Lina Karam (peintre)

Aller à la navigation Aller à la recherche
Lina Karam
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
(68 ans)
Beyrouth (Liban)
Nationalité
Française
Activité
Artiste peintre, graphiste, créatrice de motifs textiles
Formation
École supérieure d'arts graphiques Penninghen ; École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (dessin)
Site web

Lina Karam, née le 10 juillet 1958 à Beyrouth, est une artiste peintre, graphiste et créatrice de motifs textiles française d'origine libanaise. Installée à Paris depuis 1976, elle mène une carrière à la croisée de la peinture et du design textile, réalisant aussi bien des tableaux que des dessins destinés à la mode et aux arts décoratifs[1].

Après avoir développé des motifs pour plusieurs maisons de couture dans les années 1990 et 2000, elle se consacre davantage à la peinture. Ses compositions associent des éléments figuratifs, des trames imprimées et des références à la mer Méditerranée. Ses œuvres ont notamment été présentées à Paris, Bruxelles et Venise, où elle participe à plusieurs expositions organisées en marge de la Biennale de Venise[2].

Biographie

Enfance et formation

Lina Karam est la fille de l'architecte libanais Joseph Philippe Karam (1923-1976) et de Mona George Hayek. Elle grandit à Beyrouth dans un milieu familial tourné vers la création et pratique le dessin dès l'enfance[3],[4].

Elle s'installe à Paris en 1976, au début de la guerre du Liban. Elle étudie aux ateliers de Guillaume Met de Penninghen et de Jacques d'Andon, au sein de l'École supérieure d'arts graphiques (ESAG), dont elle sort diplômée en 1980. Elle fréquente également les Beaux-Arts de Paris, où elle se forme au dessin anatomique[1],[4].

Dès ses premières années parisiennes, elle poursuit simultanément la peinture et les arts graphiques. Ses tableaux à l'huile représentent alors des figures, des scènes de fête et des autoportraits. Elle participe, avec son école, à une exposition collective au Centre Georges-Pompidou en 1980, puis à une manifestation consacrée à La Mode en peinture organisée par Prosper Assouline en 1984. Sa première exposition personnelle a lieu en 1986 à la galerie Jean-Pierre Lavigne, à Paris, avec un texte de présentation du critique d'art Jean-Luc Chalumeau[4].

Création textile et collaborations avec la mode

À partir de la fin des années 1980, les fonds tramés, les figures et les motifs colorés de ses peintures retiennent l'attention de fabricants de tissus. Karam développe alors une activité de dessin textile, notamment pour la maison de soieries Abraham, tout en poursuivant l'illustration et la peinture. Elle présente ses créations au salon professionnel Première Vision à partir de 1994. Ses motifs sont utilisés non seulement pour des étoffes et des vêtements, mais aussi pour des foulards, des accessoires, des tapis ou des éléments de présentation de collections[1],[5].

Elle travaille avec les studios de Yves Saint Laurent, de Gucci pendant la direction artistique de Tom Ford, ainsi que d'Emanuel Ungaro à l'époque où Giambattista Valli y exerce. Pour Yves Saint Laurent, des dessins de Karam sont notamment employés dans la mode de la fin des années 1990 ; une jupe de la collection 1998 est évoquée dans un portrait publié par L'Orient-Le Jour[1]. Son parcours comprend également des commandes de Diane von Fürstenberg, de Tsumori Chisato et de la styliste japonaise Tokuko Maeda. En 2019, elle réalise des dessins destinés à Valentino, sous la direction artistique de Pierpaolo Piccioli, pour des projets liés à la saison printemps-été 2020[5].

Cette circulation entre art et création appliquée se prolonge dans la cosmétique. Pour la Design Week de Milan, en 2016, elle conçoit le décor de la collection de maquillage en édition limitée Beauty Collage Design Collection de Deborah Milano, en réinterprétant le motif floral de la marque. Cette dernière la présente alors comme son « artiste de l'année », une distinction liée à leur collaboration[6],[1].

Développement de la carrière picturale

Bien qu'elle n'ait jamais interrompu son travail de peintre, Lina Karam lui accorde une place croissante à partir du milieu des années 2000. Elle présente ses tableaux à Bruxelles, notamment lors d'une exposition personnelle à la galerie Knott en 2010, et diffuse ses œuvres sur la plateforme Saatchi Art. Certaines de ses peintures sont également présentées sur les écrans de la Saatchi Gallery de Londres en 2014 et 2015. En 2017, elle participe au projet collectif consacré à l'autoportrait From Selfie to Self-Expression[4].

Elle prend par ailleurs part à des événements collectifs et caritatifs. En 2007, puis en 2009, elle fournit des dessins aux manifestations Art Protects organisées à la galerie Yvon Lambert à Paris au bénéfice de l'association AIDES[7],[4].

En octobre 2018, elle présente l'installation Patchwork lumière à la galerie Joseph, à Paris, dans la programmation « hors parcours » de la Nuit Blanche. Conçue autour des formes et des couleurs des années 1960 et 1970, l'œuvre est notamment pensée comme un hommage à Mai 68[8],[9].

À Venise, son travail est exposé en 2019 au Palazzo Mora dans Personal Structures – Identities, exposition collective de l'European Cultural Centre organisée parallèlement à la 58e Biennale d'art contemporain. Elle y présente une huile sur toile imprimée associant coquillages et représentation d'un cœur, faisant écho à ses racines méditerranéennes[2]. Elle participe ensuite aux expositions Maternità: il dono della vita (2020) et Fata Turchina (2021) au Palazzo Albrizzi-Capello, sous l'égide de l'Association culturelle italo-allemande de Venise. La seconde, présentée comme une triennale d'art indépendante, est consacrée aux éléments naturels et aux enjeux écologiques[10],[11].

