Alain Rémy (diplomate)

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Alain Rémy
Naissance (73 ans)
Paris
Nationalité Française
Diplôme
Doctorat en économie internationale
Profession
Diplomate
Autres activités
Président de l'Association des amis de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem (depuis 2021)

Alain Rémy, né le à Paris, est un diplomate français. Après avoir été consul général de France à Jérusalem de 2005 à 2009, il est ambassadeur de France en Ukraine de 2011 à 2015, puis ambassadeur de France en République démocratique du Congo de 2015 à 2018[1],[2].

Biographie

Formation et premières affectations

Titulaire d'une licence de lettres russes, d'une maîtrise d'économie appliquée et d'un doctorat en économie internationale, Alain Rémy entre au ministère des Affaires étrangères en 1980. Sa carrière se partage ensuite entre les fonctions économiques, les services géographiques du ministère et les postes diplomatiques à l'étranger[3].

Premier secrétaire à l'ambassade de France à Moscou, en Union soviétique, de 1981 à 1984, il rejoint ensuite les services économiques et financiers de l'administration centrale à Paris. De 1987 à 1989, il travaille au ministère de l'Économie et des Finances, dans le domaine de la coopération internationale. Il est ensuite conseiller financier pour l'Asie du Sud, en poste à New Delhi, de 1989 à 1993[4],[3].

De retour au ministère des Affaires étrangères, il est directeur adjoint de la direction d'Afrique du Nord entre 1993 et 1997, avant de retrouver le terrain comme premier conseiller à l'ambassade de France à Alger (1997-1999), puis à l'ambassade de France en Russie (1999-2002). Il occupe à nouveau, à partir de 2002, les fonctions de sous-directeur chargé des attributions de directeur adjoint d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, nomination officialisée en 2003[5].

Consul général à Jérusalem (2005-2009)

Nommé consul général de France à Jérusalem par décret du 31 mai 2005, Alain Rémy succède à Régis Koetschet. Le consulat général exerce une mission particulière dans la représentation française à Jérusalem et auprès des populations des territoires palestiniens[6].

Sa mission se déroule dans un contexte marqué par le conflit israélo-palestinien et la dégradation de la situation dans la bande de Gaza. En janvier 2009, alors qu'il revient d'une visite destinée notamment à examiner les projets financés par la France à Gaza, son convoi, qui comprend également d'autres diplomates européens, est retenu pendant plus de six heures au poste-frontière d'Erez. Le ministère français des Affaires étrangères indique que des militaires israéliens ont tiré deux coups de semonce et convoque l'ambassadeur d'Israël à Paris pour demander des explications[7].

Alain Rémy quitte le consulat général en 2009. Il exerce ensuite de nouveau des fonctions à l'administration centrale avant sa nomination comme ambassadeur.

Ambassadeur en Ukraine (2011-2015)

Par décret du 5 septembre 2011, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Ukraine, en remplacement de Jacques Faure[1]. Il prend ses fonctions à Kiev en novembre 2011. Cette affectation, dans un pays dont il connaît l'environnement régional pour avoir servi à Moscou, est rapidement dominée par les relations avec l'Union européenne et par la crise politique et territoriale ukrainienne.

Au début de 2013, Alain Rémy soutient publiquement la perspective d'un accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne, tout en rappelant les conditions posées par l'Union, notamment en matière de réformes et de justice. Il insiste alors sur l'intérêt d'un dialogue entre Kiev et les institutions européennes[8].

Son mandat est profondément affecté par le mouvement de l'Euromaïdan, la chute du président Viktor Ianoukovytch, l'annexion de la Crimée par la Russie et le début de la guerre dans le Donbass en 2014. Auditionné le 3 décembre 2014 par la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, il décrit les conséquences militaires, politiques et économiques du conflit ainsi que les difficultés des réformes ukrainiennes, notamment la persistance de la corruption. Il expose aussi le rôle joué par la diplomatie française dans les efforts de règlement de la crise, depuis les démarches de Laurent Fabius à Kiev jusqu'à la première rencontre entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko en Normandie, en juin 2014[9].

La même audition fait apparaître les tensions entourant le projet de livraison de navires Mistral à la Russie, objet de manifestations devant l'ambassade française. Le diplomate évoque par ailleurs les actions françaises d'assistance humanitaire aux blessés et aux personnes déplacées, l'accompagnement des réformes et les difficultés rencontrées par les entreprises françaises présentes en Ukraine[9].

En juillet 2015, Isabelle Dumont lui succède à la tête de l'ambassade de France en Ukraine[10].

