Alexis Letarte

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Alexis Letarte
Fonctions
Co-directeur Le journal politique

(2 ans, 10 mois et 24 jours)
Prédécesseur Création du poste
Biographie
Nom de naissance Alexis Jo Roy-Letarte
Date de naissance (17 ans)
Lieu de naissance Trois-Rivières (Québec, Canada)
Nationalité Canadien
Parti politique Québec solidaire (2018-2022)

Bloc Québécois (Depuis 2019)

Parti Québécois (Depuis 2022

Profession Homme politique et journaliste

Alexis Letarte, né le 28 septembre 2006 à Trois-Rivières, est un militant, journaliste et homme politique québécois.

Il co-fonde Le journal politique en 2021 dont il devient le co-directeur. Il acquiert une certaine notoriété en mars 2023 lorsqu’il est impliqué dans une vive polémique liée au poème Speak White de Michèle Lalonde qu’il souhaite réciter lors du concours Secondaire en spectacle. Son combat contre la censure du poème aboutit à une motion de l’Assemblée nationale du Québec en sa faveur, créant ainsi un précédent important en matière de liberté d’expression au Québec.

Biographie

Enfance

Alexis Letarte est né le 28 septembre 2006 à Trois-Rivières en Mauricie dans une famille politisée.

En 2012, alors âgé de 5 ans, il accompagne ses parents lors des manifestations du printemps érable. Cela caractérise le début de son éveil politique qui ne fera que grandir par la suite[1].

Débuts politiques

Il commence à s’impliquer activement en politique à l’âge de 11 ans lors de l’élection québécoise de 2018 ou il appuie la candidate de Québec solidaire dans Trois-Rivières. Il débute alors son militantisme dans Québec solidaire[1].

Le 21 février 2019, il réalise un stage d’un jour à l’Assemblée nationale du Québec avec le député solidaire Sol Zanetti. Cette journée le marque profondément et lui donne clairement l’objectif de faire carrière dans la politique. Il obtient une certaine visibilité médiatique à la suite de ce stage en raison de son jeune âge. Le 20 mars un article est publié en première page de l’Hebdo journal[2] et le 26 mars il accorde sa première entrevue radio à Facteur matinal, une émission de Radio-Canada Mauricie[1]. En décembre de la même année, Francis Reddy réalise une entrevue avec lui l’émission Le goût des autres de Radio-Canada[3].

Le 27 septembre 2019, il fait un discours devant plus de 4000 personnes lors de la Grande marche pour le climat[4].

Parallèlement à son militantisme politique, il commence une implication dans divers comités d’engagements à son école secondaire tels qu’Amnistie internationale et le comité environnement[5],[6].

Journalisme

Le 30 mars 2021, il co-fonde Le journal politique avec Xavier Douville, un média ayant pour but de promouvoir la politique chez les jeunes[7]. Il en devient le co-directeur. Le journal se spécialise dans la réalisation d’entrevues. Parmi les quelque 200 personnalités qu'il a reçu en un an, on retrouve des noms tels que Dominique Anglade, Nathalie Arthaud, Alexandre Boulerice, Sébastien Bovet, Philippe Couillard, Roméo Dallaire, J. Michel Doyon, Howie Hawkins, Dennis King, Pauline Marois, Gabriel Nadeau-Dubois, David Owen, Annamie Paul, Jagmeet Singh, Armand Vaillancourt, Stéphane Valéri et Richard Wagner[7].

Durant l’élection fédérale de 2021, ils organisent un débat sur les enjeux jeunesses au Cégep de Trois-Rivières avec Luc Berthold, Alexandre Boulerice, François-Philippe Champagne et Alain Therrien[8],[9].

À partir de mars 2022, Letarte et Douville délaissent peu à peu Le journal politique, surchargé par la charge de travail élevée difficilement conciliable avec les études. Malgré tout, ils laissent la page Facebook active, on peut d’ailleurs encore avoir accès aux entrevues réalisées.

Retour à l'engagement politique

Libéré de la neutralité journalistique, Letarte reprend peu à peu son engagement politique. En avril 2022, il défend la protection des milieux humides à Trois-Rivières dans le dossier du carrefour 40/55[10],[11],[12],[13],[14].

Il recommence alors son militantisme dans Québec solidaire. En juin 2022, il est approché par la Gazette de la Mauricie afin d’écrire un article avec carte blanche pour l’édition de juillet du journal. Il décide d’écrire cet article sous le titre ‘’Le wokisme et les dangers de l’individualisme’’ dans lequel il fait une critique du mouvement woke appelant à un retour de la ‘’vraie gauche’’[15]. À la suite de la parution de l’article, il s’attire les désaccords de membres de Québec solidaire, ce qui le pousse à prendre la décision de quitter le parti en raison de fractures trop profondes avec ses idées politiques. Il se joint au Parti Québécois et milite avec le parti lors des élections québécoises de 2022.

