Cristina Hernández Martín
Cristina Hernández Martín, née en 1979 à Ciudad Rodrigo, dans la province de Salamanque, est une sociologue et personnalité politique espagnole liée au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Spécialisée dans les politiques publiques d'égalité et les violences de genre, elle a travaillé dans l'enseignement supérieur, le secteur associatif et le conseil politique. Depuis juillet 2024, elle dirige l'Institut des femmes, organisme autonome créé en 1983 et rattaché au ministère de l'Égalité, chargé de promouvoir l'égalité réelle entre les femmes et les hommes et de lutter contre les discriminations fondées sur le sexe[1],[2].
Biographie
Formation et premiers postes
Cristina Hernández Martín naît en 1979 à Ciudad Rodrigo, en Castille-et-León. Elle obtient une licence de sociologie à l'université de Salamanque, puis un Master of Arts consacré aux études sur les réfugiés (Refugee Studies Program) à l'université d'East London. Elle complète ce parcours par des spécialisations en politiques publiques d'égalité et en violences de genre à l'université Complutense de Madrid, à l'université du Middlesex et à l'université Rey Juan Carlos[3],[4].
Elle devient ensuite professeure associée à l'université de Salamanque, où elle enseigne la sociologie des relations de genre et la sociologie des mouvements sociaux. Elle exerce également des activités de conseil auprès d'ONG, d'organismes publics et d'organisations politiques. Elle est responsable de la formation du service 016 d'information et de conseil en matière de violences de genre et passe aussi par l'Institut des femmes comme boursière, avant d'en prendre la direction plusieurs années plus tard[3].
Engagement politique et travail associatif
Son engagement électoral s'inscrit au PSOE. En 2003, à 24 ans, elle se présente à la mairie de Ciudad Rodrigo sous l'étiquette socialiste. Elle est élue conseillère municipale et devient porte-parole de l'opposition[4],[5]. L'année suivante, elle est candidate du PSOE au Sénat dans la circonscription de Salamanque, sans obtenir de siège[6].
Elle travaille pour la Fundación RAIS entre 2016 et 2018 au moins, organisation ensuite devenue HOGAR SÍ et spécialisée dans la lutte contre le sans-abrisme. Elle y mène des activités de plaidoyer politique et en devient responsable. Dans ses prises de position de cette période, elle défend notamment une approche du sans-abrisme centrée sur ses causes structurelles, l'accès au logement et la lutte contre l'aporophobie[7],[8],[4].
Parallèlement, elle travaille plusieurs années sur les politiques d'égalité au sein du PSOE. Elle fait partie de l'équipe d'Adriana Lastra lorsque celle-ci est vice-secrétaire générale du parti et porte-parole du groupe socialiste au Congrès, puis rejoint en 2021 l'équipe d'Andrea Fernández, devenue secrétaire fédérale à l'Égalité. Hernández conseille également le groupe parlementaire socialiste et la commission exécutive fédérale du PSOE sur ces questions[4],[3]. Avant sa nomination à l'Institut des femmes, elle est conseillère au cabinet de Félix Bolaños, ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes[3].
Direction de l'Institut des femmes
Le Conseil des ministres approuve sa nomination à la tête de l'Institut des femmes le 23 juillet 2024, sur proposition de la ministre de l'Égalité Ana Redondo ; le décret de nomination est publié le lendemain[2]. Elle succède à Isabel García, révoquée le même jour après une controverse portant sur les marchés publics obtenus par des sociétés qu'elle codétenait avec sa conjointe[9].
Lors d'une comparution devant la commission de l'Égalité du Sénat, en décembre 2024, Hernández présente cinq principes de travail pour l'Institut : la recherche de consensus, la formation, les alliances avec les acteurs publics et sociaux, le dialogue avec le mouvement féministe et l'appui sur les données scientifiques. Elle place notamment parmi ses priorités l'égalité professionnelle et salariale, la prévention du harcèlement sexuel et sexiste au travail, la mise en œuvre de la loi sur la représentation paritaire, l'entrepreneuriat des femmes et le soutien à la recherche sur les inégalités de genre[10]. Devant le Congrès des députés en mai 2025, elle réaffirme la place centrale de l'égalité dans l'emploi, du suivi des plans d'égalité en entreprise et de la production de connaissances destinées à étayer les politiques publiques[11].
