Zambla
| Nom de naissance | Christophe Galud |
|---|---|
| Nationalité | Française |
| Activité principale | Auteur-interprète, photographe, réalisateur, artiste plasticien |
| Genre musical | Musique électronique |
| Labels | Gambler, Fakir Music |
Zambla est le nom de scène de Christophe Galud, auteur-interprète, photographe, réalisateur et artiste plasticien français. Le projet musical naît à la fin des années 1990 de ses improvisations parlées sur les productions du collectif Sous le Manteau. Son titre le plus connu, Derrière les rochers (Ibiza), paraît en 1999 : il atteint la 26e place du classement français et la 4e place de l'Ultratop en Belgique francophone, où il reste classé pendant dix-huit semaines[1]. Le single obtient en outre un disque d'or en Belgique en 2000[2].
Le personnage de Zambla repose sur un accent anglais volontairement outré, des monologues improvisés, un humour absurde et volontiers sexuel, tandis que Sous le Manteau inscrit ses productions électroniques dans le contexte de la French touch de la fin des années 1990[3]. Un album de douze titres suit en 2003, sans retrouver le succès du premier single. Après une longue période de sommeil, le projet connaît une redécouverte sur Internet au milieu des années 2010, notamment dans la communauté du vidéaste Benzaie[3]. Parallèlement, Galud poursuit depuis les années 1980 une activité de photographe et d'artiste visuel[4].
Projet musical Zambla
Naissance du personnage et succès de Derrière les rochers
En 1999, Christophe Galud, alors actif comme photographe et réalisateur, fréquente le studio où travaille Sous le Manteau, collectif de musiciens et de producteurs. Une partie du noyau du collectif est également associée au groupe Grand Tourism. Galud prend régulièrement le micro sur les maquettes en cours et improvise sans texte écrit ni souci de suivre le rythme. L'accent anglais très appuyé qu'il adopte fait partie du jeu comique. Les musiciens découpent ensuite sa voix et replacent les fragments sur le tempo : de ce procédé naissent le personnage de Zambla et une première version de Derrière les rochers, longue de près de huit minutes[3].
À l'été 1999, le morceau, crédité à « Sous Le Manteau feat. Zambla », est pris en licence par Gambler, une division de Sony. La promotion commence par l'envoi de vinyles aux disc-jockeys de clubs des stations balnéaires françaises. Le titre est ensuite mis en avant par Novaplanet, puis repris notamment par NRJ et Fun Radio. Faute de moyens pour tourner sur une plage, le clip est tourné à Fontainebleau, où l'équipe cherche un décor de sable et de rochers ; il est ensuite diffusé sur M6. Zambla participe également à des opérations promotionnelles et à des tournées organisées par NRJ[3].
Le single reste treize semaines dans le classement français, avec une 26e place comme meilleur résultat, et dix-huit semaines dans l'Ultratop belge francophone, où il atteint la 4e place[1]. Il figure aussi sur des compilations grand public de la fin de 1999, dont Hit Connection - Best Of 1999[5]. Sa certification belge est acquise en 2000[2].
Les chiffres de ventes publiés à propos de Derrière les rochers sont toutefois contradictoires. Une présentation professionnelle de l'album de 2003 et la Fnac avancent environ 100 000 exemplaires vendus[6],[7], tandis que Patrick Droit, producteur et responsable de Fakir Music, déclare en 2016 que le titre aurait dépassé 500 000 exemplaires tous supports confondus[3]. En l'absence d'un bilan de ventes publié et vérifiable, ces estimations ne permettent pas de retenir un total unique.
Album de 2003 et mise en sommeil du projet
Après le succès du single, Sous le Manteau et Galud poursuivent leurs séances afin de constituer un album. Gambler cesse son activité dans les années suivantes ; Patrick Droit crée Fakir Music, qui reprend le développement du projet[3]. Le disque, composé de douze titres, paraît en France le 10 juin 2003 et est distribué par Night & Day[7],[8].
Le titre même de l'album n'est pas présenté de façon stable dans les sources. La chronique publiée par Zicazic en juillet 2003 l'intitule Les pieds dans les embruns[8], la Fnac le référence sous Derrière les rochers[7], tandis que les plateformes de diffusion en continu le présentent aujourd'hui sous le simple titre Zambla[9]. La rétrospective publiée en 2016 le décrit pour sa part comme un album sans titre[3]. Cette variation explique les différentes dénominations rencontrées dans les catalogues discographiques.
