Patrick Coulomb

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Patrick Coulomb
Alias
Patrick Blaise (pseudonyme)
Naissance
Marseille (France)
Nationalité Française
Activité principale
Journaliste, romancier, éditeur
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Roman policier, roman noir, science-fiction, fantasy, chroniques urbaines

Œuvres principales

  • Pourriture Beach (2000)
  • Voir Phocée et mourir (2005)
  • On l'appelle Marseille (2017)
  • Boulevard des rats (2025)

Patrick Coulomb, né en 1958 à Marseille, est un journaliste, écrivain et éditeur français. Il exerce dans la presse marseillaise avant de consacrer une part croissante de son activité à l'édition et à la littérature. Cofondateur de L'Écailler du Sud en 2000, il crée ensuite le label The Melmac Cat, développé en maison d'édition en 2021. Il écrit des romans policiers, des récits relevant des littératures de l'imaginaire et des chroniques consacrées aux villes, particulièrement à Marseille. Ses premiers polars paraissent sous le pseudonyme de Patrick Blaise[1],[2].

Parcours

Journalisme et création de L'Écailler

Patrick Coulomb travaille pour plusieurs titres de la presse écrite marseillaise, notamment Le Méridional, La Provence et Marseille l'Hebdo. Il suit pendant une quinzaine d'années les concerts, le cinéma et les spectacles. Cette expérience le met en contact avec les lieux et les acteurs de la vie culturelle locale, dont il tirera ensuite la matière de plusieurs livres. Au sein de La Provence, il rejoint par la suite le service des informations générales, chargé de l'actualité politique et des faits divers nationaux et internationaux[3],[4].

En 2000, il cofonde à Marseille la maison L'Écailler du Sud avec François Thomazeau et le journaliste Michel Martin-Roland. Son nom fait référence à la revue littéraire Les Cahiers du Sud. Les premiers ouvrages sont présentés le 15 juin 2000 : Bonne mère de François Thomazeau, Le Crapaud qui fume de Serge Scotto et Pourriture Beach, publié par Coulomb sous le nom de Patrick Blaise. La maison prend ainsi place dans le développement du roman noir et du roman policier marseillais à la fin des années 1990 et au début des années 2000[5],[2].

Si les premiers titres privilégient des auteurs méridionaux et le polar, les fondateurs ne souhaitent pas limiter le catalogue à une littérature régionaliste. Dès 2002, ils publient aussi des écrivains d'autres horizons. Le travail d'édition s'accompagne de rencontres et de manifestations autour du livre, notamment la Semaine noire consacrée au roman policier à Marseille. Dans un entretien de 2021, Patrick Coulomb indique avoir dirigé L'Écailler avec François Thomazeau pendant treize ans, période au cours de laquelle la maison aurait publié quelque 150 livres, principalement des romans policiers, mais aussi des biographies et des documents[6],[7],[4].

Du label Melmac à une maison d'édition

Patrick Coulomb développe parallèlement un label éditorial et associatif nommé The Melmac Cat, dont le nom évoque la planète de la série télévisée Alf. Ce cadre lui permet de publier des textes en impression à la demande et de travailler avec d'autres éditeurs. Une collection Melmac existe notamment chez Gaussen, où paraît On l'appelle Marseille en 2017. Avec cet éditeur, Coulomb participe à la conception de recueils collectifs, de la science-fiction située dans la cité phocéenne (Marseille, an 3013) aux nouvelles se déroulant dans des bibliothèques (Il était une fois dans la bibliothèque)[4],[8].

L'activité franchit une nouvelle étape en 2021, lorsque Coulomb fonde sous le nom de The Melmac Cat une maison d'édition dont les livres sont diffusés en librairie. Sa première publication dans ce cadre est La femme qui mangeait des fleurs, roman policier de Guillaume Chérel. Le catalogue associe romans noirs, science-fiction, récits de l'imaginaire et chroniques urbaines, avec une ouverture ponctuelle à la poésie, dont Surf de François Thomazeau. L'éditeur présente cette diversité comme le résultat d'une politique indépendante, guidée par ses choix de lecture plutôt que par une spécialisation strictement marseillaise. Les auteurs publiés ne sont d'ailleurs pas tous originaires de la région[7].

