Albert Assaraf
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Quand dire, c'est lier, Le sacré, une force quantifiable ?, Tous les performatifs en deux forces, Toutes les émotions en deux forces |
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Albert Assaraf, né le Rabat au Maroc, est un historien des mentalités antiques, sociologue et spécialiste du lien.
àAprès sa thèse de doctorat en histoire et civilisation de l'Antiquité (Sorbonne Nouvelle Paris 3), publiée en 1991 sous le titre de L'hérétique (Balland)[1], il se consacre à la dimension relationnelle du langage et des idées religieuses, convaincu qu'il est, à la suite de Gregory Bateson, du primat du relationnel dans les faits humains.
Contributions
En 1993, au hasard de son travaille à l'élaboration de « Quand dire, c’est lier[2] » (Nouveaux Actes Sémiotiques, Université de Limoges), il dépiste que toute relation interpersonnelle est le résultat d’une combinatoire et imbricatoire entre deux forces : la jonction (con-jonction ou dis-jonction), s’activant suivant un axe horizontal intérieur/extérieur ; et la position, s’activant suivant un axe vertical haut/bas. Combinatoire qu'il nomme plus tard : système JP (J pour jonction, P pour position).
Au reste, Albert Assaraf met en lumière, toujours dans « Quand dire, c’est lier », l'existence de quatre phases du lien, transhistoriques, trans-civilisationnelles, aisément déductibles au moyen du système JP : la phase Cimenter le lien, la phase Épargner le lien, la phase Abolir le lien, la phase Créer le lien.
Structures de l'imaginaire
En 1999, dans « Du lien aux origines des structures anthropologiques de l'imaginaire[3] » (Sociétés, De Boeck Université), Albert Assaraf montre la correspondance parfaite entre les quatre grandes structures de l'imaginaire isolées par Gilbert Durand et les quatre phases du lien issues du système JP.
Structures de l'imaginaire | Phases du lien |
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Structures mystiques de l'image | Phase Cimenter le lien |
Structures synthétiques de l'image | Phase Epargner le lien |
Structures diaïrétiques de l'image | Phase Abolir le lien |
Structures cycliques de l'image | Phase Créer le lien |
Les quatre phases du lien d'Albert Assaraf, issues de son système JP, servent également d'outil « pour positionner les marques[4] » dans les études qualitatives (voir à ce propos le livre de Georges Guelfand, Les études qualitatives (Fondamentaux, méthodes, analyse, techniques), EMS, 2013.
Échelle de forces
En 2006, Albert Assaraf publie, sous le parrainage de Régis Debray, « Le sacré, une force quantifiable[5] ? » (Médium), où il introduit le concept d'échelle de forces. Destiné à mieux visualiser mentalement la nature de cet « autre chose[6] », dont parle Mircea Eliade, qui irradie de l’objet sacré, pour lequel des hommes vont jusqu'à tuer et mourir.
La règle de son échelle de forces est simple :
- Tout signe ou objet se référant à une entité matérielle de chair et de sang, soumise au dépérissement et à la mort, de se voir attribuer au maximum une force 7.
- Au-delà de la force 7 et jusqu’à 10, on entre dans une sphère mentale dont aucun animal n'a idée. La sphère des surhumains, issue de l'idée de cause première : esprits, démons, extraterrestres, anges, démiurges, dieux…
Albert Assaraf montre en outre que cette échelle hiérarchique psychique, graduée par commodité de 1 à 10, obéit à une loi des plus élémentaires, mais aux conséquences vertigineuses : plus c’est haut, plus c’est fort, plus c’est contraignant — ou F = ΔPAB.
Ce faisant, plus un objet est placé « haut » sur l'échelle de forces intime, plus il devient sacré. Plus il « colle ». Plus il semble animé d’un éclat splendide. Plus il devient massif. Intemporel. Impressionnant. Majestueux. Au point de distordre le réel.
