L'Écailler (maison d'édition)
| L'Écailler | |
| Repères historiques | |
|---|---|
| Création | 2000 |
| Dates clés | 2011 : reprise ; 2023 : nouvelle relance |
| Fondée par | François Thomazeau, Patrick Coulomb et Michel Martin-Roland |
| Fiche d’identité | |
| Siège social | Marseille (France) |
| Spécialités | Roman noir, Roman policier, littérature contemporaine |
| Langues de publication | français |
| Site web | https://editions-lecailler.com/ |
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L'Écailler est une maison d'édition française indépendante, née à Marseille en 2000 sous le nom de L'Écailler du Sud. D'abord consacrée au roman noir et au roman policier, elle s'est progressivement ouverte aux récits documentaires, à la musique et à d'autres formes de littérature. Son histoire est marquée par une reprise en 2011, une interruption de ses publications au cours des années 2010, puis une nouvelle relance sous le nom de L'Écailler à la fin de 2023[1],[2].
Associée à l'essor du polar marseillais au tournant des années 2000, la maison a publié aussi bien des auteurs de la région que des écrivains étrangers. Depuis 2023, son projet éditorial privilégie le roman noir entendu largement, au-delà de l'enquête criminelle et du cadre géographique provençal[3],[1].
Histoire
Les origines marseillaises (2000-2010)
L'Écailler du Sud est fondé en 2000 par les journalistes et écrivains François Thomazeau et Patrick Coulomb, avec Michel Martin-Roland. La maison apparaît dans le sillage de la vogue du roman noir marseillais, notamment portée par l'œuvre de Jean-Claude Izzo. Ses fondateurs souhaitent donner une place à de nouvelles voix du Sud sans se limiter à la littérature régionaliste. Le nom de la maison fait référence, sur le mode du clin d'œil, à la revue littéraire marseillaise Les Cahiers du Sud[4],[5],[2].
Les trois premiers livres sont présentés le 15 juin 2000 : Bonne mère, de François Thomazeau, Pourriture Beach, signé Patrick Blaise, pseudonyme de Patrick Coulomb, et Le Crapaud qui fume, de Serge Scotto. Publiés dans un format proche du livre de poche, ils illustrent une orientation qui associe récits criminels, regard social et liberté de ton. La maison annonce alors vouloir faire paraître une dizaine de titres par an[4].
Le catalogue s'étend au-delà de ses premiers auteurs et de Marseille. Dès 2002, il comprend notamment Rey, premier roman de Thomas Labat, et des rééditions de romans policiers d'Yvan Audouard. La maison publie par la suite des écrivains tels que Pia Petersen, Jean-Christophe Duchon-Doris ou Marie Neuser, tout en accueillant des auteurs issus des quartiers nord de Marseille, parmi lesquels Ridha Aati et Nordine Zoghani. Elle développe aussi des activités complémentaires : une déclinaison appelée L'Écailler du Nord, des collections d'« overlittérature » animées notamment par Gilles Ascaride et Henri-Frédéric Blanc, ainsi qu'une librairie ouverte pendant un temps à proximité de La Canebière[5],[3].
La reprise de 2011 et la mise en sommeil
En mars 2011, Guy Firroloni, fondateur des éditions corses Albiana, crée la société Altore afin de relancer L'Écailler. L'entreprise reprend son activité éditoriale à la rentrée de la même année, avec une partie de son équipe d'origine, notamment François Thomazeau, Patrick Coulomb et Michel Martin-Roland, qui participent à la direction des collections. La maison publie désormais sous le nom de L'Écailler, sans la mention « du Sud »[6],[7].
La nouvelle offre associe romans policiers, traductions, documents consacrés aux faits divers et livres sur le rock. Elle s'organise autour des collections « Polar & noir », « Documents », « Pulp », « L'Écailler du rock » et « Le petit Écailler ». Sa diffusion dépasse la région marseillaise et s'étend aux librairies françaises ainsi qu'à plusieurs marchés francophones[7].
