Louis Loriot
| Louis Loriot | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président de la section des Finances du Conseil d'État | |
| – (8 ans) |
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| Prédécesseur | Albert Delfau |
| Successeur | Charles Brasart |
| Directeur des Affaires civiles et du Sceau | |
| – (3 ans, 6 mois et 14 jours) |
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| Directeur du personnel et de la comptabilité au ministère de la Justice | |
| – (4 ans, 3 mois et 2 jours) |
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| Directeur du cabinet du garde des sceaux | |
| – | |
| Conseiller général de l'Eure | |
| – (13 ans) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Pont-Audemer (Eure) |
| Date de décès | (à 79 ans) |
| Lieu de décès | Bavent (Calvados) |
| Nationalité | Française |
| Père | Charles Loriot |
| Profession | Magistrat, haut fonctionnaire |
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Louis Jean Loriot, né le 21 octobre 1883 à Pont-Audemer (Eure) et mort le 28 novembre 1962 à Bavent (Calvados)[1], est un magistrat et haut fonctionnaire français, également conseiller général de l'Eure. Après une carrière au parquet puis à l'administration centrale de la Justice, il poursuit sa carrière au Conseil d'État, dont il préside la section des Finances de 1945 à 1953. Au début des années 1950, il joue en outre un rôle dans les travaux qui préparent la réforme de la fiscalité indirecte et l'introduction de la taxe sur la valeur ajoutée en France.
Origines, formation et Première Guerre mondiale
Louis Loriot est le fils de Charles Loriot (1850-1930), magistrat puis député de l'Eure[2]. Il suit des études de droit à Paris et soutient en 1910, à la faculté de droit de l'Université de Paris, une thèse intitulée Des attaques offensantes dirigées contre le Président de la République et les citoyens investis d'un mandat électif[3].
Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme sous-lieutenant au 11e régiment d'infanterie territoriale. Il reçoit la croix de guerre 1914-1918 en 1918[4].
Carrière judiciaire et administrative
Magistrature et ministère de la Justice
Loriot entre dans la magistrature en 1911 comme substitut à Bar-sur-Aube, puis exerce à Corbeil à partir de 1912. Sa carrière au parquet le conduit ensuite à être procureur à Bar-sur-Seine puis à Coulommiers en 1918, et à Mantes en 1919. Rappelé à Paris, il devient secrétaire en chef du parquet général près la cour d'appel en mai 1921, puis substitut au tribunal de la Seine en juillet 1923[5].
En novembre 1926, il est nommé directeur du cabinet du garde des sceaux. Après un bref passage comme substitut du procureur général près la cour d'appel de Paris au début de 1928, il devient, le 4 février, directeur du personnel et de la comptabilité au ministère de la Justice. Nommé conseiller d'État en service extraordinaire en mai 1930, il continue à exercer à l'administration centrale et prend, en mai 1932, la direction des Affaires civiles et du Sceau. Il quitte cette fonction le 20 novembre 1935 pour poursuivre sa carrière au Conseil d'État[5].
Conseil d'État et réforme fiscale
Louis Loriot préside la section des Finances du Conseil d'État de 1945 à 1953, entre Albert Delfau et Charles Brasart[6].
Son rôle dans les débats fiscaux apparaît avant même la grande commission de 1952. Une étude de l'historien du droit Damien Falco relève qu'en 1951 Loriot préside une séance de la commission « Fiscalité et Productivité » au cours de laquelle Maurice Lauré défend un projet de taxe sur la valeur ajoutée. Après l'exposé de positions divergentes au sein de l'administration fiscale, le directeur général des Impôts se prononce alors en faveur du principe de cette taxe[7]. Cette séquence s'inscrit dans une évolution plus large de la fiscalité du chiffre d'affaires ; les travaux historiques ne font donc pas de Loriot l'inventeur de la TVA, mais montrent son intervention dans le processus administratif qui précède son adoption[7].
En avril 1952, Loriot devient vice-président d'une commission gouvernementale de réforme fiscale, officiellement présidée par le président du Conseil et chargée d'élaborer un projet de refonte du système[8]. Il en dirige les travaux, au point que l'organisme est couramment désigné comme la « commission Loriot ». Celle-ci préconise notamment la fusion de la surtaxe progressive et de la taxe proportionnelle en un impôt sur le revenu unique, une nouvelle méthode d'évaluation des bénéfices industriels et commerciaux pour les petits contribuables, ainsi que le remplacement de la taxe sur le chiffre d'affaires par une taxe sur la valeur ajoutée[9]. Le gouvernement reprend plusieurs principes du rapport mais en modifie sensiblement les modalités et renonce notamment à la fusion des deux impôts directs envisagée par la commission[10].
En septembre 1953, Loriot préside à Paris le VIIe congrès de l'International Fiscal Association, qui réunit environ 350 participants de dix-sept pays[11]. Après son départ de la présidence de la section des Finances, il conserve le titre de président de section honoraire. En février 1956, une sous-commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur le « malaise fiscal » l'entend à nouveau sur les conclusions des travaux qu'il avait dirigés en 1952[12].
Mandat local
Parallèlement à sa carrière dans la magistrature et la haute administration, Louis Loriot est élu en 1927 conseiller général de l'Eure pour le canton de Beuzeville. Il succède à Louis-Albert Flambard et conserve ce mandat jusqu'à la suspension des conseils généraux en 1940[13].
Distinctions
- Croix de guerre 1914-1918 (1918)[4].
- Légion d'honneur :
Publication
- Des attaques offensantes dirigées contre le président de la République et les citoyens investis d'un mandat électif, Paris, Librairie nouvelle de droit et de jurisprudence Arthur Rousseau, [3].
Notes et références
- ↑ Henri Temerson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1962, Paris, chez l'auteur, 1964.
- ↑ « Charles Loriot », sur Base de données des députés français depuis 1789, Assemblée nationale (consulté le )
- ↑ 3,0 et 3,1 « Notice bibliographique : Louis Loriot, Des attaques offensantes dirigées contre le Président de la République et les citoyens investis d'un mandat électif », sur Bibliothèque de la Diète de la République de Pologne (consulté le )
- ↑ 4,0 et 4,1 « Courrier de l'Œuvre d'Auteuil », sur Gallica, Bibliothèque nationale de France, (consulté le )
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 Jean-Claude Farcy et Rosine Fry, « Fiche Magistrat : Louis Jean Loriot », sur Annuaire rétrospectif de la magistrature XIXe-XXe siècles, LIR3S, Université Bourgogne Europe (consulté le )
- ↑ « France. Conseil d'État. Section des Finances (1872-....) », sur Référentiel des autorités, Archives nationales (consulté le )
- ↑ 7,0 et 7,1 Damien Falco, « Une nouvelle légende fiscale : la TVA de Maurice Lauré », Gestion & Finances Publiques, no 1, , p. 22-28 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La commission de la réforme fiscale est instituée », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « L'imposition sur le chiffre d'affaires reste une des principales questions à résoudre », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Pas de fusion de la taxe proportionnelle avec la surtaxe progressive, précise M. Abelin », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le VIIe Congrès de l'International Fiscal Association (I.F.A.) (Paris, 21-24 septembre 1953) », Revue internationale de droit comparé, vol. 6, no 2, , p. 341-343 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La sous-commission fiscale entend MM. Loriot et Léonard », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le Rappel, 4 mai 1927 », sur Gallica, Bibliothèque nationale de France, (consulté le )
- ↑ « Loriot, Louis Jean (1883-....) », sur FranceArchives, Service interministériel des Archives de France (consulté le )
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