Donald S. Mcalvany

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Donald S. McAlvany
Nom de naissance Donald Stephen McAlvany
Alias
Don McAlvany
Nationalité Américaine
Profession
Éditeur, entrepreneur, essayiste
Activité principale
Commentateur économique et politique
Conjoint
Molly McAlvany

Donald S. McAlvany, de son nom complet Donald Stephen McAlvany[1], également connu sous le nom de Don McAlvany, est un essayiste, éditeur et entrepreneur américain. Spécialisé dans le commerce des métaux précieux et l'analyse économique et politique, il a fondé une entreprise de conseil et de négoce ainsi que la lettre d'information McAlvany Intelligence Advisor. Ses écrits associent la défense de l'or comme placement, un conservatisme chrétien et une critique anticommuniste des évolutions politiques internationales. Il s'est notamment fait connaître par son opposition aux sanctions visant l'Afrique du Sud sous l'apartheid et par ses prévisions alarmistes lors du passage informatique à l'an 2000[2],[3].

Parcours professionnel et activités éditoriales

Donald McAlvany débute dans le secteur financier en 1968, au sein d'une société de courtage de Wall Street. Il s'intéresse alors aux conséquences de la politique monétaire américaine sur la valeur de l'épargne, puis fait des métaux précieux l'un de ses principaux domaines d'activité. En 1972, il fonde avec son épouse Molly International Collectors Associates (ICA), une société consacrée notamment au négoce d'or et d'argent. Il participe également, dans les années 1970, à la commercialisation de placements liés à l'or. Son entreprise s'inscrit dans un courant d'investissement qui privilégie les actifs tangibles et se montre méfiant envers la monnaie fiduciaire et l'endettement public[4].

Parallèlement, il développe une activité éditoriale. En 1976, il lance une lettre d'information consacrée initialement à l'Afrique du Sud, South African Intelligence Digest. Elle devient ensuite Gold and Monetary Report, avant de prendre en 1981 le titre de McAlvany Intelligence Advisor. Diffusée sur abonnement, cette publication traite de conjoncture économique, de politique monétaire, de marchés financiers et de géopolitique, en accordant une place importante aux risques de crise et à l'investissement dans les métaux précieux[4]. McAlvany a également exercé les fonctions de corédacteur d'African Intelligence Digest dans les années 1980[5].

L'entreprise familiale se diversifie ensuite dans le conseil financier. En 2006, son fils David McAlvany prend la direction opérationnelle d'ICA, tandis que Donald McAlvany demeure associé à l'activité et à la publication de ses analyses[4]. Il compte aussi parmi les fondateurs de l'Industry Council for Tangible Assets, organisation professionnelle américaine du secteur des métaux et des objets de collection[6].

Conférencier et commentateur, il intervient dans des émissions radiophoniques américaines. Il est notamment invité à plusieurs reprises dans Coast to Coast AM, émission consacrée à l'actualité, aux phénomènes inexpliqués et aux sujets controversés, où il aborde les perspectives économiques et les placements en métaux précieux[7].

Engagements politiques et religieux

Conservatisme chrétien et théories du « nouvel ordre mondial »

Donald McAlvany appartient à la mouvance conservatrice chrétienne américaine et défend un anticommunisme affirmé. Il est lié à plusieurs organisations de droite, notamment The Conservative Caucus, dont il a été administrateur, et au Council for National Policy, réseau réunissant des personnalités conservatrices, religieuses et politiques[6],[2]. Ses interventions mêlent fréquemment préoccupations économiques, opposition au communisme et défense de valeurs chrétiennes traditionnelles.

Dans Toward a New World Order: The Countdown to Armageddon, paru en 1990, il développe la thèse selon laquelle des élites politiques et financières chercheraient à instaurer un pouvoir mondial autoritaire, susceptible de persécuter les chrétiens et les opposants conservateurs. Cette lecture des événements internationaux s'inscrit dans une vision eschatologique de l'histoire, reprise dans Storm Warning: The Coming Persecution of Christians and Traditionalists in America. Le chercheur Johann Pautz étudie ces écrits comme une expression des théories du complot relatives au « nouvel ordre mondial » dans certains milieux de la droite religieuse américaine. Il souligne le lien établi par McAlvany entre l'anticipation d'une crise politique, la préparation matérielle des particuliers et la mobilisation conservatrice[2].

Prises de position sur l'Afrique du Sud

L'Afrique du Sud occupe une place importante dans ses activités politiques pendant la guerre froide. En 1976, McAlvany crée l'organisation Americans Concerned about South Africa et commence à publier ses analyses sur le pays. Entre 1976 et 1988, il organise aussi plusieurs déplacements de groupes d'investisseurs américains en Afrique du Sud, important producteur d'or et de minerais stratégiques[4]. Au milieu des années 1980, il préside le Council on Southern Africa[5].

Il prend position contre les sanctions économiques internationales imposées au régime sud-africain de l'apartheid. Dans un article publié en 1986, il soutient que ces mesures nuiraient notamment aux travailleurs noirs et risqueraient de favoriser les objectifs de l'Union soviétique. Il présente l'Congrès national africain (ANC) avant tout sous l'angle de ses liens avec le communisme et décrit les réformes engagées par les autorités comme une transformation importante du régime. Ces arguments traduisent une priorité accordée à la lutte anticommuniste dans son appréciation du conflit sud-africain[5].

