Antoine Dionne Charest

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Antoine Dionne Charest
Naissance Sherbrooke, Québec
Diplôme
Doctorat en philosophie
Profession
Consultant en affaires publiques
Activité principale
Philosophe, commentateur politique, militant politique
Formation
Université Concordia
London School of Economics
Université de Montréal
Ascendants
Jean Charest (père)
Michèle Dionne (mère)

Antoine Dionne Charest est un philosophe, consultant en affaires publiques, commentateur politique et militant politique québécois. Engagé de longue date au Parti libéral du Québec (PLQ), il participe en 2023 au comité chargé de réfléchir à la relance de la formation, puis devient vice-président de sa Commission politique nationale, dont il assure brièvement la présidence par intérim en 2026. Il est candidat libéral dans Verdun aux élections générales québécoises du 5 octobre 2026[1],[2],[3].

Fils de Michèle Dionne et de l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest, il grandit dans un milieu étroitement lié à la vie politique canadienne et québécoise. Sa formation en science politique et en philosophie, puis son parcours dans des cabinets ministériels, le conseil en affaires publiques et les médias précèdent son entrée en politique électorale[4].

Biographie

Origines et formation

Antoine Dionne Charest naît à Sherbrooke. Il passe une partie de sa jeunesse en Estrie, puis en Outaouais, avant de s'établir à Montréal[5]. Son père, Jean Charest, est député fédéral lorsqu'il est enfant, puis devient chef du PLQ et premier ministre du Québec. Dionne Charest explique plus tard avoir été familiarisé très tôt avec la politique, sans avoir décidé d'emblée d'en faire une carrière[4].

Il étudie à l'Université Concordia, où il obtient en 2011 un baccalauréat avec une double majeure en science politique et en études communautaires, affaires publiques et politiques publiques. Il poursuit sa formation à la London School of Economics, où il obtient une maîtrise en philosophie et politiques publiques[4],[6].

À l'Université de Montréal, il entreprend ensuite un doctorat en philosophie sous la direction de Marc-Antoine Dilhac. Il obtient son doctorat en 2025 avec une thèse intitulée Le sens de l'État à l'âge séculier : esquisse d'un État pourvoyeur de sens[7]. Ses recherches se situent en philosophie morale et politique et portent notamment sur la sécularisation, la laïcité, l'État, les droits collectifs et la conception de la vie bonne. Sa thèse examine la possibilité qu'un État libéral et démocratique contribue à la formation d'un sens collectif dans une société séculière[8]. Pendant ses études doctorales, il est également chargé de cours à l'Université de Montréal, où il enseigne notamment l'éthique et les politiques publiques[4],[9].

Parcours professionnel et médiatique

En 2014, Dionne Charest travaille comme conseiller politique au cabinet de Sam Hamad, alors ministre du Travail. Il y est notamment affecté à des travaux de recherche et au suivi de dossiers[10]. Il occupe par la suite une fonction de conseiller auprès de la présidence du Conseil du trésor[6].

Il se tourne ensuite vers le conseil en affaires publiques et en communications stratégiques. En 2021, Imperium Stratégies le recrute comme vice-président, conseil et développement; il fonde plus tard sa propre firme, ADC Conseil, puis occupe le poste de conseiller du président au Cabinet de relations publiques NATIONAL[6],[4],[9].

En parallèle, il publie des textes d'opinion sur la politique et la philosophie politique dans des médias francophones et anglophones au Canada[11],[12]. En décembre 2023, il se joint à RDI comme commentateur politique[13]. Cette activité médiatique contribue à accroître sa visibilité au moment où son rôle au sein du PLQ devient lui aussi plus public[14]. La place de sa filiation dans cette notoriété fait alors l'objet de commentaires contrastés : Patrick Lagacé s'interroge sur l'attention qu'il recevrait sans le nom Charest, tandis que la chroniqueuse Josée Legault, tout en soulignant l'avantage que représente ce nom au PLQ, juge réducteur de ramener son parcours à celui d'un héritier politique[13],[15].

Engagement au Parti libéral du Québec

Relance du parti et Commission politique nationale

Dionne Charest commence à militer au PLQ pendant ses études et participe d'abord aux activités de sa Commission-Jeunesse. Son engagement se poursuit ensuite dans différentes instances du parti[9]. En 2019, lors des débats internes suscités par la Loi sur la laïcité de l'État, il intervient au conseil général du PLQ pour défendre la primauté des libertés individuelles dans l'identité politique du parti[16].

