Jean-René Garcia

Aller à la navigation Aller à la recherche
Jean-René Garcia
Description de l'image Jean_Ren%C3%A9_Garcia.jpeg.
Naissance (56 ans)
Profession
Juriste, professeur associé de droit public
Activité principale
Droit public, droit constitutionnel, science politique
Formation
Université Paris-XIII, Université Paris-Descartes, Université Sorbonne-Nouvelle

Jean-René Garcia, né le 29 janvier 1970[1], est un juriste et universitaire français, professeur associé de droit public à l'Université Sorbonne-Paris-Nord. Ses travaux portent principalement sur le droit constitutionnel, les institutions politiques de l'Amérique latine, en particulier celles de la Bolivie, ainsi que sur la philosophie du droit et la place du pouvoir exécutif dans les régimes représentatifs[2].

Après plusieurs années d'enseignement et de recherche consacrées à l'Amérique latine, il devient professeur associé à l'université Paris-XIII en 2011. Il exerce parallèlement différentes fonctions dans l'administration et dans des cabinets ministériels, notamment auprès de François Baroin et de Jean-Michel Blanquer, ainsi qu'auprès de l'Académie des sciences[3],[4]. Il est notamment l'auteur de La Bolivie, histoire constitutionnelle et ambivalence du pouvoir exécutif (2010)[5], codirecteur de Les Amériques, des constitutions aux démocraties (2015) et auteur de De l'utilité des zones d'ombre des constitutions (2025).

Formation et débuts universitaires

Jean-René Garcia étudie le droit public à l'université Paris-XIII. Il obtient ensuite un diplôme d'études approfondies (DEA) en droit public à l'université Paris-V René-Descartes et un DEA d'études des sociétés latino-américaines, option science politique, à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) de l'université Sorbonne-Nouvelle - Paris-III[6].

Dans le cadre de son travail doctoral, il mène une partie de ses recherches en Bolivie. De 1997 à 2001, il est chercheur associé en droit et science politique à l'université de la Cordillera, à La Paz, puis attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'IHEAL de 2001 à 2004[3]. Il soutient en 2006 à l'université Sorbonne-Nouvelle une thèse de droit public intitulée Contribution à l'étude de la notion d'ambivalence pour l'analyse du pouvoir exécutif : le cas de la Bolivie, sous la direction de Jean-Michel Blanquer[2]. Il obtient par la suite, à l'université Paris-XIII, trois habilitations à diriger des recherches en droit public, en science politique et en philosophie[2].

Parcours professionnel

De 2004 à 2006, Garcia est conseiller technique chargé des relations internationales et de la recherche auprès du recteur de l'académie de Guyane. Il rejoint ensuite le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche comme chargé de mission auprès de Jean-Michel Blanquer, alors directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien. Au printemps 2007, il travaille au cabinet de François Baroin, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire. Après un passage comme ingénieur de recherche à l'université Sorbonne-Nouvelle, il est, de 2008 à 2010, conseiller du président de l'Institut des Amériques[3].

Il retrouve François Baroin au ministère du Budget en 2010 : d'abord conseiller technique « études et prospective », il devient en novembre de la même année conseiller « études et arguments, porte-parolat »[7]. Il reste au cabinet jusqu'en juillet 2011[3].

En février 2011, il est nommé professeur des universités associé à mi-temps à l'université Paris-XIII, dans les disciplines juridiques, politiques, économiques et de gestion[8]. La même année, il devient conseiller auprès de Catherine Bréchignac et de Jean-François Bach, alors secrétaires perpétuels de l'Académie des sciences[3]. Il poursuit ensuite cette activité auprès de Catherine Bréchignac en qualité de conseiller spécial[9].

À l'université Paris-XIII, devenue Université Sorbonne-Paris-Nord, il exerce aussi des responsabilités facultaires. En 2018, il est vice-doyen de l'UFR de droit, sciences politiques et sociales[10]. Une notice d'auteur publiée en 2025 le présente comme ancien vice-doyen[9].

En janvier 2019, il rejoint le cabinet de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, comme conseiller chargé des politiques interministérielles[4]. Ses fonctions prennent fin le 27 mai suivant[11].

