Oued Arbia

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Oued Arbia
Illustration
Oued Arbia, région de Basse Kabylie, Algérie.
Caractéristiques
Longueur 20 km
Bassin collecteur Thénia
Débit moyen 13,2 m3/s (Thénia, Wilaya de Boumerdès)
Cours
Embouchure Oued Isser
· Localisation à l'ouest de Thénia
· Altitude m
· Coordonnées 36° 54′ 46″ N, 3° 51′ 25″ E
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Algérie Algérie
Régions traversées Basse Kabylie

L'Oued Arbia ou Oued de Thénia, qui prend naissance dans le Massif du Khechna (ar), est la principale rivière qui parcourt la commune de Thénia dans la Basse Kabylie, puis se jette dans l'Oued Isser au niveau de la RN12 dans la wilaya de Boumerdès[1].

Description

Au chef-lieu de Thénia et à sa périphérie se trouve le cours de l'Oued Arbia qui est la partie basse de la vallée de Aïth Aïcha où sont déposés des limons argilo-sableux et argileux[2].

Des mamelons bordent l'Oued Arbia tandis que les argiles ne sont représentées que par des lambeaux relativement élevés.

Des marnes de l'étage Cartennien occupent ainsi le fond de la dépression de la ville de Thénia[3].

En effet, la cuvette déprimée de Thénia offre l'aspect de collines moutonnées, de terres argileuses en majeure partie dénudées, qui en fait un véritable couloir, à peine large de 5 à 600 mètres dans sa partie centrale concave.

Le centre-ville de Thénia fut bâti dans cette cuvette déprimée qui s'élargit progressivement, en s'abaissant de part et d'autre, à l'ouest vers le plateau du Corso et à l'est vers la vallée de l’Isser.

La direction médiane de cette dépression de Thénia est tracée à l'ouest par l'Oued Boumerdès et à l'est par le ravin de l'Oued Arbia[4].

Carrière

L'oued Arbia a été utilisé durant la période de l'Algérie française comme source de matériaux de construction pour édifier la ville de Thénia ainsi que les villages coloniaux environnants[5].

Le lit de cette rivière à deux kilomètres avant l'entrée de Thénia fournissait le sable et le gravier pour la construction de la gare de Thénia[6].

Ce sable et ce gravier étaient d'une qualité exempte de matières schisteuses et terreuses[7].

Ces sables et graviers étaient lavés s'il y a lieu pour les purifier des impuretés[8].

L'ouvrage hydraulique du barrage de Thénia a été réalisé avec du sable extrait du lit de l'Oued Arbia[9].

Alluvions

À partir du moment où la mer abandonne définitivement la dépression de Thénia, en abaissant son niveau relatif, les ravins se creusent plus profondément dans les massifs anciens et l'écoulement des eaux entaille avec une grande facilité les terrains meubles, sables pliocènes d'abord, puis les argiles sahéliennes et les marnes du Cartennien, de la dépression des Béni Aïcha[10].

À l'est, le creusement progressif de la vallée de l’Oued Isser, suivant une série de phases, entraîne sur ce versant de la dépression la formation d'une petite vallée, l'Oued Arbia, dont la pente s'abaisse rapidement[11].

À l'Ouest, c'est vers l'Oued Boumerdès que convergent les torrents à pente plus adoucie[12].

Ce travail de creusement qui s'est effectué durant les diverses phases de la période pléistocène, a eu comme contre coup la formation de dépôts d'alluvions, dont les plus anciennes se composent de la superposition de lits caillouteux et argilo-sableux au Oued Boufroun, et les plus récentes, dans les parties basses des vallées, de limons argilo-sableux et argileux au Oued Arbia et dans la plaine de l’Oued Isser[13].

Les éléments des alluvions caillouteuses renferment les débris roulés de toutes les roches plus ou moins dures des massifs voisins ; ce sont principalement des fragments de schistes, des graviers de quartz, de granite, de quartzite et de grès[14].

Les limons sont le résultat de la trituration en sables ténus des mêmes éléments, mélangés à l'argile sahélienne remaniée par le lavage des eaux[15].

Aménagement

Oued Arbia aménagé sous le centre-ville de Thénia.
Route nationale RN5 au centre-ville de Thénia.

Ce cours d'eau a été aménagé lors de la création de la ville de Thénia en 1872[16].

