaine (journaliste) ; Daniel Hamiche (journaliste) ; Michel Janva ; Jean Lahire ; l'abbé Hubert Lelièvre (prêtre du diocèse de Rome et fondateur de la famille missionnaire l'Évangile de la vie) ; Jean-Pierre Maugendre (Président de Renaissance catholique) ; Jean-Marie Le Méné (président de la Fondation Lejeune) ; Hervé Rolland (président de Notre-Dame de Chrétienté) ; Jeanne Smits (journaliste) ; Guillaume de Thieulloy (journaliste) ; Yves Weiss (président de Catholiques en campagne).
Les destinateurs commencent par s'en prendre à tous les candidats dénonçant « les querelles de personnes » et les « luttes de coulisses » qui « empoisonnent l'esprit public », concluant de façon péremptoire
« nous sommes contraints de noter que cette [campagne] n'est pas à la hauteur des enjeux[16]. »
Loin de prôner l'abstention, les signataires dont le prélat tiennent à préciser qu'il est hors de question pour eux de se « désintéresser de ces importantes échéances électorales » mais que leur vote « loin des appartenances partisanes et des affinités légitimes » sera motivé par un certain nombre de principes ou de valeurs énoncées par « de simples citoyens[17] ».
C'est à ce titre, et à ce titre uniquement, que se placent les « principes non négociables » ainsi énoncées :
« Catholiques pratiquants ou Français de bonne volonté, nous voterons, conformément à la loi naturelle et aux indications du Pape Benoît XVI, en fonction des principes non négociables : la promotion de la vie de la conception à la mort naturelle, le soutien de la famille traditionnelle, et la liberté éducative des parents, nous semblent un minimum au-dessous duquel nous quittons l'état de droit pour entrer dans la barbarie[18]. »
En fait, ajoute Mgr Marc Aillet, « un État, au service d'un clan politique » qui rayerait « la dignité de l'être humain de ses préoccupations » serait fautif et nocif. En conséquence, puisque « ces fameux principes non négociables sont le strict minimum que l'on puisse exiger d'un programme politique », le comité exprime la nécessité d'obtenir des candidats
« un positionnement définitif, qui orientera sans aucun doute notre vote et ceux de nos amis sur ces questions fondamentales pour le bien commun de la société. »
Mgr de Germiny
Tout différent est le point de vue de Mgr de Germiny[19] qui s'adresse à l'électorat catholique au double titre d'évêque de Blois et, probablement, bien que ce ne soit expressément indiqué, de membre de droit du Bureau de l'Académie catholique de France.
Son communiqué[20] est on ne peut plus clair :
« Le mois de mai est de retour. Avec la nature qui s'épanouit, chacun peut se nourrir d'espérance, la favoriser, la faire aboutir.
Le mois de mai, c'est le mois de Marie qui culmine au diocèse de Blois avec la fête de Notre Dame des Aydes[21], le 24 mai.
Le mois de mai, c'est la période où beaucoup reçoivent le sacrement de confirmation pour devenir les apôtres[22] capables de répondre aux défis de l'heure.
Le mois de mai 2012, dans notre pays la France, revêt une tonalité particulière à cause des élections présidentielles.
À juste titre les enjeux socio-économiques ont été fortement exposés par les deux candidats demeurés en lice.
En revanche, silence total lors du dernier débat sur les droits fondamentaux de la personne humaine.
C'est pourquoi j'estime de mon devoir d'évêque d'appeler, une fois encore, les électeurs à être cohérents avec leur foi et ce sur deux points non négociables :
« Nos sociétés modernes s'honorent d'un renouvellement du regard sur les personnes handicapées. Elles savent leur permettre de trouver leur place dans la vie sociale. Les chrétiens y reconnaissent volontiers un écho de l'attitude du Christ rencontrant et réconfortant des personnes malades ou atteintes de handicap (Marc 1, 40 ; Luc 5, 17...). Ce souci doit donc être encouragé. Mais le dépistage prénatal systématique qui risque de déboucher sur l'élimination des personnes porteuses de certains handicaps remet en cause en son fondement même la solidarité envers le plus faible qui doit animer la société ».Handicap- Droit des personnes âgées, malades ou dépendantes d'être accompagnées et soignées jusqu'au terme naturel de leur vie, sans acharnement thérapeutique ni euthanasie.
- Droit des enfants d'être conçus et élevés par un père et une mère.
Relisez les programmes et décidez-vous. Ne succombez pas à la tentation du vote blanc[23].
Que votre « non » à une culture de mort soit « non ». Que votre « oui » à l'amour de la vie soit « oui ». »
Les trois principes « non-négociables »
En fait, les évêques adversaires du vote à gauche pour raison religieuse (même s'ils se défendent de se placer sur un terrain strictement politique) n'ont eu recours qu'à trois principes « non-négociables » comme critères sûrs et indiscutables pour interdire un choix électoral en total désaccord avec l'enseignement de l'Église :
Protection de la vie
Le premier principe est « la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ». Mgr de Germiny est de loin le plus précis. Ce principe vise à la fois la reproduction, de la conception à la naissance, et la mort naturelle. L'évêque s'il ne nomme que les problèmes liés à l'étape ultime de l'existence — l'acharnement thérapeutique et l'euthanasie — fait implicitement référence à la contraception, à la fécondation in vitro, aux manipulations génétiques, et à l'avortement ou Interruption volontaire de grossesse, en France notamment.
Contraception
Programme socialiste
Le contrôle des naissances est désormais acquis et ne saurait être remis en question en l'état actuel des connaissances et des mentalités. En revanche, le PS se propose d'améliorer l'accès pour les mineures et les mineurs à « une contraception gratuite et anonyme auprès des médecins généralistes[24]. »
Position officielle de l'Église catholique
Notons d'emblée que cette règle est très controversée au sein même de la Communauté des fidèles. Tout part d'une définition assez étriquée de la sexualité : l'union d'un homme et d'une femme en vue de la seule procréation. Il appartient aux époux de réguler les naissances, s'ils le désirent, au moyen de méthodes naturelles. Le Catéchisme de l'Église catholique proclame :
« La continence périodique, les méthodes de régulation naturelle des naissances fondées sur l'auto observation et le recours aux périodes infécondes sont conformes aux critères objectifs de la moralité. Ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l'éducation d'une liberté authentique. En revanche, est intrinsèquement mauvaise "toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation[25]. »
Fécondation in vitro
Programmes politiques
La fécondation in vitro, ou F.I.V., ou F.I.V.E.T.E. (fécondation in vitro et transfert d'embryon) a pour la première fois permis la conception d'un enfant viable en 1978, en Grande-Bretagne. En France, le premier « bébé éprouvette » est né le 24 février 1982 à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine). La fécondation in vitro fut réalisée par le biologiste Jacques Testart, le suivi de la grossesse et la naissance par le gynécologue obstétricien René Frydman et le chef de service Émile Papiernik.
Au Canada, c'est également en 1982 qu'a eu lieu la première naissance d'un enfant issu de ce mode de fécondation ; en Belgique, en 1983 ; en Suisse, en 1985. Aujourd'hui, le taux de réussite de la fécondation in vitro est d'environ 25 % de naissances par ponction d'ovocytes réalisée.
La mise au point des techniques de fécondation in vitro dans les années 1970 a valu le prix Nobel de physiologie ou médecine 2010 au physiologiste britannique Robert Edwards pour ses travaux menés avec le gynécologue Patrick Steptoe[26].
