Paris Tonkar magazine
| Directeur de publication | Yann Cherruault |
|---|---|
| Rédacteur en chef | Tarek Ben Yakhlef |
| ISSN | 2114-5296 |
| Site web | https://paristonkar.net/ |
Paris Tonkar magazine est un magazine français consacré au graffiti, à l'art urbain et aux cultures urbaines, fondé en 2010 à Paris par Tarek Ben Yakhlef et Yann Cherruault. Son premier numéro paraît en janvier 2011. Conçu comme un trimestriel, il accorde une place importante aux photographies et aux entretiens avec les artistes, tout en documentant l'histoire du graffiti français depuis les années 1980[1].
Le titre reprend celui du livre Paris Tonkar, publié en 1991. La revue imprimée, qui adopte par la suite l'appellation Paris Tonkar International, poursuit sa parution au-delà des huit premiers numéros de 2011 à 2013. En juillet 2024, ses responsables annoncent son évolution en webzine, sous le nom de Paris Tonkar Webzine[2].
Histoire
Origines et création
En 1991, Tarek Ben Yakhlef publie avec Sylvain Doriath Paris Tonkar, ouvrage photographique et documentaire consacré à l'émergence du graffiti à Paris et dans sa banlieue. Ce travail, réalisé à partir de photographies prises notamment dans les années 1980, constitue le point de départ du projet éditorial auquel le magazine emprunte son nom[3]. L'ouvrage figure parmi les références bibliographiques retenues par la Bibliothèque nationale de France dans sa sélection consacrée au street art en 2015[4].
Après cette première publication, Tarek participe au développement de la presse spécialisée dans le hip-hop, notamment autour du magazine 1Tox au début des années 1990. Il retrouve cet univers avec Yann Cherruault, lié à la revue International Hip-Hop, pour lancer Paris Tonkar magazine en 2010. Le premier numéro est mis en vente en janvier 2011. Le projet s'appuie alors sur les fonds personnels de ses initiateurs et sur le travail bénévole de photographes, rédacteurs et maquettistes[1],[5].
Cette nouvelle revue répond à un double objectif : recueillir les témoignages des acteurs des premières générations du graffiti français et suivre les artistes actifs au début des années 2010. Elle cherche ainsi à mettre en relation les pratiques de la rue, leurs archives photographiques et leur place croissante dans les galeries et les manifestations culturelles[1].
Développement de l'édition imprimée
Les premières livraisons privilégient les scènes parisiennes et françaises, sans se limiter à la capitale. Aux portraits de graffeurs des années 1980 et 1990 s'ajoutent des reportages sur les murs, les transports urbains, les rencontres d'artistes et les initiatives menées dans différentes villes. La place accordée au street art et à la bande dessinée élargit progressivement le propos au-delà du seul graffiti réalisé à la bombe ou au marqueur.
La publication continue après le huitième numéro, paru en août 2013[6]. Le numéro 13, présenté pour la période de janvier à mars 2016, associe notamment un portrait de Jo Di Bona à des reportages sur Montréal, Athènes, Manhattan et Djerba[7]. L'ouverture internationale se renforce en 2016 : sous le nom de Paris Tonkar International, le numéro 15 présente des artistes et des scènes urbaines de Montréal, Hambourg, Copenhague, Prague et Tunis, tout en maintenant des sujets consacrés à Paris et aux autres villes françaises[8].
En 2020, le numéro 20 consacre un ensemble de pages à la scène russe du graffiti, avec une couverture réalisée par Rasko et des contributions concernant également l'Allemagne, les Pays-Bas et la France[9]. Un numéro 21 est commercialisé en juin 2021[10]. En mars 2022, l'équipe propose un premier hors-série consacré aux métros, construit autour de photographies de rames parisiennes et d'un entretien avec le graffeur Frez[11].
Passage au webzine
En juillet 2024, à l'occasion d'une édition anniversaire du livre Paris Tonkar, l'équipe annonce la transformation du magazine imprimé en publication en ligne. Le site Paris Tonkar Webzine reprend la couverture de l'actualité des arts urbains, avec des entretiens, des reportages, des photographies et des chroniques consacrées notamment aux livres et aux expositions[2],[12].
Cette activité éditoriale se poursuit au moins jusqu'en 2026. En août de cette année-là, les Éditions Alternatives signalent plusieurs chroniques de livres consacrés au graffiti et à l'art urbain publiées par le webzine[13].
