A. Ralph Epperson

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A. Ralph Epperson
Nom de naissance Anthony Ralph Epperson
Naissance (89 ans)
Tucson (Arizona, États-Unis)
Nationalité Américaine
Profession
Essayiste, conférencier
Formation
Université de l'Arizona

A. Ralph Epperson, de son nom complet Anthony Ralph Epperson, né le 1er novembre 1937 à Tucson, en Arizona[1], est un essayiste et conférencier américain. Ses ouvrages développent une lecture de l'histoire centrée sur l'action occulte de sociétés secrètes, en particulier la franc-maçonnerie, et sur l'idée d'un « nouvel ordre mondial ».

Il expose cette démarche dans The Unseen Hand: An Introduction Into the Conspiratorial View of History, publié pour la première fois en 1982, puis dans The New World Order en 1990. Une partie de ses écrits est également consacrée à l'antimaçonnisme, au créationnisme et à des thèses alternatives sur la mort de Jesse James. Plusieurs de ses affirmations sont en contradiction avec les sources historiques ou scientifiques disponibles.

Parcours

Anthony Ralph Epperson obtient en 1959 un diplôme de premier cycle en marketing à l'Université de l'Arizona[2]. Au début des années 2000, il travaille comme auteur indépendant, donne des conférences et intervient dans des émissions de débat[2].

En juillet 2006, il apparaît parmi les intervenants de Secrets of the Dollar Bill, un épisode de la série documentaire Decoding the Past diffusée par la chaîne History. L'émission réunit plusieurs commentateurs aux interprétations divergentes sur l'iconographie du dollar et du Grand Sceau des États-Unis[3].

Écrits et thèses

Une « vision conspiratoire de l'histoire »

Dans The Unseen Hand, paru chez Master Printers en 1982[4] puis réédité par Publius Press en 1985[5], Epperson présente ce qu'il appelle une « conspiratorial view of history », ou vision conspiratoire de l'histoire. Il soutient que de grands événements tels que les guerres, les dépressions économiques et les révolutions ne seraient pas principalement le résultat de circonstances ou de processus historiques complexes, mais auraient été planifiés longtemps à l'avance par une conspiration internationale[5].

Cette grille de lecture structure l'essentiel de son œuvre ultérieure. Elle l'amène à rapprocher des organisations, des personnalités et des événements éloignés dans le temps en les présentant comme les éléments d'un même projet politique secret.

Franc-maçonnerie et « nouvel ordre mondial »

Dans The New World Order, publié en 1990, Epperson développe une interprétation du Grand Sceau des États-Unis selon laquelle ses symboles révéleraient un projet politique dissimulé et une « destinée secrète » assignée aux États-Unis[6]. Il associe notamment la devise latine Novus Ordo Seclorum à l'idée d'un « nouvel ordre mondial ».

Cette lecture diffère de l'explication remise au Congrès continental en 1782 par Charles Thomson, qui avait assemblé le dessin définitif du sceau. Dans cette description, Novus Ordo Seclorum signifie « un nouvel ordre des âges » et renvoie au commencement d'une nouvelle ère américaine en 1776 ; la pyramide symbolise la force et la durée, tandis que l'œil placé au-dessus représente la Providence[7].

Epperson fait également de la franc-maçonnerie l'un des principaux vecteurs de la conspiration qu'il décrit. Dans The New World Order, il cite une déposition de 1867 du général Gordon Granger, qui disait avoir compris d'une conversation entre Albert Pike et le président Andrew Johnson que Pike était le supérieur de Johnson « dans la franc-maçonnerie ». Epperson en déduit que Johnson devait recevoir des ordres de Pike ; la déposition, telle qu'il la reproduit, porte toutefois explicitement sur leur position respective dans l'organisation maçonnique et ne fait pas état d'une subordination politique[8]. Son livre Masonry: Conspiracy Against Christianity, publié en 1997, prolonge cette interprétation en présentant la franc-maçonnerie comme porteuse d'un programme secret hostile au christianisme[9].

Autres prises de position

En 1990, le sceptique américain Jim Lippard rapporte qu'Epperson défend, dans une émission locale puis lors d'une conférence à Tucson, des arguments créationnistes, notamment l'idée que des empreintes découvertes dans le lit de la rivière Paluxy, au Texas, attesteraient la coexistence des humains et des dinosaures[10]. Les recherches consacrées à ces prétendues « empreintes humaines » les identifient notamment comme des traces de dinosaures altérées ou érodées, ainsi que, pour certaines, comme des marques modifiées ou fabriquées ; elles ne constituent pas une preuve de coexistence entre humains et dinosaures non aviens[11].

