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Marthe Piotet

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Marthe Piotet (11 février 1919 - 8 mars 2000) est une artiste peintre figurative, portraitiste, illustratrice et émailleuse sur cuivre française.

Biographie

Marthe Piotet-Varnier est née à Berrouaghia, commune mixte dont son père était l'administrateur. C'est à Alger qu'elle va passer son enfance et son adolescence. Son grand père Maurice Varnier, occupait le poste de secrétaire général du Gouvernement de l'Algérie[1], Haut commissaire du Gouvernement[2] à Oujda[3].

Élève des Beaux-Arts d'Alger dès 1934, elle obtient le 1er prix de sa session en 1939, mais ces études artistiques vont être soudainement interrompues.

Les années guerre (1940 - 1948)

L'entrée de l'armée allemande dans Paris, puis l'appel du généra de Gaulle depuis Londres, le 18 juin 1940, décide Marthe Piotet à se mettre au service de son pays, elle a alors 21 ans. Elle s'engage comme bénévole en tant qu'ambulancière de la Croix-Rouge française et suit des stages au 27e régiment du Train, unité spécialisée dans la logistique, le transport matériel et les munitions.

Le 8 novembre 1942, jour du débarquement américain en Afrique du Nord, elle franchit la ligne des assaillants pour porter secours à des blessés de la batterie Duperré encerclée. Suite à cet acte de bravoure, elle est décorée de la Croix de guerre avec citation à l'ordre de la brigade.

Février 1943, elle signe son engagement dans le corps des Auxiliaires Féminines de l'Armée de Terre (AFAT) pour la durée de la guerre et suit la formation des cadres officiers.

Octobre 1943 c'est sur le croiseur école Jeanne d'Arc qu'elle part pour la campagne de Corse en tant qu'ambulancière - secours aux populations civiles, avec l'équipe de la Section automobile nord africaine[4] (SANA)

Novembre 1944 elle part pour l'Extrême-Orient avec affectation au Service Action, bureau du chiffre - Force 136 - détachement français des Indes à Calcutta, puis chargée de missions avec grade de sous-lieutenant.

Novembre 1945 déplacement à Saïgon toujours au Service Action. C'est à cette époque qu'elle rencontre Robert Piotet, directeur régional des transmissions, ils se marient le 27 mai 1946 à Saïgon; En mars 1946 elle est mutée aux Forces du Laos - Chef du Chiffre de la base arrière. Marthe et Robert Piotet sont démobilisés en 1948, année de naissance de leur fille.

Pendant ces années de guerre, Marthe Piotet va pérenniser les événements qu'elle a vécus à travers ses carnets de notes et ses dessins[5],[6]

Alger (1948 - 1962)

De retour à Alger, après la guerre, elle retrouve une vie familiale avec son mari et sa fille mais aussi ses pinceaux. Pour son plaisir personnel, elle peint sans cesse, perfectionnant ainsi son art et offrant à son entourage amical les œuvres qu'elle réalise, dont une huile représentant la Vierge à l'enfant offerte au couvent des pères Dominicains d'Alger. Durant cette période elle mettra l'accent sur les portraits, huiles, dessins et fusains. Elle va créer aussi de nombreuses sculptures en modelage : figurines qu'elle va peindre mais aussi bustes d'enfants. Les paysages et fleurs sont également une grande source d'inspiration et elle fait de nombreuses toiles sur ces thèmes.

« D'un tempérament bien trempé, Marthe était la discrétion même. D'une extrême modestie, toujours gaie et affable, elle a fait le bonheur de tous ceux qui l'ont approchée. »[7]

Découverte de l'art de l'émail dès 1963

1962, installée à Limoges, Marthe étudie les émaux sur cuivre, elle se spécialise dans les miniatures persanes, la finesse de son travail est remarquable[8]. Très appréciés, les émaux "Piotet" sont extrêmement recherchés, un talent reconnu par la critique qui plébiscite la sensibilité et la qualité de son oeuvre[9]. Son goût du portait l'amène tout naturellement à réaliser cet art avec cette technique. C'est avec un portrait réalisé à l'aiguille, en blanc de Limoges ou grisaille qu'elle a obtenu le premier prix et médaille de Vermeil de la ville de Pau en 1973[10].

