Quatuors à cordes de Bartók

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Les quatuors à cordes de Béla Bartók sont six œuvres de musique de chambre composées entre 1908 et 1939. Ils témoignent de l'évolution des recherches du compositeur hongrois, et représentent un des sommets de son œuvre. Des esquisses d'un septième quatuor existent, inachevées.

Les six quatuors à cordes de Bartók

Les quatuors à cordes constituent une partie emblématique de l'œuvre musicale de Béla Bartók, « dans un monde de raffinements rythmiques et mélodiques incomparable »[1]. Au nombre de six, leur composition s'étale sur une trentaine d'années[2],[3]. Un septième quatuor est resté inachevé, interrompu par la mort du compositeur[2].

Cet ensemble de six quatuors a fait l'objet d'enregistrement intégral, par exemple par le Quatuor Juilliard[1]. Lors de son premier concert au Great American Music Hall (en), à San Francisco, le Kronos Quartet a joué ces six quatuors de Bartók, enthousiasmant un public pourtant bien plus habitué au jazz et au blues[4]. En 1950, l'intégrale des quatuors de Bartók est interprété à Paris par le Quatuor Végh. La critique Suzanne Demarquez date de cette interprétation une meilleure prise en considération de la musique de ce compositeur par le public français[5].

Ces œuvres de musique de chambre témoignent de l'évolution des créations de Béla Bartók et de l'évolution de la musique classique contemporaine : « égalité des douze sons chromatiques, appuis sur d'autres pivots que ceux de la tonalité, nouvelles techniques instrumentales, émancipation du rythme et de la sonorité »[2].

Ces quatuors forment un ensemble d'une curieuse symétrie[2], avec le premier quatuor, une œuvre de jeunesse, à laquelle répond l'ébauche du septième resté inachevée, et au centre de cet ensemble, les seconde, troisième, quatrième, cinquième et sixième quatuors (composés respectivement en 1917, 1927, 1928, 1934 et 1940) qui comptent dans les créations les plus magistrales de Bartók[3].

Quatuor à cordes no 1 en la mineur

Il s'agit de l'op. 7 (Sz. 40 BB 52)

Il est composé à Budapest entre 1907 et 1909 (la partition est datée du de cette année). . On peut déceler dans ce premier quatuor l'influence de Claude Debussy et de Ludwig van Beethoven[2]. L'œuvre est au moins en partie inspirée par l'amour sans issue de Bartók pour la violoniste Stefi Geyer[6].

Ce quatuor est créé le par le quatuor Waldbauer-Kerpely. Sa première édition hongroise est publiée un an plus tard. Son exécution demande environ une demi-heure.

  1. Lento
  2. Allegretto
  3. Introduzione : allegro - Allegro vivace

Quatuor à cordes no 2 en la mineur

Il s'agit de l'op. 17 (Sz. 67)

Composé de 1915 à 1917, soit près de 8 ans après son précédent, à Radoskereztur, il est dédié au quatuor Waldbauer-Kerpely qui le crée le à Budapest. L'oeuvre contribue à la renommée de Bartók en Hongrie[3]. Sa première édition date de 1920. Son exécution demande un peu moins d'une demi-heure.

  1. Moderato
  2. Allegro molto cappriccioso
  3. Lento

Quatuor à cordes no 3 en do dièse mineur (Sz. 85)

Il a été composé à Budapest en septembre 1927, soit près de 10 ans après son précédent, et, profitant de sa première visite aux États-Unis, Bartók le dédie à la Musical Fund society de Philadelphie. Il bénéficie du prix Coolidge, avec Alfredo Casella, partageant près de 6000 dollars. Il est créé en 1928 à Philadelphie puis le à Budapest, par le quatuor Waldbauer-Kerpely. Dans cette période de création, les thèmes folkloriques s'amenuisent et la musique de Bartók s'universalise[3].

Ce quatuor se compose de deux parties suivies de deux mouvements plus brefs rappelant les thèmes des deux premiers, le tout étant joué d'une seule traite. C'est le plus court de ses quatuors, son exécution ne demandant qu'un quart d'heure environ.

  1. Prima parte : moderato
  2. Seconda parte : allegro
  3. Ricapitulazione della prima parte : moderato
  4. Coda : allegro molto

Quatuor à cordes no 4 en ut majeur (Sz. 91)

Composé à Budapest de juillet à septembre 1928, soit un an après le précédent, il est dédié au Quatuor Pro Arte, et créé le à Budapest par le quatuor Waldbauer-Kerpely. Sa structure est beaucoup plus complexe que celle de ses trois premiers quatuors. Il est composé de cinq courts mouvements à peu près symétriques par leurs thèmes (le premier répondant au dernier et le second au quatrième). Il emploie une grande variété de techniques de jeu dont des glissandi et des pizzicati. Son exécution demande environ une vingtaine de minutes.

