Maison close (pièce de théâtre)

Aller à la navigation Aller à la recherche

Maison close
Auteur Agnès Chamak, Julie Estardy et Odile Huleux
Pays France
Genre Comédie dramatique
Sujet Prostitution, condition féminine
Éditeur L'Harmattan
Collection Théâtres
Date de parution 2014
Nombre de pages 102
ISBN 978-2-343-02295-6
Date de création 2003
Metteur en scène Sabine Assouline

Maison close est une comédie dramatique française écrite par Agnès Chamak, Julie Estardy et Odile Huleux. Née d'un travail d'improvisation mené au Cours Florent autour du tableau Au Salon de la rue des Moulins d'Henri de Toulouse-Lautrec, elle met en scène, dans le Paris de la Belle Époque, quatre prostituées vivant sous l'autorité d'un couple de tenanciers[1]. La première mise en scène connue est réalisée en 2003 par Sabine Assouline avec la compagnie Les Acolytes Anonymes ; le spectacle est ensuite joué à Avignon et dans plusieurs salles parisiennes[2]. Le texte est publié en 2014 chez L'Harmattan[3].

À partir de 2023, Chamak et Huleux reviennent à cet univers avec Maison close, chez Léonie, une nouvelle création dont l'intrigue et les personnages sont largement renouvelés et qui intègre musique originale et chorégraphies[4]. En 2025, cette production est présentée sous le titre La Nuit du 14, chez Léonie ; sa diffusion se poursuit en 2026[5].

Intrigue

Lucette et Armand Brunet dirigent le « Palais de la volupté », une maison close parisienne. Trois prostituées y vivent déjà : Raphaële, la sous-maîtresse, Madeleine, au caractère rude, et Pauline, jeune provinciale encore naïve. Les clientes de la maison sont en réalité ses pensionnaires : entre les nuits de travail, les trois femmes partagent un quotidien fait d'attente, de rares sorties et de conversations où affleurent leurs expériences des hommes, leurs peurs et leurs aspirations. L'arrivée de Blanche, encore mineure, porte à quatre le nombre de prostituées. La présentation de l'édition publiée insiste sur l'enfermement matériel des femmes et l'ennui de leurs journées communes[3].

Les difficultés financières de l'établissement font basculer cet équilibre précaire. Maître Lethiers, avocat et propriétaire des lieux, exerce une pression croissante sur Lucette et Armand et menace de révéler à la police la présence de Blanche s'ils ne répondent pas à ses exigences. Les tenanciers reportent alors cette contrainte sur les pensionnaires, auxquelles ils demandent toujours davantage de travail. À mesure que la situation se dégrade, les moments de complicité laissent place à des rapports plus violents.

Comprenant leur affaire compromise, Lucette et Armand finissent par quitter la maison sans prévenir les femmes. Lorsque Lethiers découvre la fuite de ses débiteurs, Raphaële lui propose de reprendre elle-même la direction de l'établissement.

Genèse et thèmes

Au Salon de la rue des Moulins (1894) d'Henri de Toulouse-Lautrec, tableau à l'origine du travail d'improvisation dont est issue la pièce.

L'écriture de Maison close commence au Cours Florent à la suite d'improvisations inspirées d'Au Salon de la rue des Moulins, peint par Toulouse-Lautrec en 1894[1]. La toile montre des femmes réunies dans une maison close ; le Musée Toulouse-Lautrec souligne la fermeture de la composition, l'atmosphère d'attente et d'ennui ainsi que la présence, à droite, d'une femme relevant sa chemise dans le contexte de la visite médicale[6]. La pièce transpose ce regard vers la scène en se concentrant moins sur les clients que sur les femmes, leurs relations et le temps passé entre deux nuits de travail.

Le cadre de la Belle Époque permet aux autrices de construire une pièce sur l'enfermement : dépendance économique, contrôle des déplacements, violence des rapports de pouvoir et difficulté à envisager une vie hors de la maison. Le registre alterne scènes comiques et situations dramatiques, tandis que l'intrigue financière sert d'arrière-plan aux trajectoires des quatre prostituées[1],[3]. La solidarité qui se forme entre elles constitue un contrepoint aux mécanismes d'exploitation qui structurent l'établissement.

Création et diffusion

Première version (2003-2005)

Sabine Assouline met la pièce en scène en 2003 pour la compagnie Les Acolytes Anonymes. Son parcours professionnel mentionne des représentations au Festival d'Avignon, au Théâtre Trévise, à l'Aktéon et au Café de la Gare[2]. Une programmation conservée par La Théâtrothèque atteste également une présentation à Avignon au Théâtre de la Poulie[7].

À Paris, Maison close est programmée à l'Aktéon du 17 novembre au 23 décembre 2003. La distribution annoncée réunit les trois autrices, ainsi que Laetitia Leboucher, Jérôme Bruno, Geoffrey Etwein et Laurie Marzougui[8]. La même mise en scène est reprise au Café de la Gare du 8 au 11 juin 2005[9].

Le texte paraît le 4 janvier 2014 dans la collection « Théâtres » de L'Harmattan. L'édition compte 102 pages et porte l'ISBN 978-2-343-02295-6[3].

