Guillaume Fond
| Naissance |
Lyon |
|---|---|
| Nationalité | française |
| Domaines | Psychiatrie, santé publique, psychiatrie nutritionnelle |
|---|---|
| Institutions | Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, Aix-Marseille Université |
| Formation | Université de Montpellier, Université Paris-Est |
| Directrice de thèse | Marion Leboyer |
| Autres activités | Auteur de vulgarisation |
|---|
Guillaume Fond, né le 15 septembre 1981 à Lyon, est un psychiatre, chercheur et auteur français[1]. Médecin spécialiste en psychiatrie et docteur en biologie cellulaire et moléculaire[2], il exerce à l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), où il est responsable des centres experts consacrés à la schizophrénie et à la dépression résistante de l'hôpital Sainte-Marguerite[3]. Il mène ses recherches au Centre d'étude et de recherche sur les services de santé et la qualité de vie (CEReSS) d'Aix-Marseille Université[4].
Ses travaux se situent à l'interface de la psychiatrie clinique, de la biologie et de la santé publique. Ils ont d'abord porté sur les liens entre troubles psychiatriques, inflammation, infections et addictions, en particulier dans la schizophrénie. À Marseille, son activité s'est élargie à l'organisation des soins et à l'exploitation de grandes bases de données médico-administratives, avec des études sur les inégalités de santé, les parcours de soins, la pandémie de Covid-19 ou la santé mentale des jeunes. Un autre axe de recherche concerne le microbiote intestinal, l'alimentation et la psychiatrie nutritionnelle.
Il publie parallèlement des ouvrages de vulgarisation et intervient dans les médias sur la santé mentale, les modes de vie et la nutrition.
Formation et carrière
Après une classe préparatoire BCPST au lycée du Parc à Lyon, Guillaume Fond suit ses études médicales à Lyon-Nord de 2000 à 2006. Il effectue ensuite son internat en psychiatrie à Montpellier, de 2006 à 2010. Il obtient au cours de cette période un diplôme universitaire de thérapies cognitives et comportementales, un master 2 de neuro-endocrinologie, son diplôme d'études spécialisées en psychiatrie et son doctorat en médecine. Sa thèse de médecine porte sur l'influence de la dépression majeure sur l'abstinence tabagique à un an[1].
De 2010 à 2012, il est chef de clinique-assistant des hôpitaux à Montpellier. Il rejoint ensuite l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, au pôle de psychiatrie des hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, où il exerce comme praticien hospitalier de 2012 à 2017[1]. Dans le même temps, il participe au développement du réseau des Centres Experts de la Fondation FondaMental et coordonne le réseau national consacré à la schizophrénie[1],[5].
En 2016, il soutient à l'université Paris-Est, sous la direction de Marion Leboyer, une thèse de doctorat en biologie cellulaire et moléculaire intitulée Inflammation, infections et maladies mentales : identification de biomarqueurs et applications thérapeutiques potentielles. Le travail porte notamment sur les marqueurs inflammatoires et infectieux observés dans la schizophrénie et le trouble bipolaire, ainsi que sur leur intérêt éventuel pour la stratification thérapeutique[2].
Il rejoint l'AP-HM en décembre 2017. Ses activités associent alors psychiatrie clinique, information médicale et recherche sur les services de santé[1]. L'AP-HM lui confie l'axe « Services de santé et qualité de vie en psychiatrie et santé mentale » de son service de psychiatrie[4]. Il est par ailleurs responsable des centres experts schizophrénie et dépression résistante des Hôpitaux Sud, implantés à l'hôpital Sainte-Marguerite[3]. Son dossier de titres et travaux mentionne des enseignements à Aix-Marseille Université, notamment en psychopharmacologie et sur les rapports entre nutrition, activité physique et santé mentale[1]. En 2025, les éditions Odile Jacob le présentent encore comme enseignant à la faculté de médecine[6].