Le 28 septembre 2022, jour de ses 16 ans, il atteint l’âge requis pour devenir membre du Parti Québécois et du Bloc Québécois (qu’il appuie depuis 2019). Il devient membre des deux partis le jour même. Par la suite, il intègre les exécutifs du Parti Québécois de Trois-Rivières et de Maskinongé[16] ainsi que du Bloc Québécois de Trois-Rivières et du Forum jeunesse du Bloc Québécois de la Mauricie.

Affaire Speak white

Participant depuis le début de son secondaire au concours Secondaire en spectacle à l’École secondaire des Pionniers, il crée chaque année un numéro comprenant la récitation d’un poème politique sous la forme d’un discours. En janvier 2023, il décide de prendre le poème Speak White de Michèle Lalonde pour composer son numéro. Lors de l’audition finale pour le concours à la fin du mois, il présente son numéro aux organisateurs qui remarquent la strophe suivante :

Speak white

tell us again about Freedom and Democracy

nous savons que la liberté est un mot noir

comme la misère est nègre

et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’Alger ou de Little Rock.

Contenant le mot nègre, les personnes responsables craignent une situation semblable à celle de l’Université d’Ottawa en 2020. La prise de décision sur la recevabilité du numéro est envoyée à la direction de l’école, puis au Centre de Services Scolaires du Chemin-du-Roy, à la corporation régionale de Secondaire en Spectacle puis à la corporation ACLAM, derrière Secondaire en Spectacle. Celle-ci consulte le Regroupement des Centres de Services Scolaires du Québec ainsi que le Ministère de l’Éducation afin de rendre une décision via son conseil d’administration[17].

Le 7 février 2023, la directrice générale de la corporation ACLAM fait parvenir la décision finale via un courriel adressé aux instances. Elle explique que le poème contrevient à la deuxième partie du règlement interne 1.9 de Secondaire en spectacle qui stipule que ‘’Sont également exclus les numéros utilisant des objets, symboles, messages ou comportements vulgaires, haineux ou violents’’ et invite Letarte à changer le mot. Elle poursuit son courriel expliquant ‘’Qu’un non respect entraînerait non seulement une disqualification, mais des lendemains qui pourraient être difficiles tant pour l’artiste que pour les spectateurs’’[17]. On suggère par la suite de changer le mot nègre par maigre[17].

Mécontent de devoir se plier à cette consigne, Alexis Letarte accepte tout de même la modification et présente le numéro lors de la finale locale de Secondaire en spectacle à l’École secondaire Pionniers le 15 février 2023 à laquelle il remporte la première place pour une troisième année consécutive. Le 15 mars, il présente le numéro modifié à la finale régionale au Cégep de Trois-Rivières mais ne parvient pas à remporter une place pour le Rendez-vous Panquébécois du concours[18].

Le 26 mars, il décide de contacter les médias afin de dénoncer la situation de censure qu’il a vécue. Le lendemain, le 106.9 Mauricie parle de l’affaire sur ses ondes[19]. Radio-Canada Mauricie, pour sa part, profite du passage à Trois-Rivières du ministre de l’éducation Bernard Drainville pour l’interpeller sur le sujet en conférence de presse[20].N’étant pas au courant de l’affaire, le ministre prend tout de même la défense de Letarte. En soirée, Letarte fait parvenir une lettre au ministre Drainville lui demandant une protection plus large de la liberté d’expression dans le milieu de l’éducation[21].

Le 28 mars, durant la nuit, Le Journal de Montréal publie une chronique de Mathieu Bock-Côté intitulée Maigres blancs d’Amériques dans laquelle le chroniqueur affirme son soutien à Letarte[22]. En matinée, le Nouvelliste publie un article sur l’affaire[17], relayé ensuite par le Soleil[18]. Quelques heures plus tard, Alexis Letarte est de retour sur les ondes du 106.9 Mauricie pour faire état de l’évolution de l’affaire[21]. En après-midi, le chef du Bloc Québécois Yves-François Blanchet fait une déclaration à la chambre des communes pour défendre Speak white[23],[24],[25].

Le 29 mars, la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie fait une sortie publique en appui à Letarte[26]. Durant la journée, il réalise une entrevue avec Sophie Durocher à Qub Radio[27].

Le 5 avril, la polémique prend fin lorsque le ministre de l’éducation Bernard Drainville dépose à l’Assemblée nationale du Québec, conjointement avec les députés Michelle Setlakwe, Ruba Ghazal, Pascal Bérubé et Marie-Claude Nichols la motion suivante :

‘’Que l’Assemblée nationale dénonce toutes formes de censure dans le milieu de l’éducation;

‘’Qu’elle affirme qu’aucun motif ni contexte ne justifie la censure culturelle, en tout ou en partie, d’oeuvres marquantes de grands auteurs québécois;

‘’Qu’elle réitère que nos oeuvres célèbres, tel que ‘’Speak white de Michèle Lalonde, font partie de notre histoire et qu’elles doivent continuer d’être partagées;

‘’Qu’enfin, elle affirme que la culture du Québec n’est pas matière à censure.’’