Cette pratique est donc non seulement légale, mais n'a été remise en question, officiellement, par aucun des candidats en présence.
Position officielle de l'Église catholique
Conséquence logique des décrets sur la contraception, l'Église Catholique est opposée aux méthodes de procréation médicalement assistée parce qu'elles dissocient la conception d'un enfant de l'acte sexuel entre époux[27].
Elle appelle les couples sans enfants à « rendre d'autres services importants à la vie des personnes humaines, tels par exemple que l'adoption, les formes diverses d'œuvres éducatives, l'aide à d'autres familles, aux enfants pauvres ou handicapés [28]
L'Église catholique est enfin absolument opposée à la congélation des embryons :
« Les propositions d'utiliser ces embryons pour la recherche ou de les destiner à des fins thérapeutiques sont clairement inacceptables, parce qu'on les utilise comme un simple ‘matériel biologique' ce qui implique leur destruction[29]]. »
Manipulations génétiques
Bioéthique et programme socialiste
Le sujet n'est pas abordé tel quel dans le programme du candidat François Hollande. En revanche, il a fait l'objet d'une réflexion très récente menée par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale[30].
Axel Kahn était auditionné le 12 janvier 2012 par le groupe socialiste en préalable au projet de loi sur la bioéthique. Il était accompagné de Jean-Claude Ameisen, Président du Comité d'éthique de l'INSERM, membre du Comité consultatif national d'éthique et d'Israël Nisand, gynécologue-obstétricien, chef de service à l'hôpital Hautepierre de Strasbourg.
Jean-Marc Ayrault commence par rappeler que le Bureau National s'est déjà prononcé
« contre les mères porteuses[31] et la levée de l'anonymat sur le don de gamètes, sur la nécessité de libérer la recherche sur embryon, sur l'ouverture de la possibilité d'accéder à l'APM. »
À cela, on lui répond que ces questions devront faire l'objet d'un débat à l'Assemblée puisque les lois de bioéthiques doivent être, au regard de la loi, révisées tous les cinq ans. Le professeur Kahn rétorque que
« aucun sujet ne peut être traité en se fondant de manière trop prolongée et trop importante sur les aspects techniques de la Recherche. Ce qui compte c'est sa conformité aux dispositions de la loi-cadre et à ses principes éthiques. »
En fait, la discussion parlementaire devra porter :
- sur les cellules souches embryonnaires (la position du groupe étant, à priori, de libérer cette recherche au maximum).
- sur l'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) ; faut-il l'ouvrir pour répondre à des exigences sociales (demande en parentalité de couples homosexuels) ?
- sur la Gestation Pour Autrui (GPA), qui par ailleurs ne figure pas dans le projet de loi.
- sur la légitimité de l'action législative en matière de bioéthique.
Jean-Claude Ameisen admet que toute recherche sur l'embryon pose des problèmes au niveau des valeurs et que « chaque nouvelle découverte pose une question d'éthique ». Axel Kahn lui répond qu'il s'agit de
« se mettre en accord sur les valeurs qui vont gouverner la réflexion. Une loi bioéthique est la transposition législative de la réflexion que l'on mène sur ce qui est correct d'accepter en matière de Recherche, au regard des valeurs qui la fondent. »
D'où l'avantage, selon lui, d'une loi-cadre, « qui dirait ce qui est essentiel dans l'humanité de l'homme et les techniques qui peuvent présenter des risques », ce qui suppose, sous l'autorité du Conseil National de l'Éthique :
- la non atteinte à l'autonomie de l'être humain.
- la disqualification de toute technique dont la menace est supérieure aux bienfaits.
- le principe de solidarité
- le principe de justice et de réciprocité.
Il évoque le fait que toute évolution de la recherche doit respecter certaines valeurs (comme le respect et le consentement de la personne humaine).
S'il reconnaît que c'est la création d'embryon à visée de recherche qui comporte un grand risque d'instrumentalisation, il explique que l'Angleterre autorise ce que la France interdit : la création d'embryon à visée de recherche.
Israël Nisand définit la bioéthique — les valeurs dans une société pouvant poser des problèmes
« comme une voie du juste milieu, entre les extrêmes de caractère religieux d'un côté, et prométhéen de l'autre (c'est-à-dire ceux qui considèrent que la science est bonne par essence et que l'on ne doit la contraindre en aucun cas). »
Lui aussi est favorable à la création d'une loi-cadre. Il préconise en outre une facilitation d'accès à l'Assistance Médicale à la Procréation.
Axel Kahn reprend la parole à l'issu de l'intervention d'I. Nisand :
Selon lui,
« il faut séparer les valeurs ontologiques des valeurs faisant référence à une parole élaborée. Il y a toujours un fondement ontologique à la notion de Bien et de Mal. Les valeurs ontologiques sont intangibles, c'est pour cela que se sont elles à qui il faut toujours s'efforcer de faire référence. »
Et il clôt la séance sur le terrible danger d'une « instrumentalisation du corps humain » que tous les intervenants condamnent, évidemment.
Position invariable de l'Église
Devant le nombre incalculable de textes sur le sujet, il nous (nous, qui ? ) faut opérer un choix. Tous d'ailleurs expriment un « non » que l'on devine définitif pour très longtemps encore.
Le mardi 15 novembre 2011, le pape Benoît XVI s'adressait en ces termes participants du congrès international « Adult Stem Cells, Science and the future of Man and Culture[32] ».
