Élie Joseph Verrier
| Élie Joseph Verrier | ||
Élie Joseph Verrier, vers 1910. | ||
| Naissance | Vosnon (Aube, France) |
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| Décès | (à 69 ans) Paris |
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| Origine | ||
| Allégeance | Armée de terre française | |
| Arme | Infanterie | |
| Grade | Général de division | |
| Années de service | 1872 – 1914 | |
| Commandement | 73e régiment d'infanterie École spéciale militaire de Saint-Cyr 16e division d'infanterie 5e division d'infanterie |
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| Conflits | Première Guerre mondiale | |
| Distinctions | Légion d'honneur Palmes académiques Médaille commémorative de Madagascar |
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Élie Joseph Verrier, né le à Vosnon (Aube) et mort le à Paris, est un général de division français. Officier d'infanterie et d'état-major, il contribue à l'organisation du service géographique militaire à Madagascar et commande l'École spéciale militaire de Saint-Cyr de 1910 à 1912. À l'entrée de la France dans la Première Guerre mondiale, il dirige la 5e division d'infanterie, engagée notamment dans la bataille de Charleroi. Sa mise à la retraite d'office donne lieu, en 1915, à une décision du Conseil d'État concernant les pouvoirs de l'administration en temps de guerre.
Biographie
Formation et carrière dans l'infanterie
Élie Joseph Verrier entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr le 15 novembre 1872. Il appartient à la 57e promotion, dite « du Shah » (1872-1874). À sa sortie de l'école, il est nommé sous-lieutenant au 87e régiment d'infanterie. Devenu capitaine au 102e régiment d'infanterie en 1882, il obtient également le brevet d'état-major[1].
Une partie de sa carrière se déroule au Service géographique de l'armée, qui réalise notamment les travaux topographiques destinés à l'établissement des cartes militaires. Il séjourne en Algérie de 1887 à 1891, puis en Tunisie de 1891 à 1892, dans le cadre de ces activités.
En avril 1896, alors commandant, il part pour Madagascar, dont la conquête par la France vient de s'achever. Il est chargé d'y installer un service géographique militaire. L'équipe comprend notamment une brigade topographique dirigée par le capitaine Delcroix, dont les travaux doivent servir à la cartographie de la colonie[2]. Ce programme ne se déroule toutefois pas comme prévu : l'insurrection des Menalamba empêche la brigade de procéder aux levés projetés, les opérateurs ne pouvant quitter Tananarive. Le service est réorganisé avant que ses premières missions aient pu aboutir[3].
De retour en métropole, Verrier exerce diverses fonctions de chef d'état-major auprès de grandes unités. Promu colonel en 1905, il prend le commandement du 73e régiment d'infanterie, en garnison à Béthune.
Commandement de Saint-Cyr et des grandes unités
Promu général en 1909, Élie Joseph Verrier est nommé l'année suivante à la tête de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, qu'il dirige jusqu'en 1912[1]. Son commandement recouvre la formation des promotions « de Fez », « de la Moskowa » et « des Marie-Louise ». La promotion de Fez (1909-1912), dont les élèves effectuent leur scolarité à Saint-Cyr à partir de 1910, compte notamment Charles de Gaulle, Alphonse Juin et Antoine Béthouart[4]. Le général Louis Bigot lui succède à la direction de l'école.
Après son passage à Saint-Cyr, il reçoit le commandement de la 16e division d'infanterie à la fin de l'année 1913, puis celui de la 5e division d'infanterie en juin 1914. C'est à la tête de cette dernière formation qu'il entre en guerre.
Première Guerre mondiale
En août 1914, la 5e division d'infanterie, composée notamment des 36e, 39e, 74e et 129e régiments d'infanterie, appartient au 3e corps d'armée de la 5e armée, commandée par le général Charles Lanrezac[5].
