Diane Binder

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Diane Binder
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Diane Binder au Forum économique mondial de Davos en 2023.
Naissance (46 ans)
Paris
Nationalité Française
Profession
Dirigeante d'entreprise, entrepreneuse sociale
Formation
emlyon business school, Université de Georgetown

Diane Binder, née le 13 juin 1980 à Paris, est une dirigeante d'entreprise et entrepreneuse sociale française. Après avoir travaillé dans le financement du développement et exercé des responsabilités internationales au sein de Suez, elle fonde en 2021 Regenopolis, une structure consacrée au développement économique et à la restauration des écosystèmes, puis cofonde en 2023 le projet de tourisme régénératif 700’000 heures Impact[1].

À l'origine du projet Action Emploi Réfugiés dès 2015, elle siège également au Conseil présidentiel pour l'Afrique de 2017 à 2022. Elle dirige par ailleurs les programmes internationaux d'accélération de la World Sustainable Hospitality Alliance, consacrés à la transformation des pratiques dans le secteur hôtelier[2],[3].

Formation et carrière dans le développement international

Diane Binder étudie à l'École de management de Lyon, où elle se forme à la gestion et à la finance, puis à la School of Foreign Service de l'université de Georgetown, à Washington. Elle y obtient un master en relations internationales (Master of Science in Foreign Service) ainsi qu'un certificat en diplomatie des affaires internationales[4].

Elle commence sa carrière comme analyste à la Caisse des dépôts et consignations, puis travaille à la Banque européenne d'investissement, où elle s'occupe d'investissements dans le secteur privé sur la rive sud de la Méditerranée. Elle devient ensuite cheffe de projet au ministère français des Affaires étrangères et intervient comme consultante auprès d'organisations de développement, notamment la Banque mondiale, l'Agence française de développement et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)[1],[4].

Elle rejoint Suez en 2010 comme directrice adjointe du développement international. Au cours des dix années suivantes, elle exerce des fonctions de direction liées à l'expansion du groupe en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde, puis aux relations internationales. Son activité porte principalement sur les services de l'eau et la gestion des déchets, ainsi que sur les partenariats entre collectivités publiques, institutions de financement et entreprises privées. Elle quitte Suez en 2020[1],[5],[6].

Action Emploi Réfugiés

À la suite de la crise migratoire en Europe de 2015, Diane Binder s'associe à Kavita Brahmbhatt, spécialiste des questions de protection des réfugiés, pour créer Action Emploi Réfugiés (AERé). Leur objectif est de faciliter l'accès des personnes réfugiées au marché du travail français en mettant en relation candidats et employeurs. Les premières offres circulent au sein d'un réseau de bénévoles, notamment sur Facebook, avant l'ouverture d'une plateforme numérique en juin 2016[7],[8].

L'association, que Diane Binder copréside d'abord avec Kavita Brahmbhatt, élargit progressivement son action au-delà de la diffusion d'offres. Elle propose un accompagnement individuel, des ateliers de préparation à l'emploi, des formations professionnelles et linguistiques, et un travail de sensibilisation auprès des entreprises. Présente à Paris, elle ouvre aussi une antenne à Bordeaux fin 2017. Ces dispositifs répondent notamment aux difficultés de maîtrise du français et de reconnaissance des qualifications étrangères, qui peuvent conduire des personnes réfugiées à occuper des emplois inférieurs à leur niveau de formation[7],[9].

L'initiative bénéficie d'une couverture médiatique dès ses débuts : Le Parisien consacre à Diane Binder l'un de ses portraits des « héros de 2016 »[8]. Elle suscite également des critiques. En mai 2022, une enquête de Mediapart, s'appuyant sur des documents internes, fait état de difficultés de gestion financière et remet en question les résultats mis en avant par l'association. Le journal indique qu'AERé a alors reçu 1,7 million d'euros de financements publics[10].

Action Emploi Réfugiés rejoint le Groupe SOS en 2022. L'association fait ensuite l'objet d'un projet de fusion-absorption par Groupe SOS Solidarité ; sa dissolution en tant qu'entité juridique distincte est publiée au Journal officiel en 2025. Le Groupe SOS continue toutefois de présenter l'accompagnement vers l'emploi des réfugiés sous le nom d'Action Emploi Réfugiés[11],[12],[13].

Conseil présidentiel pour l'Afrique et engagements associatifs

En août 2017, Diane Binder est nommée parmi les premiers membres du Conseil présidentiel pour l'Afrique, instance consultative créée par Emmanuel Macron pour alimenter la réflexion de la présidence française sur les relations avec les pays africains. Elle y travaille en particulier sur l'urbanisation et le développement économique, notamment sur la place des entreprises et les besoins des villes africaines en infrastructures et en services essentiels[14],[2].

Dans ce cadre, elle contribue à la conception et à la coordination de CityLab Africa, programme lancé en 2019 avec l'organisation Makesense Africa afin de réunir collectivités, entrepreneurs, entreprises et associations autour de projets de villes durables. L'initiative s'intéresse notamment à l'accès à l'eau, à la mobilité, aux déchets et à l'énergie[15],[16]. Le fonctionnement du Conseil présidentiel pour l'Afrique est néanmoins critiqué pour le caractère peu défini de ses missions et l'ambiguïté de ses relations avec les réseaux économiques, comme le relève Le Monde en 2018[14].

Ses autres engagements concernent le dialogue entre l'Europe, la Méditerranée et l'Afrique. Elle dirige le programme Europe-Afrique de l'Institut Aspen France et participe à la création de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED) ainsi que du Forum international pour la paix[17]. Elle siège également au conseil d'administration de Women in Africa, organisation consacrée à l'entrepreneuriat féminin et à l'activité économique des femmes sur le continent africain[1],[6].

