EasyVista
| EasyVista | |
| logo de EasyVista | |
| Création | 1988 |
|---|---|
| Dates clés | 2005 : introduction sur Alternext ; 2012 : Staff & Line devient EasyVista ; 2021 : retrait de la cote |
| Fondateurs | Sylvain Gauthier ; Jamal Labed[1] |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée (SAS)[2] |
| Action | Anciennement cotée sur Euronext Growth Paris (FR0010246322), retirée de la cote en 2021[3],[4] |
| Siège social | Noisy-le-Grand |
| Direction | Patrice Barbedette (CEO)[5] |
| Activité | Édition de logiciels de gestion des services et des opérations informatiques |
| Produits | EV Service Manager ; EV Observe ; EV Reach ; EV Self Help ; EV DEM ; EV Discovery ; EV Orchestrate[6] |
| Site web | https://www.easyvista.com/fr/ |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
EasyVista, anciennement Staff & Line, est un éditeur français de logiciels de gestion des services informatiques (ITSM) et de gestion des opérations informatiques (ITOM), fondé en 1988 par Sylvain Gauthier et Jamal Labed[1]. D'abord active dans le conseil et la formation, la société se recentre au début des années 1990 sur les logiciels de gestion des actifs et du support informatique, puis fait d'EasyVista sa principale gamme de produits[7]. Son offre couvre désormais la gestion des services et des actifs, la CMDB, la découverte des équipements, la supervision et l'observabilité, l'expérience numérique des utilisateurs, le support à distance et l'automatisation[6].
Introduite sur Alternext en 2005, Staff & Line adopte le nom EasyVista en 2012, dans le contexte de son internationalisation et de sa transition vers le SaaS[3],[8]. En 2020, un véhicule contrôlé par des fonds gérés par Eurazeo PME prend le contrôle de l'entreprise ; la cotation prend fin en janvier 2021[9],[4]. Depuis 2021, plusieurs acquisitions élargissent la plateforme au support à distance, à la supervision, au suivi de l'expérience numérique, puis aux logiciels d'OTRS et aux agents d'intelligence artificielle de Konverso[10],[11]. Patrice Barbedette dirige l'entreprise depuis 2022[12].
Histoire
Des activités de conseil à l'édition de logiciels
Staff & Line est créée en 1988 par Sylvain Gauthier et Jamal Labed. À l'origine, l'entreprise exerce dans le conseil et la formation informatiques. Elle se recentre à partir de 1993 sur l'édition de logiciels destinés à la gestion des actifs et des services informatiques. Ses premières générations de produits comprennent notamment WinPark, pour la gestion de parc, puis la gamme client-serveur Actima, destinée à des organisations de plus grande taille. À la fin de 1999, elle lance EasyVista en mode ASP, c'est-à-dire sous la forme d'un service applicatif accessible à distance[7].
Cette évolution s'inscrit dans un marché français où les outils de gestion administrative et économique du parc informatique se rapprochent progressivement des logiciels de support et de gestion du cycle de vie des actifs. Au milieu des années 2000, EasyVista associe déjà gestion des biens, assistance aux utilisateurs et fonctions de service desk[1].
Cotation, internationalisation et passage au SaaS
Staff & Line est introduite sur Alternext Paris en octobre 2005. L'introduction est réalisée au prix de 13 euros par action ; la première cotation intervient le 20 octobre et les négociations débutent le 26 octobre 2005. Les titres portent le code ISIN FR0010246322[3].
L'internationalisation s'accélère dès l'année suivante. Staff & Line rachète en 2006 le groupe Sight International, implanté en Europe du Sud, puis la société britannique Sam UK[1]. Après une première tentative de développement aux États-Unis interrompue au début des années 2000, l'entreprise relance son activité nord-américaine en 2010[7].
Début 2012, Staff & Line prend le nom de sa gamme EasyVista. Ce changement accompagne à la fois l'expansion internationale et la montée du modèle SaaS. À cette date, un tiers des quelque 800 clients se trouve hors de France, l'international représente 35 % du chiffre d'affaires et près de 300 clients utilisent déjà les logiciels en SaaS[8]. L'offre s'est alors étendue au-delà de la gestion de parc : elle comprend notamment l'inventaire, la gestion des incidents et des changements, la gestion des configurations, une CMDB, un portail utilisateur et le suivi des projets et budgets informatiques[8].