« Les êtres humains sont dotés d'une âme immortelle et sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. C'est pourquoi, il existe des dimensions de l'existence humaine qui vont au-delà des limites des compétences des sciences naturelles. Si l'on dépasse ces limites, il existe un risque sérieux que la dignité et l'inviolabilité de la vie humaine deviennent subordonnées à des considérations purement utilitaristes. Au contraire, si l'on respecte ces limites, la science peut apporter une réelle contribution à la promotion et la sauvegarde de la dignité de l'homme. C'est pourquoi, les potentialités bénéfiques de la recherche sur les cellules souches adultes sont considérables puisqu'elle ouvre des possibilités de guérison de maladies dégénératives chroniques par la réparation des tissus atteints... L'amélioration promise par ces thérapies constitue un important pas en avant pour la science médicale, et un nouvel espoir pour les malades et leurs familles en souffrance. Pour cette raison, l'Eglise encourage naturellement ceux qui développent ou soutiennent ce type de recherche, à condition bien sûr qu'elle soit menée avec la considération due au bien intégral de la personne humaine et au bien commun de la société. Cette considération est de la plus grande importance. La mentalité pragmatique qui influence souvent la prise de décision aujourd'hui est trop incline à prendre tous les moyens disponibles pour obtenir la fin souhaitée, malgré l'évidence des conséquences désastreuses de cette façon de penser. Quand la fin est tellement désirée, comme la découverte d'un traitement pour les maladies dégénératives, il est tentant pour les hommes politiques et les médecins de laisser de côté les objections éthiques et de continuer d'aller de l'avant avec n'importe quelle recherche paraissant offrir quelques possibilités de progresser. Ceux qui défendent la recherche sur les cellules souches embryonnaires avec l'espoir d'obtenir ce résultat, commettent la grave erreur de nier le droit inaliénable à la vie de tout être humain du moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle. La destruction d'une seule vie humaine ne peut jamais se justifier en termes de bénéfice qu'elle pourrait apporter à une autre[33]. »
Le pape s'adresse ensuite à son public eau nom de l'Église avocate des sans-défenses :
« Cependant, en général, ces problèmes éthiques ne se posent pas lorsque les cellules souches sont extraites de tissus d'un organisme adulte ou du sang du cordon ombilical au moment de la naissance... Le dialogue entre science et éthique est de la plus haute importance pour s'assurer que les progrès de la médecine ne se fassent jamais à un coût humain inacceptable. L'Eglise contribue à ce dialogue en participant à la formation des consciences en accord avec la juste raison et à la lumière de la vérité révélée. Il ne s'agit pas d'empêcher le progrès scientifique mais, au contraire, de l'orienter dans une direction vraiment fructifère et bénéficiaire pour l'humanité...spécialement pour les plus faibles et vulnérables. Lorsque l'Eglise réclame de l'attention envers les besoins des « sans défense », elle ne pense pas seulement à ceux qui ne sont pas nés mais aussi à ceux qui ne peuvent pas facilement accéder à des traitements médicaux coûteux... La justice exige que tous les efforts possibles soient faits pour permettre à ceux qui en ont besoin de bénéficier des fruits de la recherche scientifique indépendamment de leurs moyens économiques... L'Église peut offrir une assistance concrète à travers son apostolat étendu en faveur de la santé, actif dans de nombreux pays du monde et s'adressant avec une sollicitude spéciale aux besoins des plus pauvres dans le monde". Je prie, a conclu le Pape, "pour que votre travail d'investigation sur les cellules souches adultes reçoivent de grandes bénédictions pour l'avenir de l'humanité". »
Interruption volontaire de grossesse
La loi française
Le 17 janvier 1975, l'Assemblée nationale adopte la Loi Veil par 284 voix contre 189, qui légalise l'avortement en France. L'IVG doit être pratiquée avant la fin de la 10e semaine de grossesse, soit 12 semaines à partir des dernières règles, exclusivement dans les hôpitaux publics et cliniques privées agréées et donc autorisées.
Le 31 décembre 1982, la loi Roudy prévoit le remboursement de l'IVG par la sécurité sociale.
Le 27 janvier 1993, la loi Neiertz « sanctionne toute entrave ou tentative d'entrave à l'IVG de deux mois à deux ans de prison ferme, et d'une amende de 2 000 à 30 000 francs ».
En mars 1999, le Professeur Israël Nisand publie un rapport intitulé « Propositions pour diminuer les difficultés que rencontrent les femmes », mettant en évidence les difficultés d'accès à l'IVG en France.
La loi du 4 juillet 2001 prévoit l'allongement du délai de l'IVG à la fin de la douzième semaine de grossesse ; la consultation sociale préalable facultative pour les majeures ; l'aménagement du principe du consentement du titulaire de l'autorité parentale ou du représentant légal est aménagé pour les mineures non émancipées, qui peut désormais se faire accompagner par une autre personne majeure de son choix.
La réception de ces lois, dans une très large mesure, dépasse le clivage droite-gauche. Notons ainsi que Marine Le Pen, candidate du Front National, entend par « avortement de confort », l'utilisation qu'en feraient certaines femmes « comme un moyen de contraception » ajoutant
« Oui à l'IVG, non à celles qui en abusent. [...] Je ne suis pas pour une remise en cause de l'avortement. Je suis attachée à cette loi alors que de nombreuses personnalités et adhérents de mon mouvement y sont opposés. [...] Je refuse que des femmes se fassent avorter à plusieurs reprises quand d'autres au même moment doivent renoncer aux soins faute de moyens[34]. »
Position officielle de l'Église catholique
- Documents émanant du Vatican :
- Instruction Dignitas personae, (diginité de la personne) sur certaines questions de bioéthique, 12 décembre 2008, Congrégation pour la doctrine de la foi[35]
- Communiqué de l'Académie pontificale pour la Vie sur « la pilule du lendemain », 31 octobre 2000[36].
- Documents de l'Église en France :
- « Respecter la vie humaine en ses commencements », déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, 11 octobre 2000[37].
- À propos d'un réexamen de la loi Veil sur l'avortement : communiqué du père Stanislas Lalanne, porte-parole de la Conférence des évêques de France, 27 juillet 1999[38].
- Articles et documentation
- Simples questions sur la vie, satisfecit, 4e partie, chapitres : Et l'avortement ?, Et après un avortement ?, Et si notre enfant est handicapé[39] ?
- « Comment faire baisser le nombre des avortements en France ? », Interview de Anne Lannegrace, Directrice adjointe du Service national famille et société à la Conférence des évêques de France dans La Croix du 2 février 2010[40].
Acharnement thérapeutique et euthanasie
Programme de François Hollande
« Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d'une assistance médicalisée[41] pour terminer sa vie dans la dignité[42]. »
Position officielle de l'Église catholique
L'encyclique Evangelium vitæ est très claire : elle rejette aussi bien l'un et l'autre :
« Il faut distinguer de l'euthanasie la décision de renoncer à ce qu'on appelle l'acharnement thérapeutique, c'est-à-dire à certaines interventions médicales qui ne conviennent plus à la situation réelle du malade, parce qu'elles sont désormais disproportionnées par rapport aux résultats que l'on pourrait espérer ou encore parce qu'elles sont trop lourdes pour lui et pour sa famille. Dans ces situations, lorsque la mort s'annonce imminente et inévitable, on peut en conscience renoncer à des traitements qui ne procureraient qu'un sursis précaire et pénible de la vie, sans interrompre pourtant les soins dus au malade en pareil cas[43]. »
La Congrégation pour la doctrine de la foi considère l'alimentation et l'hydratation artificielles comme un « moyen ordinaire et proportionné de maintien de la vie » distincts des traitements médicaux[44].
Mariage
Le deuxième principe s'intitule : « La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage ». Ce « principe non-négociable » concerne, sans les citer, la légalisation du mariage homosexuel et de sa conséquence immédiate : la légalisation de l'adoption par des parents homosexuels[45].
Programmes et tendances politiques 2012

Nous nous référerons à un article du Nouvel Observateur dont le titre évocateur était assez prometteur pour attirer notre attention : « 2012. Mariage homosexuel : qui pense quoi[46] ». Cependant, certaines informations sont sinon dépassées du moins précisées au fil des mois. Sans compter que l'UMP n'avait pas de candidat officiellement déclaré à l'époque de la rédaction de l'article.
- Partsans avec réserves
Corinne Lepage, avant de renoncer à sa candidature, se présentait en fer de lance de la lutte contre l'homophobie. Sur la question du mariage, elle restait pourtant assez floue, se déclarant en 2009
« favorable à une union civile permettant des droits équivalents au mariage, et la célébration en mairie. »
François Bayrou sur la même ligne, répondait à la question posée sur Twitter en juin 2011 : « Que pensez-vous du mariage homosexuel ? »
« Je suis pour l'égalité des droits entre couples unis à l'état civil, qu'ils soient hétéro ou homo. Je préfère le mot « union ». »
Ségolène Royal, bien que socialiste, se montra longtemps réticente. En janvier 2011, elle expliquait cependant que
« si pour des couples homosexuels, leur bonheur c'est de se marier, qu'on les laisse tranquilles et qu'on leur permette de le faire[47]. »
- Partisans sans réserves en accord ou non avec le PS
Le Programme socialiste est parfaitement clair :
« En l'absence d'une reconnaissance des familles homoparentales, les analyses précises font défaut. On estime cependant que plusieurs dizaines voire centaines de milliers d'enfants sont concernées par des situations homoparentales sans être protégées par des liens de filiation reconnus. Nous ouvrirons pour tous les couples le droit au mariage. Nous autoriserons l'adoption pour tous les couples qui présenteront un projet parental cohérent (mariés, pacsés, concubins, homosexuels ou hétérosexuels). Nous renforcerons le PACS, grande réforme de la gauche, qu'il s'agisse des congés pour évènements familiaux, de la protection sociale complémentaire, du droit au séjour ou de l'enregistrement à la mairie[48]. »
Même si l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe est inscrite dans le programme du Parti socialiste, les dirigeants du parti se distinguent parfois sur le sujet.