Son engagement s'exprime également dans la vidéo politique Revolution and Betrayal (1986). Dans une étude consacrée aux représentations cinématographiques de l'Afrique australe aux États-Unis, les chercheurs Keyan G. Tomaselli et Arnold Shepperson en critiquent vivement la construction. Ils relèvent notamment que le montage associe un discours non violent du pasteur et militant antiapartheid Allan Boesak à des images de violences, créant selon eux une impression trompeuse quant à ses positions. Cette analyse met en évidence le caractère partisan de la représentation du mouvement antiapartheid proposée dans le film[8].

Prédictions relatives au passage à l'an 2000

À la fin des années 1990, Donald McAlvany participe à la vague de publications alarmistes consacrées au bug de l'an 2000. Le problème informatique était réel : certains programmes représentaient les années par deux chiffres, ce qui pouvait provoquer des erreurs au changement de siècle. Dans Y2K Crisis: Preparing for the Coming Computer Crash! (1998) puis The Y2K Tidal Wave: Year 2000 Economic Survival (1999), McAlvany envisage cependant des conséquences beaucoup plus vastes, allant de graves perturbations économiques à une désorganisation de la société. Ses livres relèvent ainsi de la littérature de préparation aux catastrophes, alors en plein essor aux États-Unis[3].

Ses prévisions sont aussi marquées par une forte défiance envers les autorités fédérales. Dans The Y2K Tidal Wave, il émet l'hypothèse que le président Bill Clinton pourrait décourager la résolution du problème informatique afin de justifier l'instauration préventive de la loi martiale avant l'année 2000. Cette spéculation n'était pas étayée et ne s'est pas réalisée. Rétrospectivement, le journaliste Harry McCracken cite l'ouvrage parmi les guides de survie qui ont amplifié la crainte d'un effondrement général. Les opérations de correction et de préparation menées par les administrations et les entreprises ont permis le passage à l'an 2000 sans catastrophe économique ou informatique généralisée[3].

Activités caritatives en Asie

Au milieu des années 2000, Donald McAlvany et son épouse Molly participent à la création de l'Asian Pacific Children's Fund (APCF), une association américaine intervenant auprès d'enfants orphelins ou en situation de grande précarité en Asie. L'organisme soutient des foyers d'accueil et des structures locales, notamment pour l'hébergement, l'alimentation et la scolarisation des enfants. Ses activités concernent entre autres les Philippines, l'Indonésie, l'Inde, le Népal et la Birmanie[9].

Donald McAlvany s'installe en Asie avec sa famille en 2007 et participe à la direction de l'association[10]. Les déclarations fiscales américaines de l'APCF pour l'exercice 2024 le mentionnent comme président, ce qui confirme la poursuite de son engagement associatif plusieurs décennies après le début de sa carrière financière[11].

Publications

Ouvrages

  • Toward a New World Order: The Countdown to Armageddon, Hearthstone Publishing, 1990, (ISBN 0962451797).
  • Y2K Crisis: Preparing for the Coming Computer Crash!, 1998, (ISBN 0964786192).
  • The Y2K Tidal Wave: Year 2000 Economic Survival, Frontier Research Publications, 1999, (ISBN 0921714548).
  • Storm Warning: The Coming Persecution of Christians and Traditionalists in America, Hearthstone Publishing, 1999, (ISBN 1575580489).

Contributions à des ouvrages collectifs

  • Contribution à Steeling the Mind of America, ouvrage collectif dirigé par Bill Perkins, New Leaf Press, 1995, (ISBN 0892212942)[12].
  • « America and the New World Order », dans Earth's Final Days: Essays in Apocalypse III, New Leaf Press, 1995, (ISBN 0892212799)[13].

Brochures

  • Confronting Our Nation's Problems[14].
  • The Fourth Reich: Toward an American Police State[14].

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ (en) « Individual Report: Donald Stephen McAlvany », sur Investment Adviser Public Disclosure, Securities and Exchange Commission (consulté le )
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 (en) Johann Pautz, « Death Panels on the Prison Planet: The New World Order Conspiracy and the Radicalization of American Politics », sur Manufacturing Phobias: The Political Production of Fear in Theory and Practice, University of Toronto Press, (consulté le ), p. 209-241
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 (en) Harry McCracken, « The weird, wonderful world of Y2K survival guides: A look back », sur Fast Company, (consulté le )
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 (en) « About McAlvany Precious Metals : The McAlvany Legacy », sur McAlvany Financial Group (consulté le )
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 (en) « The New American, vol. 2, no 22 », sur The New American, (consulté le ), p. 17-22
  6. ↑ 6,0 et 6,1 (en) « Don McAlvany », sur McAlvany Financial Group (consulté le )
  7. ↑ (en) « Don McAlvany », sur Coast to Coast AM (consulté le )
  8. ↑ (en) Keyan G. Tomaselli et Arnold Shepperson, « A Confusion of Cinematic Consciousness: Southern Africa on Film in the United States », sur Safundi: The Journal of South African and American Comparative Studies, no 3, (consulté le ), p. 9
  9. ↑ (en) « About APCF : Supporting Orphanages in Asia Since 2005 », sur Asian Pacific Children's Fund (consulté le )
  10. ↑ (en) « Donald McAlvany : Board Member », sur Asian Pacific Children's Fund (consulté le )
  11. ↑ (en) « Asian Pacific Children Fund : Nonprofit Explorer », sur ProPublica (consulté le )
  12. ↑ (en) « Steeling the Mind of America », sur Google Books (consulté le )
  13. ↑ (en) « Earth's Final Days », sur Open Library (consulté le )
  14. ↑ 14,0 et 14,1 (en) « Booklets & Tracts », sur Southwest Radio Ministries (consulté le )

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