En effet, les premières années de l'édification de la ville de Tizi Naïth Aïcha ont commencé par la construction de baraques de fortune et d'un bivouac comme préalable au peuplement et à l'urbanisation de la vallée du Âarch des Aïth Aïcha.

Ces maisonnettes temporaires ont pris place sur la berge nord de l'Oued Arbia sur le flanc du mont Boukhanfar.

La saison pluviale et les crues de l'oued considéré ne permettaient pas de se mouvoir aisément vers la berge sud en allant vers les villages berbères de Thala Oufella, Mraldène et Tabrahimt[17].

Il fallait soit s'aventurer en passant les eaux de la rivière, ou s'ingénier à édifier des ponts légers et fragiles.

L'année 1880 fut une tournure cruciale pour l'aménagement de cet oued lorsque fut décidée la donation de terrains par le maire Paul Just[18] à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée qui confie les travaux à la Compagnie de l'Est algérien pour la construction de la gare de Thénia. Ce don spontané fit prendre un essor décisif à la petite ville de Thénia, où la halte des diligences devint celle des trains à vapeur[19].

La partie ouest en amont de l'oued Arbia, avant l'entrée de cette ville, fut détournée de son cours pour aller se déverser dans l'oued Mraldène avant de se jeter dans l'oued Boumerdès puis dans l'embouchure de la méditerranée.

Mais les ruisseaux et les infiltrations hydriques nécessitaient d'écouler leur liquide hors du centre-ville de Thénia au travers de canalisations catacombaires sous la voie ferrée, en plus de rigoles à ses côtés.

Cet aménagement fut couronné par la mise en service de cette gare ferroviaire le dans le cadre de cette opération d'aménagement urbain qui a vu la création du centre-ville de la commune de Ménerville, l'un des plus grands centres de colonisation européenne en Algérie, avec la route nationale RN5 située juste en face de la gare sur le boulevard du colonel M'Hamed Bougara, un important axe routier reliant la capitale Alger à l'est de l'Algérie.

Les eaux des ruisseaux et de l'Oued Keddache s'écoulant à partir de Thala Oufella, en aval du centre-ville, ont été laissés se déverser dans le tronçon oriental du cours de l'Oued Arbia avant de se déverser dans l'oued Isser au niveau de la route nationale RN12[20].

Tunnel ferroviaire

Tunnel de Thénia sur l'Oued Arbia aménagé au centre-ville de Tizi Naïth Aïcha.

Un tunnel ferroviaire a été construit en 1880 sur l'ancien cours d'eau de l'Oued Arbia lors du réaménagement de la ville de Thénia[21].

Après avoir détourné les eaux de l'oued hors de la ville, les deux berges au centre-ville ont été entassées de remblais avec construction de murailles de part et d'autre de la voie ferrée reliant la gare de Thénia vers la gare d'Alger d'une part, et vers la gare de Tizi-Ouzou ainsi que la gare de Constantine d'autre part[22].

Ces travaux ont permis de créer une terrasse artificielle sur ce tunnel de Thénia d'une longueur d'environ 150 mètres et d'une largeur d'environ 40 mètres, soit une superficie de 6000 mètres carrés.

Une place publique et des commerces et maisons ont été bâties sur cette terrasse au-dessus du tunnel ferroviaire superposé sur l'ancien cours de l'oued Arbia[23].

Mais le séisme de Boumerdès a détruit presque toutes ces bâtisses érigées sur cette terrasse et tout autour des berges aménagées avec la voie ferrée[24].

Inondations

A chaque averse abondante, les ruisseaux dévalant du nord et du sud de la ville de Thénia font qu'elle est aussitôt confrontée aux problèmes d'inondations des rues, notamment sur la principale artère, qui se retrouve automatiquement bloquée en totalité[25].

Malgré la présence d'un réseau consistent d'avaloirs dans toutes les rues de la municipalité, les eaux débordent pour aller se déverser sur l'ancien cours de l'oued Arbia suuplanté par l'Avenue M'Hamed Bouguerra et la voie ferrée[26].

A l'entrée ouest, du coté de la cité Casbah près de l'école Mohamed Boushaki, la route nationale RN5 est aussi souvent coupée au niveau du pont, près de la gare ferroviaire[27],[28].