Dans Jesse James: United States Senator (2005), Epperson soutient que le hors-la-loi Jesse James n'est pas mort en 1882, qu'il aurait vécu jusqu'à l'âge de 103 ans et aurait exercé un mandat de sénateur des États-Unis[12]. Une étude d'ADN mitochondrial publiée en 2001 dans le Journal of Forensic Sciences, portant sur des restes exhumés attribués à Jesse James et sur des parents de sa lignée maternelle, conclut au contraire que les résultats étayent l'identification de ces restes comme ceux de Jesse James[13].

Diffusion et réception

Les ouvrages d'Epperson ont circulé au-delà des milieux dans lesquels ils ont été initialement publiés. Dans une étude consacrée à l'évolution du récit conspirationniste des Illuminati, l'écrivain Yves Pagès relève qu'au milieu des années 2000 le site de la Universal Zulu Nation mettait en avant The New World Order parmi ses références sur le sujet[14].

Cette circulation s'accompagne parfois de réattributions sans rapport avec le contenu de ses livres. En janvier 2026, le site d'information irlandais TheJournal.ie vérifie ainsi qu'une page largement diffusée sur les réseaux sociaux, présentée comme un extrait de The New World Order qui aurait annoncé la Covid-19, la 5G, les confinements et la vaccination, ne figure pas dans l'ouvrage et emploie des termes apparus bien après sa publication[15].

Bibliographie

Ouvrages

  • 1982 : The Unseen Hand: An Introduction Into the Conspiratorial View of History, Master Printers, 544 p.[4] ; rééd. Publius Press, 1985, 488 p., (ISBN 978-0-9614135-0-7)[5].
  • 1990 : The New World Order, Publius Press, 357 p., (ISBN 978-0-9614135-1-4)[6].
  • 1997 : Masonry: Conspiracy Against Christianity, Publius Press, 401 p., (ISBN 978-0-9614135-4-5)[9].
  • 2005 : Jesse James: United States Senator, Publius Press, 283 p., (ISBN 978-0-9614135-5-2)[12].

Enregistrement

  • 1987 : Secret Societies: Ralph Epperson Interviewed by Tom Puckett, entretien avec Tom Puckett pour Southwest Radio Church[16].

Notes et références

  1. ↑ (en) « Epperson, A. Ralph », sur Astro-Databank (consulté le )
  2. ↑ 2,0 et 2,1 (en) « Alumni Updates » [PDF], The Gamma-Rho Gazette, Gamma-Rho Chapter of Kappa Sigma, University of Arizona, (consulté le ), p. 5
  3. ↑ (en) « Review: History Channel's Secrets of the Dollar Bill », sur The E-Sylum, Numismatic Bibliomania Society, (consulté le )
  4. ↑ 4,0 et 4,1 (en) The Unseen Hand: An Introduction Into the Conspiratorial View of History, Master Printers, , 544 p. [lire en ligne (page consultée le 3 octobre 2026)] 
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 (en) « The unseen hand : an introduction to the conspiratorial view of history », sur WorldCat, OCLC (consulté le )
  6. ↑ 6,0 et 6,1 (en) « New World Order by A. Ralph Epperson », sur Open Library, Internet Archive (consulté le )
  7. ↑ (en) « The Great Seal of the United States » [PDF], sur National Museum of American Diplomacy, United States Department of State (consulté le )
  8. ↑ (en) The New World Order, Publius Press, (ISBN 978-0-9614135-1-4), p. 171-172 
  9. ↑ 9,0 et 9,1 (en) « Masonry : conspiracy against Christianity », sur WorldCat, OCLC (consulté le )
  10. ↑ (en) Jim Lippard, « Ralph Epperson: Clueless Creationist » [PDF], The Arizona Skeptic, décembre 1990-janvier 1991 (consulté le ), p. 3-4
  11. ↑ (en) Glenn Branch et Eugenie C. Scott, « Peking, Piltdown, and Paluxy: creationist legends about paleoanthropology », Evolution: Education and Outreach, vol. 6,‎ (DOI 10.1186/1936-6434-6-27, lire en ligne, consulté le )
  12. ↑ 12,0 et 12,1 (en) « Jesse James: United States Senator », sur Google Books, Google (consulté le )
  13. ↑ (en) Anne C. Stone, J. E. Starrs et Mark Stoneking, « Mitochondrial DNA analysis of the presumptive remains of Jesse James », Journal of Forensic Sciences, vol. 46, no 1,‎ , p. 173-176 (DOI 10.1520/JFS14932J, lire en ligne, consulté le )
  14. ↑ Yves Pagès, « Le pseudo-complot Illuminati : l'étrange destin d'une conspiration imaginaire (1797-2015) », Revue du Crieur, no 1,‎ , p. 128-143 (DOI 10.3917/crieu.001.0128, lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ (en) Shane Raymond, « Debunked: A 1989 book did not predict conspiracies involving Covid and 5G », sur TheJournal.ie, (consulté le )
  16. ↑ (en) « A. Ralph Epperson », sur Open Library, Internet Archive (consulté le )

Liens externes

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