Nicolas Isnard

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Nicolas Isnard
Fonctions
Président de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence
En fonction depuis le
(6 mois et 7 jours)
Élection
Prédécesseur Martine Vassal
Maire de Salon-de-Provence
En fonction depuis le
(12 ans, 6 mois et 9 jours)
Élection
Prédécesseur Michel Tonon
Biographie
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Salon-de-Provence (France)
Nationalité Française
Parti politique Les Républicains (LR)
Diplômé de Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence

Image illustrative de l’article Nicolas Isnard

Nicolas Isnard, né le à Salon-de-Provence, est un homme politique français membre des Républicains (LR). Engagé dans la vie politique locale depuis les années 1990, il devient maire de sa ville natale en 2014 après avoir longtemps siégé dans l'opposition municipale. Il est réélu dès le premier tour en 2020 avec 69,26 % des suffrages exprimés, puis en 2026 avec 74,71 %[1],[2].

Conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis 2015, il est depuis 2021 neuvième vice-président du conseil régional, chargé de la formation professionnelle et de la politique de l'emploi[3]. Il préside également l'Établissement public foncier Provence-Alpes-Côte d'Azur[4]. Après avoir exercé plusieurs responsabilités intercommunales dans le pays salonais et à la Métropole d'Aix-Marseille-Provence, il est élu président de cette dernière le 7 avril 2026, par 199 voix sur 237 suffrages exprimés[5]. Les premiers mois de sa présidence sont marqués par une crise budgétaire qui conduit le préfet à arrêter le budget métropolitain et par l'annonce, en juillet 2026, d'une mission gouvernementale sur l'organisation et le financement de la métropole[6].

Biographie

Formation et premiers engagements

Nicolas Isnard naît le 6 octobre 1970 à Salon-de-Provence[5]. Il étudie à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, où il soutient en 1992 un mémoire consacré aux problèmes juridiques soulevés par le procès de Nuremberg[7]. Il travaille ensuite dans l'enseignement, puis comme assistant parlementaire de Christian Kert, député des Bouches-du-Rhône[5].

Il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) en 1987. Candidat pour la première fois aux élections municipales de Salon-de-Provence en 1995, il entre au conseil municipal en 2001. Il siège dans l'opposition au maire socialiste Michel Tonon et en devient le chef de file à partir de 2008[5]. Il poursuit son parcours à l'Union pour un mouvement populaire (UMP), puis aux Républicains.

De l'opposition municipale à la mairie

En 2008, Nicolas Isnard conduit la liste soutenue par l'UMP aux élections municipales de Salon-de-Provence. Au premier tour, il obtient 33,26 % des suffrages exprimés, derrière Michel Tonon (41,56 %). Les deux listes restent seules en lice au second tour, au terme duquel le maire sortant est réélu avec 52,90 % des voix contre 47,10 % à Nicolas Isnard ; la liste de celui-ci obtient neuf sièges au conseil municipal[8]. La même année, il affronte de nouveau Michel Tonon aux élections cantonales dans le canton de Salon-de-Provence. Arrivé deuxième au premier tour avec 27,99 %, il est battu au second avec 47,42 % des suffrages exprimés, contre 52,58 % au candidat socialiste[9].

Lors des élections législatives de 2012, il est le candidat de l'UMP dans la huitième circonscription des Bouches-du-Rhône. Il arrive en tête du premier tour avec 32,60 % des suffrages, devant le socialiste Olivier Ferrand (31,55 %) et Gérald Gerin, candidat du Front national (21,97 %). La triangulaire du second tour est remportée par Olivier Ferrand avec 40,48 % des voix ; Nicolas Isnard obtient 39,91 %, soit 318 voix de moins, et Gérald Gerin 19,61 %[10]. Il conteste l'élection devant le Conseil constitutionnel, qui rejette sa requête le 7 décembre 2012[11].