Travaux de recherche
Schizophrénie, inflammation et infections
Les recherches conduites par Guillaume Fond dans les années 2010 s'inscrivent dans le développement de la psychiatrie immunologique, qui étudie le rôle possible de mécanismes immunitaires et inflammatoires dans certains troubles mentaux. Sa thèse de doctorat synthétise plusieurs de ces travaux tout en soulignant que les biomarqueurs étudiés ne permettent alors ni de prédire de manière fiable la réponse thérapeutique, ni d'établir le sens des relations causales observées[2].
Dans la cohorte multicentrique française FACE-SZ, consacrée à la schizophrénie, il participe à plusieurs études sur l'inflammation périphérique de bas grade. Une publication de 2016 associe cette inflammation à des performances cognitives plus faibles[7],[8]. D'autres travaux mettent en évidence des associations avec une dépendance nicotinique sévère[9] et avec certaines formes de schizophrénie très résistantes aux traitements[10]. Ces études sont observationnelles : elles décrivent des corrélations et ne démontrent pas que l'inflammation est à elle seule la cause des manifestations cliniques observées.
Fond travaille aussi sur les liens entre l'infection par Toxoplasma gondii et les troubles psychiatriques. Il participe à une revue systématique et méta-analyse portant sur la schizophrénie, le trouble bipolaire et les addictions[11]. Une étude rétrospective publiée la même année recherche, chez des patients séropositifs à T. gondii, une association entre l'évolution clinique et l'emploi de psychotropes présentant une activité anti-toxoplasmique in vitro[12]. L'Inserm, qui présente ces résultats en 2015, insiste sur leur caractère exploratoire et sur la nécessité d'études longitudinales avant d'en tirer des conséquences thérapeutiques[13].
Il poursuit ce programme par des synthèses consacrées aux possibilités de prise en charge des sous-groupes de patients présentant un profil inflammatoire. En 2020, Fond et plusieurs chercheurs marseillais publient une revue sur la place de l'inflammation dans le traitement de la schizophrénie[14]. En 2023, une revue systématique de revues évalue plus largement les traitements utilisés en adjonction aux antipsychotiques, notamment certains acides aminés, traitements hormonaux et agents anti-inflammatoires[15].
Dépression, microbiote et psychiatrie nutritionnelle
Fond s'intéresse aussi aux traitements innovants de la dépression. En 2014, il est premier auteur d'une revue systématique et méta-analyse consacrée à l'administration de kétamine dans les troubles dépressifs. Cette synthèse des premiers essais contrôlés conclut à un effet antidépresseur à court terme dans les études disponibles, tout en soulignant le manque de données sur la sécurité et l'efficacité à moyen et long terme[16]. Cette publication s'inscrit dans ses travaux sur les options thérapeutiques de la dépression résistante.
À partir du milieu des années 2010, ses publications accordent une place croissante au microbiote intestinal et aux relations entre alimentation et santé mentale. Avec Grégoire Chevalier, Gérard Eberl et Marion Leboyer, il publie en 2016 une revue sur le rôle potentiel du microbiote dans les principaux troubles psychiatriques[17]. Son dossier de titres et travaux mentionne en 2018 le financement par l'AP-HM du projet FEMAD, dont il est investigateur principal et qui vise à évaluer la transplantation de microbiote fécal dans la dépression comorbide à la schizophrénie[1]. Une revue systématique publiée en 2020 examine ensuite les interventions orientées vers le microbiote dans la dépression majeure et la schizophrénie, en distinguant notamment probiotiques, prébiotiques, régime alimentaire et transplantation de microbiote fécal[18].
Cette orientation se prolonge avec l'étude internationale en ligne ALIMENTAL. Une analyse publiée en 2025 porte sur 15 262 participants. Elle retrouve des associations entre certains profils alimentaires et la présence d'une dépression, avec des différences selon l'âge et le sexe : la consommation d'aliments ultra-transformés est notamment associée à davantage de dépression dans plusieurs groupes, tandis qu'un profil alimentaire qualifié de sain est associé à moins de dépression dans certains groupes de femmes[19]. L'étude étant transversale, elle ne permet pas de déterminer si ces habitudes alimentaires précèdent la dépression, en résultent ou sont liées à d'autres facteurs.
