Massimo Teodorani

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Massimo Teodorani
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Massimo Teodorani, né le à Rimini, est un astrophysicien, vulgarisateur scientifique et essayiste italien[1]. Formé à l'université de Bologne, il a travaillé sur les phénomènes stellaires éruptifs, la spectroscopie et la radioastronomie, puis participé au programme SETI-Italia. À partir des années 1990, il mène en parallèle des recherches instrumentales sur les lumières d'Hessdalen et, plus largement, sur les phénomènes aériens non identifiés (unidentified aerial phenomena, UAP).

Ses travaux sur Hessdalen ont notamment porté sur la photométrie, la spectroscopie et les mesures radio. Une partie des interprétations tirées de la campagne de 2002 a cependant été contestée, le physicien Matteo Leone estimant que certains signaux optiques attribués à un phénomène anormal pouvaient être expliqués par des phares de véhicules ; Teodorani a rejeté cette analyse[2],[3]. Au début des années 2020, il a également été chercheur affilié au Galileo Project, programme consacré à l'étude instrumentale d'anomalies aériennes et de possibles technosignatures[4].

Auteur de nombreux ouvrages destinés au grand public, il publie aussi bien des introductions à l'astrophysique et à la physique des particules que des biographies scientifiques et des essais où il explore des rapprochements entre physique quantique, conscience et synchronicité. Il compose par ailleurs de la musique électronique sous le pseudonyme de Totemtag.

Parcours scientifique

Formation et astrophysique stellaire

Teodorani obtient en 1982 une laurea en astronomie à l'université de Bologne, puis, en 1992, un doctorat en astronomie avec une spécialisation en physique stellaire. Sa thèse porte sur des étoiles binaires rapprochées massives[5].

Ses recherches des années 1990 portent notamment sur des étoiles variables et des objets stellaires éruptifs. À l'observatoire de Capodimonte, il participe à des observations photométriques et spectroscopiques de la protoétoile éruptive Z Canis Majoris, objet de type FU Orionis. Un article publié en 1997 dans Astronomy & Astrophysics Supplement Series compare des données acquises entre 1984 et 1996 et décrit les variations photométriques et spectrales de l'objet au cours de différents états d'activité[6].

Il travaille ensuite à la station radioastronomique de Medicina, près de Bologne. Il y prend part à des recherches sur la raie maser de l'eau à 22 GHz, notamment en direction de candidats exoplanétaires, de comètes et de protoétoiles[7]. En 2003, il signale ainsi, avec le radiotélescope de 32 mètres de Medicina, une forte raie maser variable de l'eau dans Z Canis Majoris[8].

SETI et recherche de technosignatures

Teodorani participe aux activités de SETI-Italia conduites avec le radiotélescope de Medicina. Il figure parmi les auteurs d'un bilan publié en 2006 dans Acta Astronautica, consacré notamment à l'emploi de la transformée de Karhunen-Loève pour la détection de signaux artificiels dans le bruit radio[9].

Dans le chapitre « Local SETI » publié la même année, il propose d'élargir les recherches au voisinage du Système solaire en recherchant d'éventuelles sondes ou structures technologiques, plutôt que de se limiter à l'écoute de signaux provenant d'étoiles lointaines[5]. Cette orientation se retrouve dans deux articles d'Acta Astronautica de 2014. Le premier suggère d'utiliser des signatures telles qu'un excès infrarouge ou des courbes de lumière atypiques, associées dans la littérature SETI aux hypothétiques sphères de Dyson, pour sélectionner des cibles d'observation ; l'auteur précise qu'il s'agit d'une proposition méthodologique et non d'un compte rendu de détection[10]. Le second examine, de façon hypothétique, les signatures observables de « vaisseaux de Dyson » en migration interstellaire, notamment un fort mouvement propre et un excès infrarouge[11].

En 2021, Teodorani rejoint comme research affiliate le Galileo Project, initiative lancée autour de l'astrophysicien Avi Loeb[4]. Il est l'un des coauteurs d'un article méthodologique publié en 2023 dans le Journal of Astronomical Instrumentation, qui décrit la conception d'observatoires terrestres multimodaux destinés à caractériser les phénomènes aériens et à isoler des événements statistiquement atypiques à partir de plusieurs capteurs[12].

