Ivanne Trippenbach
Ivanne Trippenbach est une journaliste française, actuellement[Quand ?] journaliste politique au journal Le Monde.
Biographie
Ivanne Trippenbach est originaire de la commune de Bois-Colombes[1].
Diplômée d'un master en affaires publiques de Sciences Po Paris en 2014, elle poursuit ses études au Centre de formation des journalistes (CFJ), dont elle sort diplomée en 2018[1].
Vie privée
Elle est en couple depuis plusieurs années[Quand ?] avec Rayan Nezzar, proche conseiller de Gabriel Attal[2],[3], au ministère de l'Économie, au ministère de l'Éducation nationale, puis à Matignon[4] ce qui pose la question, en termes de déontologie professionnelle de l'application de la jurisprudence Anne Sinclair car elle est nommée cheffe du service politique du quotidien Le Monde[4],[5] à l’automne 2023, au moment où Rayan Nezzar a suivi son patron au ministère de l’Éducation, quelques mois avant que Gabriel Attal ne soit nommé Premier ministre[5]. Elle avait prévenu sa hiérarchie dès le printemps 2022, moment où ce dernier avait intégré le cabinet de Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes publics[5].
Carrière
Elle commence sa carrière journalistique en à L'Opinion, quotidien français dont la ligne s’affirme « néolibérale » de droite selon Marianne[6], détenu par son fondateur Nicolas Beytout (24,4 %), ex-directeur des rédactions du Figaro, associé à Bernard Arnault (22,8 %), la famille Bettencourt et le britannique Rupert Murdoch (7,6%)[7],[8], qui lui confie les questions régaliennes (sécurité, justice, immigration)[9]. Elle y révèle le projet de réforme de la loi de 1905 envisagé par le gouvernement d'Édouard Philippe[10] et le rapport de la préfecture de police de Paris sur la doctrine d'usage des LBD après les épisodes des Gilets jaunes[11]. En parallèle à cet emploi à l'horaire aménagé, elle suit deux années de scolarité dans une école de journalisme.
À partir de 2018, elle suit l'extrême droite française et notamment le Front national (FN) devenu Rassemblement national (RN), après avoir publié en juin 2018 l'un des premiers portraits de Jordan Bardella[12], pressenti comme tête-de-liste du RN aux élections européennes qui se tiendront près d'un an plus tard en .
En 2019, elle publie une enquête sur Emmanuelle Gave[13], pressentie candidate aux élections européennes sur la liste de Nicolas Dupont-Aignan, et son père Charles Gave, financier de la campagne. Elle écrit également une enquête sur les dérives d'extrême droite du club de chasse Saint-Hubert Club de France[14], qui provoque la démission de son président Henri de Grossouvre[15], fils de François de Grossouvre, ancien conseiller de François Mitterrand.
En , elle rejoint la rédaction du quotidien Le Monde pour suivre l'extrême droite durant la campagne présidentielle de 2022 avec le journaliste Franck Johannès. Elle suit les candidats Marine Le Pen et Éric Zemmour[16]. Elle publie un portrait de Christophe Bay, directeur de campagne de Marine Le Pen et ancien préfet, dans lequel elle révèle ses frasques et les enquêtes administratives dont il a fait l'objet après ses passages dans l'Aube et en Dordogne[17].
Ivanne Trippenbach est également co-autrice en avec Gérard Davet et Fabrice Lhomme du livre-enquête Inch'Allah : l'islamisation à visage découvert aux éditions Fayard, qui donne lieu à controverses. Il relate la présence du rigorisme islamique dans certains milieux du département de la Seine-Saint-Denis, en particulier à la RATP et au sein des établissements scolaires. L'ouvrage revient sur la polémique du « café de Sevran », qui a marqué la campagne présidentielle de 2017.
Elle intervient comme invitée dans des émissions de décryptage de l'actualité politique, comme C dans l'air[18],[19].
Dans son livre Je n'ai pas dit mon dernier mot, Éric Zemmour revient sur sa campagne présidentielle de 2022 et pourfend « la journaliste du Monde, dont le rire se voulait charmant mais qu'altérait un regard qui me faisait penser à Milady dans Les Trois Mousquetaires, jamais à court d'un stratagème pour planter un couteau dans la gorge de ses ennemis, en l'occurrence le « polémiste d'extrême droite » que j'étais. »[20].
