Le Petit Sauvage
| Le Petit Sauvage | |
| Auteur | Alexandre Jardin |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Roman |
| Éditeur | Gallimard |
| Collection | Blanche |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | |
| Illustrateur | François Place |
| Nombre de pages | 238 |
| ISBN | 978-2-07-072690-5 |
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Le Petit Sauvage est un roman de l'écrivain français Alexandre Jardin, paru le 27 août 1992 chez Gallimard, dans la collection Blanche, avec des illustrations de François Place[1].
Le livre met en scène un industriel de trente-huit ans qui, découvrant ce qu'il a perdu de la liberté de son enfance, abandonne son existence rangée pour tenter de redevenir le « Petit Sauvage » qu'il était autrefois. Cette quête mêle retrouvailles familiales, aventures amoureuses et refus des conventions sociales. Le roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique libre, Le Prof, réalisée par Jardin en 2000[2].
Intrigue
Alexandre Eiffel, présenté comme un descendant de Gustave Eiffel, dirige une entreprise de serrures. Il a réussi professionnellement et vit avec son épouse, Elke, mais se sent prisonnier de ses habitudes et de son emploi du temps. Au marché aux oiseaux de Paris, il retrouve et achète le perroquet de son enfance, qui répète une formule jadis prononcée par son père : « Le Petit Sauvage, tu es un fou ! » Cette rencontre lui rappelle l'enfant imaginatif et insoumis qu'il a été et le pousse à rompre avec la vie qu'il mène[3],[4].
Après avoir quitté sa femme et son entreprise, Alexandre rachète la Mandragore, la propriété familiale de la Côte d'Azur où il passait ses vacances enfant. Il y ramène sa grand-mère, surnommée Tout-Mama, dont la vitalité et la fantaisie incarnent pour lui ce passé. Il cherche également à renouer avec la Société secrète des Crusoé, un groupe d'amis avec lesquels il rêvait de vivre en Robinson sur l'île des Pommiers[4].
Ses souvenirs sont aussi liés à Fanny, une voisine plus âgée qui fut son premier amour. En la retrouvant, Alexandre rencontre sa fille Manon, devenue volcanologue, dont il tombe amoureux. Leur relation se heurte cependant au projet de mariage de Manon et à l'obsession d'Alexandre pour son enfance. Déçu de constater que ses anciens compagnons ne partagent plus ses rêves, il part seul vivre plusieurs mois sur l'île des Pommiers. Ce séjour lui permet d'éprouver la liberté qu'il recherchait, mais ne suffit pas à résoudre sa relation avec Manon, qu'il tente ensuite de reconquérir[4].
Le récit se prolonge au-delà de cette reconquête amoureuse. Confronté à un cancer et à la perspective de devenir père, Alexandre cherche à transmettre à son enfant à naître ce que son aventure lui a appris : rester fidèle à ses désirs et à sa singularité sans confondre l'âge adulte avec la résignation[4].
Thèmes et écriture
Le retour à l'enfance constitue le ressort principal du roman. Alexandre oppose au quotidien réglé de l'entrepreneur les expériences, les jeux et les promesses de ses jeunes années. Pourtant, les lieux retrouvés ont changé et les personnes qu'il a connues ont vieilli. Sa tentative de reprendre sa vie là où il l'avait laissée se transforme ainsi en recherche d'une autre manière d'être adulte, capable de préserver la spontanéité de l'enfance sans nier le passage du temps[4].
La dimension amoureuse de l'intrigue participe de cette tension entre souvenir et présent : Fanny incarne un désir ancien, tandis que Manon représente une relation à construire. Le livre accorde aussi une place inhabituelle à sa présentation graphique. Le texte joue sur la disposition et la taille des caractères, recourt à des calligrammes et s'accompagne de dessins de François Place, notamment d'une illustration en couleurs sur dépliant[1],[5].
Publication et réception
Le Petit Sauvage est le quatrième roman d'Alexandre Jardin, après Bille en tête, Le Zèbre et Fanfan. Une édition de poche paraît le 24 novembre 1994 dans la collection « Folio » (n° 2652), en conservant les illustrations de François Place[6].
Le roman suscite notamment une critique très défavorable dans Le Monde du 28 août 1992. Dans un article consacré à la rentrée littéraire, le quotidien dénonce les procédés graphiques du livre, juge les calligrammes et les illustrations superflus et le qualifie de « livre-clip ». Il met également en cause la décision de Gallimard de publier l'ouvrage dans sa prestigieuse collection Blanche[5].
Adaptation cinématographique
Alexandre Jardin reprend librement son roman dans Le Prof, une comédie sortie en France le 12 avril 2000, dont il signe l'adaptation et le scénario avec Hélène Jousse. Le film réunit Jean-Hugues Anglade, Yvan Attal et Hélène de Fougerolles[2].
L'histoire est transposée dans le milieu scolaire : le protagoniste, devenu professeur de lycée, remet en question les méthodes d'enseignement traditionnelles, tandis que son ami Hippolyte défend une approche plus conventionnelle. Le film conserve plusieurs personnages et motifs du livre, notamment Manon, la grand-mère et la Société des Crusoé, mais déplace la recherche de liberté du personnage vers le domaine de l'éducation[2],[7].
Notes et références
- ↑ 1,0 et 1,1 « Le Petit Sauvage », sur Cercle Gallimard de l'enseignement, Gallimard (consulté le )
- ↑ 2,0 2,1 et 2,2 « Le Prof », sur Garance, portail du patrimoine cinématographique en France (consulté le )
- ↑ « Le petit sauvage : roman », sur Réseau des médiathèques de l'Institut français du Vietnam (consulté le )
- ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 et 4,4 Argoul, « Alexandre Jardin, Le Petit Sauvage », sur Argoul, (consulté le )
- ↑ 5,0 et 5,1 « La rentrée littéraire », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ « Le Petit Sauvage », sur Cercle Gallimard de l'enseignement, Gallimard (consulté le )
- ↑ Anne-Sophie Damecour, « France 2, 20 h 55 « Le Prof » : une comédie idéaliste », Le Parisien, (lire en ligne)
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