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Doctrine adventiste du salut

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La doctrine adventiste du salut est une compréhension christocentrique de l’histoire du salut, dont la mort, la résurrection, et le retour de Jésus-Christ constituent les évènements fondamentaux. C’est une description de l’action de Dieu dans le processus dynamique du salut, et de ses étapes dans la vie de l’être humain par un choix libre et consenti.

La doctrine du salut de l’Église adventiste du septième jour est la description de « l’œuvre de Dieu qui précipite la gloire humaine dans la poussière et accomplit pour l’homme ce qu’il est incapable de faire pour lui-même »[1]. Elle part du constat que l’être humain est déchu, désespéré et condamné à l’anéantissement total, sans l’initiative divine de le sauver. Seul Jésus peut donner un sens à sa vie, lui apporter le salut, la paix intérieure et la satisfaction. Seul Jésus peut vaincre la mort, sa plus grande ennemie.

Contrairement aux pensées grecque et hindoue qui voient l’histoire de manière cyclique (un éternel recommencement), la doctrine adventiste du salut a une compréhension linéaire de l’histoire. Celle-ci est à sens unique, ordonnée selon un plan divin, allant de la création du monde à sa recréation, du paradis perdu au paradis restauré, du premier évènement du salut (la mort de Jésus à la croix) au dernier évènement du salut (le retour glorieux de Jésus). Ce monde a un sens, un but, une destinée : il a été créé par Dieu et pour sa gloire[2].

Cette vision de l’histoire est inséparable de Jésus-Christ, et foncièrement optimiste, car le bien triomphera du mal. Au sens réel du terme, le salut n’est pas ici une doctrine ou un livre, mais un fait, ou plus exactement une personne. Le salut suppose un sauveur (Jésus-Christ), un objet du salut (l’être humain) et un moyen de salut par un acte historique (le sacrifice de Jésus à la croix). C’est dans la nature aimante de Dieu de sauver ses créatures vouées à la mort éternelle[3].

Christ crucifié de Diego Vélasquez – l’évènement fondamental de l’histoire du salut

Doctrine adventiste du salut

L’enseignement officiel de l’Église adventiste du septième jour est résumé dans la déclaration de ses 28 croyances fondamentales. La sotériologie (la doctrine du salut) est présentée dans quatre croyances fondamentales :

  • Croyance n° 8 – Le grand conflit
  • Croyance n° 9 – Vie, mort et résurrection du Christ
  • Croyance n° 10 – L’expérience du salut
  • Croyance n° 11 – Croître en Christ

Plusieurs documents significatifs présentent l’enseignement de l’Église adventiste du septième jour sur la doctrine du salut, notamment :

  • Raoul Dederen, éd, Handbook of Seventh-day Adventist Theology (2000), le Manuel de la théologie adventiste du septième jour
  • Vladimir Polanco, Ce que nous croyons (2012), une étude thématique des 28 croyances fondamentales

Le besoin du salut : « Je suis condamné à la mort éternelle »

Les adventistes du septième jour ont une compréhension cosmique de la doctrine du salut. Ils soutiennent que dans l’univers, la Terre est au centre du conflit entre le bien et le mal, et de l’histoire du salut. Le plus grand besoin de l’être humain est d’être sauvé car il est perdu, c’est-à-dire voué à la mort éternelle[5].

La croyance n° 8 (le grand conflit) de l’Église adventiste du septième jour est ainsi formulée :

Le paradis perdu de John Milton, illustré par Gustave Doré – Lucifer est chassé du ciel lors de sa rébellion
« L’humanité toute entière est actuellement impliquée dans un grand conflit entre le Christ et Satan, concernant le caractère de Dieu, sa loi et sa souveraineté sur l’univers. Ce conflit éclata dans le ciel lorsqu’un être créé, doté du libre choix, devint, Satan, l’ennemi de Dieu par une exaltation de sa personne et entraîna dans la révolte une partie des anges. Il introduisit un esprit de rébellion dans ce monde lorsqu’il incita Adam et Êve à pécher. Ce péché humain causa une altération de l’image de Dieu dans l’humanité, la perturbation du monde créé et sa destruction lors du déluge universel, comme le présente le récit historique de Genèse 1-11. Au regard de toute la création, ce monde est devenu le théâtre du conflit universel, dont en fin de compte, le Dieu d’amour sortira réhabilité. Afin de prêter main-forte à son peuple dans ce conflit, le Christ envoie le Saint-Esprit et les anges fidèles pour le guider, le protéger et le soutenir sur le chemin du salut. »[6]

La doctrine du grand conflit est au cœur de la théologie adventiste et de sa compréhension de l’histoire du salut. Le théologien adventiste Vladimir Polanco l’explique ainsi :

« Le grand conflit entre le bien et le mal constitue l’axe théologique de toutes nos doctrines. C’est le prisme à travers lequel nous voyons tous les faits révélés dans la Bible et dans notre vie »[7].

L’origine du mal

Selon le récit de la Genèse, au commencement, Dieu créa un monde parfait ; mais force est de constater que le mal existe dans ce monde. Les adventistes soutiennent que le monde était parfait à l’origine, mais qu’il a été corrompu par l’irruption d’un phénomène pervers et destructeur que les écrivains bibliques appellent « le péché »[4].

Les adventistes expliquent que le mal provient de l’égocentrisme, de l’exaltation de la créature au-dessus de celle du Créateur. Un chef des anges, Lucifer (le fils de l’aurore), chercha sa propre gloire au lieu de rechercher celle de Dieu. Il mena une révolte contre le Souverain de l’univers, l’accusant d’être injuste et tyrannique. Il devint alors Satan (l’adversaire, l’accusateur) et le diable (le calomniateur)[8]. Ellen White déclare :

« Une personne pervertit la liberté que Dieu accorda à ses créatures. Le péché trouva son origine en celui qui, après le Christ, était le plus honoré de Dieu et le plus élevé en puissance et en gloire parmi les habitants du ciel. »[9] « Le péché a eu son origine dans la recherche de soi-même »[10].

Lucifer entraîna dans sa rébellion une partie des êtres célestes. Quand il fut exclu du ciel, il trouva une planète qui céda à ses séductions et sa tromperie. Par la faute du premier couple humain (Adam et Ève), le mal s’est introduit sur la Terre. Il a été transmis à toute l’humanité[11].

« De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché. » (Romains 5:12)

Le problème de l’être humain : « Je suis séparé de Dieu »

Les adventistes du septième jour ont une compréhension essentiellement relationnelle de la doctrine du salut. La condition de l’être humain se définit en fonction de sa relation (ou de son absence de relation) avec Dieu[4].

Le bien

Les adventistes définissent le bien (ou la justice) comme étant une personne, Dieu lui-même, la source infinie de l’amour, la sainteté, la justice et la vérité, des attributs indissociables de son caractère. Il est la norme absolue du bien. En dehors de lui, le bien n’existe pas[12]. Dieu est amour : son être, son essence, ses pensées, sa volonté, sa vie, tout en lui est amour. « L’amour résume toutes ses œuvres et explique toutes ses voies. »[13].

« Voici le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons : Dieu est lumière et il n’y a pas de ténèbres en lui. » (1 Jean 1:5)
« Les assises de ton trône sont justice et droit. L’amour et la vérité marchent devant toi. » (Psaume 89:15)
« Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » (1 Jean 4:8)

Le salut est une relation avec Dieu. Car le bien et le salut sont une personne. Faire le bien en se bornant à ne pas faire le mal, ce n’est pas faire le bien. Être bon en se contentant de ne pas être mauvais, ce n’est pas être bon. C’est juste du formalisme – être bon extérieurement mais être mauvais intérieurement. De plus, ceci peut aussi être du légalisme – croire qu’on est sauvé par ses œuvres[14].

Le bien fait de l’être humain un être moral, mais la moralité en elle-même ne le rend pas juste (ou saint) non plus et ne le sauve pas. C’est simplement du moralisme – être moral sans une relation avec Dieu. La moralité découle du bien mais elle n’est pas la cause du bien. Dans la vie de l’être humain, le bien est une relation avec Dieu[15].

Par conséquent, les bonnes œuvres de l’être humain ne sont pas la cause de son salut ; et ses mauvaises actions ne sont pas la cause de sa perdition. Il ne doit pas fixer son attention sur ses actes, bons ou mauvais, mais sur Jésus-Christ, la seule cause de son salut. Si on comprend que la sainteté extérieure est sans valeur pour Dieu et lui répugne, remarque Morris Venden, « nous cesserions d’essayer de faire le bien ! Au lieu de cela, nous consacrerions notre temps, notre énergie, nos efforts à rechercher le Seigneur, afin qu’il vienne vivre sa vie en nous »[16].

Le mal

Le mal se manifeste dans la nature (le mal cosmique), le corps (le mal physique) et l’esprit (le mal moral)[17]. Les adventistes définissent le mal (ou le péché) comme étant une séparation d’avec Dieu. C’est une coupure, une rupture de la relation avec celui qui est la seule source du bien. Par conséquent, le salut et la vie chrétienne ne sont pas fondés sur ce que fait l’être humain (le comportement, la moralité), ni sur ce qu’il connaît (la doctrine biblique), mais sur celui qu’il connaît, à savoir Jésus-Christ. Le christianisme est une relation avec Jésus. En dehors de lui, il n’y a ni bien, ni salut[18].