Réécriture à partir de 2023

En 2023, Agnès Chamak et Odile Huleux signent et mettent en scène Maison close, chez Léonie. Présentée par le Théâtre des Brunes comme une « nouvelle création », cette version ne constitue pas une simple reprise du texte initial : la maison est désormais dirigée par Léonie, l'arrivée d'une nouvelle pensionnaire nommée Louise précède un accident qui menace l'établissement, et les femmes doivent s'organiser collectivement face au risque d'une intervention policière[10]. ARTCENA recense le spectacle comme une production d'En Scène ! Productions d'une durée de 80 minutes, jouée vingt fois au Théâtre des Brunes pendant le Festival Off d'Avignon, du 7 au 29 juillet 2023[4].

La distribution de cette création comprend Ariane Carmin, Agnès Chamak, Fabien Floris, Montaine Frégeai, Maroussia Henrich et Taos Sonzogni. La mise en scène associe au jeu des chorégraphies de Lucile Künzli et une musique originale de Franck Lebon et Odile Huleux[4]. Les costumes sont d'Axel Boursier et la scénographie d'Alix Mercier[11].

En 2025, le spectacle est présenté sous le titre La Nuit du 14, chez Léonie. Il est repris au Théâtre des Brunes lors du Festival Off d'Avignon, puis à La Pépinière-Théâtre à Paris du 22 octobre au 14 décembre 2025[4],[11]. En juillet 2026, il revient au Festival Off d'Avignon au Théâtre du Roi René[5]. En Scène ! Productions annonce ensuite la poursuite de la tournée pendant la saison 2026-2027[12].

Dans la note d'intention reproduite par L'Officiel des spectacles, Odile Huleux explique vouloir écarter une représentation édulcorée de la maison close, rappeler le contrôle administratif auquel les prostituées étaient soumises et placer leur solidarité au premier plan[11]. Cette orientation prolonge le motif d'enfermement de la pièce d'origine tout en donnant davantage de place à l'action collective.

Réception de la nouvelle création

Les comptes rendus consacrés à la version créée en 2023 soulignent diversement l'articulation entre comédie, violence et discours sur la condition des femmes. Au Festival Off d'Avignon 2023, David Rofé-Sarfati, dans L'Autre Scène, qualifie le spectacle de « manifeste féministe » et met en avant l'énergie du jeu ainsi que le contraste entre la gravité du sujet et le registre comique[13]. Dominique Daeschler, pour Madinin'Art, y voit plutôt une mécanique proche du théâtre de boulevard, fondée sur des personnages typés, un rythme rapide et la caricature ; elle relève néanmoins la place occupée par la solidarité féminine[14].

Lors des reprises sous le titre La Nuit du 14, chez Léonie, plusieurs critiques insistent davantage sur l'ancrage historique et le travail d'ensemble. En mars 2025, Sophie Trommelen, pour Arts Mouvants, relève notamment la place donnée aux contrôles sanitaires, à la précarité et à la sororité, et situe le spectacle entre intrigue à suspense et fresque sociale[15]. En juillet 2026, Nelly Bonnet, dans La Grande Parade, salue la dimension chorale de la mise en scène et la façon dont scénographie, musique et chorégraphies accompagnent le récit[16].

Édition

  • Agnès Chamak, Julie Estardy et Odile Huleux, Maison close, Paris, L'Harmattan, coll. « Théâtres », 2014, 102 p. (ISBN 978-2-343-02295-6)[3].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « Agnès Chamak : rendre hommage aux femmes », Charenton magazine, no 190,‎ , p. 21 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Sabine Assouline », sur Éditions Retz (consulté le ).
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 « Maison close », sur Éditions L'Harmattan (consulté le ).
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 « Maison close : Chez Léonie », sur ARTCENA (consulté le ).
  5. ↑ 5,0 et 5,1 « La Nuit du 14, chez Léonie », sur Festival Off Avignon (consulté le ).
  6. ↑ « Au Salon de la rue des Moulins », sur Musée Toulouse-Lautrec (consulté le ).
  7. ↑ « Maison Close », sur La Théâtrothèque (consulté le ).
  8. ↑ « Maison close — Aktéon Théâtre Paris », sur THEATREonline (consulté le ).
  9. ↑ « Maison close — Café de la Gare », sur THEATREonline (consulté le ).
  10. ↑ « Maison Close, chez Léonie », sur Théâtre des Brunes (consulté le ).
  11. ↑ 11,0 11,1 et 11,2 « La Nuit du 14, chez Léonie », sur L'Officiel des spectacles (consulté le ).
  12. ↑ « La Nuit du 14, Chez Léonie », sur En Scène ! Productions (consulté le ).
  13. ↑ David Rofé-Sarfati, « « Maison close » : le manifeste féministe et joyeux de Agnes Chamak et de Odile Huleux », sur L'Autre Scène, (consulté le ).
  14. ↑ Dominique Daeschler, « « Maison close, (Chez Léonie) », texte, m.e.s. & jeu Agnès Chamak et Odile Huleux », sur Madinin'Art, (consulté le ).
  15. ↑ Sophie Trommelen, « La Nuit du 14, Chez Léonie de Agnès Chamak & Odile Huleux », sur Arts Mouvants, (consulté le ).
  16. ↑ Nelly Bonnet, « La nuit du 14 chez Léonie : un univers mi-satin mi-violent brillamment mis en scène », sur La Grande Parade, (consulté le ).

Article publié sur Wikimonde Plus

  • icône décorative Théâtre