Martine Aubry se déclare favorable au mariage des couples de même sexe et à l'adoption.
Arnaud Montebourg aime à rappeler qu'en 2004, il a « signé la proposition de loi de Patrick Bloche visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. »
Manuel Valls, le 30 septembre 2011, se montrait en faveur du mariage homosexuel et de l'homoparentalité
« À l'instar d'autres pays de nos voisins, nous devons accomplir un progrès. »
François Hollande, actuel président de la République, a fait inscrire la proposition du mariage pour les homosexuels dans le programme du Parti socialiste de la présidentielle de 2007. Début juin 2011 il affirmait
« L'égalité, c'est permettre à tout couple de recourir au même dispositif juridique sans discrimination[49]. »
Ralliée au PS, l'extrême gauche partage le point de vue de l'ancien candidat Hollande.
Jean-Luc Mélenchon a déposé une proposition de loi sur le partenariat civil en 1990 avant de déclarer soutenir, en juin 2011, il a « l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homos ».
Philippe Poutou, le candidat du NPA, suit la ligne du parti contre « les oppressions subies par les personnes LGBTI ».
Nathalie Arthaud, de Lutte Ouvrière, défend l'union libre pour les hétérosexuels comme pour les homosexuels sans être hostile pour personne « à ceux qui souhaitent en passer par là[50] ».
A rejoint la gauche sur ce point précis :
Alain Juppé se disait en juin 2011 « favorable à quelque chose comme un mariage ». Il a même précisé sur le plateau du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro :
« J'ai évolué et je pense aujourd'hui qu'il faut donner aux homosexuels exactement les mêmes droits qu'aux hétérosexuels. »
- Opposants
Christine Boutin reste fermement opposée à toute forme d'union pour les couples homosexuels. Elle a même déclaré ne pas s'être présentée en 2007 contre Nicolas Sarkozy mais la candidate du parti chrétien démocrate a récemment déclaré à Rue89 qu'elle ne s'était pas présentée en 2007
« qu'après avoir obtenu la promesse de Nicolas Sarkozy qu'il n'y aurait pas de mariage homosexuel sous son mandat. »
Marine Le Pen est formellement opposée à l'ouverture du mariage aux gays et lesbiennes précisant que « parmi les règles de notre société, le mariage s'effectue entre un homme et une femme. »
Nicolas Sarkozy se déclarait contre le mariage homosexuel et l'adoption par des couples de même sexe en 2007, s'engageant à améliorer le Pacs et à garantir l'égalité des droits. Juste avant les élections présidentielles, il précisait :
« Je ne suis pas favorable au mariage homosexuel. En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu'il faille brouiller l'image de cette institution sociale essentielle qu'est le mariage. »
Conséquence logique, il est hostile à l'autorisation de l'adoption par les couples de même sexe
« Je sais qu'il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m'amènent pas à penser qu'il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille[51] »
Position officielle de l'Église
Les paroles sacramentelles prononcées par le prêtre au moment de l'union indissoluble des époux engage la responsabilité de l'Église tout entière convoquée en ces termes pour la circonstance :
« Au nom de la Sainte Église Catholique et Apostolique, je vous déclare unis par les liens sacrés du mariage. »
L'article 1066 du Droit canonique spécifie qu'aucun mariage catholique ne saurait être célébré qu'il ne « soit établi que rien ne s'oppose à la validité et à la licéité de sa célébration ». Autrement dit, il ne saurait y avoir de mariage religieux sans mariage civil reconnu. Quant à l'article 1096 - § 1, toujours en vigueur, il interdit le mariage homosexuel en ces termes : « Pour qu'il puisse y avoir consentement matrimonial, il faut que les contractants n'ignorent pas pour le moins que le mariage est une communauté permanente entre l'homme et la femme, ordonnée à la procréation des enfants par quelque coopération sexuelle ». Il ne s'agit pas ici de se placer d'un point de vue moral mais juridique. Ce qui ne signifie nullement que cette interdiction prononcée légalement entraîne un quelconque jugement moral contre les personnes[52].
Éducation
Le troisième principe est « La protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants ». Qui, de droite comme de gauche, respectant les droits de l'Homme et les droits de la personne ne serait d'accord avec cette proposition évidente ? D'ailleurs les parents ont non seulement le droit mais le devoir d'éduquer leurs enfants. La Convention internationale des droits de l'enfant est formelle :
« Les États parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation et doivent rendre l'enseignement primaire obligatoire et gratuit, encourager l'organisation de différentes formes d'enseignement secondaire accessible à tout enfant, assurer à tous l'accès à l'enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun[53] »
En l'occurrence, il ne s'agit pas du droit à l'éducation mais du droit des parents à éduquer leurs enfants. La Conférence des évêques de France a cru bon d'expliciter ce qui peut passer pour une évidence :
« Une éducation juste implique : la liberté et la responsabilité des parents, la transmission à tous des savoirs essentiels, l'attention spécifique à ceux qui rencontrent des difficultés scolaires, le respect de la liberté de conscience, des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine. »
Si les quatre premiers points obtiennent l'unanimité de toutes les parties en présence, le dernier, « des enseignements respectueux de la dignité et de la beauté de la vie humaine », pose un problème majeur aux consciences catholiques surtout lorsqu'une notion, considérée comme contraire aux valeurs inscrites dans cet énoncé, partie intégrante du programme scolaire imposé par l'Éducation nationale figure dans les manuels scolaires. En réalité ce qui a motivé, en grande partie, ce rappel à l'ordre de l'Église, c'est l'inscription officielle de la théorie du genre dans les livres de sciences naturelles.
La circulaire ministérielle et ses conséquences politiques
Cette théorie, qui n'intéressait que très peu de personnes en France, devint une affaire quand le ministère de l'Éducation nationale fit paraître cette instruction :
« Devenir homme ou femme — Caractériser à partir de différentes informations et à différentes échelles un individu de sexe masculin ou de sexe féminin. Expliquer à partir de données médicales les étapes de différenciation de l'appareil sexuel au cours du développement embryonnaire. Différencier à partir de la confrontation de données biologiques et de réprésentations sociales ce qui relève de l'identité sexuelle, des rôles en tant qu'individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l'espace social ; de l'orientation sexuelle qui relève de l'intimité des personnes[54]. »
Les éditeurs scolaires s'engouffrèrent dans la brèche pour publier, très rapidement, de nouveaux manuels qui expliquaient le gender[55].