En janvier 2021, il est nommé professeur des universités associé à mi-temps à Paris-XIII pour une période de trois ans[12]. En 2026, le Portail universitaire du droit le présente comme professeur associé de droit public à l'Université Sorbonne-Paris-Nord et recense plusieurs thèses réalisées sous sa direction[2]. Il figure par ailleurs au conseil d'administration du Groupe interacadémique pour le développement (GID), présidé par Catherine Bréchignac, avec la fonction de conseiller scientifique[13].

Travaux et orientations de recherche

Les premiers travaux de Garcia sont centrés sur le système politique bolivien, l'histoire constitutionnelle de la Bolivie et la nature du pouvoir exécutif. Il étudie aussi la démocratisation du pays et les rapports entre forces armées, police et gouvernements civils[14],[15]. Sa thèse de 2006, développée dans l'ouvrage La Bolivie, histoire constitutionnelle et ambivalence du pouvoir exécutif publié chez L'Harmattan en 2010, étudie la manière dont le constitutionnalisme cherche à concilier la force de l'État et la légitimité démocratique[2],[5]. Il associe cette analyse à la notion de « temps historiques constitutionnels » (THC), qu'il emploie pour décrire des moments de structuration d'un consensus constitutionnel autour de la place de l'exécutif[2].

Dans un article publié en 2014 par la revue mexicaine Cuestiones Constitucionales, il reprend la notion de « pouvoir exécutif ambivalent », qu'il rattache aux analyses de Harvey Mansfield, et la confronte aux catégories classiques de régime présidentiel et de « présidentialisme ». À partir des réformes constitutionnelles menées en Bolivie, en Équateur et au Venezuela, il soutient que la notion de présidentialisme tend à regrouper des réalités trop différentes et propose d'étudier plutôt les rapports entre la subordination juridique de l'exécutif et les pouvoirs propres qui lui permettent d'agir[14]. Ses recherches portent également sur les influences intellectuelles du constitutionnalisme des Amériques, notamment la réception de Montesquieu, du Federalist américain et de la pensée de Simón Bolívar[16].

En 2015, il codirige avec Denis Rolland et Patrice Vermeren Les Amériques, des constitutions aux démocraties : philosophie du droit des Amériques. L'ouvrage rassemble des contributions de juristes, politistes, philosophes et spécialistes des sociétés américaines autour de la formation et des transformations des ordres constitutionnels sur le continent[16]. Dans une recension pour l'Académie des sciences d'outre-mer, Jean-Louis Baudouin souligne la diversité des trente-trois contributions et l'intérêt de l'approche interdisciplinaire, tout en relevant qu'un langage très multidisciplinaire peut parfois rendre la lecture difficile[17].

Ses travaux ultérieurs élargissent cette réflexion aux rapports entre droit, violence et définition de l'ennemi. Avec Gisele Amaya Dal Bó, il publie en 2021 une étude comparant la construction de la figure du « subversif » sous les dictatures sud-américaines et celle du « terroriste » dans la législation argentine contemporaine, en s'interrogeant sur leurs effets sur l'État de droit[18].

Avec De l'utilité des zones d'ombre des constitutions, paru en 2025, Garcia revient plus largement sur la marge d'indétermination propre aux textes constitutionnels et sur les usages qu'en fait le pouvoir exécutif. L'ouvrage met en regard la France et les États-Unis, en mobilisant notamment les notions de force, de légitimité, de séparation des pouvoirs et d'état d'exception[9].

Publications sélectionnées

Ouvrages et direction d'ouvrages

  • La Bolivie, histoire constitutionnelle et ambivalence du pouvoir exécutif, Paris, L'Harmattan, coll. « Inter-national », 2010[5].
  • Jean-René Garcia, Denis Rolland et Patrice Vermeren (dir.), Les Amériques, des constitutions aux démocraties : philosophie du droit des Amériques, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2015[16].
  • De l'utilité des zones d'ombre des constitutions, Atlande, 2025[9].