À partir de , elle couvre l'Élysée et la majorité présidentielle pour Le Monde.
Le , après avoir rendu publique la mise à pied de Geoffroy Lejeune de Valeurs actuelles en raison d'une ligne éditoriale trop extrémiste de droite[21], elle révèle avec la journaliste Aude Dassonville sa nomination comme directeur de la rédaction du Journal du dimanche. L'hebdomadaire entame alors la grève la plus longue de son histoire[22].
Le 28 janvier 2024, elle annonce qu'elle quitte son poste de cheffe du service politique du Monde, « au vu de l'émoi suscité » par la nomination de son conjoint, Rayan Nezzar, le 9 janvier précédent, comme conseiller, chef du pôle action et comptes publics, auprès du Premier ministre Gabriel Attal. Selon une enquête de Mediapart[23], plusieurs membres de la rédaction du Monde « s’étaient inquiétés d’un risque de conflit d’intérêts »[2], [3].
Références
- ↑ Revenir plus haut en : 1,0 et 1,1 « Site internet ».
- ↑ Revenir plus haut en : 2,0 et 2,1 LIBERATION et AFP, « La cheffe du service politique du «Monde» Ivanne Trippenbach, conjointe d’un conseiller d’Attal, quitte son poste », sur Libération, (consulté le )
- ↑ Revenir plus haut en : 3,0 et 3,1 « La cheffe du service politique du Monde contrainte de quitter son poste », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
- ↑ Revenir plus haut en : 4,0 et 4,1 « Cabinet d'Attal : conflit d'intérêt au "Monde" ? », sur www.arretsurimages.net (consulté le )
- ↑ Revenir plus haut en : 5,0 5,1 et 5,2 "Deux affaires déontologiques secouent le quotidien « Le Monde »", par Yunnes Abzouz et Yann Philippin, le 26 janvier 2024 dans Médiapart [1]
- ↑ « A L'Opinion, la peur d'un "retour de l'Etat" : chassez le naturel néolibéral, il revient au galop », Marianne.net, (consulté le )
- ↑ « Mediapart Révèle Les Actionnaires Libéraux du Quoyidien L'Opinion », sur Lexpress.fr, (consulté le )
- ↑ « Le fisc perd son procès contre L'Opinion » [vidéo], sur BFM BUSINESS, BFM BUSINESS (consulté le ).
- ↑ « Ivanne Trippenbach », sur l'Opinion (consulté le ).
- ↑ « Loi de 1905: les choix de Macron », sur l'Opinion, (consulté le ).
- ↑ « Violences sur les Champs-Élysées : mise en cause par Castaner, la préfecture de police livre sa version », sur l'Opinion, (consulté le ).
- ↑ « Jordan Bardella, la «carte jeune» du Rassemblement national », sur l'Opinion, (consulté le ).
- ↑ « Emmanuelle Gave, la nouvelle droite dure de Nicolas Dupont-Aignan », sur l'Opinion, (consulté le ).
- ↑ « Flirt d’extrême droite au plus vieux club de chasse de France », sur l'Opinion, (consulté le ).
- ↑ « Chasse et extrême droite: démissions en cascade au Saint-Hubert Club de France », sur l'Opinion, (consulté le ).
- ↑ « Ivanne Trippenbach, ses dernières publications dans Le Monde », sur Le Monde.fr (consulté le ).
- ↑ « Christophe Bay, nouveau directeur de campagne de Marine Le Pen : un préfet connu pour ses frasques », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « La guerre des droites #cdanslair 18.09.2020 » (consulté le ).
- ↑ « C dans l'air Le Pen/Zemmour : alliés ou concurrents ? », (consulté le ).
- ↑ Je n'ai pas dit mon dernier mot, Paris, Rubempré, , 352 p. (ISBN 978-2-9579305-2-4) (OCLC 1376447974), « Les médias, les Français et moi », p. 168-169
- ↑ « Geoffroy Lejeune mis à pied de « Valeurs actuelles » sur fond de bataille éditoriale », (consulté le ).
- ↑ « Geoffroy Lejeune devrait prendre la direction du « Journal du dimanche » », (consulté le ).
- ↑ Yunnes Abzouz, Yann Philippin, « Deux affaires déontologiques secouent le quotidien « Le Monde » », sur Mediapart, (consulté le )
Liens externes
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