En mars 2023, il est nommé parmi les membres du Comité de consultation et de réflexion sur la relance du PLQ, coprésidé par Madwa-Nika Cadet et André Pratte[17]. Créé après la lourde défaite libérale des élections de 2022, ce comité mène des consultations auprès des membres et remet en octobre 2023 un rapport organisé autour de trois axes — l'affirmation politique, le rassemblement et la prospérité[18]. Dionne Charest participe à la rédaction du chapitre S'affirmer, consacré à la manière dont le PLQ peut conjuguer son fédéralisme avec une affirmation plus nette de l'identité et des intérêts du Québec[4]. Le rapport propose notamment l'élaboration d'une constitution québécoise écrite et l'adoption d'une loi définissant l'interculturalisme[19],[18].

Au cours de ces travaux, il dit vouloir éventuellement devenir député, mais écarte une candidature à la direction du PLQ[17]. Devenu vice-président de la Commission politique nationale et coprésident de son comité sur l'affirmation du Québec, il contribue en 2024 à remettre de l'avant le projet d'une constitution québécoise écrite[20]. Avec Julie White puis André Pratte, il en défend publiquement le principe au nom de la Commission politique nationale[21],[22]. Le principe d'une constitution québécoise est ensuite approuvé par les membres du PLQ réunis en congrès à Lévis en novembre 2024[22].

À l'automne 2024, la Commission politique nationale ouvre par ailleurs une réflexion sur le financement public des écoles religieuses après un vote de l'aile parlementaire du PLQ à l'Assemblée nationale. Dionne Charest siège au groupe de travail chargé de cette question; son rapport, remis en mars 2025, recommande que l'argent public ne serve pas à l'enseignement religieux et que les écoles respectent intégralement le régime pédagogique québécois[23],[24].

Lorsque Martin Coiteux quitte la présidence de la Commission politique nationale le 31 janvier 2026, Dionne Charest, alors vice-président, en assume l'intérim à compter du 1er février[25]. Son intérim prend fin le 27 mars, lorsque le nouveau chef libéral Charles Milliard confie de nouveau la présidence à André Pratte, avec le mandat de préparer la plateforme électorale du parti[26].

Candidature dans Verdun

En août 2024, Dionne Charest annonce son intention de se présenter aux élections générales de 2026, sans désigner alors de circonscription et en réaffirmant qu'il ne souhaite pas briguer la direction du parti[27]. Le 17 juin 2026, il est officiellement investi candidat du PLQ dans Verdun, une circonscription du sud-ouest de Montréal; sa candidature figure ensuite sur la liste officielle d'Élections Québec[1],[9],[3].

La circonscription avait longtemps été représentée par le PLQ avant de passer à Québec solidaire en 2022, lorsque Alejandra Zaga Mendez avait devancé la députée libérale sortante Isabelle Melançon de 461 voix, avec 30,75 % des suffrages contre 29,27 %[28]. Zaga Mendez sollicite un nouveau mandat en 2026. Pendant la campagne, Dionne Charest met notamment l'accent sur la construction de logements abordables et sociaux et présente le logement comme un élément de réponse à l'itinérance[29].

Positions politiques

Dans ses interventions publiques et au sein du PLQ, Dionne Charest associe le fédéralisme canadien à une affirmation politique du Québec et insiste sur la protection des libertés individuelles. En 2019, il se dit opposé à la loi 21 dans sa forme alors adoptée, estimant qu'elle restreint des libertés individuelles sans justification suffisante[30]. Lors d'un débat médiatique en 2023, il affirme soutenir la laïcité de l'État tout en jugeant la loi 21 discriminatoire et critique également des restrictions contenues dans la loi 96[31].

Le projet de constitution québécoise qu'il défend à partir de 2023 s'inscrit dans cette recherche d'un équilibre entre affirmation nationale et garanties libérales. Avec André Pratte, il propose qu'un tel texte affirme le français comme langue officielle et commune, protège les droits existants de la minorité anglophone, reconnaisse des compétences exercées par le Québec notamment en immigration et en relations internationales, et consacre des principes tels que la laïcité et l'interculturalisme[22]. Dionne Charest présente cette constitution comme compatible avec l'ordre constitutionnel canadien et comme un projet destiné à clarifier la place du Québec dans la fédération plutôt qu'à préparer son accession à la souveraineté[21],[32]. Le rapport de relance auquel il contribue propose également l'adoption d'une loi sur l'interculturalisme afin de définir plus explicitement le modèle québécois d'intégration et d'aménagement de la diversité[19],[18].

