Gérard Royal

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Gérard Royal
Nationalité Française
Profession
Officier, consultant
Formation
École nationale supérieure d'arts et métiers
École nationale supérieure de techniques avancées
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Famille
Ségolène Royal (sœur)

Gérard Royal est un officier français, ancien membre du Service Action de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), devenu consultant. Il participe en 1985 à l'opération contre le Rainbow Warrior, navire de Greenpeace coulé à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Il est le frère aîné de la femme politique Ségolène Royal[1].

Origines et formation

Gérard Royal est l'un des huit enfants du lieutenant-colonel Jacques Royal et de son épouse Hélène. Son grand-père paternel, Florian Royal, est général. La famille vit notamment à Chamagne, dans les Vosges, où les enfants reçoivent une éducation marquée par la discipline militaire et la religion catholique[2].

Après un passage dans les écoles d'enfants de troupe, il choisit la carrière militaire et suit des études d'ingénieur à l'École des arts et métiers. Il reprend ensuite des études à l'École nationale supérieure de techniques avancées, dans le cadre de l'École de guerre[3].

Carrière militaire

Officier de l'armée de terre, Gérard Royal sert comme nageur de combat au Service Action de la DGSE. Il exerce également les fonctions de chef de service technique au sein de cette direction[3]. Après l'opération contre le Rainbow Warrior, il poursuit sa carrière dans les services de renseignement et prend notamment le commandement du Centre parachutiste d'entraînement aux opérations maritimes, à Quélern, en Bretagne[1].

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur par le décret du 26 juin 1996, alors qu'il est lieutenant-colonel dans l'arme du matériel[4]. Il est promu colonel pour prendre rang du 1er décembre 1996[5].

Affaire du Rainbow Warrior

Le 10 juillet 1985, la DGSE mène une opération de sabotage contre le Rainbow Warrior, amarré dans le port d'Auckland. Le navire de Greenpeace doit participer à une campagne contre les essais nucléaires français à Mururoa. Deux charges explosives provoquent son naufrage et la mort du photographe Fernando Pereira. Gérard Royal appartient à la « troisième équipe », celle chargée de poser les explosifs : il pilote le canot pneumatique utilisé par les deux nageurs de combat, Jean Camas et Jean-Luc Kister[6]. Surnommé « Pierre le marin » ou « commandant Cousteau » en raison de son bonnet rouge[7], il parvient à quitter la Nouvelle-Zélande, contrairement à Alain Mafart et Dominique Prieur, les faux époux Turenge, arrêtés puis condamnés[1].

Sa participation est révélée par L'Express en 1995, puis évoquée dans Guerres secrètes à l'Élysée, le livre de Paul Barril paru en 1996[8]. L'affaire revient dans l'actualité en septembre 2006, au moment où Ségolène Royal se porte candidate à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007. Dans un entretien au Parisien, leur frère Antoine affirme que Gérard lui aurait confié avoir lui-même posé la bombe. Cette version diffère de celle qui lui attribue la conduite du canot. Gérard Royal refuse de préciser son rôle et dénonce un harcèlement médiatique[1].

La Première ministre néo-zélandaise, Helen Clark, exclut alors de rouvrir le dossier, clos dans le cadre des accords conclus avec la France. Greenpeace dénonce pour sa part l’absence de poursuites contre l’ensemble des participants à l’attentat. Sa directrice en Nouvelle-Zélande, Bunny McDiarmid, estime que les accords entre les deux pays empêchent que justice soit rendue[9]. Ségolène Royal se dit surprise par le calendrier de cette polémique et exprime son admiration pour la carrière militaire de son frère[7].

En septembre 2015, le témoignage public de Jean-Luc Kister apporte des précisions sur la répartition des tâches. Dans un entretien diffusé par Mediapart et la télévision néo-zélandaise, cet ancien nageur de combat reconnaît avoir participé à la pose des charges. Il désigne Gérard Royal comme l'homme chargé de récupérer les deux plongeurs en canot pneumatique[10].

Reconversion

Après avoir quitté l'armée, Gérard Royal travaille chez Géos, société privée de prévention et de gestion des risques, puis rejoint une autre entreprise[1]. Il exerce ensuite des activités de conseil stratégique, notamment à partir de méthodes d'analyse sémantique et de modélisation de l'information. Membre fondateur du Cercle K2, il y publie en 2016 deux textes intitulés « Projet de société et solidarité consentie »[3].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Timothée Boutry et François Vignolle, « Gérard Royal refuse de détailler sa mission », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. ↑ Raphaëlle Bacqué, « Ségolène Royal, la fille du lieutenant-colonel », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 « Gérard Royal », sur Cercle K2 (consulté le ).
  4. ↑ « Décret du 26 juin 1996 portant promotion et nomination », sur Légifrance, (consulté le ).
  5. ↑ « Décret du 12 décembre 1996 portant nomination et promotion dans l'armée active », sur Légifrance, (consulté le ).
  6. ↑ (en) AFP, « French agent apologises for sinking Rainbow Warrior 30 years ago », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ 7,0 et 7,1 Sylvain Besson, « Les frères Royal perturbent l'entrée en campagne de Ségolène », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ (en) Yasmine Ryan, « Video & Text: Yasmine Ryan's Les Yeux on France », Scoop,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ (en) Peter Lewis, « Rainbow Warrior controversy resurfaces », ABC,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. ↑ Soren Seelow, « « Rainbow-Warrior » : confessions d'un nageur des services secrets », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).

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