Ambassadeur en République démocratique du Congo (2015-2018)

Nommé ambassadeur de France en République démocratique du Congo le 31 août 2015, en remplacement de Luc Hallade, Alain Rémy prend ses fonctions à Kinshasa dans une période de fortes tensions politiques[2]. La fin du deuxième mandat du président Joseph Kabila, en décembre 2016, sans élection présidentielle organisée à cette échéance, suscite une crise entre les autorités congolaises, l'opposition et plusieurs partenaires internationaux.

Son action comprend les relations politiques et la coopération économique, culturelle et universitaire. Il participe notamment au développement des échanges entre entreprises françaises et congolaises : en mai 2017, il inaugure à Lubumbashi une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie franco-congolaise, puis en octobre à Goma un nouvel Institut français et une représentation locale de cette chambre de commerce. Le centre culturel de Goma met notamment l'accent sur les usages du numérique et les initiatives destinées à la jeunesse[11],[12].

La crise politique congolaise occupe également une place croissante dans les relations bilatérales. Lors d'une intervention à Kinshasa le 14 juillet 2018, peu avant la fin de son mandat, Alain Rémy regrette la dégradation des rapports de la RDC avec une partie de ses partenaires internationaux et appelle à la reprise du dialogue. Il souhaite aussi la réouverture de la « Maison Schengen », centre de traitement des demandes de visa fermé par les autorités congolaises dans le contexte de leurs tensions avec la Belgique[13].

Il quitte ses fonctions en 2018, année où François Pujolas lui succède comme ambassadeur à Kinshasa[14].

Activités après la carrière diplomatique

Depuis 2021, Alain Rémy préside l'Association des amis de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, institution avec laquelle il avait été en relation pendant son séjour comme consul général. L'association soutient les activités scientifiques de l'École, en particulier l'attribution de bourses, les travaux de recherche, les fouilles archéologiques et les publications. Il participe également à des rencontres consacrées à la présence française à Jérusalem et aux travaux de l'École biblique[15],[16].

Distinctions

  • Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur (2014 ; chevalier en 2005)[17].
  • Officier de l'ordre national du Mérite Officier de l'ordre national du Mérite (2009 ; chevalier en 1998)[18].
  • Médaille d'honneur des affaires étrangères, échelon or (2014)[19].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « Décret du 5 septembre 2011 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de l'Ukraine – M. Rémy (Alain) », sur Légifrance,
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Décret du 31 août 2015 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République démocratique du Congo – M. Rémy (Alain) », sur Légifrance,
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « Une communication du Chef de l'État destinée aux députés et sénateurs remise aux présidents des deux chambres du Parlement », sur Province du Nord-Kivu,
  4. ↑ « Arrêté portant réintégration dans le corps des conseillers et secrétaires des affaires étrangères », sur Légifrance,
  5. ↑ « Arrêté portant nomination à l'administration centrale du ministère des affaires étrangères », sur Légifrance,
  6. ↑ « Décret du 31 mai 2005 portant nomination d'un consul général de France à Jérusalem – M. Rémy (Alain) », sur Légifrance,
  7. ↑ « L'ambassadeur d'Israël convoqué au Quai d'Orsay », sur Le Parisien,
  8. ↑ (uk) « Підписання угоди про асоціацію у 2013 році в інтересах і України, і ЄС - посол Франції », sur Interfax-Ukraine,‎
  9. ↑ 9,0 et 9,1 « Audition d'Alain Rémy, ambassadeur de France en Ukraine, devant la commission des affaires étrangères, compte rendu n° 28 », sur Assemblée nationale,
  10. ↑ « Décret du 15 juillet 2015 portant nomination d'une ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de l'Ukraine – Mme Dumont (Isabelle) », sur Légifrance,
  11. ↑ « Une extension de la chambre de commerce franco-congolaise à Lubumbashi », sur Radio Okapi,
  12. ↑ « RDC : un nouvel Institut français à Goma avec une ambition régionale, numérique et économique », sur Actualite.cd,
  13. ↑ « La France invite Kinshasa à « renouer » le dialogue avec la communauté internationale », sur VOA Afrique,
  14. ↑ « Décret du 3 août 2018 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République démocratique du Congo – M. Pujolas (François) », sur Légifrance,
  15. ↑ « Vidéo – 3 questions à Alain Rémy, président de l'Association des amis de l'EBAF », sur École biblique et archéologique française de Jérusalem,
  16. ↑ « L'Association des amis de l'EBAF », sur École biblique et archéologique française de Jérusalem
  17. ↑ « Décret du 13 juillet 2014 portant promotion dans l'ordre national de la Légion d'honneur », sur Légifrance,
  18. ↑ « Décret du 15 mai 2009 portant promotion dans l'ordre national du Mérite », sur Légifrance,
  19. ↑ « Arrêté du 23 octobre 2014 conférant la médaille d'honneur des affaires étrangères », sur Bulletin officiel du ministère des Affaires étrangères, , p. 5

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