Le passage du label à la maison distribuée explique la coexistence de références à Melmac antérieures à 2021 et de cette date de fondation. L'Agence régionale du Livre confirme encore en 2026 la direction de The Melmac Cat par Patrick Coulomb et l'orientation de ses collections vers le polar, l'imaginaire et les récits urbains[9].

Relance de L'Écailler

Après une interruption d'environ trois ans, L'Écailler reprend ses publications à la fin de 2023, notamment avec Iris en feu de Clarisse Gorokhoff et Wouter van der Veen. La reprise est officiellement présentée le 18 avril 2024, à Marseille. La maison conserve un intérêt pour le roman noir tout en accueillant des ouvrages de genres variés et des auteurs étrangers. Patrick Coulomb prend la tête de la structure relancée, parallèlement à son activité chez Melmac ; François Thomazeau reste associé à sa ligne éditoriale. Cette nouvelle phase est distincte de la création de la maison en 2000[2].

Œuvre

Romans policiers, satire et imaginaire

Les deux premiers romans policiers de Patrick Coulomb paraissent sous le nom de Patrick Blaise, chez L'Écailler du Sud. Dans Pourriture Beach (2000), Étienne Cataldese, éboueur marseillais en préretraite, enquête sur l'assassinat d'une connaissance retrouvée dans une décharge. Voir Phocée et mourir (2005) reprend la figure de l'éboueur enquêteur, confronté à une série de meurtres commis les soirs de match de football. Le football, les réseaux de sociabilité, la petite délinquance et les rapports de pouvoir urbains alimentent ces intrigues, qui font une place importante à l'humour et à la fantaisie[10],[11].

L'auteur ne se limite cependant pas au policier. L'illusion du belvédère (2003), publié sous son nom, est un court roman plus symbolique, centré sur un choix entre ambition personnelle et vie affective. À l'inverse, La résistible ascension de Marcello Ruffian (2015) revient à la satire criminelle : les ambitions d'un responsable politique y croisent celles d'une tueuse, sous le regard d'un ancien policier devenu détective privé. La trilogie des bras cassés (2024) prolonge cette veine de récits noirs traversés par les combines politiques et les personnages désabusés[12],[13],[14].

Avec Boulevard des rats (2025), publié à L'Écailler sous son propre nom, Coulomb retrouve Étienne Cataldese. L'ancien éboueur gravite désormais dans l'entourage d'un homme politique corrompu, au cœur d'une enquête mêlant disparition, meurtres et opérations immobilières. L'action se situe principalement à Boccarone, ville fictive dont les lieux et les travers évoquent directement Marseille. Le roman reprend ainsi le ton satirique des premières enquêtes tout en privilégiant une représentation volontairement déformée de la cité[15].

Patrick Coulomb explore aussi la fantasy et les univers dystopiques. Son intérêt pour ces genres apparaît également dans Une collection de monstres (2019), parcours à travers les créatures de la littérature, du cinéma et de la culture populaire[16]. Son diptyque La porte des dragons, paru initialement en deux volets en 2019 puis réuni en un volume en 2021, imagine une invasion de la Terre par des dragons et suit un écrivain entraîné malgré lui dans le conflit. Il aborde également la science-fiction et le fantastique avec Ibomiran (2024), recueil de nouvelles écrit avec Bernard Vitiello et auquel collabore Jacques Barbéri[17],[18].

Villes, récits documentaires et musique

Le motif urbain traverse également ses livres non policiers. Dans L'inventeur de villes (2013), Coulomb associe déambulations, souvenirs et inventions autour de villes réelles ou imaginaires. On l'appelle Marseille : chroniques urbaines (2017) propose une promenade personnelle, en textes et en images, dans plusieurs quartiers de sa ville natale. Le vortex des Réformés et autres chroniques marsiennes, vraies ou fausses (2022) reprend ce mélange de mémoire urbaine et de fabulation, en reliant l'histoire de Marseille à des récits fantastiques[19],[8],[20].