En juillet 2026, une nouvelle analyse transversale issue de la cohorte ALIMENTAL 2 étudie la « désynchronisation » des horaires de repas entre jours travaillés et jours libres. Chez près de 3 000 participants francophones, un décalage plus important est associé à davantage de symptômes anxieux, dépressifs et d'insomnie, sans permettre là encore de conclure à une causalité[20].
Une méta-analyse de 31 essais randomisés, supervisée par Guillaume Fond et publiée en 2026, évalue les effets de la L-théanine, un acide aminé présent dans le thé et utilisé dans certains compléments alimentaires. Les résultats suggèrent un bénéfice à court terme sur certaines mesures de l'attention, mais les données sur le stress, l'anxiété et les symptômes dépressifs demeurent insuffisantes pour conclure à un intérêt thérapeutique établi[21].
Santé publique, parcours de soins et données de population
Dès le milieu des années 2010, Fond utilise des données de population pour étudier la prévention et les inégalités de santé. Une analyse des séries de mortalité de l'Organisation mondiale de la santé publiée en 2015 décrit trois décennies d'évolution du suicide en France et leurs différences selon l'âge et le sexe[22]. À Marseille, ses recherches s'orientent plus nettement vers les services de santé et l'analyse des parcours de soins[4].
En 2019, il est premier auteur d'une étude nationale sur les soins de fin de vie des personnes atteintes à la fois de schizophrénie et de cancer. À partir des décès hospitaliers enregistrés entre 2013 et 2016, les auteurs observent que ces patients meurent plus jeunes et plus tôt après le diagnostic de cancer, reçoivent davantage de soins palliatifs mais moins de soins de forte intensité que les patients appariés sans trouble mental diagnostiqué. L'étude interprète ces écarts comme le signe d'inégalités de santé et de prise en charge nécessitant une meilleure coordination entre oncologie et psychiatrie[23].
Au début de la pandémie de Covid-19, Fond et ses collaborateurs exploitent les données hospitalières françaises pour comparer le devenir des patients atteints de schizophrénie à celui des autres patients hospitalisés. Une première étude signale une surmortalité hospitalière associée à la schizophrénie[24]. Une cohorte nationale publiée ensuite dans Schizophrenia Bulletin met en évidence des différences d'admission en réanimation et de mortalité qui varient notamment avec l'âge[25]. Une méta-analyse dont il est le premier auteur, publiée en 2021 dans JAMA Psychiatry, rassemble par ailleurs 16 études observationnelles menées dans sept pays, portant sur 19 086 patients atteints de troubles mentaux et de Covid-19. Elle associe les troubles psychiatriques à une mortalité plus élevée après prise en compte de plusieurs facteurs de risque, en particulier dans les études concernant la schizophrénie et le trouble bipolaire, sans permettre d'établir précisément le risque propre à chaque diagnostic[26]. Il participe également à l'étude de la couverture vaccinale contre la Covid-19 chez les personnes présentant des troubles mentaux sévères, à partir de données portant sur environ 47 millions de personnes[27].
Une étude publiée en 2023 à partir du Système national des données de santé décrit la prise en charge de 456 003 personnes atteintes de schizophrénie et traitées par antipsychotiques. Elle met notamment en évidence une faible persistance des traitements, un recours hospitalier important, un suivi métabolique incomplet et une mortalité nettement supérieure à celle de la population générale[28]. L'étude a été financée par Otsuka Pharmaceutical et Lundbeck, qui ont participé à sa conception, à l'analyse et à la rédaction[29].
Ses recherches portent aussi sur la santé mentale des professionnels de santé, notamment à travers l'enquête nationale AMADEUS sur la dépression et l'environnement de travail[30]. En 2025, il dirige une étude de séries temporelles fondée sur les données de l'Assurance maladie concernant environ 20 millions de personnes âgées de 25 ans ou moins entre 2016 et 2023. Publiée dans JAMA Network Open, elle montre une hausse des consultations psychiatriques, des hospitalisations, dont celles liées aux tentatives de suicide, et de plusieurs prescriptions de psychotropes, particulièrement marquée chez les adolescentes et les jeunes femmes après le début de la pandémie. Les auteurs précisent que ces données d'utilisation des soins ne permettent pas, à elles seules, de déterminer quelle part de la hausse traduit une aggravation de la santé mentale et quelle part relève d'autres changements de recours aux soins ou de prescription[31].