Système JP et performatifs
Outre les structures de l'imaginaire et le sacré, Albert Assaraf découvre un autre grand domaine d’application du système JP : les performatifs de John Langshaw Austin (1911-1960). En 2011, l'Université du Québec (UQAC), publie son article « Tous les performatifs en deux forces : introduction au système JP[7] ». Lequel, d'une part, met en évidence le caractère purement relationnel des performatifs, et, d'autre part, relève le challenge de classer les actes de langage recensés par Austin juste en combinant les deux uniques constituants de la relation : la jonction et la position.
Système JP et émotions
Enfin, en 2017, Albert Assaraf publie chez PSN (Psychiatrie, Sciences humaines, Neurosciences), « Toutes les émotions en deux forces : Damasio et le système JP[8] ». Dans lequel il met cette fois en lumière la nature éminemment relationnelle des émotions. Et relève, une fois de plus, le challenge de rendre compte de toutes les émotions répertoriées par Antonio R. Damasio au moyen du seul système JP. Autorisant ainsi une classification cohérente des émotions. Et une vue d’ensemble de ce qui détermine leur intensité.
Publications
- « Toutes les émotions en deux forces : Damasio et le système JP », PSN (Psychiatrie, Sciences humaines, Neurosciences), vol. 15, n° 1, 2017.
- « Tous les performatifs en deux forces : introduction au système JP », Protée, Université du Québec, UQAC, vol. 39, n° 1, hors dossier, 2011.
- « Le ligasigne : la dimension oubliée de Peirce », Équivalences, Haute école de Bruxelles, ISTI, n° 36/1-2, 2009.
- « Le sacré, une force quantifiable ? », Médium, n° 7, Paris, Éditions Babylone, 2006.
- « Du lien aux origines des structures anthropologiques de l’imaginaire », Sociétés, De Boeck Université, n° 63, 1999 / 1.
- « Du lien aux origines du sacré », Cahiers de l’Imaginaire, Centre de recherche sur l'imaginaire, n° 17, 1998.
- « Quand dire, c’est lier », Nouveaux Actes Sémiotiques, Université de Limoges, PULIM, n° 28, 1993.
Notes et références
- ↑ Albert Assaraf, L’hérétique, Paris, Balland, 1991.
- ↑ Albert Assaraf, « Quand dire, c’est lier », Nouveaux Actes Sémiotiques, Université de Limoges, PULIM, n° 28, 1993.
- ↑ Albert Assaraf, « Du lien aux origines des “structures anthropologiques de l’imaginaire” », Sociétés, De Boeck Université, n° 63, 1999 / 1, p. 5-25.
- ↑ Georges Guelfand, Les études qualitatives (Fondamentaux, méthodes, analyse, techniques), Editions EMS (Management et société), 2013, p. 120-121.
- ↑ Albert Assaraf, « Le sacré, une force quantifiable ? », Médium, Paris, Editions Babylone, n°7, 2006, p. 27-43.
- ↑ Mircea Eliade, Le sacré et le profane, Paris, Gallimard, coll. Idées, 1957, p. 15-18.
- ↑ Albert Assaraf, « Tous les performatifs en deux forces : introduction au système JP », Protée, Université du Québec, UQAC, vol. 39, n° 1, hors dossier, 2011, p. 111-120.
- ↑ Albert Assaraf, « Toutes les émotions en deux forces : Damasio et le système JP », PSN (Psychiatrie, Sciences humaines, Neurosciences), vol. 15, n° 1, 2017, p. 29-45.
Annexes
Articles connexes
Liens externes
- Sur la nature relationnelle des émotions.
- Sur la nature relationnelle des performatifs d'Austin.
- Sur la dimension relationnelle oubliée du modèle sémiotique de Charles Sanders Peirce.
- Sur la nature relationnelle du sacré.
- Sur la nature relationnelle des structures anthropologiques de l'imaginaire de Gilbert Durand.
- Sur la nature relationnelle du sacré eliadien.
- Sur la nature duale du lien : à la fois jonction et position.
- Rero explore, Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale.
- Le Cairn
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