Son mandat comporte aussi une dimension internationale. En août 2025, elle participe à Mexico à la XVIe Conférence régionale sur les femmes en Amérique latine et dans les Caraïbes, organisée par la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) et ONU Femmes, où elle intervient notamment dans les discussions consacrées à la société du soin et à l'égalité de genre[12],[13].
En 2026, l'Institut formalise sous sa direction plusieurs coopérations liées à ses priorités. Un accord avec l'Agence espagnole de supervision de l'intelligence artificielle prévoit une collaboration sur la surveillance des systèmes d'intelligence artificielle, la protection des droits fondamentaux et la formation en la matière ; un autre, conclu avec l'Inspection du travail et de la sécurité sociale, porte sur le contrôle de l'égalité effective entre les femmes et les hommes dans les entreprises[14],[15].
Références
- ↑ (es) Agencia Estatal Boletín Oficial del Estado, « Ley 16/1983, de 24 de octubre, de creación del Organismo Autónomo Instituto de la Mujer », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le )
- ↑ 2,0 et 2,1 (es) Agencia Estatal Boletín Oficial del Estado, « Real Decreto 751/2024, de 23 de julio, por el que se nombra Directora del Instituto de las Mujeres a doña Cristina Hernández Martín », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le )
- ↑ 3,0 3,1 3,2 et 3,3 (es) Instituto de las Mujeres, « Cristina Hernández Martín, directora del Instituto de las Mujeres », sur Instituto de las Mujeres (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 (es) Isabel Valdés, « Cristina Hernández, nueva directora del Instituto de las Mujeres », sur El País, (consulté le )
- ↑ (es) David Rodriguez, « El Gobierno nombra a la mirobrigense Cristina Hernández nueva directora del Instituto de las Mujeres », sur SALAMANCArtv AL DÍA, (consulté le )
- ↑ (es) Junta Electoral Central, « Elecciones Generales de 14 de marzo de 2004 — Senado — Relación de Senadores que no han obtenido escaño », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le )
- ↑ (es) Cristina Hernández, « Tolerar lo intolerable: delitos de odio contra las personas sin hogar », sur elDiario.es, (consulté le )
- ↑ (es) Cristina Hernández, « Sí, se llama «sinhogarismo» », sur El País, (consulté le )
- ↑ (es) RTVE.es, « El Gobierno cesa a Isabel García y nombra a Cristina Hernández como nueva directora del Instituto de las Mujeres », sur RTVE, (consulté le )
- ↑ (es) « DS. Senado, Comisiones, núm. 266, de 12/12/2024 », sur Congreso de los Diputados, (consulté le )
- ↑ (es) « DS. Congreso de los Diputados, Comisiones, núm. 339, de 27/05/2025 », sur Congreso de los Diputados, (consulté le )
- ↑ (es) « Cristina Hernández Martín », sur XVI Conferencia Regional sobre la Mujer de América Latina y el Caribe (consulté le )
- ↑ (es) Ministerio de Igualdad, « La directora del Instituto de las Mujeres, Cristina Hernández, interviene en la XVI Conferencia Regional sobre la Mujer de América Latina y el Caribe: «el feminismo es el mejor motor de transformación social» », sur Ministerio de Igualdad, (consulté le )
- ↑ (es) Agencia Estatal Boletín Oficial del Estado, « Resolución de 10 de abril de 2026, de la Subsecretaría, por la que se publica el Convenio entre la Agencia Española de Supervisión de Inteligencia Artificial y el Instituto de las Mujeres, O.A., para la colaboración en la supervisión de sistemas de IA, la protección de los derechos fundamentales, la alfabetización y el desarrollo de laboratorios de ideas en materia de Inteligencia Artificial », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le )
- ↑ (es) Agencia Estatal Boletín Oficial del Estado, « Resolución de 5 de agosto de 2026, de la Subsecretaría, por la que se publica el Convenio entre el Instituto de las Mujeres, O.A., y el Organismo Estatal Inspección de Trabajo y Seguridad Social, O.A., para la vigilancia de la igualdad efectiva entre mujeres y hombres en las empresas », sur Boletín Oficial del Estado, (consulté le )
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