Même si ce ne fut pas à proprement parler une levée de boucliers, la polémique commença au printemps 2011. Le débat sur « la théorie du genre » s'invite dans tous les médias. 80 députés UMP demandent, le mardi 30 août 2011, au ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel le retrait des manuels scolaires concernés. Richard Mallié, député des Bouches-du-Rhône, porte-parole des contestataires déclare que
« l'éducation à la sexualité doit avant tout reposer sur une démarche éducative qui répond à la fois à des questions de santé publique et à des problématiques concernant les relations entre garçons et filles, non à des théories fumeuses. »
Luc Chatel, ministre UMP, responsable des directives parues au Bulletin Officiel, prétend « qu'il n'y a[vait] pas de label « Éducation nationale » sur les manuels ». Par courrier du 19 juillet 2011, le chef de cabinet du président de la République, Guillaume Lambert, répond, lui, « que cela ne signifie en aucun cas que le gouvernement adhère à ces orientations, et encore moins que les élèves et leurs familles doivent être contraintes de souscrire à de telles conceptions de l'homme et de la société[56] ».
Vive réaction de l'Église
Le Secrétariat général de l'Enseignement catholique (SGEC) a envoyé une lettre aux chefs d'établissement afin d'inviter au discernement quant au choix des manuels de SVT (sciences de la vie et de la Terre) pour les classes de premières ES et L. Dans cette lettre, il reproche aux manuels de faire implicitement référence à la théorie du genre qui privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale sur la différence sexuelle, ce qui fait de l'identité masculine ou féminine, non pas une donnée anthropologique, mais une orientation. Deux évêques se sont distingués contre l'introduction des manuels dans l'éducation : "L'Église avocate de l'humain", par Mgr Podvin et Mgr Ginoux
Point de vue de Mgr Bernard Podvin
Mgr Podvin commence par rappeler que « la famille, dans sa fragilité, est une priorité » et que pour cette raison « la théorie du gender suscite un légitime émoiPoint de vu de Mgr Podvin, Porte-parole de la conférence des évêques de France, dans Ouest France du 15 août 2011, sur l'introduction de la théorie du genre dans certains manuels scolaires[57]. ».
D'abord, il s'insurge contre la lâcheté des partisans de la théorie du gender qui prétendent :
« Nous ne sommes pas une idéologie. Nous luttons contre les stéréotypes du masculin et du féminin. »
Au lieu d'« apaiser », répond Mgr Podvin, il faut craindre cette peur d'appeler « les choses courageusement ». Pour lui, « la polémique sur le contenu des manuels scolaires [...] n'est pas accessoire. L'enjeu est vertigineux. » Suit une série de questions :
« Comment l'adolescent sera-t-il accompagné dans la connaissance de son être ? Au nom de quoi une théorie se substituerait-elle à ceux qui ont mission de contribuer à l'éducation sexuelle et affective ? Au nom de quel ostracisme les spécialistes qui promeuvent un autre discernement seraient-ils taxés d'archaïsme ? »
Et de rappeler Benoît XVI :
« Il y a dans le corps de l'homme et de la femme un langage qu'ils n'ont pas créé. La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s'ouvre. »
Bernard Podvin termine sa diatribe par une citation de Blaise Pascal en réponse à Simone de Beauvoir :
« Deviens ce que tu es. L'homme passe infiniment l'homme. »
Point de vue de Mgr Bernard Ginoux
Mgr Ginoux commence[58] par rappeler la célèbre formule de Simone de Beauvoir, en 1949 : « On ne naît pas femme, on le devient », une formule selon lui sans portée à l'époque sinon chez quelques intellectuelles féministes « branchées ». Depuis, un nouveau féminisme, né aux États-Unis, prétend que
« le combat pour l'égalité des sexes ne s'est pas affranchi de l'identité sexuelle et reste donc dans un concept de domination de l'homme ; que c'est le milieu, la culture qui vont déterminer le « genre » à différencier du « sexe ». »
Cette théorie reviendrait à dire
« que chacun, selon sa volonté, se construit, chacun s'invente et peut avoir des choix alternatifs de sexualité [...] dans la pensée que le donné sexué serait une contrainte dont la société post-moderne doit se libérer. »
Et il rappelle à ce propos le rôle prédominant de Judith Butler dans l'édification du concept.
Tout en reconnaissant que « la culture participe à la construction de notre sexualité », Mgr Ginoux refuse d'admettre ce « radicalisme de la pensée » qui affirme que
« s'il n'y avait pas « un concept de femme, les femmes ne seraient pas opprimées ». »
L'évêque voit là « une grave question pour la société » dans ce sens que « le refus de la différence homme/femme laisse chaque personne décider de ce qu'elle est », jusqu'au rôle qu'elle entend jouer dans la société selon son unique inspiration. Et de ce fait,
« il y aurait donc toute possibilité de couple, toute forme d'union, tout mariage possible. »
Simple vue de l'esprit ? En fait, de cette théorie du gender découlent « la libéralisation de la gestation pour autrui (ou mères-porteuses), de toutes les techniques de procréation médicalement assistée et des adaptations nécessaires des lois », sans compter « la déconstruction de la famille puisqu'elle n'est plus fondée sur la relation entre un homme et une femme et la procréation ».
« L'on peut se demander comment structurer la psychologie des enfants dans un tel contexte. Il faut simplement souligner que, précisément, la volonté exprimée est de ne pas construire la personnalité de l'enfant. »
Autre mensonge dénoncé par Mgr Ginoux :
« Il est abusif de lier le gender à la dignité de la femme et à sa reconnaissance. C'est la dignité de toute personne humaine qui fonde une société. »
La conclusion de l'évêque est on ne peut plus claire :
« C'est aussi notre liberté et l'Enseignement catholique ne peut accepter d'être contraint dans ses choix éthiques [...] d'autant que, par le biais de l'ONU, les Organisations non gouvernementales vont être obligées de les valider dans leur programme. Pour nos enfants, pour la santé de nos sociétés et pour le sens de nos vies nous avons à refuser cette nouvelle forme de dictature. »
Critique du Père Bruno Saintôt
Pour le père jésuite Bruno Saintôt, Directeur du département de bioéthique du Centre Sèvres (faculté jésuite de Paris), le concept de « principes non-négociables » repris de Benoît XVI par les évêques de France est très discutable. Il défend ses positions dans un article intitulé « Quel usage des « principes non-négociables » dans les choix électoraux ? » paru dans la revue Projet[59].
Pourquoi ne retenir que trois principes non négociables ?
À l'heure d'un choix électoral difficile pour beaucoup de chrétiens, le recours à quelques « principes non-négociables » comme critères sûrs et indiscutables pourrait sembler faciliter un choix en stricte conformité avec les enseignements de l'Église. Qu'en est-il cependant ? Les catholiques seraient-ils condamner à l'abstention, au vote blanc ou nul ?
Sans débat de conscience ? Ce serait omettre les paroles mêmes du pape qui d'une part précise qu'il s'agit de porter « une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables » et qu'il ne fait que mentionner, « parmi ceux-ci », ceux qui « apparaissent aujourd'hui de manière claire ». Ce qui revient à se poser les questions qui en découlent : « Où sont passés alors les autres principes non-négociables à convoquer nécessairement ? Existerait-il des principes non-négociables plus ou moins négociables que d'autres principes qu'on ne saurait négocier ? »
À en croire Bruno Saintôt[61], il y aurait, face au relativisme moral actuel, « des exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer » et qui visent le « bien intégral de la personne » : le droit primordial à la vie depuis la conception jusqu'à la fin naturelle (refus de l'avortement[62] et de l'euthanasie) ; le respect et la protection de l'embryon humain ; la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent[63] ; la garantie de liberté d'éducation des enfants ; la protection sociale des mineurs ; la libération des victimes des formes modernes d'esclavage ; le droit à la liberté religieuse ; le développement dans le sens d'une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité ; la paix.