Le paradis perdu de John Milton, illustré par Gustave Doré – Par leur désobéissance, Adam et Eve sont séparés de Dieu

À l’origine, l’humanité vivait dans la présence de Dieu, mais par la faute d’Adam et Eve, tous les humains sont nés pécheurs (égocentriques), c’est-à-dire séparés de Dieu. « L’héritage des enfants est celui du péché. Le péché les a séparés de Dieu »[19]. Ils ne vivent pas dans la présence de Dieu. La nature de l’être humain est mauvaise (pécheresse) ; ses mauvaises actions n’en sont que le résultat. L’être humain n’est pas totalement dépravé, mais il a perdu partiellement « l’image de Dieu » (la connaissance, le bien et la sainteté). Par l’hérédité génétique du mal, il est un « enfant de colère », voué dès sa naissance à la mort éternelle[20].

« Nous accomplissions les volontés de la nature humaine et de nos pensées, et nous étions par notre condition même, destinés à la colère. » (Ephésiens 2:3)
« Les méchants sont pervertis dès le sein de leur mère, les menteurs s’égarent dès leur naissance. » (Psaume 58:4)
« Il n’y a pas de juste, pas même un seul ; aucun n’est intelligent, aucun ne recherche Dieu ; tous se sont détournés, ensemble ils se sont pervertis ; il n’y en a aucun qui fasse le bien, pas même un seul. » (Romains 3:10-12)

La nature humaine pécheresse

La théologie adventiste fait une distinction importante entre le péché (être séparé de Dieu), le pécheur (la nature pécheresse) et les péchés (les actions mauvaises). Elle affirme que le péché (être séparé de Dieu) est la cause de la condition de pécheur (la nature pécheresse) qui elle-même conduit à produire des péchés (les actions mauvaises). Le péché est personnel, et non impersonnel. C’est une rébellion contre Dieu, contre son autorité. C’est le désir d’être indépendant de lui, et d’être comme lui. C’est l’exaltation de soi-même. Tous les êtres humains l’ont reçu en héritage. Les péchés en sont les symptômes. L’être humain n’est pas un pécheur parce qu’il pèche, mais il pèche parce qu’il est un pécheur. Vivre séparé de Dieu est la cause du péché ; les mauvaises actions ne sont que le résultat de sa condition de pécheur[21].

« J’ai péché contre toi, contre toi seul, j’ai fait ce qui est mal à tes yeux. C’est pourquoi tu es juste dans tes paroles, sans reproche dans ton jugement. Oui, dès ma naissance, je suis coupable ; quand ma mère m’a conçu, j’étais déjà marqué par le péché. » (Psaume 51:6-7) – le péché, c’est toujours pécher contre Dieu
« Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? » (Jérémie 17:9)
« C’est ce qui sort de l’homme qui le rend impur. C’est de l’intérieur, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l’immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. » (Marc 7:20-22)

Le péché étant une question de relation avec Dieu plutôt que de conduite, quiconque vit séparé de Dieu vit dans le péché. Une bonne moralité ou de bonnes actions sans avoir de relation de foi avec Dieu sont entachées de péché. On peut faire de bonnes actions dans un but égoïste, avoir une bonne moralité, mais être séparé de Dieu[22].

« Tout ce qui ne résulte pas de la foi est péché. » (Romains 14:23)

La cause du salut : « Christ est mort pour moi »

« La doctrine adventiste du salut est une doctrine entièrement conventionnelle du salut par la grâce au moyen de la foi »[23], très proche de l’enseignement de John Wesley, le fondateur du méthodisme[24]. Celui-ci refusa l’idée d’un salut et d'une perdition arbitraires (la double prédestination), arguant que le salut est offert à tous les êtres humains mais que l’acceptation de la grâce de Dieu demeure au libre choix de chaque individu[25]

Les adventistes du septième jour ont une compréhension christocentrique du salut. Ils affirment que l’être humain n’est pas sauvé par ce qu’il fait (les bonnes œuvres, la moralité, les rites ou les sacrements) mais par ce que fait Jésus-Christ. Sa mort à la croix est la seule cause du salut[26]. Le Conseil œcuménique des Églises définit la position doctrinale de l’adventisme ainsi : « Dans la vie du Christ vécue dans l'obéissance parfaite à la volonté de Dieu, dans sa souffrance, sa mort et sa résurrection, Dieu a fourni les seuls moyens d'expiation du péché humain, afin que ceux qui, dans la foi, acceptent le don du salut aient la vie éternelle »[27].

La croyance n° 9 (la vie, la mort et la résurrection du Christ) de l’Église adventiste du septième jour est ainsi formulée :

Jésus meurt sur la croix pour sauver les pécheurs de la mort éternelle
« Dans la vie du Christ, vie de parfaite obéissance à la volonté divine, dans ses souffrances, dans sa mort et dans sa résurrection, Dieu a procuré les seuls moyens d’expiation et de libération de l’humanité. Par conséquent, tous ceux qui par la foi acceptent cette expiation peuvent obtenir la vie éternelle ; et la création toute entière peut mieux comprendre l’amour saint et infini du Créateur. Cette parfaite expiation établit l’équité de la loi de Dieu et la noblesse de son caractère : elle condamne notre péché et pourvoit à notre pardon. La mort du Christ a une valeur substantive et rédemptrice ; elle est propre à réconcilier et à transformer. Sa résurrection proclame le triomphe de Dieu sur les forces du mal, et, pour ceux qui acceptent la réconciliation, elle atteste leur victoire finale sur le péché et la mort ; elle affirme la seigneurie de Jésus-Christ, devant qui tout genou fléchira dans les cieux et sur la terre. »[28]
« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter. » (Ephésiens 2:8-9)
« Le salaire du péché, c’est la mort [éternelle], mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 6:23)

Le salut est une initiative divine, conçue de toute éternité. Ayant créé ses créatures libres, Dieu a prévu, dans sa sagesse et son amour, le plan du salut. Il ne peut concevoir d’abandonner les êtres humains à leur triste sort. Jésus aurait donné sa vie, même pour sauver une seule personne. Sa grâce est totalement imméritée. Le salut est un pur cadeau de lui, son œuvre à 100%. On ne peut rien y ajouter. La participation humaine au salut est totalement nulle[29].

« Il a fallu que le Christ, tel un agneau pur et sans défaut, verse son sang précieux en sacrifice pour vous. Dès avant la création du monde, Dieu l’avait choisi pour cela, et il a paru, dans ces temps qui sont les derniers, pour agir en votre faveur. » (1 Pierre 1:19-20)

La signification de la croix

Les auteurs du Nouveau Testament ont expliqué le sens de l’évènement considérable de la mort de Jésus à la croix. Ils ont relaté ce qu’ils ont vus et entendus, et ont noté la réalisation impressionnante des prophéties messianiques dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus. L’apôtre Paul a notamment utilisé des illustrations de la vie quotidienne pour dévoiler la signification théologique de la crucifixion[30].

Les adventistes observent que le salut est un acte légal de justification. Les mots grecs pour la « justification » sont dikaioma (acte de justice, condamnation judiciaire) et dikaisos (réhabilitation, acquittement). Le verbe dikaioo signifie « être déclaré et considéré comme juste, être acquitté, être justifié, être libéré, être purifié, venger, faire justice ». Dieu ne pardonne pas les péchés, mais il pardonne aux pécheurs repentants. Selon la loi de Dieu, le coupable (le pécheur) n’est pas tenu pour innocent et doit mourir, car les principes du bien exprimés dans cette loi sont éternels[31].

Comment Dieu peut sauver le pécheur tout en étant juste et fidèle aux principes de sa loi ? Le raisonnement de Satan fut le suivant : « Dieu ne peut pas être juste et miséricordieux en même temps. Soit il est juste, et je mourrai, mais pas seul, car tous ces êtres pécheurs qu’il aime mourront avec moi ; or Dieu n’est pas disposé à ce que cela arrive. Soit il est miséricordieux, et il annulera sa loi. Alors ma rébellion sera éternelle »[32].

Par la mort de Jésus à la croix, Dieu a résolu le problème de la fausse alternative de choisir entre sa justice et sa miséricorde. De cette manière, il sauve des pécheurs sans violer les exigences de la loi morale. Ces deux attributs de Dieu ne se contredisent pas : un Dieu d’amour est forcément juste et un Dieu juste est forcément aimant (miséricordieux)[33].

La crucifixion de Jésus est l’évènement capital de l’histoire du salut
« Ce sacrifice montre aussi la justice de Dieu dans le temps présent, car il lui permet d’être juste tout en déclarant juste celui qui croit en Jésus. » (Romains 3:26)

La justification par la foi consiste à déclarer juste le pécheur repentant sur la base de son acceptation du sacrifice de Jésus-Christ. Dieu le déclare juste au travers du sang de Jésus versé pour lui à la croix et le voit juste, recouvert du « manteau de la justice » immaculé du Christ (sa vie sans péché)[34].

« Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu, et ils sont déclarés justes par sa grâce ; c’est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ. » (Romains 3:23-24)
« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (Romains 8:1)

Le salut est une substitution réelle entre le Sauveur et le pécheur. Jésus-Christ est mort sur la croix à la place des transgresseurs parce que leurs péchés ne pouvaient pas être pardonnés. Ellen White déclare : « Jésus a été élevé sur la croix parce que la loi est immuable »[35]. Sa mort à la croix est la seule cause du salut.

