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La Dominicale

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La Dominicale ou Société des dominicaux est une goguette du XVIIIe siècle, fondée vers 1759 et active durant plusieurs dizaines d'années.

Elle disparaît à la Révolution après avoir compté dans ses rangs Vadé mort en 1757 et Crébillon fils[1] mort en 1777.

Cette longévité n'est pas exceptionnelle,[Interprétation personnelle ?] d'autres sociétés chantantes, comme les Joyeux à Belleville ou la Lice chansonnière, par exemple, ont existé aussi durant très longtemps.

Description de la Dominicale

Arthur Dinaux écrit[2] :

M. Louis, chirurgien célèbre, rassemblait tous les dimanches à dîner[3] des convives aussi joyeux que lui. Cette réunion, connue sous le nom de la Dominicale, s'accrut par l'admission de quelques débris de la seconde société du Caveau. De toutes les sociétés chansonnières, la Dominicale est peut-être la seule qui dérogea à la loi que toutes s'étaient faite, on ne sait pour quelle cause, de ne point admettre les femmes dans leur sein. L'aimable et spirituelle Sophie Arnould fut donc admise à ces dîners qu'elle anima par ses fines saillies et par un esprit vif et délicat qui excitait une noble émulation parmi tous les convives. Bien plus, elle prêta le secours de sa voix charmante pour faire valoir les œuvres des chansonniers qui s'y réunissaient[4], Vadé, Crébillon fils[1], Barré, Coqueley de Chaussepierre[5], éprouvèrent tour-à-tour qu'il n'était sorte de chanson que le talent de Sophie ne pût accréditer. C'est ce qu'il serait facile de prouver si cette société, moins avare de ce qui lui était exclusivement destiné, eut livré à l'impression de joyeuses bagatelles qui sont restées manuscrites et qu'il serait bien difficile de retrouver. La dispersion des convives de la Dominicale ne s'est opérée que lorsque la Révolution vint imposer silence à tant de chants et fermer tant de lieux de divertissements.
{Œuvres choisies de Pierre Laujon). Dîners joyeux pages 237-387, tome IV. Paris, Léopold Collin, 1811, in-8.}

L'admission de Sophie Arnould à la Dominicale

Il se forma pourtant vers la même époque (1759) la Société des dominicaux, parce qu'elle tenait ses séances le dimanche.
Les femmes étaient exclues de cette société, exemple peu galant suivi de nos jours par le Caveau et la Lice chansonnière.
Sophie Arnould, poussée par la curiosité, péché mignon des femmes, voulut connaître ce comité des lettres et des arts et y vint un jour la première, elle se tint mystérieusement derrière un paravent, et lorsque le dernier des invités fut arrivé, elle se montra et dit en riant : « Messieurs, ne refusez pas un confrère. » Enfin son discours de réception fut si spirituellement tourné qu'elle fut acceptée sociétaire par acclamation[6].

Notes et références

  1. 1,0 et 1,1 Crébillon fils est un des fondateurs de la Société du Caveau.
  2. Arthur Dinaux Les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes, leur histoire et leurs travaux, Bachelin-Deflorenne, Paris 1867, page 235.
  3. C'est-à-dire à déjeuner. On appelait à l'époque en France déjeuner ce qu'on y appelle aujourd'hui le petit déjeuner, dîner le déjeuner et souper le dîner.
  4. Sophie Arnould était une célèbre chanteuse d'opéra.
  5. Charles-Georges Coqueley de Chaussepierre, fils de Denis Coqueley de Chaussepierre est un jurisconsulte, avocat au Parlement, nommé censeur royal en 1736. Chansonnier, poète, écrivain, il a écrit des mémoires et des chansons. De 1752 à 1789 il est un des rédacteurs du Journal des savants.
  6. Reflets poétiques et artistiques du XIe au XIXe siècle... (Gabriel de Gonet éditeur)

Bibliographie

  • Arthur Dinaux Les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes, leur histoire et leurs travaux, Bachelin-Deflorenne, Paris 1867.

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