« Le bien intégral de la personne »
L'essentiel est donc d'opérer un choix respectueux de la pensée de l'Église qui désire promouvoir le « bien intégral de la personne ». Ne pourrait-on pas cependant considérer que ces trois principes forment les principes de base qui conditionnent tous les autres ?
Bruno Saintôt admet qu'
« il y a une logique chronologique à considérer d'abord le droit primordial à la vie, la famille comme cellule de base de la société et la liberté d'éducation. »
Mais, ajoute-t-il, « ce serait oublier que les principes forment système et se conditionnent mutuellement ».
Ils sont indissociables.
Suit une série d'exemples propres à emporter facilement l'adhésion du lecteur en cette période de crise :
« Les exigences financières et organisationnelles croissantes pesant sur l'hôpital public[64] peuvent augmenter la fatigue des soignants, diminuer la qualité des soins et de l'attention aux personnes, privilégier les activités médicales dites rentables et, ainsi, susciter des conditions de vie et une culture sociale qui rendront pour certains plus acceptable, voire même souhaitable, l'euthanasie. De même, des conditions économiques difficiles et l'absence d'une véritable solidarité sociale ne pourront que diminuer les conditions d'accueil de l'enfant présentant un handicap ou une déficience. »
Tant et si bien qu'il ne saurait être question d'exigence bioéthique détachée d'une solidarité économique et sociale garantissant la dignité de la personne.
« Le "bien intégral de la personne" requiert la considération d'un système de références éthiques fondamentales et la perception affinée de tout ce qui blesse la dignité des personnes. »
Or, il ne s'agit nullement, selon l'expression du jésuite, d'une « sorte d'empilement de principes à respecter et réaliser successivement ». Puisque tout est lié, « conceptuellement et pratiquement », comment pourra-t-on exiger d'un candidat à la présidence ou à la députation de respecter la totalité de « principes non-négociables[65] » ?
Des principes éthiques et non juridiques
La note doctrinale prend bien soin de préciser qu'il s'agit de « principes éthiques » – et non pas juridiques.
« Les principes éthiques doivent orienter le jugement et la décision morales mais ne dispensent pas de la tâche d'analyse[66] des situations, du travail de l'argumentation, de la résolution des dilemmes moraux qui naissent des conflits de principes, de la nécessité de se décider dans un monde non idéal en privilégiant pratiquement l'un ou l'autre principe, bref, d'exercer une sagesse pratique qui n'est jamais l'application ou la déduction immédiate d'un principe ou encore la résultante d'un calcul pondéré d'arguments[67]. »
En réalité, voter ne consiste pas à évaluer par un calcul assez illusoire « l'affirmation de valeurs revendiquées par le candidat » mais
« à attester de la capacité du candidat à gouverner, de son aptitude à prendre les décisions prioritaires en fonction de la situation politique, de son sens des moyens à privilégier pour contribuer au bien commun, de la conformité déjà éprouvée entre ses valeurs proclamées et ses actes posés. »
La note doctrinale d'origine plaçait l'expression « négociables » entre guillemets, pour prévenir des « difficultés d'interprétation ». Il s'agissait pour Benoît XVI, à la suite de Paul VI et Jean-Paul II de lutter contre le relativisme en matière de morale. Cependant, ce caractère « non-négociable » ne saurait concerner « l'action politique toujours soumise à des arbitrages, des préférences, des compromis, même si elle refuse les compromissions sur l'essentiel. » Inspiré de la note de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le texte des évêques de France[68], propose[69] en vue du choix politique.
Conclusion de Bruno Saintôt
Cet exposé clair et honnête ne vise pas à « éliminer les dilemmes qu'affrontent certains chrétiens », mais uniquement à « éviter le simplisme de la partition entre d'une part des chrétiens soucieux des valeurs traditionnelles du respect de la vie, de la famille et de l'éducation et, d'autre part, des chrétiens préoccupés par les solidarités sociales et économiques ».
Si les chrétiens ne peuvent être divisés sur « la cohérence d'une conception intégrale de la personne »,
« ils pourront cependant débattre et exprimer leurs désaccords sur les priorités d'action et sur la personnalité la plus capable de les réaliser. La cohérence et la rigueur des principes moraux ne dispensera jamais de la responsabilité et des incertitudes de l'action politique, et donc du vote. »
L'influence des principes non négociables sur le vote catholique
D'une part, il ne saurait s'agir de principes personnels non-négociales ni même d'une injonction mais d'un rappel doctrinal propre à faciliter une réflexion au moment des élections. Ces principes n'émanent pas d'une autorité française s'exprimant au nom d'une hiérarchie nationale, mais d'un rappel doctrinal lié à une éthique fondée sur un discours papal précis (Benoît XVI en mars 2006) exprimé à l'adresse d'un public précis (les Parlementaires italiens) en une circonstance précise (une journée d'études sur l'Europe). Il est vrai que les deux candidats ayant décidé de s'affronter sur le terrain des valeurs devaient s'attendre, inéluctablement, à l'entrée en scène des valeurs religieuses et morales pas expressément convoquées sur un terrain politique censé protégé par la neutralité républicaine et la loi sur la laïcité.
D'autre part, il faut constater que le vote des catholiques demeure dispersé.
Même si l'on reconnaît une certaine tendance « naturelle » de l'électorat catholique au vote à droite, il n'en reste pas moins qu'un petit nombre de militants catholiques se reconnaissent davantage dans les idées et dans l'action dites « de gauche ». De fait, figaro.fr[70] a publié les informations suivantes :
« Près de 80 % de catholiques pratiquants ont voté pour Nicolas Sarkozy, selon un sondage Harris Interactive pour l'hebdomadaire chrétien d'actualité La Vie. Cette enquête montre que 79 % des personnes interrogées ont apporté leur vote au président sortant qui améliore son score de neuf points par rapport au scrutin de 2007. »
Ce qui revient à reconnaître que 20 % de catholiques qui vont à la messe ont voté pour François Hollande, contre l'avis du Pape et des évêques de France. Mais s'ils avaient voté pour Nicolas Sarkozy, leur aurait-on reproché de souscrire à la « théorie du gender » en contradiction formelle avec le troisième principe non-négociable ?
Notes et références
- ↑ Thierry-Dominique Humbrecht donne les nombres suivants pour La France en 2012 : 70 % de baptisés et 5 % de pratiquants, L'évangélisation impertinente, « Guide du chrétien au pays des postmodernes », Parole et silence, 296 pages, p. 93. 978-2-88918-069-1
- ↑ Né à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), le 14 avril 1937. Fils de Raymond Bagnard, mineur, et de Henriette Donet. Ordonné prêtre le 29 juin 1965 pour le diocèse d'Autun. Nommé évêque de Belley le 16 juillet 1987, ordonné évêque le 4 octobre 1987 en la crypte d'Ars, prise de possession le même jour. Membre de la Commission Episcopale Nationale pour l'Unité des Chrétiens. Professeur au Petit Séminaire de Semur-en-Brionnais (1967-68) ; vicaire à la paroisse Saint-Sulpice de Paris (1968-71) ; professeur au Grand Séminaire d'Issy-les-Moulineaux (1971-74) ; supérieur du Grand Séminaire de Paray-le-Monial (1974-84).