Vulgarisation et activités publiques
Guillaume Fond intervient dans des médias généralistes sur les troubles psychiatriques, la prévention et les modes de vie. Il a notamment tenu des chroniques dans Allo Docteurs et Le Magazine de la santé[32], et participé à des émissions de France Inter consacrées à l'inflammation chronique[33]. À partir des années 2020, ses interventions publiques se concentrent particulièrement sur la psychiatrie nutritionnelle. Le Temps lui consacre en 2025 un entretien à l'occasion de la publication de Bien nourrir son cerveau[34].
Ses publications récentes sur la nutrition déclarent également des intérêts professionnels privés : l'étude ALIMENTAL de 2025 le présente comme cofondateur d'Origine Care, entreprise de compléments alimentaires rebaptisée PSŌM en 2025[19],[35], tandis que l'étude ALIMENTAL 2 de 2026 le déclare propriétaire de Dr Guillaume Fond SARL, également mentionnée parmi ses affiliations[20]. La méta-analyse de 2026 sur la L-théanine signale également son activité dans le secteur des compléments alimentaires[21].
Distinctions
Son dossier de titres et travaux mentionne plusieurs prix reçus pour des communications ou publications scientifiques : un prix de poster au congrès de l'Encéphale en 2012, puis deux distinctions au Congrès français de psychiatrie en 2016, dont un prix de la meilleure publication pour les travaux sur inflammation et cognition dans la schizophrénie[1]. La même année, la Fondation FondaMental annonce qu'un travail auquel il a participé sur antidépresseurs et inflammation dans la schizophrénie a été distingué au congrès de l'European College of Neuropsychopharmacology[36].

En 2018, le projet FEMAD consacré à la transplantation de microbiote fécal dans la dépression associée à la schizophrénie reçoit une Victoire de la Santé à Marseille[37]. En 2019, le Congrès français de psychiatrie distingue également son travail sur les soins de fin de vie des patients atteints de schizophrénie et de cancer, publié la même année dans The Lancet Public Health[1],[23].
Ouvrages
Ouvrages destinés au grand public
- Savoir pour guérir : devenez la meilleure version de vous-même en 3 étapes. Manuel de développement personnel, LaRéponseDuPsy, 2017[38].
- Je fais de ma vie un grand projet : je décide d'agir pour changer durablement, Flammarion, 2018[39].
- Devenez la meilleure version de vous-même en 3 étapes : manuel de développement personnel, Ellipses, 2019[40].
- avec Sophie Reichman, Voyage au cœur de la souffrance : regards croisés d'un psychiatre et d'une avocate sur le burn-out et le harcèlement professionnel, JC Lattès, 2020[41].
- Bien manger pour ne plus déprimer : prendre soin de son intestin pour prendre soin de son cerveau, Odile Jacob, 2022[42].
- Bien nourrir son cerveau : contre le stress, l'anxiété, la dépression, le déclin cognitif, Odile Jacob, 2025[6].
- Compléments alimentaires et Santé mentale : cerveau et microbiote, le guide scientifique pour faire le bon choix, Flammarion, 2026[43].
Contributions à des ouvrages collectifs
En 2016, Guillaume Fond contribue à Les troubles psy expliqués par la théorie de l'évolution : comprendre les troubles de la santé mentale grâce à Darwin, de Pierrich Plusquellec, Daniel Paquette, Frédéric Thomas et Michel Raymond, avec un chapitre intitulé « Le paradoxe darwinien de la schizophrénie »[1]. Il apporte également son expertise au Petit Guide de contre-manipulation de Christophe Caupenne, publié en 2017[44].
Références
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- ↑ 2,0 2,1 et 2,2 « Inflammation, infections et maladies mentales : identification de biomarqueurs et applications thérapeutiques potentielles », sur theses.fr, (consulté le )
- ↑ 3,0 et 3,1 « Centres experts santé mentale et physique - Hôpitaux Sud », sur AP-HM (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « Recherche », sur AP-HM (consulté le )
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Article publié sur Wikimonde Plus
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