Les publications se raréfient ensuite. Un reportage consacré au polar marseillais décrit la maison comme étant en sommeil depuis 2013 ; les acteurs de sa relance ultérieure situent la fin de cette première aventure éditoriale en 2015. François Thomazeau explique cet arrêt par les difficultés de développement d'une petite structure et par la charge de travail assumée bénévolement par ses fondateurs, parallèlement à leur métier de journaliste. Plus de 150 titres ont été publiés au cours de cette première histoire éditoriale[3],[1].
Une nouvelle relance à partir de 2023
En novembre 2023, François Thomazeau et Patrick Coulomb renouent avec l'édition sous le nom de L'Écailler. Ils s'associent à Bruno Richard, organisateur de manifestations littéraires et président de l'association L'Écrit du Sud. Patrick Coulomb assure la présidence de la structure. L'équipe présente publiquement le projet à Marseille, notamment lors d'une rencontre à la librairie Les Arcenaulx en avril 2024[2],[1].
La relance repose sur un programme plus resserré, de six à huit livres par an selon l'objectif annoncé, avec une diffusion confiée à Pollen. Les éditeurs entendent conserver leur attachement au roman noir tout en élargissant le choix des textes à des fictions littéraires, des récits d'inspiration historique et des œuvres dont les enjeux sociaux comptent davantage que la mécanique de l'enquête. Cette évolution correspond aussi au souhait d'éviter le rythme de publication et les contraintes économiques qui avaient fragilisé la première expérience[1].
Ligne éditoriale et collections
La spécialisation initiale dans le polar s'inscrit dans un paysage littéraire marseillais où le récit criminel sert fréquemment à décrire la ville, ses transformations et ses fractures sociales. L'Écailler du Sud se distingue toutefois d'une édition exclusivement régionale : ses fondateurs cherchent dès l'origine à accueillir des auteurs d'autres horizons, tandis que les collections d'« overlittérature » ouvrent une place à la satire, au burlesque et à l'expérimentation littéraire[4],[3].
La période 2011-2013 rend cette diversité plus lisible dans l'organisation du catalogue. Les romans sont notamment répartis entre « Polar & noir », « Pulp » et « Le petit écailler », où paraît le recueil de nouvelles Zù Cola, d'Andrea Camilleri. À côté de ces ensembles, « Documents » est notamment consacré aux affaires criminelles, tandis que « L'Écailler du rock » accueille des récits et essais sur les musiques populaires[7],[8].
La ligne définie en 2023 n'est plus organisée autour du seul roman d'enquête. Le terme de « noir » renvoie alors, pour l'équipe éditoriale, à des textes qui interrogent la violence, les rapports sociaux ou les parts sombres de l'existence, y compris lorsqu'ils empruntent à la fiction historique, au récit intime ou à la littérature générale. Le catalogue associe dès lors créations françaises, traductions et rééditions[1],[9].
Publications
Les parutions de 2011 à 2013
La reprise de 2011 s'ouvre avec Je tue les enfants français dans les jardins, de Marie Neuser, et Bob Dylan et le P'tit Quinquin, de Noël Simsolo. Parmi les autres parutions de cette année figurent Random, de Mathieu Croizet, Rock en vrac, de Michel Embareck, et Paris : 100 crimes oubliés, d'Olivier Richou et Michel Martin-Roland. Ce dernier ouvrage, consacré à l'histoire criminelle parisienne, illustre l'essor de la collection documentaire[8],[10].
L'année 2012 voit paraître des traductions ou éditions françaises d'auteurs étrangers, dont Zù Cola et autres nouvelles, de Andrea Camilleri, et Je ne quitterai pas ce monde en vie, du musicien et écrivain américain Steve Earle. La même année, la maison réédite Le Bal des cagoles, de Philippe Carrese, et accueille des romans français aux tonalités diverses : Le Feu au royaume, de Sébastien Doubinsky, Les Doigts du diable, de Dominique Delpiroux, Du côté des abattoirs, de Jan Thirion, et Un petit jouet mécanique, de Marie Neuser. Dans la collection « Pulp », Au service secret de Sa Sainteté, de Patrick Raynal, obtient le prix Arsène-Lupin en 2013[11],[12],[13].