Recherches sur les lumières de Hessdalen et les UAP

En parallèle à l'astrophysique, Teodorani s'intéresse dès le milieu des années 1990 aux phénomènes lumineux signalés dans la vallée de Hessdalen, en Norvège. En 1998, il cosigne avec l'ingénieur Erling Strand un rapport de l'Østfold College comparant les méthodes expérimentales susceptibles d'être appliquées au phénomène[13]. Cette période coïncide avec la mise en place, en 1998, du projet EMBLA, collaboration italo-norvégienne associant des chercheurs de l'Istituto di Radioastronomia de Medicina et de l'Østfold College. La première campagne instrumentale EMBLA a lieu en août 2000[14].

Lors des campagnes de 2000 à 2002, Teodorani intervient principalement sur les mesures optiques et leur interprétation. Les équipes utilisent des caméras, des dispositifs photométriques et spectroscopiques, ainsi que des instruments radio ; les travaux sont menés parallèlement au dispositif automatique du Project Hessdalen. La campagne de 2002, conduite avec la physicienne Gloria Nobili, attribue à certaines sources lumineuses des caractéristiques jugées incompatibles avec des explications ordinaires par ses auteurs[15]. Teodorani synthétise ensuite les campagnes antérieures dans un article de 2004 du Journal of Scientific Exploration, où il envisage plusieurs mécanismes physiques, notamment des phénomènes de plasma atmosphérique, sans proposer d'explication définitive[16].

L'interprétation de certains résultats de 2002 fait l'objet d'une controverse. Matteo Leone, physicien associé au Comitato Italiano per il Progetto Hessdalen, réanalyse les données photométriques et spectroscopiques et soutient que la lumière récurrente centrale dans le rapport EMBLA peut être expliquée par des phares d'automobiles observés à distance. Il ne conclut toutefois pas que tous les témoignages de Hessdalen ont une origine identifiée et estime que des études instrumentales mieux définies restent justifiées[2]. Teodorani répond que cette interprétation ne rend pas compte de l'ensemble des observations et conteste la méthode de Leone[3]. Une présentation ultérieure de la controverse par Query Online, publication du CICAP, la résume comme un désaccord non résolu sur l'identification de cette observation particulière[4].

Teodorani étend ensuite cette approche instrumentale à d'autres phénomènes aériens. En 2010, il contribue au Project Sphere du National Aviation Reporting Center on Anomalous Phenomena (NARCAP) avec un rapport consacré aux UAP sphériques, aux hypothèses physiques permettant de les décrire et à leur éventuel intérêt pour la sécurité aérienne[17]. En 2024, dans la revue spécialisée Limina – The Journal of UAP Studies, il propose un protocole inspiré de l'astronomie pour l'étude d'événements transitoires : mesures photométriques, spectroscopiques et magnétométriques synchronisées et acquisition multi-longueurs d'onde[18].

Vulgarisation et essais

À partir du milieu des années 2000, Teodorani publie régulièrement des ouvrages de vulgarisation. Une partie de cette production porte sur des sujets classiques d'astronomie et de physique : L'Atomo e le Particelle Elementari, paru en 2007 et réédité en 2023, propose une introduction à la physique atomique et subatomique[19], tandis que Raccontare l'Universo. Introduzione divulgativa all'astrofisica (2020) présente l'évolution stellaire, les galaxies, les phénomènes éruptifs, les exoplanètes et les principales méthodes d'observation astronomique[20]. Il consacre également des monographies biographiques à Nikola Tesla, David Bohm et à l'ingénieur italien Marco Todeschini.

D'autres livres se situent à la frontière entre vulgarisation, philosophie des sciences et hypothèses personnelles. Sincronicità (2006) rapproche les réflexions de Wolfgang Pauli et Carl Gustav Jung sur la synchronicité de questions de physique et de psychologie ; Entanglement (2007) part de l'intrication quantique puis étend la discussion à la biologie, à la conscience et à des phénomènes psychiques. La présentation de l'éditeur évoque notamment la télépathie, la précognition ou la psychokinèse dans ce prolongement[21]. Dans la présentation de l'ouvrage collectif CoScienza (2019), Teodorani prend toutefois ses distances avec les usages métaphysiques de la mécanique quantique et insiste sur le fait qu'elle ne doit pas être assimilée à la spiritualité[22].

Plusieurs de ses ouvrages sont traduits en français, notamment David Bohm – La physique de l'infini, Entanglement – L'intrication quantique, des particules à la conscience, Tesla – L'éclair du génie, Synchronicité – Le rapport entre physique et psyché de Pauli et Jung à Chopra et Boules de lumière[23].