Regenopolis et l'économie régénérative

En 2021, Diane Binder fonde Regenopolis, une structure qui accompagne des projets économiques visant à associer la restauration des écosystèmes à l'amélioration des conditions de vie des populations locales. Initialement centrée sur l'Afrique, elle intervient sur des projets urbains, des filières agricoles et la mobilisation de financements publics et privés. Son approche repose sur la coopération avec les entreprises locales et sur la valorisation économique des ressources naturelles sans les dissocier de leur préservation[4],[1].

En 2023, Regenopolis participe, aux côtés de plusieurs partenaires, au lancement d'une Alliance pour la Grande Muraille verte, destinée à soutenir les entrepreneurs et les filières de production liées à la restauration des terres dans le Sahel. Le projet prévoit notamment de faciliter l'accès au financement et aux marchés pour des activités reposant sur des espèces comme le karité, le baobab ou le moringa. Ces ambitions ne doivent cependant pas être confondues avec des réalisations : Regenopolis indique, dans son bilan rétrospectif, que l'alliance n'a pas atteint le stade d'un déploiement complet, notamment en raison de la dégradation du contexte politique sahélien[18],[19].

Tourisme et hôtellerie régénératifs

Diane Binder s'associe en 2023 à l'hôtelier Thierry Teyssier, créateur du concept d'hôtellerie itinérante 700’000 heures, pour fonder 700’000 heures Impact. Ce projet cherche à faire du séjour touristique un levier de développement local : le modèle proposé associe de petites structures d'accueil, des activités économiques portées par les habitants, la préservation des savoir-faire et la restauration des milieux naturels. Il ne se limite donc pas à la réduction des conséquences environnementales du tourisme, mais vise à financer des activités bénéficiant durablement aux territoires concernés[20].

Un premier projet est développé à Tizkmoudine, dans le sud du Maroc, en lien avec des artisans et des coopératives locales. Dans un entretien au Figaro, Diane Binder présente quatre priorités pour ces opérations : le développement de l'économie locale, l'autonomie économique des femmes, la sauvegarde du patrimoine culturel et la restauration des écosystèmes fragiles[20]. Regenopolis indique avoir étendu les initiatives de ce type au Pérou et au Mexique[21].

Elle prend ensuite la responsabilité des « Global Accelerators » au sein de la World Sustainable Hospitality Alliance, réseau international du secteur hôtelier. Cette fonction consiste à développer des programmes expérimentaux réunissant entreprises, acteurs publics et partenaires locaux autour de l'emploi, des ressources naturelles et des pratiques touristiques dans les destinations concernées[3],[22]. En janvier 2026, Regenopolis et l'Institut Igarapé présentent à Davos, en marge du Forum économique mondial, un livre blanc consacré au potentiel du tourisme régénératif, notamment à partir d'une expérience menée au Brésil[23].

Reconnaissance et distinctions

Diane Binder est sélectionnée en 2014 dans le programme « Rising Talents » du Women's Forum, puis dans le classement « Choiseul 200 » des dirigeants économiques émergents à partir de 2017. Elle intègre la promotion 2018 des « European Young Leaders » de l'organisation Friends of Europe et celle de 2019 des « Young Global Leaders » du Forum économique mondial[6],[5].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Mishel Makarevich, « Le Fil : Diane Binder, PGE 2003 », sur emlyon alumni,
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « About Diane Binder », sur Regenopolis
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « Our team », sur World Sustainable Hospitality Alliance
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « Diane Binder », sur Forum économique mondial
  5. ↑ 5,0 et 5,1 « Here are the Young People Pushing Boundaries and Changing the World in 2019 », sur Forum économique mondial,
  6. ↑ 6,0 6,1 et 6,2 « Diane Binder, Senior Vice-President, International Relations, Suez », sur Women's Forum,
  7. ↑ 7,0 et 7,1 « AERé, l'association française qui donne du travail aux réfugiés sur Facebook », Le HuffPost,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ 8,0 et 8,1 « Les héros de 2016. Diane Binder : elle a lancé le site d'emploi des réfugiés », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  9. ↑ « L'association », sur Action Emploi Réfugiés
  10. ↑ Maïa Courtois, « Une « start-up de l'asile » proche de la Macronie accumule les subventions malgré ses défaillances », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  11. ↑ « Associations, construisons ensemble ! », sur Groupe SOS,
  12. ↑ « Action Emploi Réfugiés (AERé), annonce de dissolution n° 1903 », sur Journal officiel des associations et fondations d'entreprise,
  13. ↑ « Action Emploi Réfugiés », sur Groupe SOS
  14. ↑ 14,0 et 14,1 Laurence Caramel, « Le Conseil présidentiel pour l'Afrique, outil controversé du « soft power » d'Emmanuel Macron », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ « CityLab Africa: Co-Creating the Cities of Tomorrow », sur Regenopolis
  16. ↑ « City_Lab », sur Climate Chance
  17. ↑ « L'équipe », sur Action Emploi Réfugiés
  18. ↑ « Palladium's « Regeneration » Joins the Alliance for the Great Green Wall as Founding Member », sur Palladium,
  19. ↑ « The Alliance for the Great Green Wall », sur Regenopolis
  20. ↑ 20,0 et 20,1 Marine Sanclemente, « Tendance de fond ou feu de paille ? Tout ce qu'il faut savoir sur le tourisme régénératif », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  21. ↑ « 700’000 heures Impact: Pioneering Regenerative Hospitality », sur Regenopolis
  22. ↑ « Accelerators », sur World Sustainable Hospitality Alliance
  23. ↑ « Regenerative Hospitality Moonshot White Paper launched at Davos, January 2026 », sur Regenopolis,

Article publié sur Wikimonde Plus

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