Lors de la bataille de Charleroi, la division doit défendre les passages de la Sambre face à l'avancée allemande. Après le franchissement de la rivière dans le secteur de Roselies, le 21 août, Verrier ordonne des contre-attaques pour reprendre les positions perdues. Plusieurs assauts sont menés, notamment par les 74e, 129e et 36e régiments, sans parvenir à rétablir la situation. L'historien Leonard V. Smith souligne le manque de renseignements sur les positions allemandes et l'insuffisance de l'appui d'artillerie lors de ces attaques. Il replace aussi ces échecs dans le contexte plus large des difficultés du commandement français et de sa doctrine offensive au début du conflit[6].
Les combats des 21 au 24 août coûtent à la division plusieurs milliers de tués, blessés et disparus. Son repli s'effectue dans des conditions difficiles, mais l'unité participe encore à la bataille de Guise à la fin du mois. Le 31 août 1914, Verrier est remplacé à sa tête par le général Charles Mangin[6],[5].
Mise à la retraite et recours devant le Conseil d'État
Par un décret du 20 novembre 1914, Élie Joseph Verrier est mis à la retraite d'office. Il conteste cette mesure devant le Conseil d'État. La procédure prévue par la loi du 16 février 1912 imposait normalement la communication d'un rapport du commandant en chef des armées avant la mise à la retraite d'un officier général. Or, un décret du 15 août 1914 avait permis de s'affranchir de cette formalité lorsqu'elle était rendue impossible par les circonstances de guerre[7].
Dans sa décision du 30 juillet 1915, dite « Général de division Verrier », le Conseil d'État rejette son recours. Il juge que les exigences de la défense nationale peuvent justifier, en raison des événements de guerre, l'adaptation de certaines règles administratives, notamment lorsqu'une formalité ne peut matériellement être accomplie. Cette décision constitue l'un des précédents de la jurisprudence relative aux circonstances exceptionnelles, développée en particulier par l'arrêt Heyriès de 1918[7],[8].
Élie Joseph Verrier meurt à Paris le 4 mai 1923[9].
Distinctions
- Officier de la Légion d'honneur[1] ;
- Officier de l'Instruction publique[1] ;
- Médaille commémorative de Madagascar ;
- Officier du Nichan Iftikhar ;
- Officier de l'ordre du Sauveur (Grèce) ;
- Commandeur de l'ordre de la Couronne d'Italie.
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Jean Boÿ, « Historique de la 57e promotion de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1872-1874), promotion du Shah », La Saint-Cyrienne, 2011, p. 3 et 5 (lire en ligne).
- ↑ « Les événements : informations diverses », Bulletin du Comité de Madagascar, 2e année, no 5, mai 1896, p. 16 (lire en ligne).
- ↑ Édouard-Guillaume de Martonne, « La carthographie de Madagascar », Annales de géographie, tome 19, no 103, 1910, p. 49-69 (lire en ligne).
- ↑ Jean Boÿ, « Historique de la 94e promotion de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1909-1912), promotion de Fez », La Saint-Cyrienne (lire en ligne).
- ↑ 5,0 et 5,1 Service historique de la Défense, « 5e division d'infanterie », inventaire des archives de la Première Guerre mondiale, cotes GR/24/N/76 à GR/24/N/98 (notice en ligne).
- ↑ 6,0 et 6,1 Leonard V. Smith, Between Mutiny and Obedience: The Case of the French Fifth Infantry Division during World War I, Princeton University Press, 1994, chap. 3, p. 39-73, en particulier p. 43-47 (présentation de l'ouvrage).
- ↑ 7,0 et 7,1 Jean Barthélemy, « Juger l'état de guerre : le contentieux du Conseil d'État et des juridictions administratives », dans Le Conseil d'État et la Grande Guerre, Comité d'histoire du Conseil d'État et de la juridiction administrative, La Documentation française, 2017, p. 240-241 (lire en ligne).
- ↑ Bernard Pacteau, « La doctrine juridique française face à la Grande Guerre », dans Le Conseil d'État et la Grande Guerre, Comité d'histoire du Conseil d'État et de la juridiction administrative, La Documentation française, 2017, p. 218 (lire en ligne).
- ↑ « 43e RA 1914-1918 », René Verney, un médecin normand dans la Grande Guerre (consulter en ligne).
Liens externes
- Base Léonore, Archives nationales : dossier de la Légion d'honneur, cote LH/2696/12.
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- Histoire militaire
- Armée française