J'suis pas rassuré accompagne la sortie du disque. Le titre fait l'objet d'un single et d'un clip réalisé par Didier Kerbrat[10],[11]. Une chronique contemporaine de Fred Delforge décrit un disque fondé sur l'autodérision et sur l'alternance de rythmes disco, électro-rock et funky avec des passages plus proches de la ballade ; son appréciation reste mesurée et insiste davantage sur le caractère divertissant et décalé du projet que sur ses ambitions musicales[8].
Malgré une promotion comprenant des passages en radio, des soirées parisiennes et une mise en avant en magasin, l'album ne rencontre pas le succès espéré. Patrick Droit rapporte avoir récupéré environ 3 000 CD restés en stock lorsque la distribution du disque s'interrompt, avant d'essuyer le refus d'autres distributeurs de reprendre le projet[3]. Night & Day, dont la Bibliothèque nationale de France situe la cessation d'activité en 2006, disparaît quelques années plus tard[12]. Faute de nouveau relais, le projet Zambla entre en sommeil.
Redécouverte sur Internet
Le 5 avril 2014, le journaliste et disc-jockey Sylvain Di Cristo entend Ricardo Villalobos jouer Derrière les rochers lors d'un set à l'Electric, au parc des expositions de Paris. Cette redécouverte le conduit à rechercher les responsables du morceau, puis à publier en 2016 une longue rétrospective sur Zambla[3].
Entre-temps, un regain d'intérêt plus large se développe à partir de 2015 autour de Benzaie. Le vidéaste utilise J'suis pas rassuré comme plaisanterie récurrente dans des vidéos de sa série Hard Corner, puis multiplie les références au personnage de Zambla. Selon le récit recueilli en 2016, le clip de la chanson, jusque-là peu vu, dépasse alors 450 000 visionnages et devient un signe de reconnaissance dans sa communauté[3].
Ce retour d'attention conduit Fakir Music à lancer en 2016 une campagne de financement participatif destinée au pressage vinyle de l'album[13]. L'objectif initial, fixé à 4 000 euros, est largement dépassé et la collecte atteint plus de 32 000 euros[14]. Patrick Droit précise toutefois au même moment que Galud s'est éloigné du personnage et qu'un retour sur scène ou un nouvel album ne sont pas envisagés[3].
Le morceau continue ensuite de circuler ponctuellement dans les sélections de disc-jockeys et de radios. En septembre 2023, Radio Nova programme ainsi Derrière les rochers (La Version Interdite) dans une émission de Nova Club consacrée notamment aux raretés électroniques[15].
Style musical et personnage
Zambla est moins conçu comme un chanteur traditionnel que comme un personnage de monologue parlé. Les improvisations de Galud sont d'abord enregistrées librement, puis découpées et ajustées au rythme par Sous le Manteau. Le décalage entre une diction très présente, l'accent anglais caricatural et les structures dansantes constitue l'un des principes du projet[3]. Dans sa chronique de 2003, Fred Delforge rapproche ainsi davantage Zambla du « chansonnier » que du chanteur au sens classique, en soulignant le caractère volontairement incohérent de certaines formules et l'importance de l'autodérision[8].
L'humour repose sur l'absurde, le double sens et une sexualité formulée de manière explicite, particulièrement dans Derrière les rochers. Sur le plan musical, l'album élargit la formule du premier single : les documents promotionnels de l'époque distinguent des morceaux disco, de la house funky, du hip-hop, de l'électro-rock et une ballade, tandis que la chronique de Zicazic décrit une alternance comparable de registres[6],[8]. Cette diversité reste organisée autour du même dispositif : la voix et le personnage de Zambla servent de fil conducteur à des productions électroniques conçues par Sous le Manteau.
L'association du projet à la French touch tient surtout à son contexte et à ses producteurs. Patrick Droit rappelle que Sous le Manteau se situait dans cette tendance musicale sans appartenir au même cercle que les groupes les plus identifiés au mouvement ; une partie de son noyau participe également à Grand Tourism[3]. Zambla en constitue ainsi une déclinaison humoristique et marginale plutôt qu'une figure centrale du courant.
Photographie, réalisation et arts visuels
Christophe Galud travaille dans l'image avant la création de Zambla. La biographie diffusée par la Michele Mariaud Gallery indique qu'il étudie la philosophie et les beaux-arts à l'université, puis intègre une école de photographie. Il mène ensuite une activité de photographe professionnel et de réalisateur pour la télévision[4]. Il fait également partie des photographes formés dans les années 1980 par Henry Coste : l'association des « Costiens » évoque son passage par ce stage avant ses activités de photographe, de réalisateur et d'auteur-interprète[16].