Au printemps 2022, elle présente au même palais une exposition personnelle, Si vis pacem para pacem, autour de la guerre et de la paix, dans le contexte de la programmation artistique vénitienne parallèle à la Biennale[5]. De novembre 2025 à janvier 2026, elle figure parmi les artistes réunis dans Knott So MAD, exposition organisée à MAD Brussels à l'occasion des vingt-cinq ans de création du styliste Jean-Paul Knott[12].

En juin et juillet 2026, une nouvelle exposition personnelle, Diving in the Depth of a Journey, se tient au Palazzo Albrizzi-Capello. Elle est consacrée au voyage, à la migration et à l'identité et prend pour point de départ le poème « Le Voyage » de Charles Baudelaire, tiré des Fleurs du mal[13],[14].

Œuvre picturale

La création textile et la peinture ne constituent pas deux domaines séparés dans le travail de Lina Karam. Ses dessins de tissus alimentent son vocabulaire pictural, tandis que sa pratique de l'huile lui permet de transformer les motifs répétés en compositions singulières. Elle utilise notamment des toiles préalablement imprimées sur lesquelles elle peint, superposant figures, textures et plages colorées. Les pochoirs, les glacis, l'opacité et les effets de transparence participent à cette recherche sur les couches de l'image et la lumière[5],[2].

Sa peinture oscille entre figuration et abstraction. Les vagues, les coquillages, les fleurs, les silhouettes et les références à la mythologie antique y côtoient des formes décoratives issues du graphisme. La Méditerranée revient comme un paysage familier, mais aussi comme un lieu associé au souvenir du Liban. Dans une série d'œuvres plus récentes, l'expérience du départ et les questions de guerre, de paix ou d'exil deviennent plus explicites : Si vis pacem para pacem aborde les conflits, tandis que Diving in the Depth of a Journey rapproche l'itinéraire personnel de l'artiste de la poésie de Baudelaire[1],[2],[13].

Expositions et manifestations (sélection)

  • 1986 : première exposition personnelle, galerie Jean-Pierre Lavigne, Paris ; préface de Jean-Luc Chalumeau[4].
  • 1999 : exposition personnelle aux Les Bains Douches, Paris[4].
  • 2010 : exposition personnelle à la Knott Gallery, Bruxelles[4].
  • 2015 : exposition collective au Palazzo Ca' Zanardi, Venise, en marge de la Biennale[4].
  • 2018 : Patchwork lumière, installation pour la Nuit Blanche, galerie Joseph, Paris, dans la programmation hors parcours[8].
  • 2019 : Personal Structures – Identities, exposition collective de l'European Cultural Centre, Palazzo Mora, Venise, en marge de la Biennale[2].
  • 2020 : Maternità: il dono della vita, exposition collective, Palazzo Albrizzi-Capello, Venise[10].
  • 2021 : Triennale Venezia 2021 – Fata Turchina, exposition collective, Palazzo Albrizzi-Capello, Venise[11].
  • 2022 : Si vis pacem para pacem, exposition personnelle, Palazzo Albrizzi-Capello, Venise[5].
  • 2025-2026 : Knott So MAD, exposition collective consacrée à l'univers de Jean-Paul Knott, MAD Brussels, Bruxelles[12].
  • 2026 : Diving in the Depth of a Journey, exposition personnelle, Palazzo Albrizzi-Capello, Venise[14].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 Zéna Zalzal, « Lina Karam et Sarah Saleh : de l’art (graphique) à la mode, et vice versa… », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 Zéna Zalzal, « À Venise ou à Djeddah, le design libanais sous toutes les latitudes », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  3. ↑ « Témoignages d’anciens – Success stories » [PDF], sur Université Saint-Joseph de Beyrouth (consulté le )
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 4,4 4,5 4,6 4,7 et 4,8 « Lina Karam : biographie et expositions », sur Saatchi Art (consulté le )
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 et 5,4 « Lina Karam : parcours et collaborations », sur Viadeo (consulté le )
  6. ↑ (it) Loredana Ranni et Martina Villa, « Gli appuntamenti beauty per il Salone del Mobile 2016 », sur iO Donna, (consulté le )
  7. ↑ « Aides / Art Protects : vente à la galerie parisienne Yvon Lambert », sur Paris Art, (consulté le )
  8. ↑ 8,0 et 8,1 « Nuit Blanche 2018 : dossier de presse, « Hors parcours », p. 46 » [PDF], sur Ville de Paris, (consulté le )
  9. ↑ « Nuit Blanche 2018 project / Patchwork Lumière », sur Saatchi Art (consulté le )
  10. ↑ 10,0 et 10,1 (it) « Maternità: il dono della vita », sur Palazzo Albrizzi-Capello – ACIT Venezia (consulté le )
  11. ↑ 11,0 et 11,1 (it) « Triennale Venezia 2021 – Fata Turchina / Blue Fairy », sur Palazzo Albrizzi-Capello – ACIT Venezia, (consulté le )
  12. ↑ 12,0 et 12,1 « KNOTT SO MAD », sur MAD Brussels, (consulté le )
  13. ↑ 13,0 et 13,1 (it) Lorenzo M., « Lina Karam a Palazzo Albrizzi-Capello: ultima settimana per visitare la mostra », sur La Voce di Venezia, (consulté le )
  14. ↑ 14,0 et 14,1 « Diving in the Depth of a Journey, Lina Karam », sur Agenda Culturel, (consulté le )

Liens externes

Article publié sur Wikimonde Plus

  • icône décorative Peinture
  • icône décorative Mode