  1. Allegro
  2. Prestissimo, con sordino
  3. Non troppo lento
  4. Allegretto pizzicato
  5. Allegro molto

Quatuor à cordes no 5 en si bémol (Sz. 102)

Il a été composé à Budapest entre août et , soit près de 7 ans après son précédent. Il est dédié à Elisabeth Sprague-Coolidge et a été créé à Washington par le Quatuor Kolisch le et publié un an plus tard.

Il comporte cinq mouvements. Sa structure reprend celle qui est présente de son quatrième quatuor, en arche (Forme A–B–C–B–A), où les parties se répondent symétriquement par rapport au mouvement central. Bartók parcourt dans cette œuvre l'ensemble de l'échelle tonale. Son exécution demande environ une demi-heure.

  1. Allegro
  2. Adagio molto
  3. Scherzo : alla bulgarese
  4. Andante
  5. Finale : allegro vivace

Quatuor à cordes no 6 en majeur (Sz. 114)

Il a été composé à Saanen en Suisse puis à Budapest, où il doit retourner précipitamment du fait du conflit naissant et de la maladie de sa mère, d'août à novembre 1939, soit 4 ans après le précédent. Il s'agit de la dernière œuvre de l'artiste en Hongrie, avant que ce dernier ne quitte son pays pour les États-Unis[2]. Il est dédié au Quatuor Kolisch, et a été créé à New York le .

Il se compose de quatre mouvements et son exécution demande un peu moins d'une demi-heure. Chaque partie débute par une mélodie lente et mélancolique (Mesto), présentée par chaque instrument du quatuor, qui envahit progressivement chaque mouvement pour former la totalité du dernier.

  1. Mesto - vivace
  2. Mesto - Marcia
  3. Mesto : burletta - Moderato
  4. Mesto

Discographie

Bibliographie

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Philidor, « Les six quatuors à cordes de Bartók », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 « Quatuors à cordes de Bartók. La preuve par six », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Gisèle Brelet, « Béla Bartók », dans Roland-Manuel (dir.), Histoire de la musique, t. 2, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Encyclopédie de la Pléiade », , 1878 p. (ISBN 2070104044, OCLC 852916, BNF 33042677), p. 1036-1075
  4. Eric Dahan, « Kronos Quartet, cadors à cordes », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. « La découverte de Bela Bartok en France après 1945 : enjeux et controverses », Le Mouvement social, no 208,‎ , p. 145-165 (DOI 10.3917/lms.208.0145, lire en ligne)
  6. (en) János Kárpáti, « The first String Quartet », dans Bartók's Chamber Music, Pendragon Press, , p. 249
  7. Lors de sa réédition ce disque a été distingué par Gérard Belvire d'un « 8 » dans le magazine Répertoire no 156, avril 2002, p. 7
  8. Lors de sa réédition ce disque a été distingué par Gérard Belvire d'un « 10 » dans le magazine Répertoire no 156, avril 2002, p. 7 ; d'un « Choc » dans le magazine Le Monde de la musique ; et d'un Diapason d'or..
  9. Lors de sa réédition ce disque a été distingué par Claude Helleu d'un « 8 » dans le magazine Répertoire no 113, mai 1998, p. 31.
  10. Lors de ses rééditions ce disque a été distingué d'un « 9 » dans le magazine Répertoire nos 103 et 146 ; et d'un Diapason d'or no 437.
  11. Lors de sa réédition ce disque a été distingué par Gérard Belvire d'un « 10 » dans le magazine Répertoire no 124, mai 1999, p. 30–31.
  12. Lors de sa réédition ce disque a été distingué par Gérard Belvire d'un « 9 » dans le magazine Répertoire no 73, juin 1997, p. 22 ; d'un « Choc » dans Le Monde de la musique no 180, p. 86 ; et de « 5 clés » dans le magazine Diapason no 408, p. 121.
  13. Lors de sa sortie ce disque a été distingué par Claude Helleu d'un « 9 » dans le magazine Répertoire no 89, mars 1996 p. 21–22.
  14. Lors de sa sortie ce disque a été distingué d'un « 8 » dans le magazine Répertoire no 47.
  15. Lors de sa sortie ce disque a été distingué par Claude Helleu d'un « 9 » dans le magazine Répertoire no 112 ; et de « 4 clés » dans le magazine Diapason no 445.
  16. Lors de sa sortie ce disque a été distingué par Claude Helleu d'un « 10 » dans le magazine Répertoire no 86, décembre 1995, p. 26 et no 131, p. 75.

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