Les ouvrages documentaires de la même période comprennent 100 crimes à Marseille, de Denis Trossero, et 100 crimes contre l'art, de Karin Müller. La collection consacrée au rock publie notamment Retour à Jajouka : sur les traces de Brian Jones au Maroc, de Gaston Carré. Parmi les autres titres de 2012 figurent Un léger bruit dans le moteur, de Jean-Luc Luciani, et Le Fasciste et le Président, de Gérard Bon. Le catalogue se prolonge en 2013 avec, entre autres, Des mecs bien, ou presque, roman de l'écrivain roumain Bogdan Teodorescu, traduit par Jean-Louis Courriol[8],[14],[15].
Le catalogue depuis la relance
Le premier livre de la nouvelle période, paru en novembre 2023, est Iris en feu, de Clarisse Gorokhoff et Wouter van der Veen, roman qui imagine les derniers jours de Vincent van Gogh à Auvers-sur-Oise. En 2024, Maeve, de l'Américaine CJ Leede, fait entrer l'horreur contemporaine dans le catalogue, tandis que La Reine des sirènes, de François Thomazeau, mêle poésie, exil et intrigue politique dans le cadre de Cadaqués. Bonaventura, premier roman de Thierry Aguila situé dans le milieu portuaire marseillais, maintient quant à lui un lien avec les origines policières de la maison[2],[16].
Cette diversification se poursuit avec Naître sans cesse, récit autobiographique du photographe Jean-Christian Bourcart, et Amen, roman de Mathieu Croizet qui fait écho à Random, publié en 2011. Parmi les ouvrages inscrits au catalogue en 2025 figurent Boulevard des rats, de Patrick Coulomb, Les Bonshommes, de Pierre Sérisier, et deux textes d'écrivains anglophones : Harlem, Jamaïque, Marseille, recueil de nouvelles de Claude McKay traduit par Françoise Bordarier, et Mr Love & Justice, de Colin MacInnes, traduit par François Thomazeau[9],[17],[18].
Le roman Bonaventura reçoit en 2025 le prix du premier roman du Goéland masqué, décerné lors du festival breton consacré au roman noir[19],[16].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 Pierre Magnetto, « L’écailler retrouve le chemin des librairies », NAJA21, (lire en ligne)
- ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Hervé Nedelec, « Édition : la troisième vie de l'Écailler (Marseille) », Gomet', (lire en ligne)
- ↑ 3,0 3,1 3,2 et 3,3 Hervé Lucien, « Polar marseillais, l’école du crime, partie 2 », MyProvence, (lire en ligne)
- ↑ 4,0 4,1 et 4,2 Michel Samson, « Pêche noire pour L'Écailler du Sud », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ 5,0 et 5,1 Pierre Vavasseur, « Deux éditeurs qui ont réussi loin de Paris », Le Parisien, (lire en ligne)
- ↑ « Guy Firroloni », sur Corsicathèque,
- ↑ 7,0 7,1 et 7,2 « L'Écailler », sur Le Chien jaune, festival du polar de Concarneau
- ↑ 8,0 8,1 et 8,2 « Collection « Documents » : les livres publiés par L'Écailler », sur Librairie Mollat
- ↑ 9,0 et 9,1 « Catalogue », sur Éditions L'Écailler (consulté le )
- ↑ « Le Paris des crimes et des juges au XXe siècle », sur Culturethèque, Institut français
- ↑ « Zù Cola et autres nouvelles, Andrea Camilleri », sur Librairie Mollat
- ↑ « Les doigts du diable, Dominique Delpiroux », sur Fnac
- ↑ « Au service secret de Sa Sainteté, Patrick Raynal », sur Librairie Mollat
- ↑ « Retour à Jajouka : sur les traces de Brian Jones au Maroc », sur Fnac
- ↑ « Des mecs bien, ou presque, Bogdan Teodorescu », sur Ammareal
- ↑ 16,0 et 16,1 « Thierry Aguila », sur Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d'Azur
- ↑ « Éditions : Claude McKay en français », sur McKay 100 ans après
- ↑ « François Thomazeau », sur Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d'Azur
- ↑ « Prix du premier roman du Goéland masqué 2025 », sur Le Goéland masqué
Liens externes
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