Jonathan Denis

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Jonathan Denis
Nom de naissance Jonathan Denis
Naissance (42 ans)
Montbéliard
Nationalité Française

Jonathan Denis, né le 30 décembre 1983 à Montbéliard, est un militant associatif et auteur français. D'abord engagé dans la lutte contre le VIH/sida et contre les discriminations visant les personnes LGBT, il rejoint en 2015 l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD). Secrétaire général à partir de 2018, il en devient président en octobre 2021[1] et est réélu en octobre 2025 pour un dernier mandat de quatre ans[2].

À ce titre, il devient l'un des représentants réguliers des partisans d'une légalisation de l'aide à mourir dans le débat public français. Il intervient devant la Convention citoyenne sur la fin de vie, est entendu à plusieurs reprises par l'Assemblée nationale et devient en 2023 l'un des porte-parole du Pacte progressiste Fin de vie, coalition d'organisations favorables à une évolution de la législation[3]. Il expose également ses positions dans Mourir dans la dignité : plaidoyer pour la dernière des libertés, publié en 2024. Sous sa présidence de l'ADMD, le débat parlementaire aboutit à la loi du 18 août 2026 créant en France un droit à l'aide à mourir, dont la mise en pratique reste, en septembre 2026, subordonnée à la publication de décrets d'application[4],[5].

Biographie

Jonathan Denis grandit à Montbéliard dans une famille où la vie politique est présente. Il étudie la communication à l'ISCPA de Lyon, puis se forme au Studio École de France. Au début des années 2000, il travaille dans la radio. Il assure notamment des journaux le week-end sur Radio Espace à Lyon[6], avant de collaborer avec RTL et différentes antennes du groupe NRJ.

Il révèle son homosexualité à sa famille en décembre 2001, puis la rend publique l'année suivante dans l'émission Demain tous… Un homo dans la famille, diffusée sur M6. Le reportage est tourné en partie à Lyon et à Montbéliard[6]. Dix ans plus tard, L'Est Républicain revient sur cet épisode à l'occasion du débat sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe[7]. Cette période nourrit aussi ses premiers livres, L'Homme de ma mort (2002) et Le Reflet d'une ombre : confessions d'un jeune homo (2003).

Après ses activités dans les médias, Jonathan Denis s'oriente vers le secteur bancaire. Le Monde le présente comme cadre bancaire en 2018[8] et Le Parisien, l'année suivante, comme directeur d'agence bancaire[9]. L'ADMD le présente encore en 2026 comme cadre de banque, parallèlement à ses fonctions associatives[10].

Engagements associatifs

Lutte contre le VIH/sida et droits LGBT

En 2005, Jonathan Denis fonde une association appelée « Jeunes contre le sida », qu'il préside pendant plusieurs années. La structure mène des actions de sensibilisation et de prévention, notamment auprès des jeunes. Une thèse de sociologie consacrée aux mouvements militants autour de la mort choisie le mentionne rétrospectivement comme fondateur de cette association, avant son engagement à l'ADMD[11]. En 2019, Le Parisien le décrit toujours comme engagé dans la lutte contre le sida et pour les droits LGBT[9].

Un épisode survenu après la mort de son père, en décembre 2008, marque plus durablement son engagement contre les discriminations liées au VIH. Alors que son père vient de mourir d'un cancer, les pompes funèbres indiquent à la famille qu'elles attendent le résultat d'un test de dépistage du VIH avant de pouvoir pratiquer des soins de conservation. La réglementation française exclut alors de ces soins les personnes décédées porteuses du VIH ou de certaines hépatites virales. Le test se révélant négatif, les soins peuvent finalement être pratiqués[8].

Jonathan Denis transmet son témoignage à Jean-Luc Romero-Michel, alors président d'Élus locaux contre le sida. Celui-ci interpelle les pouvoirs publics et contribue à relancer sur ce sujet une mobilisation associative déjà ancienne. Après plusieurs années de revendications, l'interdiction des soins de conservation pour les personnes décédées porteuses du VIH ou des hépatites B et C est levée à compter du 1er janvier 2018[8]. Le cas de la famille Denis est ainsi l'un des témoignages mobilisés dans ce combat, sans en constituer à lui seul l'origine ni l'aboutissement.

Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité

Jonathan Denis adhère à l'ADMD en février 2015. Il participe d'abord aux Jeunes ADMD, qui cherchent notamment à sensibiliser les jeunes adultes aux droits des malades et aux positions défendues par l'association. En octobre 2018, il succède à Christophe Michel-Romero comme secrétaire général[1].

Le 2 octobre 2021, lors de la 41e assemblée générale de l'ADMD à Nantes, il est élu président. Il succède à Jean-Luc Romero-Michel, en fonction depuis 2007 et nommé président d'honneur. L'association précise alors que Jonathan Denis renonce à son militantisme politique afin d'exercer sa nouvelle responsabilité de manière non partisane[1].