- ↑ Revue diocésaine « Église des Pays de l'Ain », 20 mars 2012.
- ↑ Conférence des évêques de France, « Élections : un vote pour quelle société ? », 3 octobre 2011 ». Tous les textes encadrés sont issus de cette même source.
- ↑ Nous nous référons à cette source officielle : Discours du pape Benoît XVI aux participants au congrès promu par le parti populaire européen, Discours tenu le jeudi 30 mars 2006 dans la « salle des Bénédictions ».
- ↑ Référence donnée par le pape : Evangelium vitæ, n. 70.
- ↑ La notion de dignité ne fait pas l'unanimité en bioéthique. On peut se reporter à John Rawls, A Theory of Justice, Cambridge, 1971, p. 586, cité par Martha Nussbaum in Human Dignity and Political Entitlements, pp. 351-381 du rapport Human Dignity and Bioethics, du Conseil du président des États-Unis sur la bioéthique (« The President's Council on Bioethics »), mars 1998. Le grave problème de la fin de vie viendrait de la polysémie du terme.
- ↑ Une requête apparemment évidente mais qui prend un sens nouveau dans le contexte actuel. Nous y reviendrons.
- ↑ Élections : un vote pour quelle société ?, « Déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France au sujet des élections présidentielles et législatives de 2012 », 3 octobre 2011
- ↑ Message adressé « aux fidèles du diocèse de Fréjus-Toulon », du jeudi 29 mars 2012
- ↑ Évêque de Fréjus-Toulon depuis 2000, né le 21 septembre 1952, ordonné prêtre le 23 juin 1984, consacré évêque le 17 septembre 2000. Fils de Joseph Rey, typographe, et de Marie Périer. Membre du Conseil pour la pastorale des enfants. Membre de la Communauté de l'Emmanuel. Aumônier du lycée Stanislas (1984-1985). Vicaire à la paroisse Sainte-Marie des Batignolles dans le 17e arrondissement de Paris (1985-1986). Supérieur des chapelains à Paray-le-Monial (1986-1988). Prêtre accompagnateur des séminaristes et des prêtres de l'Emmanuel (1988-1995). Curé de la paroisse de la Sainte-Trinité à Paris (1995-2000).
- ↑ « Congrégation pour la Doctrine de la Foi » ; « Note concernant l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique », approuvée par Jean-Paul II et publiée le 24 novembre 2002, nn.6 et 9.
- ↑ Termes repris mot à mot du discours du pape.
- ↑ Évêque de Bayonne depuis 2008, né le 17 avril 1957 à Parakou au Dahomey (Bénin), entré au séminaire de Gênes en Italie au titre de la communauté Saint-Martin, ordonné prêtre le 3 juillet 1982, aumônier des lycées et collèges de Saint-Raphaël, ouvre l'école de théologie de la communauté Saint-Martin à Candé-sur-Beuvron dans le diocèse de Blois). Sa consécration épiscopale a lieu le 30 novembre 2008 en la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne
- ↑ Lettre ouverte aux candidats aux élections, « À l'attention des candidats aux élections présidentielles et législatives », Le Salon beige, avril 2012.
- ↑ Sentiment de lassitude et d'agacement ressenti par la plupart des Français. On peut lire à ce propos : Présidentielles: les français déçus par la campagne, Lyon Webzine du lundi 5 mars 2012.
- ↑ Les signataires ne sont pas assez « bornés » pour ignorer la fiscalité, l'immigration, la protection sociale et l'Europe, cruciaux pour [l']avenir ».
- ↑ Ce terme, très fort, aurait pu créer une grave polémique si l'on en avait prouvé la connotation péjorative à caractère racial, tombée en désuétude, qu'il ne peut avoir dans ce contexte.
- ↑ Évêque de Blois depuis 1997, né le 23 novembre 1939, ordonné prêtre le 29 juin 1974, nommé évêque le 27 mars 1997, consacré évêque le 24 mai 1997. Directeur du Centre national des archives de l'Église de France (CNAEF). Vicaire à Notre-Dame d'Auteuil (1975-1979) ; Aumônier au Centre médical Édouard-Rist (1978-1981) ; Vicaire à Saint-Roch (1979-1981) ; Secrétaire particulier du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris (1981-1986) ; Vicaire épiscopal, secrétaire du Conseil épiscopal et chargé de mission pour les Affaires culturelles (1984) ; Directeur de l'Œuvre des Vocations et délégué de l'archevêque de Paris pour les vocations sacerdotales et religieuses (1984-1993) ; Curé de Saint-Séverin-Saint-Nicolas (1986-1993) ; Responsable de la formation continue des prêtres (1993-1997) ; Vicaire général pour le diocèse de Paris (1993-1997).
- ↑ Ripostes catholiques du 6 mai 2012, publié par Maximilien Bernard.
- ↑ Très belles illustrations de l'église Saint-Saturnin de Blois, ancienne Notre-Dame-des-Aydes. Voir aussi Histoire de Notre-Dame-des-Aydes
- ↑ Au sens où l'entend Bernard Bonnejean dans son ouvrage Le Dur Métier d'apôtre : les poètes catholiques à la découverte d'une réelle authenticité, 1870-1914, Paris, Éditions du Cerf, 2009, 320 p. (ISBN 978-2-204-08053-8), (BNF 42011100).
- ↑ En caractères gras dans le texte original
- ↑ « L'accès pour les mineures et les mineurs à une contraception gratuite et anonyme auprès des médecins généralistes. »
- ↑ Catéchisme de l', § 2370 ; Catéchisme abrégé de l'Église catholique, § 498, paru en 2005 ; Encyclique Humanae Vitae publiée en 1968 par le Pape Paul VI".
- ↑ Larousse médical, Article « Fécondation in vitro », n.d.
- ↑ Catéchisme de l'Église Catholique paragraphe 2376 et Instruction Dignitas Personae (Congrégation pour la doctrine de la foi, 2008), § 12.
- ↑ Donum Vitae 8
- ↑ Instruction « Dignitatis personae » citée par [http://www.zenit.org/article-19618?l=french Zenit du 12 décembre 2012, par Anita S. Bourdin
- ↑ Bioéthique : Faut-il une loi cadre ?, 29 mai 2012, « proposition d'une loi cadre faite par Axel Kahn, généticien, médecin et Président de l'Université Paris 5 Descartes. »
- ↑ Le professeur Nizand, lui, « invoque une politique au cas par cas, en créant des instances d'examens de chaque dossier, chargées d'affirmer la sincérité du geste altruiste d'une femme proposant d'assumer la grossesse pour un couple stérile » ce qui permettrait de corriger l'iniquité par rapport à l'argent qui existe aujourd'hui.
- ↑ Rédaction blog bioéthique du mardi 15
- ↑ C'est nous qui soulignons
- ↑ Marine Le Pen à Sciences Po le 5 avril 2012.
- ↑ Instruction Dignitas Personæ sur certaines questions de bioéthique.
- ↑ Communiqué de l'Académie pontificale pour la Vie sur la « pilule du lendemain », 31 octobre 2000.