Il se présente une nouvelle fois à la mairie en 2014. Sa liste UMP arrive nettement en tête du premier tour avec 47,09 %, devant celle de Michel Tonon (33,71 %), celle de Philippe Adam, soutenue par le Front national (15,05 %), et celle d'Olivier Lopez (4,12 %). Au second tour, Nicolas Isnard l'emporte avec 56,48 % des suffrages exprimés et 34 des 43 sièges du conseil municipal[12]. Son élection met fin à douze années de municipalité dirigée par Michel Tonon.

Maire de Salon-de-Provence

Au cours de son premier mandat, Nicolas Isnard met notamment en avant la réalisation du groupe scolaire Arnaud-Beltrame. À l'approche des municipales de 2020, le média local Gomet' présente cet équipement comme l'une des réalisations emblématiques de son bilan et relève que le maire sortant aborde le scrutin avec une position électorale solide[13].

Le 15 mars 2020, sa liste « Réussir Salon » est réélue dès le premier tour avec 69,26 % des suffrages exprimés et 39 sièges sur 43. Le résultat intervient dans un scrutin marqué par une forte abstention : 39,19 % des inscrits participent au vote[1]. Pendant ce deuxième mandat, la municipalité doit composer avec les conséquences de la crise sanitaire puis de la hausse des coûts de l'énergie et de l'inflation. Dans le bilan qu'il présente à l'approche du scrutin de 2026, Nicolas Isnard revendique environ 100 millions d'euros d'investissements sur six ans et met en avant les projets de santé et de rénovation urbaine ; il reconnaît en parallèle des retards, notamment dans la reconstruction du centre de formation d'apprentis et la rénovation énergétique des bâtiments municipaux[14].

Candidat à un troisième mandat en 2026, il conserve le nom « Réussir Salon » pour sa liste, classée LR par le ministère de l'Intérieur. Celle-ci recueille 13 378 voix au premier tour, soit 74,71 % des suffrages exprimés, et obtient de nouveau 39 sièges sur 43 au conseil municipal ainsi que les cinq sièges métropolitains attribués à la commune. La participation atteint alors 54,42 %[2].

Responsabilités intercommunales et régionales

Après sa victoire municipale de 2014, Nicolas Isnard est élu président de la communauté d'agglomération Agglopole Provence. À ce titre, il participe aux discussions qui précèdent la création de la Métropole Aix-Marseille-Provence, à laquelle l'intercommunalité est intégrée au 1er janvier 2016[15].

Dans la nouvelle métropole, il est élu en 2016 président du conseil de territoire du Pays Salonais, qui reprend le périmètre de l'ancienne Agglopole Provence, puis reconduit à cette fonction en juillet 2020[16],[17]. Il exerce cette responsabilité jusqu'à la suppression des conseils de territoire le 1er juillet 2022 par la loi dite « 3DS »[18]. De 2016 à son accession à la présidence métropolitaine en 2026, il est par ailleurs vice-président de la métropole, avec une délégation portant notamment sur la formation professionnelle et les centres de formation d'apprentis[5].

En décembre 2015, il est élu au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur dans la section des Bouches-du-Rhône, sur la liste d'union de la droite conduite par Christian Estrosi[19]. Il est réélu en 2021 sur la liste conduite par Renaud Muselier[20]. Au début de cette seconde mandature, il devient neuvième vice-président du conseil régional, chargé de la formation professionnelle et de la politique de l'emploi[3]. Il défend notamment, dans ce cadre, l'adaptation de l'offre de formation aux besoins économiques locaux et la coopération avec les acteurs de l'emploi[21].

Depuis 2016, il préside en outre l'Établissement public foncier Provence-Alpes-Côte d'Azur, établissement public de l'État chargé d'accompagner les collectivités dans leurs politiques foncières[5],[4]. Le ministère chargé de l'Aménagement du territoire le mentionne toujours comme président du conseil d'administration de l'établissement en 2026[22].

