Pierre Lemée
| Nationalité | Française |
|---|---|
| Profession |
Industriel des produits forestiers |
| Activité principale |
Maire de Bretagne-de-Marsan (1935-1965), responsable politique, résistant |
| Distinctions |
Croix de guerre 1939-1945 (au titre de la Résistance) |
Pierre Lemée est un industriel des produits forestiers et homme politique français du XXe siècle. Maire de Bretagne-de-Marsan, dans les Landes, de 1935 à 1965, il dirige successivement l'organisation départementale du Parti social français (PSF) et celle du Rassemblement du peuple français (RPF). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à la Résistance intérieure française, notamment en procurant de faux papiers et en aidant des personnes recherchées.
Engagement politique et mandat municipal
Notable rural exerçant une activité industrielle dans la filière des produits forestiers, Pierre Lemée milite d'abord aux Croix-de-Feu, mouvement dirigé par le colonel François de La Rocque. Après la dissolution des ligues en 1936, il rejoint le Parti social français fondé par ce dernier et devient responsable de cette formation dans les Landes[1].
Il prend la tête de la municipalité de Bretagne-de-Marsan en 1935, succédant à Pascal Clément. Son mandat se poursuit pendant l'Occupation, puis après la Libération, jusqu'en 1965, année où Alain Bentéjac lui succède[2].
Activités dans la Résistance
Sous l'Occupation, Pierre Lemée prend part aux activités de l'Organisation civile et militaire (OCM) et entretient des liens avec le réseau de renseignement Jade-Amicol. Ses fonctions de maire lui permettent notamment de fournir des documents d'identité et de faciliter des déplacements clandestins[3].
Dans une attestation datée du 20 avril 1952, reproduite par l'historien Éric Duhamel, Lemée se présente comme chef local de Jade-Amicol. Il affirme avoir établi, en 1941 et 1942, un faux état civil pour Pierre de Léotard, ancien militant du PSF, auquel le réseau avait également fourni un laissez-passer allemand. D'après cette attestation, ces documents lui permettaient de franchir la ligne de démarcation. Éric Duhamel relève cependant que les souvenirs de Pierre de Léotard ne font pas état de sa participation à Jade-Amicol[4].
En janvier 1944, il intervient dans l'évasion du major américain Ivan Wayne Eveland, rescapé du bombardier Flak Rat, abattu le 31 décembre 1943 près d'Arjuzanx. Après avoir été mis en relation avec lui par Maurice de Laurens, il l'héberge brièvement à Bretagne-de-Marsan et lui remet une carte d'identité munie du cachet de la mairie. Le pilote est ensuite pris en charge à Mont-de-Marsan par la famille de l'aviatrice Andrée Dupeyron, avant de poursuivre son évasion par Bordeaux puis l'Espagne[5],[3].
Dans son attestation de 1952, Pierre Lemée indique également avoir reçu la Croix de guerre 1939-1945 au titre de la Résistance et siéger à la commission d'homologation des Forces françaises combattantes[4].
Après-guerre
Sous la Quatrième République, Pierre Lemée rejoint le mouvement gaulliste du Rassemblement du peuple français, fondé en 1947 par Charles de Gaulle. En 1949, il devient délégué départemental du RPF dans les Landes. Cette responsabilité s'inscrit dans un contexte où l'implantation gaulliste demeure plus limitée dans les départements aquitains qu'en Gironde[6].
À la mairie de Bretagne-de-Marsan, il porte au début des années 1950 un projet de nouvelle école communale. Une partie de son financement provient des recettes d'un gala donné par Édith Piaf à Mont-de-Marsan. L'établissement reçoit le nom de la chanteuse en 2024, lors d'une cérémonie rappelant les origines de sa construction[7].
Notes et références
- ↑ Sylvie Guillaume, « Une analyse magistrale sur le premier Rassemblement : Lachaise (Bernard), Le gaullisme dans le Sud-Ouest au temps du RPF », Annales du Midi, vol. 110, no 224, 1998, p. 540-543 (lire en ligne).
- ↑ « Pierre Lemée », MairesGenWeb, FranceGenWeb ; « Anciens maires de Bretagne-de-Marsan », Annuaire-mairie.fr. Les deux relevés donnent un mandat de 1935 à 1965.
- ↑ 3,0 et 3,1 « La chute de Flak Rat le 31 décembre 1943 à Arjuzanx », enquête historique diffusée par Les Amis du Brassenx / France-Crashes 39-45, p. 18-21 (consulter le document).
- ↑ 4,0 et 4,1 Éric Duhamel, « Présentation des “Souvenirs politiques” de Pierre de Léotard », Recherches contemporaines, no 5, 1998-1999, p. 176, note 2, reproduisant l'attestation de Pierre Lemée du 20 avril 1952 (lire en ligne).
- ↑ « Françoise – Partis vers le 10 février et la fin février », Escape Lines, article mis à jour le 21 avril 2025, d'après des rapports d'évasion alliés et des témoignages (lire en ligne).
- ↑ Bernard Lachaise, « Les débuts du gaullisme en Aquitaine (1946-1955) », dans Gaullisme et anti-gaullisme en Aquitaine, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1990, p. 17-43 (lire en ligne).
- ↑ « Pourquoi une commune des Landes a-t-elle inauguré une école Édith-Piaf, plus de 60 ans après sa disparition ? », Sud Ouest, 6 juin 2024 (lire en ligne).
Bibliographie
- Bernard Lachaise, Le gaullisme dans le Sud-Ouest au temps du RPF, Talence, Fédération historique du Sud-Ouest, 1997, 754 p., (ISBN 2-85408-029-7) (notamment « Pierre Lemée : du PSF au RPF », p. 492).
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