Articles et contributions

  • « La Bolivie : de la démocratie pactée à la crise du système politique », dans Georges Couffignal (dir.), Amérique latine 2002, Paris, La Documentation française, 2002, p. 123-139[14].
  • « Forces armées, police et gouvernements civils en Bolivie : une relation institutionnelle conflictuelle », dans Renée Fregosi (dir.), Armées et pouvoirs en Amérique latine, Paris, Éditions de l'IHEAL, 2004, p. 147-163[15].
  • « ¿Presidencialismo o Poder Ejecutivo ambivalente? De la pertinencia de la noción jurídica para el estudio de los sistemas políticos de América Latina », Cuestiones Constitucionales, no 31, 2014[14].
  • « Madison, Hamilton, Jay… Bolívar ! De la naissance du constitutionnalisme dans les Amériques », dans Jean-René Garcia, Denis Rolland et Patrice Vermeren (dir.), Les Amériques, des constitutions aux démocraties, 2015[16].
  • avec Gisele Amaya Dal Bó, « Du “subversif” au “terroriste” ? Persistances et discontinuités dans la conceptualisation théorique de l'ennemi », Quadranti. Rivista Internazionale di Filosofia Contemporanea, vol. IX, nos 1-2, 2021, p. 65-91[18].

Références

  1. ↑ « Garcia, Jean-René (1970-....) », notice d'autorité, Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, mise à jour le 13 mai 2025, consultée le 12 septembre 2026.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 et 2,5 « Jean-René Garcia », Portail universitaire du droit, consulté le 12 septembre 2026.
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 « M. Jean-René Garcia, ancien collaborateur de M. François Baroin, a été nommé conseiller auprès de Mme Catherine Bréchignac et de M. Jean-François Bach », Bulletin Quotidien, no 9710, 20 octobre 2011, p. 25-26.
  4. ↑ 4,0 et 4,1 Cécile Olivier, « Le parcours de Jean-René Garcia, conseiller politiques interministérielles de Jean-Michel Blanquer », AEF info, 24 janvier 2019.
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 « La Bolivie : histoire constitutionnelle et ambivalence du pouvoir exécutif », notice bibliographique, Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, consulté le 12 septembre 2026.
  6. ↑ Curriculum vitae de Jean-René Garcia, document diffusé par le Portail universitaire du droit, consulté le 12 septembre 2026.
  7. ↑ « Arrêté du 3 décembre 2010 portant nomination au cabinet du ministre », Journal officiel de la République française, 8 décembre 2010.
  8. ↑ « Décret du 22 février 2011 portant nomination (enseignements supérieurs) », Journal officiel de la République française, 23 février 2011.
  9. ↑ 9,0 9,1 9,2 et 9,3 « De l'utilité des zones d'ombre des constitutions », Portail universitaire du droit, 27 mars 2025.
  10. ↑ « Quelles perspectives pour l'État plurinational de Bolivie ? », Portail universitaire du droit, programme de la Journée des bolivianistes, 7 juin 2018.
  11. ↑ « Arrêté du 31 mai 2019 portant cessation de fonctions et nomination au cabinet du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse », Journal officiel de la République française, 6 juin 2019.
  12. ↑ « Décret du 29 janvier 2021 portant nomination (enseignements supérieurs) », Journal officiel de la République française, 31 janvier 2021.
  13. ↑ « Le Conseil d'administration », Groupe interacadémique pour le développement, consulté le 12 septembre 2026.
  14. ↑ 14,0 14,1 14,2 et 14,3 Jean-René Garcia, « ¿Presidencialismo o Poder Ejecutivo ambivalente? De la pertinencia de la noción jurídica para el estudio de los sistemas políticos de América Latina », Cuestiones Constitucionales, no 31, juillet-décembre 2014.
  15. ↑ 15,0 et 15,1 Victor Audubert, Contribution à l'étude du paradigme juridique de la plurinationalité : le cas de l'État plurinational de Bolivie, thèse de doctorat en droit public, Université Paris-XIII, 2018, p. 26.
  16. ↑ 16,0 16,1 16,2 et 16,3 « Les Amériques, des constitutions aux démocraties : philosophie du droit des Amériques », Portail universitaire du droit, mai 2015.
  17. ↑ Jean-Louis Baudouin, recension de Les Amériques, des constitutions aux démocraties, Académie des sciences d'outre-mer, consultée le 12 septembre 2026.
  18. ↑ 18,0 et 18,1 Jean-René Garcia et Gisele Amaya Dal Bó, « Du “subversif” au “terroriste” ? Persistances et discontinuités dans la conceptualisation théorique de l'ennemi », Quadranti. Rivista Internazionale di Filosofia Contemporanea, vol. IX, nos 1-2, 2021, p. 65-91.

Article publié sur Wikimonde Plus

  • icône décorative Universités françaises
  • icône décorative Amérique
  • icône décorative Droit