Jonathan Blanchette

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Jonathan Blanchette
Fonctions
Chef de l'Union nationale (parti provincial autorisé)
–
(4 ans)
Biographie
Surnom Jo l'Indigo
Nationalité Canadienne
Parti politique Union nationale (formation de 2020)

Jonathan Blanchette, surnommé Jo l'Indigo, est un militant et dirigeant politique québécois. Il se fait connaître pendant la pandémie de Covid-19 au Québec par ses interventions sur les réseaux sociaux et sa participation au mouvement d'opposition aux mesures sanitaires[1].

Devenu en 2022 chef d'un parti provincial appelé Union nationale et autorisé depuis 2020, il est candidat dans Abitibi-Ouest aux élections générales québécoises de 2022, où il recueille 159 voix[2]. Cette formation reprend le nom de l'Union nationale historique, associée à Maurice Duplessis, mais elle est distincte du parti dont l'autorisation avait été retirée en 1989[3],[4]. L'autorisation du nouveau parti est à son tour retirée en mai 2026 à la suite d'irrégularités relatives à son financement[4].

Mobilisation contre les mesures sanitaires

Jonathan Blanchette, originaire de l'Abitibi-Témiscamingue, acquiert une visibilité publique au début des années 2020 sous le pseudonyme de Jo l'Indigo, principalement par la diffusion de vidéos sur Internet. Dans une étude parue en 2022 sur le mouvement conspirationniste québécois, une équipe de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violents le range parmi les personnes qui, sans notoriété particulière avant la pandémie, se sont fait connaître grâce aux réseaux sociaux. La recherche étudie notamment sa chaîne YouTube et les discours diffusés dans les milieux contestant la gestion gouvernementale de la crise sanitaire[1].

Il prend part à des mobilisations contre les restrictions sanitaires et le passeport vaccinal. Il figure notamment parmi les participants à une manifestation organisée à Montréal le 30 octobre 2021. Sa présence est documentée par le journal Métro, qui le présente alors comme une personnalité du mouvement opposé au passeport vaccinal[5].

Activité politique

Direction de l'Union nationale et élections

Une nouvelle formation obtient en 2020 l'autorisation d'utiliser le nom d'« Union nationale », précédemment porté par l'un des grands partis politiques québécois du XXe siècle. L'organisation historique, au pouvoir notamment sous Maurice Duplessis, avait perdu son autorisation en juin 1989. Le parti actif à partir de 2020 correspond donc à une nouvelle démarche politique, et non à une continuité électorale ininterrompue avec celui de l'époque de Duplessis[3],[4].

Jonathan Blanchette prend la direction de cette formation en 2022, après ses premiers dirigeants. Aux élections générales du 3 octobre, il en est l'unique candidat, dans la circonscription d'Abitibi-Ouest. Il obtient 159 suffrages, soit environ 0,71 % des votes valides, et n'est pas élu[2],[6].

Le parti présente par la suite des candidats lors de deux élections partielles en 2025. Éric Bernier recueille 95 voix dans Terrebonne en mars, et Éric Simard 55 voix dans Arthabaska en août. Aucun des deux n'est élu[7].

Positions et interventions publiques

Au-delà de son opposition aux mesures sanitaires, Blanchette défend une transformation des institutions politiques québécoises. Le 5 février 2026, entendu comme représentant de l'Union nationale par la Commission des institutions de l'Assemblée nationale du Québec, dans le cadre des consultations sur un projet de loi constitutionnelle, il propose d'élargir le recours à la démocratie directe, notamment par des votes populaires sur les lois et les budgets. Il préconise aussi des instances de surveillance citoyenne tirées au sort, une participation plus étroite des Premières Nations aux institutions et une autonomie politique accrue du Québec à l'égard du gouvernement fédéral[8].

Procédures judiciaires et électorales

Affaire pénale liée à des propos tenus pendant la pandémie

En 2021, des propos publiés par Jonathan Blanchette sur les réseaux sociaux, invitant notamment des manifestants à s'organiser contre les policiers encadrant les rassemblements opposés aux mesures sanitaires, entraînent une accusation d'incitation publique à la haine. L'affaire suscite un débat sur l'application de cette infraction aux propos visant des policiers[9],[10].