La transition vers l'abonnement se poursuit au cours de la décennie. En 2016, le SaaS représente environ la moitié du chiffre d'affaires et près de neuf nouvelles commandes sur dix. EasyVista, qui a réalisé 20,2 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015, lève la même année 7,5 millions d'euros sous forme d'obligations convertibles pour financer notamment son développement aux États-Unis et ses investissements produits ; le marché américain représente alors environ un quart de ses ventes de logiciels ITSM[13].
En 2017, EasyVista rachète l'éditeur de Saint-Herblain Knowesia, spécialisé dans les outils d'assistance guidée et de libre-service. Cette acquisition renforce les fonctions d'auto-assistance et de gestion des connaissances, qui deviennent un volet distinct de l'offre de l'éditeur[14]. En 2019, le chiffre d'affaires consolidé atteint 45,7 millions d'euros ; les revenus récurrents représentent 36,7 millions d'euros, soit plus de 80 % du total[15].
Changement d'actionnariat et sortie de la cote
En septembre 2020, EasyVista Holding, société contrôlée par des fonds gérés par Eurazeo PME, acquiert un bloc représentant environ 67,5 % du capital d'EasyVista et 71,8 % des droits de vote théoriques. L'opération est réalisée au prix de 70 euros par action et est suivie d'une offre publique simplifiée sur les titres restant en circulation[16].
À la clôture de l'offre, EasyVista Holding détient 97,22 % du capital[17]. Un retrait obligatoire est mis en œuvre le 22 janvier 2021 au prix de 70 euros par action. Il porte sur 47 302 actions encore détenues par les minoritaires, soit 2,53 % du capital, et met fin à la cotation d'EasyVista[4].
Eurazeo reste investi dans EasyVista après la sortie de la cote. Son portefeuille en ligne, consulté en octobre 2026, classe toujours EasyVista parmi les participations de sa stratégie Elevate et la présente comme un éditeur de logiciels ITSM[18].
Extension de la plateforme depuis 2021
Après la sortie de la cote, EasyVista engage une série d'acquisitions qui l'éloigne d'une offre centrée uniquement sur l'ITSM. En juillet 2021, elle rachète l'américain Goverlan, éditeur de Reach, un logiciel de prise en main à distance, d'administration des terminaux et d'automatisation des tâches de support[19]. Ces fonctions sont ensuite commercialisées dans la plateforme sous la marque EV Reach[6].
La même année, EasyVista acquiert Coservit, à l'origine de la plateforme ServiceNav. L'opération ajoute des fonctions de supervision des réseaux, des infrastructures, du cloud et des applications, ainsi que d'analyse de la disponibilité et des performances des services informatiques[20]. La stratégie vise ainsi à étendre la couverture de l'ITSM vers la gestion des opérations informatiques, ou ITOM[21].
En mai 2022, Patrice Barbedette est nommé CEO, succédant aux fondateurs dans la direction opérationnelle de l'entreprise[12]. Le mois suivant, EasyVista rachète Itexis, éditeur spécialisé dans la Digital Experience Monitoring (DEM). Cette technologie mesure en temps réel les performances et l'expérience perçue sur les postes de travail et les applications, afin de détecter des dégradations ou des problèmes d'usage[22].
En 2024, l'élargissement de la gamme se poursuit avec EV Discovery, destiné à la découverte des actifs et à la cartographie de leurs dépendances, et EV Orchestrate, consacré à l'automatisation et à l'orchestration des processus entre systèmes[23],[24]. Les deux produits sont intégrés à la plateforme EasyVista, dont la version 2024.2 met également l'accent sur les intégrations, l'automatisation et l'intelligence artificielle[25].
En décembre 2024, EasyVista prend, par l'intermédiaire d'Optimus BidCo AG, plus de 90 % du capital de l'éditeur allemand OTRS[26]. Spécialisé dans les logiciels de gestion des services et de réponse aux incidents de sécurité, OTRS apporte à EasyVista une implantation plus directe sur le marché allemand[10]. L'acquisition se poursuit par une offre, un retrait de cote et une procédure de retrait obligatoire. Le transfert des dernières actions minoritaires à Optimus BidCo est inscrit au registre du commerce allemand le 23 février 2026, après que la société d'acquisition a porté sa participation à environ 99,2 %[27].