Parallèlement à ses travaux professionnels, Galud développe une pratique personnelle qu'il expose en galerie depuis 1985 selon sa galerie. Son parcours comprend photographie argentique, installations, performances, interventions liées au paysage, calligraphie et peinture. À partir de 2010, la peinture, figurative comme abstraite, devient la part principale de son activité[4]. Cette continuité artistique permet de replacer Zambla comme un épisode particulier d'un parcours plus large consacré à l'image et aux arts visuels.
Une ancienne biographie publiée par Fakir Music lui attribue en 2000 la réalisation du documentaire Les âmes du Mans[17]. Le film suit notamment la participation de Perspective Racing aux 24 Heures du Mans 2000[18]. Il est programmé sur Canal Jimmy le 24 novembre 2000[19], puis rediffusé le 16 juin 2001[20].
Son travail photographique et plastique reste exposé dans les années 2020. À l'été 2024, il participe au Capitole, Centre d'art visuel de Blois, à l'exposition collective Les Costiens, qui réunit des photographes formés par Henry Coste et présente leurs travaux personnels en hommage à leur ancien enseignant[21]. Du 13 au 16 mai 2026, la Michele Mariaud Gallery présente à Future Fair, à New York, Figures in Transit, un accrochage d'œuvres sur papier réunissant Galud, Diogo Barros Pires et Samuel Bloch[22],[23].
Discographie
Singles
- 1999 : Derrière les rochers (Ibiza), Sous Le Manteau feat. Zambla[1].
- 2003 : J'suis pas rassuré[10].
Album de 2003
L'album publié par Fakir Music comprend douze pistes[7],[9] :
- J'suis pas rassuré
- Chacun son truc
- Tu es beau ou pas
- Sous le tapis
- Derrière les rochers
- Only God Knows
- Anquetil
- Tes petits genoux dorés
- Jacques facial
- C'est d'la musique et elle est belle
- Derrière les rochers (version radio)
- Jacques facial (remix)
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « Sous Le Manteau feat. Zambla – Derrière les rochers (Ibiza) », sur Ultratop (consulté le )
- ↑ 2,0 et 2,1 (en) « Awards 2000 », sur Ultratop (consulté le )
- ↑ 3,00 3,01 3,02 3,03 3,04 3,05 3,06 3,07 3,08 3,09 3,10 3,11 et 3,12 Sylvain Di Cristo, « Zambla : l'incroyable histoire d'un oublié de la French Touch », sur La Pieuvre, (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 (en) « Christophe Galud », sur Michele Mariaud Gallery (consulté le )
- ↑ « Hit Connection - Best Of 1999 », sur Ultratop (consulté le )
- ↑ 6,0 et 6,1 « ZAMBLA », sur Media Industry (consulté le )
- ↑ 7,0 7,1 7,2 et 7,3 « Derrière les rochers — Sous Le Manteau », sur Fnac (consulté le )
- ↑ 8,0 8,1 8,2 8,3 et 8,4 Fred Delforge, « Sous le Manteau featuring Zambla — Les pieds dans les embruns », sur Zicazic, (consulté le )
- ↑ 9,0 et 9,1 « Zambla — album », sur Spotify (consulté le )
- ↑ 10,0 et 10,1 « J'suis pas rassuré - Radio Edit », sur Spotify (consulté le )
- ↑ Fakir Music, « J'suis pas rassuré - ZAMBLA », sur Dailymotion (consulté le )
- ↑ « Notice de collectivité « Night & Day » », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ « ZAMBLA en vinyle », sur Ulule (consulté le )
- ↑ « Grassac : le vieux tube ressorti des cartons collecte 32.000 € au lieu des 4.000 espérés sur internet ! », sur Charente Libre, (consulté le )
- ↑ « Raretés Electro et nouveautés Soul avec Fabrice Desprez et Romain Tassinari », sur Radio Nova, (consulté le )
- ↑ « Christophe Galud », sur Henry Coste et les Costiens (consulté le )
- ↑ « Fakir Music - Zambla », sur Fakir Music (consulté le )
- ↑ « Thierry Perrier, cinq décennies de passion, part 2 (1982/2001) », sur Endurance-Info (consulté le )
- ↑ « Programmes de télévision du 24 novembre 2000 », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ « Programmes de télévision du 16 juin 2001 », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ « Les Costiens », sur Promenades Photographiques, (consulté le )
- ↑ (en) « International Galleries at Future Fair 2026 », sur Future Fair, (consulté le )
- ↑ (en) « Michele Mariaud Gallery at Future Fair 2026 », sur Artsy (consulté le )
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