Musique électronique

Sous le nom de Totemtag, Teodorani publie à partir de 2020 des albums de musique électronique. Il revendique principalement l'influence de l'école de Berlin, en particulier Tangerine Dream et Klaus Schulze, à laquelle il mêle selon les projets ambient, trance et chill-out[24]. Son catalogue Bandcamp, qui comprend des albums tels que Visions et Beyond Orbit en 2020, s'est poursuivi au cours des années suivantes ; la plateforme recense plusieurs dizaines de parutions sous ce pseudonyme[25].

Publications

Sélection de publications scientifiques et techniques

  • Massimo Teodorani, L. Errico, A. A. Vittone, F. Giovannelli et C. Rossi, « Spectroscopic and photometric behaviour of the FU Orionis variable Z Canis Majoris », Astronomy & Astrophysics Supplement Series, vol. 126, n° 1, 1997, p. 91-103, doi:10.1051/aas:1997252.
  • Massimo Teodorani, « A Long-Term Scientific Survey of the Hessdalen Phenomenon », Journal of Scientific Exploration, vol. 18, n° 2, 2004, p. 217-251.
  • S. Montebugnoli et al., « SETI-Italia 2003 status report and first results of a KL transform algorithm for ETI signal detection », Acta Astronautica, vol. 58, n° 4, 2006, p. 222-229, doi:10.1016/j.actaastro.2005.09.003.
  • Massimo Teodorani, « An Alternative Method for the Scientific Search for Extraterrestrial Intelligent Life: The “Local SETI” », dans Life as We Know It, Springer, 2006, p. 487-503, doi:10.1007/978-1-4020-4403-8_4.
  • Massimo Teodorani, « A strategic “viewfinder” for SETI research », Acta Astronautica, vol. 105, n° 2, 2014, p. 512-516, doi:10.1016/j.actaastro.2014.07.006.
  • Massimo Teodorani, « Search for high-proper motion objects with infrared excess », Acta Astronautica, vol. 105, n° 2, 2014, p. 547-552, doi:10.1016/j.actaastro.2014.07.001.
  • Wesley Andrés Watters et al., « The Scientific Investigation of Unidentified Aerial Phenomena (UAP) Using Multimodal Ground-Based Observatories », Journal of Astronomical Instrumentation, vol. 12, n° 1, 2023, article 2340006, doi:10.1142/S2251171723400068.
  • Massimo Teodorani, « Investigating UAP Events Using Astronomical Techniques », Limina – The Journal of UAP Studies, vol. 1, n° 1, 2024, p. 40-54, doi:10.59661/001c.92684.

Principaux ouvrages de vulgarisation et essais

  • Tesla - Lampo di genio, Macro Edizioni, 2005 ; rééd. 2020.
  • Sincronicità - Il legame tra fisica e psiche da Pauli e Jung a Chopra, Macro Edizioni, 2006.
  • David Bohm - La fisica dell'infinito, Macro Edizioni, 2006.
  • Marco Todeschini - Spaziodinamica e psicobiofisica, Macro Edizioni, 2006.
  • Teletrasporto - Viaggio nei regni quantistici e relativistici e oltre, Macro Edizioni, 2007.
  • Entanglement - L'intreccio nel mondo quantistico: dalle particelle alla coscienza, Macro Edizioni, 2007.
  • L'Atomo e le Particelle Elementari, Macro Edizioni, 2007 ; rééd. 2023.
  • Sfere di Luce - Grande mistero del pianeta e nuova frontiera della fisica, Macro Edizioni, 2008.
  • I Grandi Numeri Celesti - L'infinitamente grande e l'infinitamente piccolo, Macro Edizioni, 2009.
  • La Mente Creatrice - Dall'universo fisico alla vita intelligente, Macro Edizioni, 2009.
  • Intelligenze oltre la Terra - Una visione scientifica e filosofica, Giochidimagia, 2013.
  • The Hyperspace of Consciousness, Elementà, 2015.
  • avec Mariella Calcagno, CoScienza, Le Due Torri, 2019.
  • Raccontare l'Universo. Introduzione divulgativa all'astrofisica, Tangram Edizioni Scientifiche, 2020.