Président de la Métropole Aix-Marseille-Provence

À l'issue des élections municipales de 2026, Martine Vassal renonce à solliciter un nouveau mandat à la tête de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Nicolas Isnard est alors le principal candidat à sa succession. Sa candidature s'appuie sur le collectif transpartisan « Maires de Provence » et reçoit notamment l'accord de la maire d'Aix-en-Provence, Sophie Joissains, et du maire de Marseille, Benoît Payan. Il défend une gouvernance davantage organisée autour des communes, dans une métropole dont la première décennie a été marquée par des tensions récurrentes entre l'institution et plusieurs de ses maires[23].

Le 7 avril 2026, lors de l'installation du nouveau conseil métropolitain, il est le seul candidat à la présidence. Il est élu au premier tour par 199 voix sur 237 suffrages exprimés et succède à Martine Vassal, qui dirigeait l'institution depuis 2018[5]. Son exécutif cherche à associer des élus issus de sensibilités et de territoires différents, tandis que Nicolas Isnard présente la proximité avec les communes comme l'un des principes de la nouvelle mandature[23].

La situation financière de la métropole devient toutefois le premier dossier majeur de son mandat. Le 28 avril, l'exécutif retire les délibérations qui devaient permettre l'adoption du budget 2026, estimant ne pas pouvoir présenter des comptes équilibrés sans mesures jugées excessives. Nicolas Isnard met notamment en avant un besoin de financement de 123 millions d'euros, concentré en particulier sur le budget annexe des transports, ainsi qu'une diminution des concours de l'État. L'absence de vote entraîne la saisine de la chambre régionale des comptes par le préfet[24].

L'analyse de la chambre régionale des comptes revoit à la hausse le déficit du budget des transports, qu'elle évalue à 144 millions d'euros, et chiffre à environ 30 millions d'euros la baisse des concours de l'État. Pour équilibrer les comptes, elle propose environ 118 millions d'euros d'économies, dont 65 millions sur le fonctionnement et 53 millions par une réduction de la dotation de solidarité communautaire versée aux communes[25]. Le préfet arrête le budget le 16 juin en retenant une autre répartition : il maintient à 66 millions d'euros la dotation de solidarité communautaire et réduit de 53 millions d'euros les attributions de compensation versées aux communes[26],[27]. Cette décision remet au premier plan un problème ancien : dès 2022, la chambre régionale des comptes avait estimé que 178,5 millions d'euros d'attributions de compensation versés chaque année ne correspondaient pas à des transferts de compétences et étaient à ce titre indus, constat repris par la Cour des comptes dans son rapport de 2024 sur le plan « Marseille en grand »[28]. La réduction des transferts aux villes met rapidement à l'épreuve le consensus construit autour de la « métropole des maires » défendue par Nicolas Isnard et provoque des tensions entre collectivités[29].

Le 29 juillet 2026, le gouvernement annonce une mission d'analyse et de propositions confiée à l'ancien ministre Dominique Bussereau et à Jean-François Debat, président du Comité des finances locales. Elle doit examiner l'organisation institutionnelle de la métropole, sa gouvernance, la répartition des compétences, ses relations avec les communes et ses mécanismes financiers. Le communiqué gouvernemental prévoit alors le début des travaux à la fin du mois de septembre, après la séquence budgétaire de 2026[6].

Le 10 septembre, le conseil métropolitain rejette la nouvelle maquette budgétaire présentée par l'exécutif : elle recueille 156 voix pour, 79 contre et deux bulletins blancs, alors qu'une majorité des deux tiers est requise. Le budget arrêté par le préfet en juin continue dès lors de s'appliquer[30].