C'est ainsi qu'une partie non déviée de l'eau de l'oued Arbia converge sous ce pont de l'autoroute et empêche ainsi la fluidité du déplacement de tout véhicule[29],[30].

Le même problème se pose à l'entrée orientale de la localité près du lycée des frères Touzout, et du site archéologique de Bénian ntâa Soumâa, où les voitures ne peuvent également franchir l'autre pont vers lequel toutes les eaux de l'oued Arbia du versant nord, près du village Thala Oufella, se déversent[31],[32].

C'est ainsi que la nature du terrain autour de Thénia fait que les eaux de cette rivière, ainsi que les ruisseaux qui l'alimentent, noient la route sous les différents ponts puisqu'ils ne sont pas dotés d'un système d'évacuation des eaux pluviales[33],[34].

Ces inondations cycliques de l'oued Arbia induisent des désagréments et des incidents se produisant chaque année en pareils moments et aux mêmes endroits, ce qui requiert une solution définitive, au lieu de se contenter de bricoles de colmatage momentané[35].

Voir aussi

wikilien alternatif2

Les coordonnées de cet article :

Notes et références

  1. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5681078x/f2.item.r=oued+arbia.zoom
  2. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63444776/f326.item.r=menerville+granite.zoom
  3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5733501k/f186.item.r=menerville+cartennien.zoom
  4. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3189t/f1262.item.r=menerville+argile.zoom
  5. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55985746/f2.item.r=oued+arbia.zoom
  6. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6360279n/f1.item.r=oued+arbia.zoom
  7. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63975484/f4.item.r=oued+arbia.zoom
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6376255c/f1.item.r=oued+arbia.zoom
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7574458c/f4.item.r=oued+bourdine.zoom
  10. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3040533s/f323.item.r=menerville+granite.zoom
  11. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1662018/f393.item.r=menerville+pliocene.zoom
  12. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3040533s/f381.item.r=limons+alluvions.zoom
  13. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1662018/f356.item.r=menerville+calcaire.zoom
  14. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63444776/f18.item.r=menerville+fer+oxydule.zoom
  15. http://menerville.free.fr/geologie/geologie.html
  16. https://encyclopedie-afn.org/Historique_M%C3%A9nerville_-_Ville
  17. https://fr.geneawiki.com/index.php/Alg%C3%A9rie_-_M%C3%A9nerville
  18. http://encyclopedie-afn.org/Historique_M%C3%A9nerville_-_Ville
  19. http://menerville.free.fr/histoire/histoire.htm
  20. https://kabyles.com/description-de-menerville-en-1884/
  21. http://www.umrausser.cnrs.fr/sites/default/files/projet_de_these_n._bennaissa.pdf
  22. http://menerville.free.fr/phpwebgallery/picture.php?cat=39&image_id=2037
  23. https://books.google.dz/books?id=cXkEAwAAQBAJ&pg=PA122#v=onepage&q&f=false
  24. https://jeanyvesthorrignac.fr/wa_files/INFO_20614_20MENERVILLE.pdf
  25. https://www.djazairess.com/fr/elwatan/296270
  26. http://dzayer24.com/boumerdes-a-quand-le-curage-des-bouches-d-egouts-et-avaloirs-55f504e9ac2e4c4d028b4894-a
  27. https://www.elwatan.com/archives/boumerdes-archives/thenia-la-pluie-vire-au-cauchemar-28-04-2011
  28. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54282955/f21.item.r=menerville+inondation.zoom
  29. http://lecourrier-dalgerie.com/pluies-diluviennes-a-boumerdes-desagrements-et-perturbations-dans-le-trafic-routier/
  30. https://www.djazairess.com/fr/elwatan/139093
  31. https://www.letemps-dz.com/pluies-a-boumerdes-trafic-routier-bloque-et-inondations-dans-les-centres-villes/
  32. https://www.djazairess.com/fr/lqo/5235825
  33. https://www.liberte-algerie.com/actualite/boumerdes-oran-et-sidi-bel-abbes-sous-leau-299658
  34. https://algerie7.com/boumerdes-de-fortes-pluies-et-des-desagrements-sur-le-trafic-routier/
  35. http://infotraficalgerie.dz/actualites/boumerdes-pluie-avaloirs-bouches-et-routes-inondees/

Article publié sur Wikimonde Plus

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