« Presque tout selon la loi est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. » (Hébreux 9:22)
« L’Éternel, l’Éternel est un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté et en vérité. Il garde son amour jusqu’à mille générations, il pardonne la faute, la révolte et le péché, mais il ne traite pas le coupable en innocent. » (Exode 34:6-7)
« Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures. » (1 Corinthiens 15:3)
« C’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. » (Esaïe 53:5)

Le salut est une transaction, un rachat, comme la « rançon » de la vie et de la libération d’un esclave condamné à mort (1 Pierre 1 :18-19). Par sa mort, Jésus a payé le prix infini du salut des êtres humains. « Le Christ a été traité selon nos mérites afin que nous puissions être traité selon ses mérites. »[36] Il est mort à la place des pécheurs afin qu’ils aient la vie éternelle. Il n’a jamais péché, mais il a été fait péché à la croix afin que le pécheur repentant soit déclaré juste[37].

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jean 3:16)
« C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devrions être sauvés. » (Actes 4:9)
Illustrations sur le salut

Le salut est une expiation. Dans l’Antiquité, le terme « expiation » ou « propitiation » désignait le sacrifice offert par les adeptes des religions païennes pour apaiser la colère des dieux. Mais à la croix, c’est Dieu qui donne son Fils en sacrifice d’expiation. Ellen White souligne : « Ce n’est pas à cause de la propitiation faite par son Fils que le Père nous aime, c’est parce qu’il nous aime qu’il a pourvu à cette propitiation »[38]. Dieu n’exige pas une offrande d’expiation des êtres humains, mais il la procure en échange du salut de l’humanité. Jésus n’accomplit pas cette « propitiation » pour apaiser un Dieu irrité, mais pour démontrer l’immense amour de Dieu pour les êtres humains[39].

« C’est lui que Dieu a offert comme une victime destinée à expier les péchés, pour ceux qui croient en son sacrifice. » (Romains 3:25)

Le salut est une libération. L’être humain est l’esclave du péché. Jésus-Christ apporte une libération spirituelle à l’être humain. Aucune solution humaine ne peut éradiquer la racine profonde du mal, à savoir l’égocentrisme. Tous les systèmes et toutes les idéologies ont échoués devant ce problème. Jésus apporte la liberté totale et véritable en transformant intérieurement l’être humain[40].

« En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, toute personne qui commet le péché est esclave du péché. Or, l’esclave ne reste pas toujours dans la famille ; c’est le fils qui y reste pour toujours. Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres. » (Jean 8:34-35)

Le salut est une réconciliation. Le péché crée une séparation, une barrière, un obstacle infranchissable entre Dieu et l’être humain. Dieu est la sainteté parfaite, absolue. Nul pécheur ne peut vivre en sa présence. La mort de Jésus à la croix rétablit la relation entre la divinité et l’humanité[41],[42].

« Ainsi donc, déclarés justes sur la base de la foi, nous avons la paix avec Dieu par l’intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ. » (Romains 5:1)

Le salut est une adoption. Dans la société romaine, un homme pouvait adopter un fils en l’achetant de la main de son père véritable. Une fois l’achat effectué, le fils se trouvait sous la complète autorité de son nouveau père. Il obtenait de nombreux avantages : l’effacement de ses dettes, l’héritage des biens de son nouveau père, la suppression d’un statut d’esclave, la relaxe de toute accusation devant la justice et l’intégration de ses enfants à sa nouvelle famille. Tel un enfant adopté, le croyant obtient une nouvelle identité. Il devient un citoyen du ciel, un fils ou une fille de Dieu[43].

« Vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : « Abba ! Père ! ». L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ. » (Romains 8:15-17)

L’expérience du salut : « Je viens à Jésus tel que je suis »

Les adventistes du septième jour soulignent avec force que l’être humain ne peut rien faire pour se sauver lui-même. Dieu lui accorde une totale liberté d’accepter son offre de salut. Ce choix est possible seulement parce que le Saint-Esprit donne la foi de dire « oui » au don de la grâce. Dieu invite l’être humain à le choisir, mais n’impose le salut à personne[44].

Le paradis perdu de John Milton, illustré par Gustave Doré – La loi de Dieu est le transcrit de son caractère

La croyance n° 10 (l’expérience du salut) de l’Église adventiste du septième jour est ainsi formulée :

« Par la miséricorde et l’amour infinis de Dieu, Christ qui n’a point connu le péché, est devenu péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. Guidés par le Saint-Esprit, nous prenons conscience de notre besoin, nous reconnaissons notre condition de pécheurs, nous nous repentons de nos transgressions et nous exprimons notre foi en Jésus, comme Seigneur et Sauveur, substitut et exemple. Cette foi salvatrice provient du pouvoir divin de la Parole ; c’est un don de la grâce de Dieu. Par le Christ, nous sommes justifiés, adoptés comme fils et filles de Dieu et délivrés du pouvoir du péché. Par l’Esprit, nous sommes nés de nouveau et devenons sanctifiés ; l’Esprit régénère nos esprits, grave la loi d’amour dans nos cœurs et nous recevons la puissance nécessaire pour mener une vie sanctifiée. En demeurant en lui, nous devenons participants de la nature divine, ayant l’assurance du salut, maintenant et au jour du jugement.[28]

En plusieurs étapes, Dieu met en place des dispositions intérieures pour que l’être humain réponde à son offre de salut : 1. le don de la foi, 2. le don de l’abandon, 3. le don de la conversion, 4. le don de la repentance, et 5. le pardon de Dieu.

La foi

Les adventistes le soulignent : la meilleure définition de la foi, c’est la confiance, le péché étant la méfiance vis-à-vis de Dieu. Avoir confiance, c’est compter sur quelqu’un d’autre. « La foi est la confiance en Dieu. »[45] Elle consiste à dépendre de Dieu, à admettre que l’intelligence, la compréhension et la connaissance humaines sont très limitées, et que, par conséquent, il faut lui faire confiance, une confiance totale et absolue[46].

« Sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu, car il faut que celui qui s’approche de lui croie que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent. » (Hébreux 11:6)

Néanmoins, la confiance en Dieu n’est pas un saut dans le noir, le vide ou l’inconnu. Dieu donne suffisamment d’évidences de son existence et de son implication dans l’histoire humaine dans les récits bibliques, la réalisation des prophéties, les actes de la providence, la conception intelligente de la nature et les expériences personnelles pour qu’on puisse lui faire confiance. De lui-même, l’être humain est incapable d’avoir la foi. C’est un don du Saint-Esprit[47].

« Voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi. » (Galates 5:22)

Deux choses sont nécessaires pour accorder sa confiance à quelqu’un : apprendre à le connaître et le trouver digne de confiance. Ceci ne peut pas se produire en tenant Dieu à distance. Il faut l’écouter par l’étude de sa Parole, lui parler par la prière et le voir agir dans le service à l’humanité[48].

« La foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu. » (Romains 10:17)

De lui-même, l’être humain est incapable de trouver Dieu et de le rencontrer. C’est Dieu qui le cherche, le trouve, et l’attire à lui. Cette attirance n’est pas irrésistible, car Dieu lui laisse toujours la liberté de choix. Il ne s’impose pas à lui[4].

« Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous, dit l’Éternel. » (Jérémie 29:13-14)

L’abandon

Les adventistes proclament que le salut est un cadeau absolument gratuit. Il est offert gracieusement à tous ceux qui l’acceptent. C’est aussi simple que cela. De lui-même, l’être humain est spontanément réfractaire à cette offre absolument incroyable qu’il est totalement libre d’accepter ou de rejeter. Son acceptation est une action du Saint-Esprit. Celui-ci le sensibilise à l’idée de venir à Jésus. Celui qui vient à lui est toujours accueilli[49].

L’abandon (ou l’abdication, la soumission) est une capitulation sans conditions à l’offre de Dieu, à son cadeau de la vie éternelle. C’est cesser de compter sur soi-même pour compter entièrement sur Dieu pour son propre salut. L’être humain choisit de venir à Jésus comme il est. Dieu ne lui demande pas de se changer pour venir à lui – l’être humain est incapable de le faire, – mais de venir à lui tel qu’il est pour être changé par la puissance transformatrice du Saint-Esprit[50]. Le seul effort délibéré à poursuivre au cours de la vie chrétienne est de rechercher Dieu. Il en résultera un effort instinctif pour atteindre d’autres buts[51].

Souvent une personne craint de perdre sa liberté et sa personnalité en venant à Jésus – cela s’explique à cause de l’égocentrisme inhérent au pécheur. Mais c’est le contraire qui se produit. Quand Dieu est pleinement souverain de sa vie, l’être humain est pleinement libre. Dieu lui donne une nouvelle espérance, raison de vivre et existence. Il obtient la vie abondante. C’est le refus de se placer sous l’autorité de Dieu qui fait de quelqu’un un robot et une personne sans personnalité (étant l’esclave du péché)[52].

« Si quelqu’un est Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Corinthiens 5:17)

Si un individu rejette toutes les invitations du Saint-Esprit à développer une relation avec Dieu, et s’il persiste à résister à tous ses appels de venir à Jésus, il attriste le Saint-Esprit. Dans son endurcissement, il peut alors atteindre un stade de non-retour, où le Saint-Esprit cesse de parler à sa conscience. Il commet alors le péché contre le Saint-Esprit – le péché impardonnable. Dieu ne peut plus rien pour lui. L’individu a lui-même fermé la porte du salut, à jamais. Dieu ne rejette jamais personne, mais l’individu lui a claqué continuellement la porte au nez, sans éprouver le moindre remords[53].

« Tout péché, tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne leur sera pas pardonné. » (Matthieu 12:31-32)
« Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. » (Apocalypse 3:20)

La conversion

La conversion est appelée dans la Bible la nouvelle naissance. C’est le début de la vie spirituelle, de l’œuvre du Saint-Esprit qui produit un changement d’attitude envers Dieu et un changement de vie. Le mot hébreu schoub (retourner, revenir) et le mot grec epistrépho (retourner, se retourner) pour le mot français « conversion » indiquent une volte-face, un changement radical de direction[54].