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 « Les archives des élections en France — Municipales 2020, Salon-de-Provence », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
  2. ↑ 2,0 et 2,1 « Salon-de-Provence (13103) — Élections municipales 2026 », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « ISNARD Nicolas », sur Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le )
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « Composition du Bureau », sur Établissement public foncier Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le )
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 5,5 et 5,6 « Nicolas Isnard prend la tête de la Métropole Aix-Marseille-Provence », sur Métropole Aix-Marseille-Provence, (consulté le )
  6. ↑ 6,0 et 6,1 « Le Gouvernement lance une mission d'analyse et de propositions sur la situation et le devenir de la Métropole Aix-Marseille-Provence », sur Ministères de la Transition écologique, de l'Aménagement du territoire, des Transports, de la Ville et du Logement, (consulté le )
  7. ↑ « I. Études générales et théoriques », sur Persée, (consulté le )
  8. ↑ « Résultats des élections municipales 2008 — Salon-de-Provence », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
  9. ↑ « Résultats des élections cantonales 2008 — Salon-de-Provence », sur Ministère de l'Intérieur, (consulté le )
  10. ↑ « 8e circonscription des Bouches-du-Rhône — Élections législatives 2012 », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
  11. ↑ « Décision n° 2012-4578 AN du 7 décembre 2012 », sur Légifrance, (consulté le )
  12. ↑ « Résultats définitifs — Salon-de-Provence, élections municipales 2014 », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
  13. ↑ Alexandre Desoutter, « [Focus ville] Salon-de-Provence : Nicolas Isnard défend son bilan », sur Gomet', (consulté le )
  14. ↑ « Les maires ont la parole : Nicolas Isnard (Salon-de-Provence) tire le bilan avant les municipales de 2026 », sur Maritima, (consulté le )
  15. ↑ « Les élus des Bouches du Rhône à Matignon : « Une avancée décisive vers un projet métropolitain adapté au territoire » », sur Destimed, (consulté le )
  16. ↑ « Un Conseil du Territoire du Pays Salonais, en lieu et place d'(de feu) Agglopole Provence », sur Ville d'Alleins (consulté le )
  17. ↑ « Les nouveaux élus au Conseil de territoire », sur Ville de Velaux, (consulté le )
  18. ↑ « Chapitre VIII : Métropole d'Aix-Marseille-Provence », sur Légifrance, (consulté le )
  19. ↑ « Liste Union de la Droite — élus de la liste conduite par M. Christian Estrosi », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
  20. ↑ « Liste des élus de la liste conduite par M. Renaud Muselier — Régionales 2021 », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le )
  21. ↑ « Entretien avec Nicolas Isnard, Vice-Président de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur », sur France Travail, (consulté le )
  22. ↑ « Les établissements publics nationaux — édition 2026 », sur Ministères de la Transition écologique, (consulté le )
  23. ↑ 23,0 et 23,1 Gilles Rof, « A la Métropole Aix-Marseille-Provence, un consensus pour tourner la page Martine Vassal », sur Le Monde, (consulté le )
  24. ↑ Gilles Rof, « La métropole d'Aix-Marseille se place sous tutelle pour « envoyer un message à l'Etat » », sur Le Monde, (consulté le )
  25. ↑ Gilles Rof, « Aix-Marseille-Provence : la chambre régionale des comptes invite la Métropole à réduire sa dotation aux communes de 53 millions d'euros », sur Le Monde, (consulté le )
  26. ↑ Gilles Rof, « Le préfet des Bouches-du-Rhône impose à la Métropole Aix-Marseille-Provence de couper 53 millions d'euros dans les aides aux communes », sur Le Monde, (consulté le )
  27. ↑ « Budget 2026 de la métropole Aix-Marseille-Provence », sur Préfecture des Bouches-du-Rhône, (consulté le )
  28. ↑ « Marseille en grand », sur Cour des comptes, (consulté le )
  29. ↑ Benoît Gilles, « Crise budgétaire : la métropole Aix-Marseille-Provence fonce vers une impasse politique », sur Marsactu, (consulté le )
  30. ↑ « Le conseil métropolitain Aix-Marseille-Provence rejette le budget présenté par son président », sur Marsactu, (consulté le )

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