Références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 La Presse Canadienne, « Élections de 2026 : Antoine Dionne Charest sera candidat libéral dans Verdun », L'Éclaireur Progrès,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ « Antoine Dionne Charest », sur Parti libéral du Québec (consulté le )
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « Candidatures », sur Élections Québec (consulté le )
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 4,4 et 4,5 Julie Barlow, « Antoine Dionne Charest est « tombé amoureux de la politique québécoise et canadienne » à Concordia », sur Université Concordia, (consulté le )
  5. ↑ Hugo Pilon-Larose, « Celui que l’on voit quitter l’antichambre », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 « Deux talents se joignent à Imperium Stratégies », sur Grenier aux nouvelles, (consulté le )
  7. ↑ « Marc-Antoine Dilhac — Encadrement », sur Département de philosophie, Université de Montréal (consulté le )
  8. ↑ « Boursier-es aux cycles supérieurs », sur Groupe de recherche interuniversitaire en philosophie politique de Montréal (consulté le )
  9. ↑ 9,0 9,1 9,2 et 9,3 « Antoine Dionne Charest, candidat officiel du Parti libéral du Québec dans Verdun », sur Parti libéral du Québec, (consulté le )
  10. ↑ Geneviève Lajoie, « Le fils de Jean Charest chez Sam Hamad », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Antoine Dionne Charest, « Qu’est-ce qu’un homme d’État? », sur HuffPost, (consulté le )
  12. ↑ (en-CA) Antoine Dionne Charest, « Antoine Dionne Charest, Special to Montreal Gazette », sur Montreal Gazette (consulté le )
  13. ↑ 13,0 et 13,1 « Antoine Dionne Charest, le fils de Jean, à la télé : « Je regarde le CV et c'est mince pour l'instant » », sur 98.5 Montréal, (consulté le )
  14. ↑ Hugo Pilon-Larose, « L’intello qui veut débattre », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ Josée Legault, « Après la dynastie Trudeau, bienvenue à la dynastie Charest », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ « Une ligne de fracture s’ouvre sur la laïcité au PLQ », Le Journal de Montréal,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. ↑ 17,0 et 17,1 « Relance du PLQ : les 14 membres du comité dévoilés », sur QUB info, (consulté le )
  18. ↑ 18,0 18,1 et 18,2 « Rapport du Comité de consultation et de réflexion sur la relance du Parti libéral du Québec », sur Parti libéral du Québec, (consulté le )
  19. ↑ 19,0 et 19,1 « Financement du PLQ : changez de cassette, lance le fils de Jean Charest », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. ↑ « Les libéraux proposent une constitution québécoise », sur TVA Nouvelles, (consulté le )
  21. ↑ 21,0 et 21,1 « « C'est une loi fondamentale qui dit qui nous sommes » - Antoine Dionne Charest », sur 98.5 Montréal, (consulté le )
  22. ↑ 22,0 22,1 et 22,2 André Pratte et Antoine Dionne-Charest, « Pourquoi une constitution pour le Québec », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. ↑ « Rapport de la Commission politique nationale sur le financement public des écoles religieuses », sur Parti libéral du Québec, (consulté le )
  24. ↑ La Presse Canadienne, « Écoles religieuses : un rapport recommande une position mitoyenne pour le PLQ », L'Écho de la Rive-Nord,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. ↑ « Trois mois seulement après sa nomination, Martin Coiteux annonce son départ de la commission politique du PLQ », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. ↑ Thomas Laberge, « André Pratte de retour à la tête de la commission politique du PLQ », La Presse Canadienne,‎ (lire en ligne, consulté le )
  27. ↑ Nicolas Lachance, « Parti libéral : le fils de Jean Charest sera candidat en 2026 », sur TVA Nouvelles, (consulté le )
  28. ↑ « Résultats des élections générales du 3 octobre 2022 – Verdun », sur Élections Québec (consulté le )
  29. ↑ (en) « Quebec votes 2026: Verdun candidates make their case as voters weigh priorities », sur CityNews Montreal, (consulté le )
  30. ↑ « Course à la chefferie du PLQ : Cusson ne critique pas la loi 21 », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  31. ↑ « Débat houleux entre Mathieu Bock-Côté et le fils de Jean Charest », sur TVA Nouvelles, (consulté le )
  32. ↑ (en) Dale Smith, « A constitution without consultation », National Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le )

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