En juillet 2026, EasyVista acquiert Konverso, entreprise française fondée en 2017 qui développe une plateforme d'intelligence artificielle conversationnelle et de création d'agents sans code. L'opération vise à intégrer des agents capables d'automatiser des processus de support et des tâches métier à la plateforme EasyVista[11].
Activités et produits
Le cœur historique d'EasyVista est la gestion des actifs et des services informatiques. L'éditeur a progressivement réuni ces fonctions dans une plateforme couvrant à la fois l'ITSM, la gestion des services d'entreprise (ESM), la gestion des opérations informatiques, la supervision et l'automatisation. EV Service Manager constitue le noyau de gestion des services : il centralise notamment incidents, problèmes, demandes, changements, actifs, workflows et données de configuration dans une CMDB[28].
La plateforme comprend plusieurs modules spécialisés[6] :
- EV Service Manager couvre la gestion des services informatiques et métiers, ainsi que les principaux processus ITSM ;
- EV Discovery découvre et inventorie les actifs, cartographie leurs dépendances et alimente la CMDB ;
- EV Observe supervise les infrastructures et les applications et regroupe les fonctions d'observabilité ;
- EV DEM mesure l'expérience numérique des utilisateurs sur leurs postes de travail et leurs applications ;
- EV Reach fournit le support à distance et des fonctions de gestion des terminaux ;
- EV Orchestrate automatise et orchestre des workflows entre différents systèmes ;
- EV Self Help fournit un portail de libre-service, des fonctions de gestion des connaissances et d'assistance automatisée.
Des fonctions transversales complètent ces modules, notamment EV Pulse AI pour l'intelligence artificielle et l'automatisation, EV Insights pour l'analyse et le reporting, ainsi qu'Easy Design pour la conception de workflows et des outils d'intégration[6]. L'acquisition de Konverso ajoute en 2026 des fonctions d'IA agentique sans code à cet ensemble[11].
La prise en charge des bonnes pratiques ITIL est ancienne dans la gamme. Dès les années 2000, EasyVista structure une partie de ses processus autour des incidents, problèmes, changements et configurations ; en 2012, Le Monde Informatique indique que la solution a obtenu une validation portant sur quinze processus ITIL v3[8]. Cette orientation reste présente dans EV Service Manager, dont l'éditeur présente les workflows ITSM comme conformes aux bonnes pratiques ITIL[28].
Implantation et positionnement
L'internationalisation d'EasyVista commence en Europe au milieu des années 2000 puis s'étend à l'Amérique du Nord. En avril 2026, le groupe recense des sociétés affiliées en France, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada ; OTRS AG figure également parmi ses entités allemandes[29]. En juillet 2026, L'Informaticien situe la clientèle de l'éditeur autour de 3 000 organisations dans le monde et indique qu'environ 55 % de ses clients sont établis hors de France[30].
Sur le marché des plateformes ITSM, EasyVista est évaluée aux côtés de plusieurs éditeurs internationaux. Dans son Magic Quadrant for IT Service Management Platforms publié en juillet 2026, Gartner inclut EasyVista parmi les seize fournisseurs étudiés, aux côtés notamment d'Atlassian, BMC, Freshworks, Ivanti, ManageEngine, ServiceNow et TOPdesk[31]. L'élargissement vers la supervision, le support à distance et l'automatisation depuis 2021 place parallèlement l'entreprise sur le terrain de la gestion des opérations informatiques, tandis que les acquisitions d'OTRS et de Konverso étendent respectivement son périmètre vers la réponse aux incidents de sécurité et les agents d'intelligence artificielle[10],[11].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Olivier Discazeaux, « Staff & Line et PS'Soft, des éditeurs qui se sentent pousser des ailes », 01net, 15 novembre 2006.
- ↑ « Politique de données et de confidentialité », EasyVista, mise à jour le 13 juillet 2026.
- ↑ 3,0 3,1 et 3,2 « STAFF AND LINE – Initial Public offering on Euronext Growth », Euronext, consulté le 2 septembre 2026.
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « EasyVista : le retrait obligatoire interviendra le 22 janvier 2021 au prix de 70 € », Le Journal des OPA, 21 janvier 2021.