Sa présidence s'inscrit dans la relance du débat national sur la fin de vie. Le 7 janvier 2023, il participe devant la Convention citoyenne sur la fin de vie à une table ronde sur le « droit à mourir » avec Claire Fourcade, présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP)[12]. Le 30 janvier, il est entendu à l'Assemblée nationale avec le médecin Denis Labayle dans le cadre de la mission d'évaluation de la loi Claeys-Leonetti[13].

En mars 2023, l'ADMD s'associe à dix-sept autres organisations pour créer le Pacte progressiste Fin de vie. Jonathan Denis et Matthias Savignac, président de la MGEN, en deviennent les porte-parole. La coalition défend à la fois un accès effectif aux soins palliatifs, le respect des directives anticipées et la légalisation d'une aide active à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie grave et incurable qui en font librement la demande[3]. Cette articulation entre développement des soins palliatifs et possibilité d'une aide à mourir devient l'un des axes de son argumentation publique.

Lorsque le projet de loi annoncé par Emmanuel Macron est présenté en 2024, Jonathan Denis accueille favorablement l'ouverture d'un calendrier parlementaire mais considère le dispositif comme trop restrictif. En mars, Le Monde rapporte que l'ADMD critique notamment l'exclusion de certaines maladies dégénératives et souhaite que l'administration de la substance létale par un tiers ne soit pas réservée aux personnes physiquement incapables de l'accomplir elles-mêmes[14]. Dans une tribune publiée avec Matthias Savignac le mois suivant, il demande en outre la suppression du critère de « pronostic vital engagé » et la prise en compte de directives anticipées[15]. Ces positions restent contestées par une partie des soignants : la SFAP et plusieurs sociétés savantes s'opposent alors à l'introduction d'une aide à mourir, qu'elles considèrent comme une transformation de la mission des professionnels de santé[14].

En parallèle, Jonathan Denis publie le 28 mars 2024 au Cherche Midi Mourir dans la dignité : plaidoyer pour la dernière des libertés, préfacé par Noëlle Châtelet. L'ouvrage mêle son argumentation en faveur d'une évolution de la loi à des témoignages de médecins, soignants, juristes et acteurs associatifs[16]. À l'occasion de sa parution, il affirme au Parisien que son père aurait bénéficié d'une euthanasie pratiquée illégalement en France[17].

Le 27 mai 2025, après l'adoption en première lecture par l'Assemblée nationale de la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir, Jonathan Denis salue un vote qu'il juge porteur d'espoir tout en soulignant que le parcours législatif n'est pas terminé. Dans le même temps, la SFAP réaffirme son opposition au texte, estimant qu'il modifie fondamentalement la mission des soignants[18]. Le 11 octobre suivant, l'assemblée générale de l'ADMD réunie au Mans le réélit pour un dernier mandat de quatre ans[2].

Après plusieurs lectures et plusieurs rejets du texte par le Sénat, l'Assemblée nationale l'adopte définitivement le 15 juillet 2026. Le Conseil constitutionnel le valide avec réserves le 14 août, puis la loi est promulguée le 18 août[4]. Elle ouvre l'aide à mourir aux adultes français ou résidant de manière stable et régulière en France qui remplissent plusieurs conditions cumulatives, parmi lesquelles une affection grave et incurable engageant le pronostic vital en phase avancée ou terminale, une souffrance réfractaire ou jugée insupportable et la capacité de manifester une volonté libre et éclairée[5]. Le dispositif ne reprend donc pas toutes les demandes portées par Jonathan Denis et le Pacte progressiste, notamment la possibilité de fonder une demande d'aide à mourir sur des directives anticipées lorsque la personne n'est plus en mesure d'exprimer sa volonté[15],[4]. En septembre 2026, la publication des décrets d'application nécessaires à la mise en pratique de la loi est encore attendue[5].

Engagement politique

L'engagement associatif de Jonathan Denis s'accompagne pendant plusieurs années d'une activité politique. Après avoir été membre puis délégué général d'« Aujourd'hui, Autrement », mouvement fondé par Jean-Luc Romero-Michel en 2004, il en devient président en avril 2008. Jean-Luc Romero-Michel annonce alors lui céder la direction du mouvement afin de se consacrer davantage à ses engagements associatifs[19],[11].

Lors des élections régionales de 2010, Jonathan Denis figure en tête de la section départementale de Paris de la liste de l'Alliance écologiste indépendante conduite en Île-de-France par Jean-Marc Governatori[20].

Il rejoint ensuite La République en marche. En juillet 2019, le mouvement l'investit à Pantin pour les élections municipales de 2020 ; il anime alors le comité local de LREM et exerce comme directeur d'agence bancaire[9]. En janvier 2020, il retire toutefois sa candidature comme tête de liste pour soutenir Geoffrey Carvalhinho, candidat de la liste « En avant Pantin ! »[21]. Il figure finalement en neuvième position sur cette liste lors du scrutin[22].

À son élection à la présidence de l'ADMD en octobre 2021, il annonce renoncer à tout militantisme politique partisan afin de se consacrer à cette fonction de manière non partisane[1].