- ↑ Respecter la vie humaine en ses commencements.
- ↑ À propos d'un réexamen de certaines dispositions de la loi Veil sur l'avortement.
- ↑ Et l'avortement ?
- ↑ « Comment faire baisser le nombre des avortements en France ? »
- ↑ Réalisé en janvier 2011 par la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), la Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR), le Centre de recherche et de formation de l'accompagnement de la fin de vie (Association CREFAV) et le Collectif Plus digne la vie, le sondage OpinionWay met en lumière la méconnaissance des soins palliatifs et des lois contre l'acharnement. 53 % des Français se déclarent insuffisamment informés sur les soins palliatifs. Seuls 51 % savent que ces derniers consistent, notamment, en un accompagnement du malade et un traitement de ses douleurs. Enfin, plus de la moitié des Français (52 %) soulignent l'existence de risques de dérives liées à la légalisation de l'euthanasie (Sondage : « les Français et les soins palliatifs », publié en janvier 2011 dans le Collectif plus digne la vie.
- ↑ On peut lire sur Internet la totalité du programme de François Hollande. Pour la question traitée, il s'agit de la proposition 21.
- ↑ ''Evangelium vitæ'', 65.
- ↑ sur le site du Vatican.
- ↑ Au cours de la séance parlementaire du 29 mai 2012 supra, le professeur Israël Nisand s'est montré favorable à l'homoparentalité tout en refusant l'idée d'homofiliation, « mensonge institutionnel qui laisserait entendre à l'enfant qu'il serait issu de deux personnes du même sexe ». Il est aussi favorable à l'AMP pour les couples de lesbiennes et au droit d'adoption pour les couples homosexuels hommes, et questionne à ce titre « le contenu de nos valeurs fondant notre législation actuelle qui interdit ce droit ». Le professeur Axel Kahn a une position encore plus tranchée : « Il n'y a plus aujourd'hui d'arguments moraux pour s'y opposer. Si pendant longtemps dans la conscience collective la procréation devait résulter de l'union du mariage, nous savons aujourd'hui que cette conception est sans fondement ».
- ↑ Le Nouvel Observateur du 5 octobre 2011, article de Louis Morice ?] Sauf mention particulière, toutes les informations et les citations s'y refèrent.
- ↑ Le Nouvel Observateur, op. cit., rappelle cependant qu'en 2006, au Parisien, elle disait pourtant préférer le mot union à celui de mariage « pour ne pas bousculer les repères traditionnels, la famille c'est un père et une mère. »
- ↑ Redresser la France, retrouver la justice, rassembler les Français. « L'intégrale des propositions des socialistes pour changer la France, 2 Construire une société plus humaine - 2.1 Assurer l'égalité entre les personnes » - 2.1.4 « Egalité des genres et des familles ».
- ↑ Bien qu'il ait précisé le 3 octobre 2011 à Libération être conscient qu'il aurait du mal à faire passer les textes).
- ↑ « Je pense que la loi doit évoluer avec les mœurs de la société », affirme-t-elle à La Provence de mars 2009.
- ↑ « Nicolas Sarkozy dit non au mariage homosexuel », France Soir numérique, 9 février 2012.
- ↑ Code de droit canonique sur le mariage.
- ↑ Articles 28 et 29 de la Convention internationale des droits de l'enfant.
- ↑ Bulletin officiel spécial n° 9 du 30 septembre 2010.
- ↑ On peut se faire une idée précise, mais incomplète, sur la question en consultant le document « La théorie du Gender dans les manuels scolaires de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) de Première L/ES Rentrée 2011 » HATIER HACHETTE BORDAS.
- ↑ « Théorie du genre : les manuels scolaires de SVT dans la tourmente », Sophie de Tarlé pour letudiant, 1er septembre 2011.
- ↑ Point de vue de Mgr Bernard Podvin, Porte-parole de la conférence des évêques de France, dans Ouest France du 15 août 2011, sur l'introduction de la théorie du genre dans certains manuels scolaires. Tout ce qui suit en est extrait.
- ↑ L'enseignement des théories du genre : une dérive dangereuse, par Mgr Ginoux, Famille du 22 juin 2011.
- ↑ Nous reprenons ici l'argumentation de Bruno Saintôt. Bruno Saintôt, « Quel usage des « principes non-négociables » dans les choix électoraux ? », La fabrique de la doctrine sociale, Ceras - revue Projet.
- ↑ Pourquoi, comme le demande Bruno Saintôt, ces deux principes n'ont-ils pas été retenus comme "non-négociables" ?
- ↑ Lequel cite ses sources avec une exactitude contextuelle qui n'a rien de gratuit : la « Note doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique » publiée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 24 novembre 2002, sous l'autorité de son préfet le cardinal Joseph Ratzinger.
- ↑ L'Assemblée générale des Nations Unies du 20 novembre 1959 adopte la déclaration des droits de l'enfant qui dispose dans son préambule que « l'enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d'une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance ».
- ↑ Article pris dans son état actuel du samedi Année invalide (juin), frappé d'une « discussion sur la neutralité ».
- ↑ Lire à ce propos : http://www.telerama.fr/monde/l-hopital-public-grand-corps-malade,67033.php « L'hôpital public, grand corps malade », article de Thierry Leclère pour Télérama du 26 mars 2011.
- ↑ Ce qui revient à empêcher le vote de tout croyant, catholique ou non, trop scrupuleusement attaché à des principes dogmatiques, éthiques et doctrinaux pour accepter qu'un homme ou une femme le réprésente démocratiquement sans partager des valeurs pour lui essentielles
- ↑ À méditer cette « foi du charbonnier » qui fonctionne aussi pour les lois éthiques. À en croire Ephrem du 22 février 2010 : « Voilà un « croire » qui a quelque chose de médiéval. Luther le trouvait indigne de ceux qui ont reçu la Bible comme guide, en même temps que l'Esprit-Saint. Mais quel guide hasardeux : je parle de la Bible, d'où l'on ramène n'importe quoi, qu'il faut trier, comme des poissons, moyennant une exégèse soignée... Le charbonnier qui s'en remet au Père, au Groupe dont il procède, à qui il doit - selon son expérience - son équilibre et son bonheur de vivre, je crois qu' il y a des façons de croire plus hautes : plus profondes, je ne pense pas. « Credere » signifie au sens propre « faire crédit », et « fides » à la fois la confiance et la fidélité : le « croire » des humbles possède ces connotations. Ils sont loyaux à l'Eglise, comme un vassal au seigneur féodal, comme un patient à son médecin. Comme un homme à sa mère, ou ce qui en tient lieu. Engagement englobant (bien avant que Pascal l'explicite) une sorte de "pari nécessaire et salutaire, où le risque est faible et le gain important." »
- ↑ « En effet, un article paru dans le journal Rue89 (cf. Blandine Grosjean, « Nous pensons savoir pour qui les évêques français appellent à voter ») – un article repris et déjà critiqué dans le blog chrétien Koztoujours.fr – entretient cette idée que l'application de coefficients de respect à chaque principe permettrait d'arriver à une décision résultant du nombre final de points. » (Précision de Bruno Saintôt).
- ↑ « Élections : un vote pour quelle société » ? 3 octobre 2011.
- ↑ C'est nous qui soulignons.
- ↑ Le Figaro en ligne du 7 mai 2012, « Vote Sarkozy des catholiques pratiquants ».
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