Elle est adoptée à l’unanimité par 102 voix pour, 0 contre et 0 abstention. Selon Alexis Letarte, cette motion crée un précédent politique important en matière de liberté d’expression au Québec[28],[29].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 et 1,2 « Une journée à l'Assemblée nationale à 12 ans », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
  2. Audrey Leblanc, « Passionné de politique… à 12 ans », sur L’Hebdo Journal, (consulté le )
  3. « Un futur député de Québec solidaire », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
  4. « Trois-Rivières20190927-Manif du climat-Alexis Roy-Letarte » (consulté le )
  5. Marie-Eve B. Alarie, « Une cour verte à l'école secondaire des Pionniers », sur L’Hebdo Journal, (consulté le )
  6. Léa Larouche, « École des Pionniers: une cour verte pour une école en santé », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  7. 7,0 et 7,1 Paule Vermot-Desroches, Le Nouvelliste, « En attendant Joe Biden », sur La Tribune, (consulté le )
  8. Sébastien Lacroix, Le Nouvelliste, « Un débat national sur les enjeux de la jeunesse à Trois-Rivières », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  9. Félix Francoeur, « Un débat entre différents candidats Québécois aura lieu ce soir au Cégep de Trois-Rivières, on en parle avec les organisateurs de l’événement, Alexis Roy-Letarte et Xavier Douville du Journal Politique », sur 106.9 Mauricie, (consulté le )
  10. « Carrefour 40-55 : des élèves s'opposent au projet », sur ici.radio-canada.ca (consulté le )
  11. « Des élèves des Pionniers préoccupés par l'agrandissement d'un parc industriel dans un milieu humide », sur L’Hebdo Journal, (consulté le )
  12. Gabriel Delisle, Le Nouvelliste, « Destruction de terres humides: des centaines d’élèves du secondaire demandent aux élus de s’opposer [VIDÉO] », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  13. Carrefour des lecteurs, « Un peu de respect, s’il vous plaît! », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  14. Mario G. Langlois, « À 15 ans, un jeune homme se lève contre un projet industriel à Trois-Rivières », sur 98.5 Montréal, (consulté le )
  15. Alexis Roy-Letarte, « Le wokisme et les dangers de l’individualisme », sur Gazette de la Mauricie, (consulté le )
  16. Country Pop 103 1, le meilleur du new country et de la pop, « Un nouvel exécutif pour le Parti Québécois dans Maskinongé », sur Country Pop 103.1, le meilleur du new country et de la pop (consulté le )
  17. 17,0 17,1 17,2 et 17,3 Martin Lafrenière, Le Nouvelliste, « Le mot en N s’invite à Secondaire en spectacle », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  18. 18,0 et 18,1 Martin Lafrenière, Le Nouvelliste, « Le mot en N s’invite à Secondaire en spectacle », sur Le Soleil, (consulté le )
  19. undefined, « "Speak White" mais "Speak pas le mot en "N". », sur 106.9 Mauricie, (consulté le )
  20. Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Un étudiant dénonce la censure de son numéro à Secondaire en spectacle | Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada, (consulté le )
  21. 21,0 et 21,1 Alexis Samson, « Liberté d'expression | Polémique du mot en "N" : Alexis Roy-Letarte a écrit au ministre Drainville », sur 106.9 Mauricie, (consulté le )
  22. Mathieu Bock-Côté, « Maigres blancs d'Amérique? », sur Le Journal de Montréal, (consulté le )
  23. Zone Politique- ICI.Radio-Canada.ca, « Yves-François Blanchet dénonce en chambre la censure autour du poème Speak white | Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada, (consulté le )
  24. Jacinthe Lafrance, Le Nouvelliste, « Yves-François Blanchet évoque la censure du poème «Speak White» en Chambre », sur Le Soleil, (consulté le )
  25. undefined, « Yves François Blanchet prend position sur l'utilisation du mot en "N" », sur 106.9 Mauricie, (consulté le )
  26. Jacinthe Lafrance, Le Nouvelliste, « Speak White: un rassemblement non autorisé et de nouveaux appuis pour Alexis Letarte », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  27. « Speak White, «c’est un poème qui est historiquement extraordinaire», dit Alexis Roy-Letarte - Sophie Durocher », sur omny.fm (consulté le )
  28. Jacinthe Lafrance, Le Nouvelliste, « «Speak White»: une motion unanime de l’Assemblée nationale pour Alexis Letarte », sur Le Nouvelliste, (consulté le )
  29. undefined, « Censure | Un jeune Trifluvien fait bouger le gouvernement », sur 106.9 Mauricie, (consulté le )

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