Sa connaissance de la culture marseillaise nourrit aussi des ouvrages documentaires réalisés à plusieurs mains. Avec François Thomazeau, il signe Les Marseillais : lignes de vie d'un peuple (2018), une suite de portraits de personnalités reliées aux vingt-deux figures du tarot de Marseille. Il participe avec Thomazeau et Thierry Aguila à Sardines : de la naissance à la boîte (2021), consacré à l'histoire, à la production et aux usages de ce poisson. En 2024, il cosigne avec la journaliste Marie-Hélène Balivet Espace Julien : une aventure musicale à Marseille, retraçant la vie de cette salle de concert et les évolutions de la scène musicale locale de 1984 à 2023[21],[22],[3].

Ses activités d'auteur et d'éditeur se rejoignent dans la conception de recueils de nouvelles. Pour 14 histoires de musique(s) à Marseille (2020), publié avec les éditions Gaussen, il réunit quatorze auteurs invités à écrire une fiction ayant la musique pour thème et Marseille pour cadre. Le rock y tient une place particulière, aux côtés du jazz, du rap et d'autres traditions musicales. Pendant le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, il contribue également, avec François David et Jean-Paul Delfino, au projet collectif Voyages immobiles en temps de confinement, publié en 2020 chez Ramsay au bénéfice d'une association intervenant auprès d'enfants hospitalisés. Il s'agit d'un travail de coordination éditoriale et de participation collective, distinct de ses ouvrages écrits seul[4].

Réception et contexte littéraire

L'activité de Patrick Coulomb s'inscrit dans l'essor du polar marseillais, qui accompagne notamment les romans de Jean-Claude Izzo et de François Thomazeau. Dans un article de 2003, le sociologue Alain Guillemin situe Patrick Blaise parmi les auteurs apparus lors de la multiplication des romans policiers ayant Marseille pour décor à la fin des années 1990. La chercheuse Natacha Levet identifie, de son côté, L'Écailler du Sud comme l'une des maisons d'édition ayant structuré cette production. Elle souligne une tension dans son positionnement : la maison revendique une identité méditerranéenne et populaire, sans vouloir se cantonner à l'étiquette de « polar marseillais »[23],[24].

Lors du lancement de L'Écailler en juin 2000, Michel Samson relève dans Le Monde le choix inhabituel d'un éboueur comme personnage central de Pourriture Beach. Vingt-cinq ans plus tard, dans une chronique de Gomet’, Hervé Nedelec rapproche Boulevard des rats d'une Marseille à peine déguisée et insiste sur la profusion des personnages, des péripéties et des mots. Cette lecture, favorable mais exprimée par un confrère qui revendique sa proximité avec l'auteur, témoigne d'une réception locale du roman plutôt que d'un jugement critique unanime[5],[25].

Bibliographie

Romans, nouvelles et récits de fiction

  • Pourriture Beach, sous le pseudonyme de Patrick Blaise, L'Écailler du Sud, 2000.
  • L'illusion du belvédère, L'Écailler du Sud, 2003.
  • Voir Phocée et mourir, sous le pseudonyme de Patrick Blaise, L'Écailler du Sud, 2005.
  • La résistible ascension de Marcello Ruffian, Ska, 2015.
  • La porte des dragons et Orenoen : vienne le temps des dragons, diptyque, Books on Demand, 2019 ; édition réunie sous le titre La porte des dragons : livres 1 et 2, 2021.
  • La trilogie des bras cassés, The Melmac Cat, 2024.
  • Ibomiran, avec Bernard Vitiello et la collaboration de Jacques Barbéri, The Melmac Cat, 2024.
  • Boulevard des rats, L'Écailler, 2025.
  • Le chemin le plus court n'est pas la ligne droite, Books on Demand, édition de 2026 (titre déjà publié dans le cadre du label Melmac avant 2021)[26].

Chroniques, essais et ouvrages documentaires

  • L'inventeur de villes, Gaussen, 2013.
  • On l'appelle Marseille : chroniques urbaines, Gaussen, 2017.
  • Les Marseillais : lignes de vie d'un peuple, avec François Thomazeau, Ateliers Henry Dougier, 2018.
  • Une collection de monstres, Books on Demand, 2019.
  • Sardines : de la naissance à la boîte, avec Thierry Aguila et François Thomazeau, EMCG, 2021.
  • Le vortex des Réformés et autres chroniques marsiennes, vraies ou fausses, Books on Demand, 2022.
  • Espace Julien : une aventure musicale à Marseille (1984-2023), avec Marie-Hélène Balivet, éditions Parenthèses, 2024.