Publications

  • L'Homme de ma mort, Publibook, 2002[23].
  • Le Reflet d'une ombre : confessions d'un jeune homo, Publibook, 2003[23].
  • Tu es trop jeune pour comprendre : Et si on faisait la politique autrement ?, Publibook, 2008[23].
  • Mourir dans la dignité : plaidoyer pour la dernière des libertés, préface de Noëlle Châtelet, Le Cherche Midi, 2024, ISBN 978-2-7491-8018-2[16].

Références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, « Jonathan Denis, élu nouveau président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité », 2 octobre 2021 (consulté le 7 septembre 2026).
  2. ↑ 2,0 et 2,1 Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, « Réélu à la tête de l’ADMD, Jonathan Denis met Emmanuel Macron face à ses promesses », 11 octobre 2025 (consulté le 7 septembre 2026).
  3. ↑ 3,0 et 3,1 MGEN, « 18 organisations de la société civile s’allient pour constituer un pacte progressiste sur la fin de vie », 20 mars 2023 (consulté le 7 septembre 2026).
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 « Loi n° 2026-794 du 18 août 2026 relative au droit à l'aide à mourir », Journal officiel de la République française, 19 août 2026 (consulté le 7 septembre 2026).
  5. ↑ 5,0 5,1 et 5,2 Gouvernement français, « Aide à mourir : ce que dit la loi », 20 août 2026, modifié le 21 août 2026 (consulté le 7 septembre 2026).
  6. ↑ 6,0 et 6,1 « Un journaliste lyonnais fait son coming-out ! », Lyon People, 12 novembre 2002 (consulté le 7 septembre 2026).
  7. ↑ « Homosexuel “sous-citoyen” », L'Est Républicain, 31 octobre 2012 (consulté le 7 septembre 2026).
  8. ↑ 8,0 8,1 et 8,2 Camille Bordenet, « Soins funéraires aux séropositifs : “Comment a-t-on pu priver des proches de leur deuil ?” », Le Monde, 10 janvier 2018, modifié le 11 janvier 2018 (consulté le 7 septembre 2026).
  9. ↑ 9,0 9,1 et 9,2 Sébastien Thomas, « Seine-Saint-Denis : LREM annonce de nouvelles têtes de liste », Le Parisien, 25 juillet 2019, modifié le 25 juillet 2019 (consulté le 7 septembre 2026).
  10. ↑ Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, « L'équipe » (consulté le 7 septembre 2026).
  11. ↑ 11,0 et 11,1 Lauréna Toupet Rojas, « La mort sous le manteau. Analyse sociologique de deux associations militant pour une mort choisie en France », thèse de doctorat en sociologie, Université de Lorraine, 2023, p. 163 (consulté le 7 septembre 2026).
  12. ↑ Convention citoyenne sur la fin de vie, « Programme de la session #3 de la Convention citoyenne sur la fin de vie », 5 janvier 2023 (consulté le 7 septembre 2026).
  13. ↑ Assemblée nationale, « Nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie : auditions et tables rondes », janvier-février 2023 (consulté le 7 septembre 2026).
  14. ↑ 14,0 et 14,1 Béatrice Jérôme, « Fin de vie : le projet de loi suscite des réactions clivées d’associations et de syndicats de soignants », Le Monde, 11 mars 2024, modifié le 11 mars 2024 (consulté le 7 septembre 2026).
  15. ↑ 15,0 et 15,1 Jonathan Denis et Matthias Savignac, « Projet de loi sur la fin de vie : “L’aide à mourir constitue le soin ultime” », Le Monde, 10 avril 2024, modifié le 10 avril 2024 (consulté le 7 septembre 2026).
  16. ↑ 16,0 et 16,1 « Mourir dans la dignité - Plaidoyer pour la dernière des libertés », Fnac, notice bibliographique (consultée le 7 septembre 2026).
  17. ↑ Bérangère Lepetit, « Fin de vie : “Mon père a bénéficié d’une euthanasie illégale en France” », Le Parisien, 26 mars 2024 (consulté le 7 septembre 2026).
  18. ↑ « L’Assemblée nationale adopte la proposition de loi créant un “droit à l’aide à mourir” », Le Monde, 27 mai 2025, mis à jour le 2 juin 2025 (consulté le 7 septembre 2026).
  19. ↑ Jean-Luc Romero-Michel, « Jonathan Denis, président d’Aujourd’hui, Autrement », blog personnel, 12 avril 2008 (consulté le 7 septembre 2026).
  20. ↑ Ministère de l'Intérieur, « Élections régionales de 2010 — Alliance écologiste indépendante, Île-de-France », archives des élections en France (consultées le 7 septembre 2026).
  21. ↑ « Municipales : l'actu du 30 janvier en Seine-Saint-Denis », Le Parisien, 30 janvier 2020 (consulté le 7 septembre 2026).
  22. ↑ Ministère de l'Intérieur, « Élections municipales 2020 — Pantin, liste “En avant Pantin !” », archives des élections en France (consultées le 7 septembre 2026).
  23. ↑ 23,0 23,1 et 23,2 « Jonathan Denis : tous les produits », Fnac, notices bibliographiques (consultées le 7 septembre 2026).

Article publié sur Wikimonde Plus

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