Ligne éditoriale
Mémoire et pratiques du graffiti
L'un des fils conducteurs de Paris Tonkar magazine est la transmission de l'histoire du graffiti en France. La rubrique « Paris Tonkar (les années 80) » revient sur les débuts de la scène parisienne à travers des entretiens avec des graffeurs tels que San One, Shoe, Shuck 2 ou Popay. Le magazine rapproche ces témoignages des pratiques contemporaines, notamment grâce aux séries photographiques et aux portraits d'artistes issus de différentes générations[1].
Les lieux et les supports occupent une place importante dans cette documentation. Les premiers numéros présentent des dossiers sur le métro de Paris, les camions, les blockhaus et les espaces investis par les graffeurs. Ils suivent également des rencontres collectives, parfois appelées jams, et rendent compte des transformations des murs et des quartiers. Cette approche donne à voir aussi bien des réalisations éphémères ou non autorisées que des œuvres présentées dans des expositions, sans confondre leurs conditions de création.
Le magazine s'intéresse aux scènes régionales à travers la rubrique « Province Tonkar », ainsi qu'aux pratiques observées hors de France. Les reportages abordent notamment Rennes, Lyon, Lille, Saint-Brieuc, Marseille ou Vitry-sur-Seine, puis Londres, Berlin, Le Caire, Los Angeles, New York et d'autres villes. La place croissante de ces reportages internationaux devient une caractéristique explicite de la revue à partir du milieu des années 2010[1].
Street art, dessin et cultures urbaines
La rédaction traite également les pratiques du pochoir, du collage et de la peinture murale, en présentant notamment Invader, Kashink, Mambo, Grems ou Above. Les rubriques « Sketch Book » et « Nobles lettres » mettent en valeur les recherches graphiques, les esquisses et les styles de lettrage. « Photomatonkar » donne pour sa part de la visibilité à des graffeurs moins connus, notamment hors de la région parisienne.
La bande dessinée constitue un autre volet régulier du sommaire. Dès le premier numéro, un dossier évoque Vaughn Bodē et son personnage Cheech Wizard, accompagné d'un entretien avec son fils, le dessinateur Mark Bodē. La revue publie ensuite des entretiens ou des portraits liés à David Lloyd, Tito, Fabien Lacaf, Lucie Albon ou Mathieu Lauffray. Ce rapprochement entre graffiti et dessin répond à l'intérêt du magazine pour leurs techniques graphiques communes et leurs circulations culturelles.
Les pages d'actualité et les chroniques élargissent enfin le champ aux livres, à la musique, aux expositions et à la danse hip-hop. Certains dossiers interrogent plus précisément les liens entre graffiti et jeu vidéo, les images du graffiti dans les clips de rap ou les questions de droit d'auteur soulevées par la diffusion des œuvres.
Équipe, diffusion et statut
Pendant la période imprimée, Yann Cherruault assure la direction de la publication et Tarek Ben Yakhlef la rédaction en chef. Hélios Figuerola exerce les fonctions de rédacteur en chef adjoint et participe à la maquette. Autour de cette équipe interviennent des photographes, des artistes et des collaborateurs spécialisés, dont Olivier B., Bernard Fontaine, Vincent Pompetti et EMC 1479[14].
Diffusé en kiosque et proposé par abonnement, le magazine est d'abord présenté comme trimestriel, même si les dates de ses numéros témoignent d'un rythme de parution variable. Un reportage publié par Respect magazine en 2011 mentionne une diffusion de 20 000 exemplaires[1]. Un portrait de Tarek Ben Yakhlef paru en 2015 avance pour sa part un tirage de 25 000 exemplaires[5]. Ces deux données, rapportées à des dates différentes, ne mesurent pas exactement le même indicateur.
La revue se heurte aussi à des difficultés liées à son positionnement éditorial. En 2011, Respect magazine rapporte qu'elle n'a pas obtenu de la Commission paritaire des publications et agences de presse le bénéfice du régime économique réservé à la presse. Interrogé à cette occasion, Tarek Ben Yakhlef attribue ce refus à la manière dont le graffiti non autorisé est perçu par les autorités[1]. Le titre figure par ailleurs dans l'enquête statistique consacrée à la presse écrite en 2016 par le ministère de la Culture, où il est répertorié parmi les publications trimestrielles[15].
Depuis le passage au numérique, le site du webzine est édité par l'association Pegasus. Tarek Ben Yakhlef y conserve la fonction de rédacteur en chef, aux côtés de collaborateurs issus, pour partie, de la revue imprimée[12].