- ↑ « Direction », EasyVista, consulté le 4 octobre 2026.
- ↑ 6,0 6,1 6,2 6,3 et 6,4 « Plateforme EasyVista », EasyVista, consulté le 2 septembre 2026.
- ↑ 7,0 7,1 et 7,2 Dominique Filippone, « EasyVista mise sur le Social IT en 2013 », Journal du Net, 19 novembre 2012.
- ↑ 8,0 8,1 8,2 et 8,3 M. G., « Gestion de parc IT : Staff & Line se renomme EasyVista pour s'étendre aux États-Unis », Le Monde Informatique, 2 février 2012.
- ↑ « Réalisation de l'acquisition d'un bloc de contrôle au capital d'EasyVista », Eurazeo, 23 septembre 2020.
- ↑ 10,0 10,1 et 10,2 Bertrand Garé, « Easyvista majoritaire chez OTRS Group », L'Informaticien, 20 décembre 2024.
- ↑ 11,0 11,1 11,2 et 11,3 Laurent Sounack, « EasyVista s'offre le spécialiste des agents IA no-code Konverso », ChannelNews, 2 juillet 2026.
- ↑ 12,0 et 12,1 Ariane Beky, « ITSM : EasyVista change avec Patrice Barbedette, nouveau CEO », Silicon, 25 mai 2022.
- ↑ Maryse Gros, « EasyVista lève 7,5 M€ pour booster son ITSM aux États-Unis », Le Monde Informatique, 5 septembre 2016.
- ↑ Caroline Scribe, « La société Knowesia est rachetée par EasyVista », Le Journal des Entreprises, 15 juin 2017.
- ↑ « EasyVista - Résultats annuels 2019 : un exercice record », GlobeNewswire, 30 mars 2020.
- ↑ « Réalisation de l'acquisition d'un bloc de contrôle au capital d'Easyvista », Cathay Capital, 23 septembre 2020.
- ↑ « EasyVista : dans l'attente du retrait obligatoire », Le Journal des OPA, 14 janvier 2021.
- ↑ « Investments », Eurazeo, consulté le 4 octobre 2026.
- ↑ Dirk Basyn, « Soutenu par BlackRock, EasyVista acquiert Goverlan », ChannelNews, 15 juillet 2021.
- ↑ « EasyVista rachète Coservit et sa plateforme ServiceNav », Distributique, 11 octobre 2021.
- ↑ Maryse Gros, « Patrice Barbedette conduit la stratégie ITSM d'EasyVista vers 2025 », Le Monde Informatique, 31 mai 2022.
- ↑ Guillaume Périssat, « Easyvista acquiert Itexis », L'Informaticien, 1er juin 2022.
- ↑ « EasyVista ajoute un nouveau module Discovery à sa plateforme », EasyVista, 7 mars 2024.
- ↑ « EasyVista lance EV Orchestrate », EasyVista, 30 mai 2024.
- ↑ « EasyVista dévoile la dernière version 2024.2 de sa plateforme après le lancement d'EV Discovery et EV Orchestrate », EasyVista, 2 juillet 2024.
- ↑ « OTRS AG: Closing of agreements for the acquisition of a majority stake of over 90% in OTRS AG by Optimus BidCo AG, an acquisition company of Easyvista SAS », EQS News, 18 décembre 2024.
- ↑ « OTRS AG – Bekanntmachung über den Ausschluss der Minderheitsaktionäre », avis d'Optimus BidCo AG reproduit par Deutscher Aktien-Informations-Dienst, mars 2026.
- ↑ 28,0 et 28,1 « Gestion des services IT – ITSM », EasyVista, consulté le 2 septembre 2026.
- ↑ « Subprocessors », EasyVista, liste des sociétés affiliées mise à jour le 24 avril 2026.
- ↑ Bertrand Garé, « Easyvista passe son ITSM à l'agentique », L'Informaticien, 7 juillet 2026.
- ↑ Rich Doheny, Jen Lichucki et Ankita Hundal, « Gartner Magic Quadrant for IT Service Management Platforms », Gartner, 27 juillet 2026.
Liens externes
Article publié sur Wikimonde Plus
- Entreprises
- Informatique
- Seine-Saint-Denis