« À moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu… Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. C’est aussi le cas de toute personne qui est née de l’Esprit. » (Jean 3:3, 8)

Le simple fait de venir à Jésus-Christ, notent les adventistes, produit une progression chez un individu : 1. le désir de connaître quelque chose de meilleur, 2. la connaissance de ce qui est meilleur, 3. la conviction d’être un pécheur, 4. la réalisation de son impuissance à se changer, 5. l’abandon de sa vie à Dieu et 6. la repentance. Bien qu’étant un nouveau départ, la conversion n’est pas cependant une expérience unique que le croyant expérimente une seule fois dans sa vie. Elle se répète constamment[55].

La repentance

Les adventistes le soulignent : quand un individu vient à Jésus, Dieu lui accorde le don de la repentance. De lui-même, l’être humain est insensible aux choses de Dieu, aux réalités spirituelles. Elles sont incompréhensibles pour lui[56]. L’apôtre Paul explique :

« L’homme naturel n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui ; il est même incapable de le comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » (2 Corinthiens 2:14)

Le mot grec, metaneo (la repentance), signifie « changer sa façon de penser », « ressentir du remords ». La repentance est une tristesse qui conduit au salut. La « tristesse selon le monde », c’est le regret de s’être fait prendre en défaut pour avoir transgressé la loi ; mais la « tristesse selon Dieu » est le regret sincère de l’avoir offensé et transgressé sa loi (2 Corinthiens 7:10). C’est résultat de l’œuvre du Saint-Esprit en l’être humain. Quand celui-ci considère la grandeur de l’amour de Dieu exprimé par le sacrifice de Jésus à la croix, il pleure sur ses péchés qui ont causé sa mort. Cette tristesse le conduit à renoncer à sa vie de péché[57].

Étroitement lié à la repentance est la décision radicale de la crucifixion du moi. Jésus-Christ invite l’être humain à « mourir à soi-même ». Au sens élémentaire du terme, vivre sous le règne du péché consiste à placer sa volonté au-dessus de celle de Dieu. C’est une rébellion contre Dieu en voulant être son propre maître. Venir à Jésus, c’est accepter qu’il soit le Seigneur de sa vie. Comme Martin Luther déclara : « C’est la nature de Dieu de faire quelque chose à partir de rien. C’est pourquoi Dieu ne peut rien faire de celui qui n’est pas encore rien »[58]. Jésus déclare :

« Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. En effet, celui qui est préoccupé de sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. » (Luc 9:23-24)

Le pardon de Dieu

Quand le pécheur se repent sincèrement, Dieu lui accorde son pardon. C’est à la fois une action juridique (être déclaré juste, l’effacement de ses péchés) et une réconciliation (le rétablissement de la relation avec Dieu). C’est une transaction dictée par l’amour de Dieu. Il ne repousse jamais personne quels que soient ses péchés[59].

« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. » (1 Jean 1:9)

Les adventistes soulignent que le pardon de Dieu est gratuit, mais pas bon marché. Il a coûté la vie de Jésus-Christ. Le pardon de Dieu est illimité et d’une valeur infinie, mais il est inutile au pécheur s’il ne l’accepte pas. Dieu ne se lasse jamais de pardonner. Il accueille toujours le pécheur repentant[60].

La conséquence du salut : « Christ vit en moi »

Les adventistes du septième jour soutiennent que l’être humain est sauvé par la seule grâce de Jésus-Christ par le moyen de la foi, qui produit en lui une vie transformée par la puissance du Saint-Esprit. De même qu’il ne peut se sauver lui-même, il a besoin d’une puissance extérieure à lui-même pour être changé. La mort de Jésus à la croix est la seule cause du salut, accepté par la foi (la justification par la foi), et la transformation de l’être humain par la puissance du Saint-Esprit en est la conséquence (la sanctification)[61].

L’étude de la Bible permet de connaître Dieu

La croyance n° 11 (la croissance en Christ) de l’Église adventiste du septième jour est formulée ainsi :

« Par sa mort sur la croix, Jésus a triomphé des forces du mal. Il a maîtrisé les esprits démoniaques pendant son ministère terrestre, brisé leur puissance et garanti leur destruction finale. La victoire de Jésus nous donne la victoire sur les forces du mal qui cherchent encore à nous contrôler, alors que nous marchons avec lui dans la paix, la joie et la certitude de son amour. Maintenant, le Saint-Esprit habite en nous et il nous rend capable de vaincre. Étant fermement consacrés à Jésus, notre Sauveur et Seigneur, nous sommes délivrés du fardeau de nos fautes passées. Nous ne marchons plus dans les ténèbres, dans la peur des forces du mal, dans l’ignorance et la vanité de notre ancienne manière de vivre. Dans cette nouvelle liberté en Jésus, nous sommes appelés à progresser dans la ressemblance de son caractère, dans une communion quotidienne avec lui par la prière. Nous nous nourrissons de sa Parole, méditant sur cette Parole et sur la bienveillance de Dieu, en chantant ses louanges, en nous assemblant pour l’adorer et en participant à la mission de l’Église. Nous sommes aussi appelés à suivre l’exemple du Christ en répondant avec compassion aux nécessités physiques, mentales, sociales, émotionnelles et spirituelles de l’humanité. Dans la mesure où nous consacrons avec amour au service de ceux qui nous entourent et témoignons de son salut, sa présence constante à nos côtés par l’Esprit transforme chaque moment et chaque tâche en une expérience spirituelle enrichissante. »[62]

L’assurance du salut

Les adventistes soulignent que demeurer dans une relation étroite avec Jésus (la persévérance chrétienne) est aussi important que de venir à lui. Ils insistent sur la notion de liberté, car même après sa conversion, l’être humain demeure totalement et constamment libre d’avoir une relation avec Dieu et d’être sous l’influence du Saint-Esprit[63].

L’expérience de la conversion et de la repentance ne se réalise pas une seule fois pour toutes, ni n’est définitive, mais doit se renouveler chaque jour. L’assurance du salut du croyant se confirme par sa communion journalière avec Jésus-Christ. Elle ne se fonde pas sur l’appartenance religieuse, la pureté de la doctrine ou un bon comportement (aussi nécessaires qu’ils soient) mais sur une relation suivie avec une personne : Jésus[64]. Comme les arminiens, les adventistes enseignent qu’un croyant peut perdre son salut s’il se détourne de Dieu, de même qu’il peut revenir à lui[65].

« Ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûtés au don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté à la bonne parole de Dieu et aux puissances du monde à venir, et qui pourtant sont tombés, il est impossible de les amener une nouvelle fois à changer d’attitude, puisqu’ils crucifient de nouveau pour eux-mêmes le Fils de Dieu et le déshonorent publiquement. » (Hébreux 6:4-6)

Le croyant est sauvé une fois pour toutes aussi longtemps qu’il reste sauvé. Il n’est juste qu’aussi longtemps qu’il a foi en Dieu et maintient une relation réelle avec lui [66]. L’assurance du salut est continuellement une expérience présente, jamais passée ou future. Elle produit l’espérance, la paix, la joie, la sérénité et la louange à Dieu, même dans les épreuves. Le croyant fait réellement l’expérience de l’assurance du salut[67].

« Je vous ai écrit cela, à vous qui croyez au nom du Fils de Dieu, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle. » (1 Jean 5 :13)
« Voici maintenant le temps favorable, voici aujourd’hui le jour du salut. » (2 Corinthiens 6:2)

La relation avec Dieu

Les adventistes soulignent avec force que la justification par la foi est une expérience avec Dieu, non une simple théorie. La relation avec Dieu demande du temps, mais c’est le fondement de la progression dans la vie chrétienne. Celui qui ne prend pas le temps de lire la Bible, de la méditer et de prier n’est pas en communion avec Dieu et meurt spirituellement. La foi, la repentance, la victoire, le salut sont des dons. Mais il y a une chose qui n’est pas un don : Dieu n’a jamais promis de se chercher à la place de l’être humain qui le cherche[68].

Le croyant communique avec Dieu par la prière, la louange et la méditation de la Bible

Le but premier de l’étude de la Bible n’est pas de chercher des renseignements, et pour la prière, d’obtenir l’exaucement à des requêtes, mais de connaître Jésus-Christ. « Prier, c’est ouvrir à Dieu son cœur comme on le ferait à son plus intime ami »[69]. L’objectif ultime de la prière n’est pas de dicter sa volonté à Dieu mais d’entrer dans sa volonté[70].

« O toi, qui écoute la prière ! Tous les hommes viendront à toi. » (Psaume 65:2)
« Non, le bras de l’Eternel n’est pas devenu trop court pour sauver, ni son oreille trop dure pour entendre, mais ce sont vos fautes qui ont fait une séparation entre vous et votre Dieu, ce sont vos péchés qui vous l’ont caché et l’ont empêché de vous écouter. » (Esaïe 59:1-2)

Connaître Dieu est à la fois une expérience intellectuelle, émotionnelle et relationnelle. « C’est le cœur, bien plus que l’intelligence, qui est appelé à percevoir la vérité »[71]. Les connaissances sur Dieu n’ont de valeur que si elles conduisent à le connaître personnellement[72].

« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17:3)

Les adventistes expliquent que Dieu utilise souvent les moments d’épreuves et de difficultés pour conduire l’être humain à rechercher Jésus par amour, et non par intérêt. La relation avec Dieu n’est pas fondée sur les bénéfices qu’on pourrait en tirer. Si quelqu’un abandonne sa relation avec lui à cause de sa propre conduite, il est un légaliste, croyant être sauvé par ses œuvres ou être perdu par ses agissements[73].

L’obéissance

Les adventistes affirment que l’obéissance à Dieu est un don, un cadeau du Saint-Esprit. La nature humaine pécheresse est incapable d’obéir à Dieu. C’est par une puissance extérieure à lui-même que l’être humain accomplit la volonté de Dieu[74].

« Nos cœurs sont mauvais, et nous sommes incapables de les changer. » (Romains 5:12)
« C’est mon Esprit que je mettrai en vous. Ainsi, je vous ferai suivre mes prescriptions, garder et respecter mes règles. » (Ezéchiel 36:27)
« En réalité, c’est lui qui nous a faits ; nous avons été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions. » (Ephésiens 2:10)

La véritable obéissance est naturelle et spontanée car elle est extérieure à l’être humain. Ceux qui comptent sur Dieu dans la vie chrétienne n’ont pas à faire beaucoup d’efforts pour lui obéir. « Ils accomplissent spontanément de bonnes œuvres, car Dieu a transformé leur nature par sa grâce »[75].

Une obéissance par devoir et uniquement extérieure, comme condition à remplir pour être sauvé, est une fausse obéissance qui ne vaut rien pour Dieu. Quand l’être humain connaît Dieu et l’aime sincèrement, son obéissance devient continuelle. White explique ce principe : « Toute vraie obéissance procède du cœur… Si nous apprécions le caractère du Christ, si nous sommes en communion avec Dieu, le péché nous devient odieux »[76].

La loi de Dieu

Les adventistes soutiennent que la loi de Dieu est le transcrit de son caractère. Elle énonce des règles morales absolues sur la base des principes éternels de l’amour, la justice, la sainteté, la sagesse et la liberté. La grâce en elle-même ne résout pas le problème du péché. La croix, qui est au centre de l’opération de la grâce, affirme la validité éternelle de la loi. Jésus mourut parce que la loi réclame la mort des pécheurs[77].

« La loi de Dieu est parfaite, elle redonne vie. Toutes ses affirmations sont dignes de confiance. Aux gens sans détour elle donne la sagesse. » (Psaume 19:8)
« La loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (Romains 7:12)

La loi de Dieu est une loi de liberté. En effet, la liberté de l’être humain est conditionnée par la souveraineté de Dieu. Richard Lehmann remarque : « L’homme n’est libre que dans la mesure où il choisit le bien. Tout autre usage de sa liberté consisterait à pécher, à s’aliéner, à se séparer de Dieu »[78]. Pratiquée dans la liberté du Saint-Esprit, et dans l’amour, la loi de Dieu est une bénédiction pour l’être humain[79].

« Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté. » (Jacques 2 :12)
« L’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. » (1 Jean 5:3)
La loi de Dieu est comparée à un miroir

Un extrait de la croyance adventiste n° 19 (la loi de Dieu) précise le rôle de la loi de Dieu par rapport au salut :

« Agissant par le Saint-Esprit, la loi démasque le péché et fait éprouver le besoin d’un Sauveur. Le salut procède entièrement de la grâce et non des œuvres, et ses fruits se traduisent par l’obéissance aux commandements de Dieu. »[80]

Les adventistes affirment qu’il est impossible d’obtenir le salut par l’observation de la loi de Dieu. S’en servir de cette manière équivaut à se frotter le visage contre un miroir pour se nettoyer. La fonction du miroir est de montrer la saleté sur le visage. Mais pour se laver le visage, il faut du savon, de l’eau et une serviette. Comme un miroir, la loi montre à l’être humain ses péchés et le condamne à la mort éternelle, mais elle ne lui donne pas la vie éternelle (Jacques 1 :23-24). Cependant, la mort de Jésus à la croix n’a pas abolie la loi de Dieu. Jésus-Christ est la fin de la loi comme moyen de salut, mais il n’est pas la fin de la loi comme une norme éternelle du bien[81]. « La loi nous envoie à Christ pour être justifiés, et Christ nous envoie à la loi pour être régulés »[82].

« Nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché. » (Romains 3:20)
« Je ne rejette pas la grâce de Dieu ; en effet, si la justice [le salut] s’obtient par la loi, alors Christ est mort pour rien. » (Galates 2:21)
« Est-ce que nous annulons ainsi la loi par la foi ? Certes non ! Au contraire, nous confirmons la loi. » (Romains 3:31)
« Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. » (Matthieu 5:17)

À sa mort sur la croix, Jésus a aboli les lois cérémonielles (le service du temple à Jérusalem et les fêtes religieuses juives) qui étaient des illustrations du plan du salut et de son sacrifice pour sauver les pécheurs. Ces lois n’étaient plus nécessaires car la réalité est en Christ. Son sacrifice parfait a aboli le culte du temple de Jérusalem et le service quotidien des sacrifices d’animaux. Il est le véritable agneau sacrificiel qui enlève le péché. Mais il a lui-même observé et accompli la loi morale[83]. Alfred Vaucher remarque qu’il y a dans la loi de l’ancien Israël un élément transitoire (les lois civiles et rituelles) et un élément immuable (la loi morale, résumée dans le Décalogue)[84].

L’évènement de la croix n’a pas aboli la loi morale car ses principes sont éternels. Sans la loi, il n’y aurait pas de péché ; et sans le péché, la grâce n’est pas nécessaire. Sans la loi, il n’y aurait pas non plus de jugement, car sans elle, il n’existe aucun critère objectif pour juger les humains[85].

Malgré des traits clairement protestants comme la centralité de la Bible, l’insistance des adventistes sur l’observation de la loi a été une source d’incompréhension, de malentendus et de méfiance parmi les protestants, jusqu’à une période relativement récente, envers « l’accent jugé excessif » des adventistes à ce sujet[86]. En réalité, Ellen White a été un chantre du salut par la grâce dans l’adventisme, lequel fonde ses pratiques, non sur l’Ancien Testament, mais sur la vie du Christ (qui observa le sabbat) et des apôtres comme Pierre (qui consommait des aliments purs)[87]

Les bonnes œuvres

Les adventistes l’affirment : accepter la grâce de Dieu par le moyen de la foi est la cause du salut de l’être humain, et les bonnes œuvres en sont la conséquence. Si la foi est réelle, de bonnes œuvres en découlent inévitablement. Ainsi, par exemple, « le salut acquis en Jésus-Christ permet une vraie pratique du Sabbat, non comme un moyen de salut mais comme une règle de vie utile et nécessaire »[88]. Comme moyen de salut, les œuvres sont nulles. Elles ne servent pas à sauver, mais à rendre gloire à Dieu[89],[90].

« Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 5:16)
La foi et les œuvres sont comparables aux deux pagaies d’une même rame de kayak

« Justification et sanctification sont intimement unies, distinctes mais jamais séparées »[91]>,[92]. Sans les œuvres, c’est la grâce à bon marché (l’antinomisme), et sans la grâce, c’est le salut par les œuvres (le légalisme)[93]. La justification est ce que Dieu fait pour l’être humain ; la sanctification est ce que Dieu fait en l’être humain. Ni la justification ni la sanctification ne résultent d’œuvres méritoires, mais sont toutes deux attribuables à la grâce et à la vie sans péché de Jésus[91].

La foi et les œuvres sont comparables aux deux rames d’une barque. Ramer avec une seule rame (la foi sans les œuvres, ou les œuvres sans la foi) ne permet pas d’avancer, mais en utilisant les deux rames à la fois, la barque voguera vers la rive céleste. Quand la foi et les œuvres sont véridiques, on ne peut avoir l’une sans l’autre. On reconnaît le bon arbre (la foi) à ses fruits (les œuvres). Il produit toujours des fruits[94].

« Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas d’œuvres, elle est morte en elle-même. » (Jacques 2:17)
« Comme le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. » (Jacques 2:26)

Ce qui importe pour Dieu, ce sont les mobiles derrière les actes. Sont-elles égocentriques ou désintéressées ? Il n’est pas impressionné par les actes de charité, de piété ou de service qui ne sont pas motivés par un amour sincère pour lui et son prochain. De surcroît, les bonnes œuvres accomplies sans une relation avec Dieu (la source de l’amour) sont en réalité de mauvaises œuvres[95].

« Si je parle les langues des hommes, ou même celles des anges, mais que je n’ai pas l’amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit. Si j’ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j’ai même toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, mais que je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Et si je distribue tous mes biens aux pauvres, si même je livre mon corps aux flammes, mais que je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien. » (1 Corinthiens 13:1-3)
Être en relation avec Dieu est essentiel à la croissance spirituelle

La croissance spirituelle

« Croissez dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. » (2 Pierre 3:18)

Le croyant est invité, indiquent les adventistes, à croître spirituellement en connaissance, sagesse, amour et sainteté. Cette croissance spirituelle consiste à être en communion avec Jésus-Christ, à compter sur lui, à regarder à lui constamment, et de plus en plus. Grandir spirituellement, c’est entretenir une relation de tous instants avec Dieu, et devenir toujours plus fort spirituellement. La confiance en Dieu du croyant augmente, non en qualité mais en quantité. Cette augmentation est due à la continuité de sa dépendance envers Dieu[96].