Le 27 novembre 2023, il plaide finalement coupable à l'infraction d'avoir conseillé la perpétration d'une infraction, prévue à l'alinéa 464 b) du Code criminel. Il est condamné à deux ans de probation et à 150 heures de travaux communautaires. La culpabilité ainsi reconnue porte sur cette dernière infraction, et non sur l'accusation initiale d'incitation publique à la haine[10].

Financement électoral et retrait d'autorisation

Le 4 mars 2026, Élections Québec annonce son intention de retirer l'autorisation de l'Union nationale. Le directeur général des élections invoque notamment des données fausses ou incomplètes dans les rapports financiers de 2023 et 2024, l'insuffisance de pièces justificatives ainsi que des emprunts non conformes à la législation électorale. L'organisme met également en cause le comportement de la direction du parti à l'égard de ses obligations légales[11]. Blanchette rejette ces reproches, soumet une contestation et annonce envisager un recours judiciaire si l'autorisation lui est retirée[12].

En mars 2026, le directeur général des élections lui délivre également seize constats d'infraction concernant des contributions politiques et des déclarations financières. Les pénalités minimales réclamées représentent près de 120 000 dollars, frais compris. Blanchette conteste les faits allégués et déclare vouloir plaider non coupable. Ces constats constituent des poursuites pénales et ne doivent pas être confondus avec une condamnation judiciaire définitive[13].

À la fin du mois de mai 2026, le directeur général des élections retire effectivement l'autorisation de l'Union nationale en raison des irrégularités de financement qui lui sont reprochées. La formation perd alors son statut de parti politique autorisé au Québec, avec les droits de financement électoral qui y sont associés. Cette décision administrative est distincte des constats d'infraction délivrés personnellement à Blanchette[4],[14].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 Marie-Ève Carignan, David Morin et autres, Le mouvement conspirationniste au Québec : leaders, discours et adhésion. Comprendre pour mieux agir, Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violents, mai 2022, section « Les leaders du mouvement conspirationniste québécois ».
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Élection générale de 2022 », Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec, résultats d'Abitibi-Ouest.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « Journal des débats de la Commission des institutions », Assemblée nationale du Québec, 5 juin 1990, intervention du directeur général des élections Pierre-F. Côté.
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 Jérôme Labbé, « L'Union nationale perd son autorisation du DGEQ », Radio-Canada, 29 mai 2026.
  5. ↑ Pascal Gaxet, « Une brasserie accueille des militants anti-vaccins sans passeport vaccinal », Métro, 1er novembre 2021, mis à jour le 2 novembre 2021.
  6. ↑ Élections Québec, Rapport des résultats officiels du scrutin : élections générales du 3 octobre 2022, 2022.
  7. ↑ « Élections partielles 2023-2026 », Bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec, résultats des scrutins de Terrebonne du 17 mars 2025 et d'Arthabaska du 11 août 2025.
  8. ↑ « Journal des débats de la Commission des institutions », Assemblée nationale du Québec, 5 février 2026, audition de Jonathan Blanchette et Cassandra Servant-Vallée.
  9. ↑ Tristan Péloquin, « Un complotiste insiste pour avoir un procès devant jury », La Presse, 9 décembre 2021.
  10. ↑ 10,0 et 10,1 Ugo Gilbert Tremblay, « Un cas de recours abusif à l'article 319 du Code criminel ? Sur les risques d'une politisation des dispositions anti-haine en droit canadien », Questions de droit, 18 décembre 2021, mis à jour le 2 avril 2024.
  11. ↑ Élections Québec, « Avis public – Intention de retrait d'autorisation : Union nationale », 4 mars 2026.
  12. ↑ Alphonse Logo, « Menace de retrait d'autorisation pour le parti Union nationale, Jonathan Blanchette conteste », FLO 96,5, 9 mars 2026.
  13. ↑ Francis Pilon, « “Manœuvres électorales frauduleuses” : amendes records de 120 000 $ imposées au controversé chef de l'Union nationale », Le Journal de Montréal, 31 mars 2026.
  14. ↑ Centre for Media, Technology and Democracy, « Weekly Update 3: Quebec's First Election in the Age of AI », Université McGill, 2026.

Article publié sur Wikimonde Plus