Premiers numéros
Les huit premières livraisons permettent de suivre la construction du magazine, entre histoire du graffiti parisien, reportages régionaux, rencontres d'artistes et ouverture à d'autres disciplines. Le tableau suivant reprend leurs principaux dossiers et invités, sans reproduire l'intégralité des sommaires.
| Numéro | Parution | Principaux sujets |
|---|---|---|
| 1 | Janvier 2011 | Graffiti parisien des années 1980 (San One, Meo, Teej, Shoe) ; dossier sur Vaughn Bodē et entretien avec Mark Bodē ; scènes de Rennes, Chambéry et Lyon. |
| 2 | Mai 2011 | Dossier sur le graffiti dans le métro parisien et entretien avec Karim Boukercha ; rencontre avec David Lloyd ; scènes de Lyon et Lille ; travaux de Invader. |
| 3 | Août 2011 | Graffiti sur les camions parisiens ; portrait de Psyckoze ; retour sur la presse hip-hop des années 1990 ; manifestations Kosmopolite et présentation de Kashink. |
| 4 | Décembre 2011 | Dossiers sur les blockhaus et sur les liens entre graffiti et jeux vidéo ; portraits de Mambo et de Cope2 ; rubrique « Nobles lettres ». |
| 5 | Mai 2012 | Street art à Vitry-sur-Seine ; projet « Mémoire ouvrière » à Caen ; rencontre de danse Juste debout ; présentation de Zhe 155. |
| 6 | Septembre 2012 | Reportages sur Los Angeles, New York et Philadelphie ; scènes françaises de Rennes et Valence ; dossier sur le graffiti et le droit d'auteur. |
| 7 | Avril 2013 | Reportages sur Berlin, Londres et Le Caire ; portraits de Nasty et d'Above ; photographies de Boris Wilensky ; actualité de Kosmopolite. |
| 8 | Août 2013 | Scènes de Londres et Marseille ; portrait de Grems ; présentation de Mathieu Lauffray ; rubriques photographiques, esquisses et art urbain. |
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Aziz Oguz, « Paris Tonkar : le magazine des arts de rue », sur Respect magazine, article reproduit sur le blog de Paris Tonkar, (consulté le )
- ↑ 2,0 et 2,1 « Paris Tonkar webZINE », sur Le blog de Paris Tonkar, (consulté le )
- ↑ Violaine Pondard, « Paris Tonkar, la réédition d’un livre culte sur le Graffiti parisien », sur Urbaneez, (consulté le )
- ↑ « Street art : entre tunnels et galeries, toujours hors les murs. Bibliographie sélective » [PDF], sur Bibliothèque nationale de France, (consulté le )
- ↑ 5,0 et 5,1 Miss Acacia, « Les portraits de Miss Acacia : Tarek, du tag à Paris Tonkar Magazine », sur Les billets de Miss Acacia, (consulté le )
- ↑ Tonton Steph, « Paris Tonkar #8 actuellement dans les kiosques ! », sur Freshnewsbysteph, (consulté le )
- ↑ Tarek Ben Yakhlef, « Paris Tonkar magazine #13 », sur Le blog de Paris Tonkar, (consulté le )
- ↑ Tarek Ben Yakhlef, « Paris Tonkar international #15 en vente ! », sur Le blog de Paris Tonkar, (consulté le )
- ↑ Tarek Ben Yakhlef, « Paris Tonkar magazine #20 », sur Le Club de Mediapart, blog personnel de l'auteur, (consulté le )
- ↑ « Paris Tonkar, numéro 21 du 9 juin 2021 », sur Journaux.fr (consulté le )
- ↑ « Paris Tonkar International, hors-série #1 : spécial métros », sur Paris Tonkar, (consulté le )
- ↑ 12,0 et 12,1 « À propos », sur Paris Tonkar Webzine (consulté le )
- ↑ « Paris Tonkar s'éclate avec les livres street art d'Alternatives », sur Éditions Alternatives, (consulté le )
- ↑ « Anciens numéros », sur Paris Tonkar Webzine (consulté le )
- ↑ « Statistiques de la presse écrite en 2016, liste des titres, p. 52 » [PDF], sur Ministère de la Culture, Direction générale des médias et des industries culturelles (consulté le )
Liens externes
- Paris Tonkar Webzine, site actuel
- Blog historique de Paris Tonkar
- Site consacré à Paris Tonkar et à ses éditions
Article publié sur Wikimonde Plus
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- Art contemporain
- Paris
- Presse écrite