La croissance spirituelle n’est pas une ligne rectiligne, continuellement ascendante. Elle comprend des hauts et des bas. Il arrive en effet que Satan réussisse à détourner le regard du croyant du centre de son attention qui est Jésus-Christ. Le croyant peut connaître des moments de doute, de questionnements, de découragement ou de relâchement. Si alors il essaie de redresser la situation par ses propres efforts, il enregistre des échecs. Mais s’il admet la faiblesse de sa nature pécheresse, son impuissance sans Jésus à faire le bien, confesse à Dieu ses péchés et lui laisse prendre la direction de sa vie, il est victorieux[97].

« Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et nous purifier de tout mal. » (1 Jean 1:9)
« C’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire pour son projet bienveillant. » (Philippiens 2:13)
« Je peux tout par celui qui me fortifie. » (Philippiens 4:13)

La vie chrétienne peut être définie comme une marche quotidienne avec Dieu. Le secret de la réussite du croyant est une dépendance constante sur Dieu. L’être humain est faible. Sans Jésus, il ne peut rien faire ; mais il peut tout par Jésus-Christ qui le fortifie[98].

« Sa puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Corinthiens 12:9)
La croissance de l’être humain illustre la croissance spirituelle

La croissance spirituelle du croyant est semblable à celle de l’être humain. Sans s’en préoccuper et faire des efforts (sauf de s’alimenter), un enfant grandit naturellement jusqu’à-ce qu’il devienne un adulte. La croissance spirituelle du croyant est gérée par le Saint-Esprit ; sa nourriture spirituelle quotidienne est la Parole de Dieu[99]. L’apôtre Paul atteste qu’une croissance spirituelle se produit :

« Frères et sœurs, nous devons constamment dire à Dieu toute notre reconnaissance à votre sujet, et cela est juste, parce que votre foi fait de grands progrès et que l’amour mutuel que vous vous portez tous augmente de plus en plus. » (2 Thessaloniciens 1:3)
La croissance du blé illustre la croissance spirituelle

Une illustration qui parle beaucoup aux adventistes est celle de la graine plantée en terre. Comme le grain de blé qui meurt dans le sol, l’égocentrisme du croyant doit mourir. Comme la graine qui germine ensuite, pousse, devient une plante, fleurit, forme des épis et arrive à maturité, le caractère du chrétien se développe pour atteindre la stature du caractère du Christ[100].

« En vérité, en vérité, je vous le dit, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12:24-26)
« D’elle-même la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin le grain tout formé dans l’épi, et dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car c’est le moment de la moisson. » (Marc 4:28)
« C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme bergers et enseignants. Il l’a fait pour former les saints aux tâches du service en vue de l’édification du corps du Christ jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à la maturité de l’adulte, à la mesure de la stature parfaite de Christ. » (Ephésiens 4:11-13)

La communion avec Dieu

Les adventistes indiquent qu’une relation constante avec Dieu crée de la croissance spirituelle, c’est-à-dire une transformation progressive du caractère du croyant. « Le caractère se révèle, non par les bonnes ou les mauvaises œuvres occasionnelles, mais par la tendance générale des paroles et des actions »[101].

Qu’il le veuille ou non, chaque être humain est dominé par une puissance cosmique. Il choisit consciemment ou non celle qui le dirige : Jésus-Christ ou Satan. S’il est en contact chaque jour avec Jésus, Dieu prend la direction de son existence, et la tendance générale de sa vie spirituelle est ascendante. S’il n’a pas cette relation avec Jésus, c’est Satan qui contrôle la direction de sa vie (sans rien lui demander), et sa tendance générale est la descente spirituelle[102].

Regarder à soi-même provoque une séparation d’avec Dieu et brise les liens de dépendance constante du croyant envers lui. Dieu ne se séparera jamais de l’être humain, mais celui-ci peut décider de se séparer de lui. À regret, Dieu accepte cette décision[103].

« Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans rester attaché au cep ; il en va de même pour vous si vous ne demeurez pas en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15:4-5)

Le témoignage

Les adventistes le constatent, le premier désir de celui qui a rencontré Jésus-Christ est de raconter ce qu’il a fait pour lui. On ne garde pas pour soi une « bonne nouvelle » – c’est d’ailleurs ce que signifie l’Évangile. On la partage.

Le croyant raconte le témoignage de son expérience personnelle avec Jésus
« Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! » (Psaume 34 :9).
« Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix, de celui qui apporte de très bonnes nouvelles, qui annonce le salut. » (Esaïe 52:7)
« Nous sommes donc des ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu adressait par nous son appel. Nous supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! » (2 Corinthiens 5:20)

En témoignant de l’amour de Dieu, le croyant se rend un grand service. Il procure un grand bienfait à l’humanité, reflète le caractère de Jésus et fortifie sa foi. La personne la plus heureuse du monde est celle qui se consacre à fond au service d’autrui ; et la plus malheureuse est celle qui ne pense qu’à elle-même. L’exercice physique fortifie le corps ; l’exercice spirituel (le témoignage) fortifie la foi. Sans imposer ses croyances à autrui, le croyant exprime sa joie de connaître Jésus-Christ[104].

« Si on vous demande de justifier votre espérance, soyez toujours prêt à la défendre, avec humilité et respect. » (Esaïe 52:7)

La tentation

La séparation d’avec Dieu (l’absence de relation avec lui), expliquent les adventistes, rend un individu vulnérable aux tentations. De la tentation à l’acte, il y a six étapes :

1. La tentation. C’est l’étape de la suggestion. Satan présente ses séductions et incite l’être humain à pécher. Il ne peut pas le forcer. C’est juste une proposition. En elle-même, la tentation n’est pas un péché.
2. La réflexion. C’est l’étape de la pensée. Le Saint-Esprit incite l’individu à soupeser les conséquences morales d’un passage à l’action. Si celui-ci rejette la suggestion mauvaise, il ne pèche pas.
3. L’attirance. C’est l’étape de la maturation. L’individu caresse la suggestion mauvaise dans son esprit et commet l’acte en imagination – dans une phase passive.
4. Le consentement. C’est l’étape de la décision. Passant outre aux avertissements de la voix du Saint-Esprit dans sa conscience, il décide de passer à l’action – à la phase active.
5. Le plan. C’est l’étape de la stratégie. L’individu ferme sa conscience aux sirènes d’alarme du Saint-Esprit – qui tente une ultime fois de le dissuader – et échafaude un plan d’exécution dans un temps bref ou très complexe.
6. L’action. C’est l’étape de l’exécution. Finalement le plan se transforme en acte, mais en réalité, le péché a commencé dès la troisième étape, quand l’individu l’a fomenté en imagination. La tentation devient un péché quand il lui permet de pénétrer dans ses pensées[105].

On ne surmonte pas la tentation au moment où elle survient, mais toujours avant qu’elle ne se manifeste. Celui qui n’a pas de relation avec Dieu (ou qui la rompt) est sans défense contre elle. Ses bonnes intentions ou ses résolutions ne servent à rien. Dieu délivre de la tentation à condition qu’on soit en étroite connexion avec lui[106].

« Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine. Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Corinthiens 10:13)
« Marchez par l’Esprit et vous n’accomplirez pas les désirs de votre propre nature. » (Galates 5:16)

La victoire

La Bible contient de nombreuses promesses de Jésus sur la victoire pour le croyant, telle que celle-ci :

La vie chrétienne est comparée à une marche ou une course
« Le vainqueur, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, tout comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. » (Apocalypse 3:21)

La vie chrétienne est à la fois une marche et un combat. Ce n’est pas la force humaine qui rend le croyant victorieux mais sa soumission à la volonté de Dieu et à la souveraineté de son amour[107]. Les adventistes le soulignent : la victoire n’est pas de renoncer à commettre de mauvaises actions, mais de renoncer à soi-même et de rester en connexion avec Jésus-Christ, afin que Dieu dirige la vie de l’individu. George Knight reconnaît : « le moi a beaucoup de mal à rester sur la croix »[108]. La tendance naturelle de l’être humain est de vouloir être son propre maître, plutôt que Dieu soit son maître. La suppression de la cause du mal (le moi égocentrique qui crée une séparation avec Dieu) conduit automatiquement à la disparition de ses symptômes (les péchés). Cette victoire est un don de Dieu. Au lieu de compter sur lui-même pour remporter la victoire sur soi-même, le croyant compte sur Dieu[109].

« Gloire soient rendues à Dieu à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! » (1 Corinthiens 15:57.)

La perfection du caractère

La perfection du caractère, notent les adventistes, n’est pas un idéal que l’être humain peut réaliser de lui-même. C’est l’œuvre de Dieu en lui. Au lieu de fixer son attention sur soi, le croyant doit fixer son attention sur Jésus-Christ, l’auteur du salut[110].

La perfection du caractère signifie « la maturité, la plénitude, la mort du moi ». Paradoxalement, plus quelqu’un s’en approche, plus il voit son imperfection[111]. Ellen White dit au sujet de ceux qui s’en approchent : « Plus ils auront une vision claire de la grandeur, de la gloire et de la perfection du Christ, plus ils verront leur propre faiblesse et leur imperfection. Ils n’auront aucune inclinaison de prétendre avoir un caractère sans péché »[112].

« Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix ou que j’aie déjà atteint la perfection, mais je cours pour tâcher de m’en emparer, puisque de moi aussi, Jésus-Christ s’est emparé. » (Philippiens 3:12)
« J’ai été crucifié avec le Christ. Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie en tant qu’homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place. » (Galates 2:20)

Il existe une tension entre l’idéal de la perfection et la réalité de la vie chrétienne. Le croyant doit mener le combat de la foi (faire confiance à Dieu, et rester en connexion avec Jésus), et non le combat contre le péché – le Saint-Esprit le fait pour lui. L’être humain est incapable de lutter contre le péché, ni de le vaincre, mais il peut laisser à Dieu le soin de le faire. Rester connecté à Jésus produit le salut qui délivre du péché (l’égocentrisme), ce qui produit alors le salut qui délivre des péchés (les mauvaises actions)[110].

« Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle que Dieu t’a appelé à connaître. » (1 Timothée 6:12)
Jésus-Christ est l’homme parfait, la quintessence de l’amour

La sanctification est une transformation progressive. L’égocentrisme est remplacé par l’amour désintéressé pour Dieu et pour autrui. Ainsi donc, la perfection n’est pas autre chose que le processus par lequel le croyant devient de plus en plus aimant[113]. Quand le moi se fusionne à Christ, l’amour jaillit spontanément. L’impulsion à aider et à bénir son prochain ressort constamment à l’intérieur de soi-même[114].

La fameuse déclaration de Jésus, « soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5:48), signifie en fait, « soyez donc miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux » (Luc 6:36). Prononcée lors du sermon sur la montagne, elle est énoncée dans le contexte de son enseignement sur la règle d’or[115] :

« Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. » (Luc 6:31) – la règle d’or
« Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. » (Matthieu 5:44)
« Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez et vous serez pardonnés. Donnez et l’on vous donnera. » (Luc 6:37-38)

La perfection dont parle Jésus n’est pas un niveau de sainteté sans péché (le perfectionnisme), mais une perfection dans l’amour. Elle dépasse la simple application du Décalogue pour atteindre son principe le plus élevé, résumé par les deux grandes lois de l’amour [116] :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22 :37-39)

« Parmi ceux qui se déclarent chrétiens, remarque Ellen White, nombreux sont ceux qui ne sont rien d’autre que des moralistes »[117]. « La vraie religion est Christ dans la vie » – le principe vivant et actif de l’amour[118]. La perfection réelle, c’est l’amour. Être dans une relation vivante et constante avec Dieu (la source de l’amour), c’est être parfait[116].

La perfection du caractère n’est pas absolue. Aussi longtemps que l’être humain n’est pas débarrassé de sa nature pécheresse, il lui est impossible d’atteindre l’amour, la justice, la sagesse et la sainteté de façon absolue. Il peut commettre des erreurs de jugement et des fautes involontaires. Il existe une grande différence entre le péché dominateur (continuel) et le péché résiduel (accidentel). Dans la vie du croyant, le péché n’a pas totalement disparu, mais il ne règne pas[119]. « Aucun être humain n’a sur terre une chair sainte [une nature sans péché]. C’est une impossibilité »[120]. La nature pécheresse du croyant ne sera pas changée avant retour du Christ. Il recevra alors une nature sainte, immaculée, incorruptible et immortelle[121]. C’est ce qui explique pourquoi l’apôtre Jean prononce le paradoxe des deux déclarations suivantes :

« Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu. » (1 Jean 3:9) – le péché ne règne pas
« Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, il est juste et digne de confiance : il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute injustice. » (1 Jean 1:8-9) – le péché n’a pas totalement disparu

La perfection du caractère est un processus dynamique. Même dans l’éternité, les sauvés continueront à croître dans la perfection. On ne finira jamais d’apprendre, ni de se développer. La perfection absolue est un attribut de Dieu que les êtres humains peuvent approcher mais jamais totalement atteindre[122]. Elle est aussi infinie que Dieu lui-même. Avec ses limitations, l’être humain est seulement saint dans sa sphère (la perfection chrétienne), comme Dieu est saint dans sa sphère (la perfection infinie)[123].

Jésus-Christ : l’auteur du salut

Les adventistes affirment que Jésus-Christ a vécu, est mort et est ressuscité pour sauver l’être humain. Il est le Créateur, le Sauveur et le Seigneur possédant un droit d’autorité sur sa vie. Le mal rompt la relation entre Dieu et l’être humain. Le salut rétablit cette relation. Par sa mort sur la croix, Jésus rétablit la connexion entre la divinité et l’humanité. Il modèle la relation du croyant avec Dieu. Sa communion avec son Père était constante[124].

Comme la lune qui reflète la lumière du soleil, le croyant reflète le caractère de Jésus

Les adventistes soulignent que Jésus est unique. Il fut conçu à sa naissance par le Saint-Esprit. Par sa nature sans péché, il était comme Adam avant la chute : il n’est pas né séparé de Dieu. Mais d’un autre côté, il était comme Adam après la chute : ses forces physiques et mentales étaient amoindries. Il possédait certains avantages sur l’être humain, car il était pleinement Dieu et pleinement homme. Étant né sans péché, il n’avait pas de tendance naturelle à pécher. Il faisait le bien spontanément[125].

« Tu as aimé la justice et tu as détesté la méchanceté ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a désigné par onction comme roi, de préférence à tes compagnons, avec une huile de joie. » (Hébreux 1:9)

En réalité, l’avantage de Jésus était un désavantage car il ne devait pas se servir de sa puissance divine pour surmonter la tentation. Son plus grand défi fut de résister à la tentation de faire des miracles pour repousser les tentations. Il a surmonté la tentation avec les mêmes moyens disponibles à l’être humain : la relation personnelle avec Dieu. Il compta totalement sur son Père pour mener son existence, et remporta ainsi la victoire. Il est le second Adam qui a réussi là où le premier Adam a échoué[126].

Jésus est l’homme parfait, l’exemple à suivre. « L’idéal du caractère chrétien est de ressembler à Christ »[127]. Cependant, le croyant ne pourra jamais l’égaler. Comme la lune qui reflète la lumière du soleil, le chrétien reflète le caractère du Christ. Jésus aimait spontanément le bien et éprouvait une répulsion naturelle pour le péché. Celui qui jouit d’une communion intime avec Dieu éprouve un amour pour le bien et une répulsion pour le mal similaires[128].

« Nous tous qui, sans voile sur le visage, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur. » (2 Corinthiens 3:18)

Le Saint-Esprit : l’applicateur du salut

Les adventistes prêtent une grande attention aux symboles du Saint-Esprit, qui décrivent son action pour conduire l’être humain au salut et le maintenir dans le salut. Jésus est l’auteur du salut par l’évènement historique de la croix, mais le Saint-Esprit est celui qui implémente le salut dans l’esprit et la vie des humains[129].

La colombe du Saint-Esprit représente la douceur et la providence de Dieu. Comme la colombe, le symbole de la paix et de l’innocence, le Saint-Esprit procède avec délicatesse et gentillesse dans la vie de l’être humain. Le Saint-Esprit est créatif, généreux, aimant, compatissant. Dieu ne contraint personne à croire en lui, il ne s’impose pas aux individus. Il vient doucement à l’être humain, comme une bise légère, un murmure doux et léger, ou le silence de l’aurore (1 Rois 19:11-13)[130].

« Comme tout le peuple était baptisé, Jésus fut aussi baptisé. Pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. » (Luc 3:21-22)

Le vent du Saint-Esprit représente la régénération spirituelle. Le mot hébreu ruakh et le mot grec pneuma signifient « esprit, vent, air, souffle ». Comme le vent, le Saint-Esprit agit d’une manière invisible, mystérieuse, irrésistible, variée et puissante dans ses opérations pour conduire au salut l’être humain et le transformer. C’est une présence invisible dans la vie du croyant[131].

« Le vent souffle où il veut ; tu l’entends, mais tu ne sais d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque né de l’Esprit. » (Jean 3:8)

L’huile du Saint-Esprit représente la guérison spirituelle. Comme l’huile qui sert de carburant à une lampe pour éclairer une maison, le Saint-Esprit illumine l’esprit humain dans sa compréhension de la parole de Dieu. Il consacre le croyant comme une huile consacrée, versée sur le front d’un roi, d’un prophète ou d’un prêtre à une investiture israélite. Il est un remède spirituel, telle une huile naturelle, aromatique ou essentielle qui panse une plaie, referme une cicatrice, revitalise l’organisme ou embellit le corps[132].

« Il me demanda : Que vois-tu ? Je répondis : Je vois un chandelier tout en or… Ne sais-tu pas ce que cela représente ? Non, mon seigneur, répondis-je. Il reprit et me dit : Voici le message que l’Éternel adresse à Zorobabel. Cette œuvre, vous ne l’accomplirez ni par votre bravoure ni par la force, mais par mon Esprit. » (Zacharie 4:2, 5-6)

Le feu du Saint-Esprit représente la consumation du péché. Comme la flamme d’un chalumeau sur une pépite d’or, le Saint-Esprit fond les impuretés du caractère du croyant, afin qu’il ait une foi semblable à la solidité, la qualité, la valeur et l’éclat de l’or pur[133].

« Lui vous baptisera dans l’Esprit saint et le feu. Il a sa fourche à la main, il nettoiera son aire, il recueillera son blé dans la grange, mais brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. » (Matthieu 3:12)
Symboles du Saint-Esprit

Le fleuve du Saint-Esprit représente la vie abondante (Jean 10:10). Comme l’eau d’un fleuve qui lave, nettoie, purifie, étanche la soif, chasse l’épuisement, irrigue le sol et fait croître les plantes, le Saint-Esprit booste l’énergie spirituelle du croyant. C’est une source illimitée de satisfaction et de bénédictions. L’être humain se sent revivre. Il parvient à la plénitude spirituelle[134].

« Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de lui, comme l’a dit l’Écriture. » Il dit cela à propos de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. » (Jean 7:37-39)
« Tu me fais connaître le sentier de la vie ; il y a d’abondantes joies en ta présence, un bonheur éternel à ta droite. » (Psaume 16:11)

La pluie du Saint-Esprit représente la maturité spirituelle. En Palestine, il y a deux saisons pluvieuses. La première saison des pluies a lieu à l’automne après les semailles du blé. Elle favorise la germination et la pousse initiale des plantes. La seconde saison des pluies se produit au printemps avant la moisson. Ses ondées permettent au grain d’arriver à maturité. Comme la pluie qui rafraîchit la terre et fait croître les plantes, le Saint-Esprit conduit le croyant à la maturité du caractère (l’amour désintéressé)[135]. Il n’est pas un disciple du Christ par peur d’un châtiment ou par espoir d’une récompense, mais parce qu’en contemplant l’amour de Jésus, l’amour est né dans son cœur. Il a entendu sa voix et il l’a suivi[136]

« Soyez dans l’allégresse et réjouissez-vous en l’Eternel, votre Dieu, car il vous donnera la pluie au moment voulu, il vous enverra les premières et les dernières pluies, comme par le passé. Les aires se rempliront de blé, et les cuves regorgeront de vin nouveau et d’huile… Après cela, je déverserai mon Esprit sur tout être humain, vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des rêves, et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et les servantes, dans ces jours-là, je déverserai mon Esprit. » (Joël 2:23-24, 3 :1-2)

L’évocation de la deuxième saison des pluies est étroitement associée à l’effusion du Saint-Esprit au temps de la fin. Citant le texte ci-dessus du livre de Joël, l’apôtre Pierre y a vu une réalisation évidente avec la manifestation de la puissance du Saint-Esprit à la Pentecôte (la Pentecôte primitive, Actes 2 :1-21), un évènement type de l’effusion finale du Saint-Esprit (la Pentecôte finale), avant le retour de Jésus qui conclut l’histoire du salut[137]. Ellen White compare ainsi les deux évènements : « L’effusion de l’Esprit aux jours des apôtres était la première pluie et le résultat fut glorieux. Mais la dernière pluie sera encore plus abondante »[138]. L’effusion de la dernière pluie produit une double maturité, parmi le peuple de Dieu et les chercheurs de la vérité, en vue de la moisson finale des sauvés (Apocalypse 14:14-15)[139].

« Connaissons, cherchons à connaître le Seigneur, sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore. Il viendra pour nous, comme une ondée, comme une pluie printanière qui arrose la terre. » (Osée 6:3)
« Frères, patientez donc jusqu’à-ce que Seigneur le vienne. Pensez au cultivateur : il attend les précieuses récoltes de sa terre. Il prend patience à leur égard, jusqu’à-ce que tombe les pluies de l’automne et du printemps. » (Jacques 5:7)
Symboles de l’être humain associés au Saint-Esprit

Le récipient du Saint-Esprit représente l’être humain sous l’influence totale de Dieu. À l’époque de l’apôtre Paul, on utilisait des objets comme un vase ou une amphore pour conserver de la nourriture ou de la boisson. L’être humain est semblable à un récipient qu’il remplit, soit de lui-même (l’égocentrisme) ou du Saint-Esprit (l’amour désintéressé). Le choix lui appartient. Quand il accueille la plénitude du Saint-Esprit, la puissance de Dieu se manifeste en lui dans toute sa mesure[140]. Pour cela, il convient d’être d’abord vidé du moi, avant d’être rempli de l’Esprit[141]. L’être humain en étant incapable, c’est encore au Saint-Esprit qu’il revient de réaliser cette prouesse. Il suffit de le lui demander. « Si Jésus est sur le trône, le moi est sur la croix », souligne Leroy Froom[142]. Plus le croyant est rempli de l’Esprit, plus l’excellence du caractère du Christ se reflète dans sa vie. Le chrétien complètement rempli du Saint-Esprit est inondé de la présence, de l’amour, de la joie et de la puissance de Dieu[143].

« Ne vous enivrez pas de vin ; c’est de la débauche. Soyez au contraire remplis de l’Esprit. » (Ephésiens 5:18)
« L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité ; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. » (1 Corinthiens 13:4-7) – être rempli du Saint-Esprit, c’est être rempli de l’amour divin désintéressé

Le sanctuaire du Saint-Esprit représente la consécration à Dieu, l’engagement total à sa personne. Dieu veut habiter en l’être humain, être présent dans sa vie. Il s’intéresse à chaque aspect de son existence. Comme un temple dédié à une divinité, l’être entier du croyant est la demeure du Saint-Esprit. Celui-ci habite en lui, influençant sa façon de penser, sa vision du monde et son mode de vie[144],[145].

« Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu. Vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes car vous avez été rachetés à un grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu. » (1 Corinthiens 6:19-20)

La glorification : « Je suis glorifié avec Christ »

La glorification est le couronnement de l’histoire du salut, par l’éradication définitive du mal et l’exaltation éternelle de Dieu. Elle est déjà, dès à présent, la glorification de Jésus-Christ[146]. En cela, les adventistes du septième jour sont dans la lignée de la conception méthodiste avec le triplé du via salutis (la voie du salut) : la justification (sauvé de la pénalité du péché), la sanctification (sauvé du règne du péché) et la glorification (sauvé de la présence du péché)[25].

Jésus-Christ, le seul espoir de salut pour le monde
« Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte. En effet, celui pour qui et par qui toute chose existe voulait conduire à la gloire beaucoup de fils. » (Hébreux 2:9-10)

L’achèvement de l’œuvre commencée est tellement certain, que l’auteur de la lettre aux Hébreux en parle comme d’une chose faite. Si les croyants ne sont pas encore glorifiés personnellement, ils le sont déjà en la personne de leur chef. Sur le fondement du fait historique de la croix, ils vivent dans l’assurance de la glorification. Celle-ci signifie le triomphe au retour du Christ, un corps glorifié et la réunion éternelle avec Dieu[147].

« Ceux qui auront été perspicaces brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à beaucoup brilleront comme les étoiles, pour toujours et à perpétuité. » (Daniel 12:3)
« Il n’y aura plus de malédiction. Le trône de Dieu et l’Agneau seront dans la ville [la Nouvelle Jérusalem] ; ses serviteurs lui rendront un culte. Ils verront son visage et son nom sera sur leur front. Il n’y aura plus de nuit et ils n’auront besoin ni de la lumière d’une lampe ni de celle du soleil, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles. » (Apocalypse 22 : 3-5)

Cohérence théologique de l’histoire du salut

La doctrine adventiste du salut est à proprement parler un exposé de l’histoire du salut. En résumé, elle fait ressortir l’incommensurable amour de Dieu envers l’être humain, ainsi que la logique et la cohérence biblique de l’histoire du salut dans son déroulement, son processus et l’expérience du croyant :

1. Le bien est la relation avec Dieu (la source de l’amour, de la justice et de la liberté).
2. Le péché (le mal moral) est la séparation d’avec Dieu (l’égocentrisme).
3. La justification par la foi est la cause du salut (la grâce de Dieu, le rétablissement de la relation avec Dieu).
4. La sanctification est la conséquence du salut (la relation constante avec Dieu).
5. La glorification est la consommation du salut (la relation éternelle avec Dieu).

L’être humain a été créé et sauvé pour la relation intime avec Dieu[148]. Dans sa communion journalière avec Dieu, le croyant vit dans l’assurance du salut éternel en Jésus-Christ :

« J’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 8:38-39)

Références

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  90. John Fowler, « Mettez en œuvre votre salut ? », Dialogue, vol. 21, no. 22, p. 32, 34
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  102. Venden, p. 214-215.
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  118. The Pharisee’s Guide to Perfect Holiness, p. 384.
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  120. Ellen White, Selected Messages, vol. 2, p. 32.
  121. The Pharisee’s Guide to Perfect Holiness, p. 214-215.
  122. The Pharisee’s Guide to Perfect Holiness, p. 216.
  123. Ellen White, Messages choisis, vol. 1, p., p. 395.
  124. Polanco, p. 104-107.
  125. Venden, p. 273-276.
  126. Ce que croient les adventistes…, p. 151-152.
  127. Ellen White, Desire of Ages, p. 123.
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  134. Froom, p. 248-255.
  135. Ellen White, Signs of the Times, 1er août 1892.
  136. Desire of Ages, p. 480.
  137. Froom, p. 121-126.
  138. Ellen White, Testimonies for the Church, vol. 8, p. 21.
  139. Richard Lehmann, Apocalypse de Jean, tome IV (Dammarie-les-Lys, France : Éditions Vie et Santé, 2015), p. 128-133.
  140. Apocalypse de Jean, tome IV, p. 172-174.
  141. Ellen White a expliqué cette sorte de vase communicant de la vie spirituelle. « Alors que vous videz le cœur du moi, vous devez accepter la justice du Christ… Si vous ouvrez la porte du cœur, Jésus remplira l’espace vide par le don de son Esprit » (Review and Herald, 23 février 1892). « Il ne suffit pas de vider le cœur. Nous devons remplir l’espace vide de l’amour de Dieu. L’âme doit être meublée des grâces de l’Esprit de Dieu » (Review and Herald, 24 janvier 1893).
  142. Froom, p. 174
  143. Froom.
  144. Froom, p. 60-61.
  145. "5 Beliefs that Set Seventh-day Adventists Apart from Other Protestant Christians", Newsmax, 2 avril 2015.
  146. Vaucher, p. 275.
  147. Vaucher, p. 275-276.
  148. Venden, p. 284.

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