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ (it) « Massimo Teodorani: libri dell'autore », sur LibreriaUniversitaria.it (consulté le ).
  2. ↑ 2,0 et 2,1 (en) Matteo Leone, « Questioning Answers on the Hessdalen Phenomenon », Journal of Scientific Exploration, vol. 20, no 1,‎ , p. 39-68 (lire en ligne, consulté le ).
  3. ↑ 3,0 et 3,1 (de) Massimo Teodorani, « Hessdalen-Lichtphänomene und die Inkonsistenzen der Autoscheinwerfer-Deutung », Zeitschrift für Anomalistik, vol. 7, no 3,‎ , p. 286-305 (lire en ligne, consulté le ).
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 (it) Sofia Lincos et Giuseppe Stilo, « Il Galileo Project: astrofisici a caccia di Ufo », sur Query Online, (consulté le ).
  5. ↑ 5,0 et 5,1 (en) Massimo Teodorani, « An Alternative Method for the Scientific Search for Extraterrestrial Intelligent Life: The “Local SETI” », dans Life as We Know It, Springer, , 487-503 p. (DOI 10.1007/978-1-4020-4403-8_4, lire en ligne).
  6. ↑ (en) Massimo Teodorani, L. Errico, A. A. Vittone, F. Giovannelli et C. Rossi, « Spectroscopic and photometric behaviour of the FU Orionis variable Z Canis Majoris », Astronomy & Astrophysics Supplement Series, vol. 126, no 1,‎ , p. 91-103 (DOI 10.1051/aas:1997252, lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ (en) Cristiano B. Cosmovici, Massimo Teodorani, Stelio Montebugnoli et Giuseppe Maccaferri, « First detection of water in extra-solar planets: A new step in Astrobiology », International Journal of Astrobiology,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ (en) Massimo Teodorani, « Variable Water Maser Line in ZCMa », sur The Astronomer's Telegram, (consulté le ).
  9. ↑ (en) S. Montebugnoli et al., « SETI-Italia 2003 status report and first results of a KL transform algorithm for ETI signal detection », Acta Astronautica, vol. 58, no 4,‎ , p. 222-229 (DOI 10.1016/j.actaastro.2005.09.003, lire en ligne, consulté le ).
  10. ↑ (en) Massimo Teodorani, « A strategic “viewfinder” for SETI research », Acta Astronautica, vol. 105, no 2,‎ , p. 512-516 (DOI 10.1016/j.actaastro.2014.07.006, lire en ligne, consulté le ).
  11. ↑ (en) Massimo Teodorani, « Search for high-proper motion objects with infrared excess », Acta Astronautica, vol. 105, no 2,‎ , p. 547-552 (DOI 10.1016/j.actaastro.2014.07.001, lire en ligne, consulté le ).
  12. ↑ (en) Wesley Andrés Watters et al., « The Scientific Investigation of Unidentified Aerial Phenomena (UAP) Using Multimodal Ground-Based Observatories », Journal of Astronomical Instrumentation, vol. 12, no 1,‎ , p. 2340006 (DOI 10.1142/S2251171723400068, lire en ligne, consulté le ).
  13. ↑ (en) « Project Hessdalen - Year 1998 », sur Project Hessdalen (consulté le ).
  14. ↑ (en) Massimo Teodorani, Stelio Montebugnoli et Jader Monari, « The EMBLA 2000 Mission in Hessdalen », sur Project Hessdalen, (consulté le ).
  15. ↑ (en) Massimo Teodorani et Gloria Nobili, « EMBLA 2002: An Optical and Ground Survey in Hessdalen », sur Project Hessdalen, (consulté le ).
  16. ↑ (en) Massimo Teodorani, « A Long-Term Scientific Survey of the Hessdalen Phenomenon », Journal of Scientific Exploration, vol. 18, no 2,‎ , p. 217-251 (lire en ligne, consulté le ).
  17. ↑ (en) « Project Sphere », sur National Aviation Reporting Center on Anomalous Phenomena, (consulté le ).
  18. ↑ (en) Massimo Teodorani, « Investigating UAP Events Using Astronomical Techniques », Limina – The Journal of UAP Studies, vol. 1, no 1,‎ , p. 40-54 (DOI 10.59661/001c.92684, lire en ligne, consulté le ).
  19. ↑ (it) « L'Atomo e le Particelle Elementari », sur Gruppo Macro (consulté le ).
  20. ↑ (it) « Raccontare l'Universo », sur Tangram Edizioni Scientifiche, (consulté le ).
  21. ↑ (it) « Entanglement - L'intreccio nel mondo quantistico: dalle particelle alla coscienza », sur Gruppo Macro (consulté le ).
  22. ↑ (en) « CoScienza », sur site officiel de Massimo Teodorani, (consulté le ).
  23. ↑ « Massimo Teodorani », sur Gruppo Macro (consulté le ).
  24. ↑ (en) « Totemtag », sur site officiel de Massimo Teodorani, (consulté le ).
  25. ↑ (en) « Beyond Orbit », sur Bandcamp, (consulté le ).

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