Un large panel d'autres sujets comme les oiseaux de paradis, les bouquets et paysages sont déclinés en différents formats, composant une collection très variée.

Illustrations botaniques (1970-1983)

1970, ces années marquent également son parcours avec une série de planches botaniques à l'aquarelle sur les champignons. Membre de la Société mycologique du Limousin, elle étudie et illustre les publications de cette entité, de ses dessins de champignons[11],[12].

Son époux Robert Piotet, créateur d'entreprises, lui permet d'exprimer son goût pour la botanique avec un tout autre support, la porcelaine :

1980 elle réalise de nombreux dessins documentaires sur les plantes médicinales, ses illustrations sont reproduites en une collection originale de pots à pharmacie peints à la main.

Les marines (1983-2000)

En 1983, un incendie détruit les locaux des Porcelaines Piotet, ce qui met fin à leur activité. Le couple se retire alors en Vendée, sur l'île de Noirmoutier qui ouvrira d'autres horizons artistiques à Marthe. Avec la variété des paysages d'atlantique elle réalise de nombreuses marines jusqu'en 2000, année de son décès.

Distinctions honorifiques

  • Croix de Guerre 1939-1945 avec citation à l'ordre de la Brigade
  • Médaille du Mérite militaire
  • Médaille d'Extrême-Orient

Prix

  • 1939 Premier prix des Beaux-Arts d'Alger
  • 1947 Premier prix des Beaux-Arts de Calcutta
  • 1964 Diplôme d'honneur de la ville de Pau
  • 1968 Deuxième prix avec médaille d'argent de la ville de Pau[13]
  • 1973 Premier prix avec médaille vermeil de la ville de Pau [14],[15]
  • Prix André Ducretet (du nom de son créateur et président d'honneur de la Société des Amis des Arts de la ville de Pau). Ce prix est destiné à la catégorie des artistes «qualifiés»
  • Coupe de la Chambre de commerce [16]

Expositions

  • Septembre-octobre 2013 exposition dessins botaniques : les champignons, planches documentaires réalisées par Marthe Varnier - mairie de Panazol[17]
  • Exposition sur l'ensemble de son œuvre, émaux sur cuivre, huiles (portraits, bouquets, paysages) dessins, pastels, planches documentaires de plantes médicinales originaux papier et réalisation des modèles sur pots apothicaires, peints main d'après ces modèles - Médiathèque[18] de Panazol

Notes et références

  1. Pierre Giffard, Paul Gers, M. Loubet en Afrique, Imprimerie Chaix, avril 1903 disponible sur Gallica
  2. Maurice Varnier, Exposé de la situation générale du Maroc oriental à la fin de l'année 1912, Oran, Imprimerie D. Heintz et fils, 1914
  3. « Hommage à Maurice Varnier », Les Tablettes marocaines du 6 décembre 1919
  4. http://rha.revues.org/2033
  5. roman épistolaire Destin
  6. http://femmesenuniforme.blogspot.fr/2013/08/livre-annick-de-fornel-femmes-la-guerre.html
  7. [1]
  8. Catalogue de la société des amis des arts- octobre 1974
  9. "La République des Pyrénées" 8 octobre 1973
  10. La République des Pyrénées, 14 octobre 1973, page 7
  11. Article juin 2013, magazine de la ville de Panazol
  12. Les bulletins de la Société mycologique du Limousin
  13. ECLAIR - 7 octobre 1968
  14. La République des Pyrénées - 14 novembre 1973 - Page 7 - article de novembre
  15. ECLAIR - 26 novembre 1973 - Page Associations
  16. Sud Ouest - 9 décembre 1986 - Page "VIE ASSOCIATIVE/BEAUX ARTS"
  17. "L'art et la nature, deux passions clés "Le Populaire.fr
  18. Hommage rendu à Marthe Piotet

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