Recueils collectifs et direction éditoriale

  • 14 histoires de musique(s) à Marseille, recueil collectif coordonné par Patrick Coulomb, éditions Gaussen et label Melmac, 2020.
  • Voyages immobiles en temps de confinement, recueil collectif auquel Patrick Coulomb participe à la conception, Ramsay, 2020.

Notes et références

  1. ↑ « Patrick Blaise », Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d'Azur, annuaire des auteurs.
  2. ↑ 2,0 2,1 et 2,2 Hervé Nedelec, « Édition : la troisième vie de l'Écailler (Marseille) », Gomet’, 21 avril 2024.
  3. ↑ 3,0 et 3,1 « Espace Julien : une aventure musicale à Marseille », éditions Parenthèses, présentation du livre et des auteurs, 2024.
  4. ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 Danielle Dufour-Verna, « Marseille se raconte en musiques fictions : “14 histoires de musique(s) à Marseille” », Marie-Céline, 26 février 2021, entretien avec Patrick Coulomb.
  5. ↑ 5,0 et 5,1 Michel Samson, « Pêche noire pour L'Écailler du Sud », Le Monde, 23 juin 2000.
  6. ↑ Pierre Vavasseur, « Deux éditeurs qui ont réussi loin de Paris », Le Parisien, 15 juin 2002.
  7. ↑ 7,0 et 7,1 « The Melmac Cat : l'édition rock'n roll », Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d'Azur, 6 mai 2022.
  8. ↑ 8,0 et 8,1 « On l'appelle Marseille : chroniques urbaines », notice bibliographique, Fnac, 2017.
  9. ↑ « The Melmac Cat », Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d'Azur, annuaire des éditeurs, données actualisées au 27 janvier 2026.
  10. ↑ « Pourriture Beach », Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d'Azur, notice bibliographique, 2000.
  11. ↑ « Voir Phocée et mourir », Agence régionale du Livre Provence-Alpes-Côte d'Azur, notice bibliographique, 2005.
  12. ↑ « L'illusion du belvédère », notice bibliographique, Chasse aux livres, 2003.
  13. ↑ « La résistible ascension de Marcello Ruffian », notice de l'édition numérique, Ska, 2015.
  14. ↑ « La trilogie des bras cassés », notice bibliographique, Decitre, 2024.
  15. ↑ « Boulevard des rats », éditions L'Écailler, présentation de l'ouvrage, 2025.
  16. ↑ « Une collection de monstres », notice bibliographique de l'édition Books on Demand, Fnac, 2019.
  17. ↑ « La porte des dragons », Books on Demand, édition du premier volet, 2019 ; édition réunissant les deux livres, 2021.
  18. ↑ « Ibomiran », librairie Mollat, notice bibliographique, 2024.
  19. ↑ « L'inventeur de villes », Recyclivre, notice bibliographique de l'édition Gaussen, 2013.
  20. ↑ « Le vortex des Réformés et autres chroniques marsiennes, vraies ou fausses », Books on Demand, édition du 28 mai 2022.
  21. ↑ « Les Marseillais », notice bibliographique, Ateliers Henry Dougier, parution du 22 mars 2018.
  22. ↑ « Sardines : de la naissance à la boîte », librairie Molière, notice bibliographique, 2021.
  23. ↑ Alain Guillemin, « Le polar “marseillais”. Reconstitution d'une identité locale et constitution d'un sous-genre », A contrario, vol. 1, n° 1, 2003, p. 45-60.
  24. ↑ Natacha Levet, Le genre, entre pratique textuelle et pratique sociale : le cas du roman noir français (1990-2000), thèse de doctorat, université de Limoges, 2006, première partie, chapitre 3.
  25. ↑ Hervé Nedelec, « Bloc-notes : et s'ils passaient à l'ombre », Gomet’, 29 juin 2025, section « Assier et Coulomb “des amis de luxe” ».
  26. ↑ « Le chemin le plus court n'est pas la ligne droite », notice de l'édition Books on Demand du 21 septembre 2026, Numilog.

Article publié sur Wikimonde Plus