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Gymnase lyrique

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Le Gymnase lyrique est une goguette qui fut célèbre à Paris et exista durant 17 ans, de 1824 à 1841.

Elle égala, dépassa même, en prestige[réf. nécessaire] le Caveau moderne, disparu en 1817.

Elle a publié des chansons[1].

Histoire du Gymnase lyrique

Catalogue de la librairie Jéhenne, Paris 1826[2].

Théophile Marion Dumersan écrit en 1866 :

Nous avons dit que le Caveau moderne avait tenté de ressusciter en 1826 pour remourir tout-à-fait peu de temps après ; mais déjà, deux ans auparavant, quelques chansonniers distingués, parmi lesquels se trouvaient Marcillac, Louis Festeau, Dauphin, Saint-Gilles, A. Julien, Henry-Simon, A. Jacquemart, Salcat, Justin Cabassol et plusieurs autres, avaient formé, sous le nom de Gymnase lyrique, une nouvelle société dont le succès fut tel tout d'abord, que toute la jeunesse chansonnière brigua l'honneur de s'y faire admettre. L'émulation enfanta des prodiges, et la réputation du Gymnase lyrique ne tarda pas à égaler et même à surpasser celle du Caveau moderne. En 1832, cette société n'avait plus de rivale, ni dans le présent, ni dans le passé ; ses chansons, qu'à l'imitation du Caveau moderne, elle publiait en volumes annuels, eurent, dès les premières années, un succès qui ne fit que s'accroître jusqu'en 1832, époque où elle atteignit son apogée.
Six ans s'écoulèrent encore sans que le Gymnase lyrique perdit rien de sa célébrité si justement acquise ; mais, hélas la fragilité est une des conditions de toute création humaine ; il ne faut souvent qu'un souffle pour détruire les plus belles. En 1838, l'amour-propre blessé de quelques membres du Gymnase lyrique amena une discussion des plus vives, à la suite de laquelle il y eut scission ; chacun des deux partis prétendit représenter la véritable société, de sorte qu'il y eut deux Gymnases lyriques, et qu'à la fin de l'année chacun d'eux publia son volume sous le même titre.
Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des chansonniers ? Mon Dieu, oui, tant de fiel peut y entrer, et ce que nous racontons le prouve sans réplique, car c'est de l'histoire que nous faisons; mais quand il y entre, hâtons-nous de le dire, il y reste peu, et ce fut ce qui arriva à propos du fait que nous rapportons : les membres du Gymnase lyrique s'étaient divisés en deux camps; le public qui achetait leurs chansons en fit autant. Les frais d'impression avaient doublé, et la recette n'augmenta point ; elle diminua au contraire très sensiblement : beaucoup d'amateurs, ne sachant auquel des deux recueils donner la préférence, n'en achetèrent aucun. Dans le doute abstiens-toi ! c'est un conseil que l'on suit toujours volontiers, lorsque l'abstention doit avoir pour résultat de desserrer le moins possible les cordons de la bourse.
À la suite de cet échec, les membres des deux fractions rivales sentirent la nécessité de mettre de l'eau dans leur vin, chose déplorable pour des gens qui, on le croira sans peine, n'en avaient pas du tout l'habitude; mais on se dit qu'une fois n'est pas coutume, et l'on se résigna : les deux fractions se rapprochèrent; comme on avait échangé force épigrammes, on se donna force poignées de main, et le Gymnase lyrique fut reconstitué aux acclamations des amis de la joie.
Pendant trois années encore les productions du Gymnase chantant eurent un immense succès, succès tel que, en 1841, cette société ayant été dissoute pour des raisons que nous ignorons, il était déjà impossible de trouver dans le commerce de la librairie une seule collection complète de ses recueils annuels.

Notes et références

  1. On[Qui ?] connait une lettre de Béranger à Justin Cabassol à propos du recueil du Gymnase lyrique. Elle date du 12 octobre 1829.
  2. Catalogue de la librairie Jéhenne, passage Feydeau, n° 4, Paris 1826.

Source

  • Théophile Marion Dumersan Chansons nationales et populaires de France, accompagnées de notes historiques et littéraires, Éditions Garnier frères, Paris 1866.

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