Jean Gagnaire

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Jean Gagnaire
Jean Gagnaire
Portrait de Jean Gagnaire par Eugène Leliepvre.

Naissance
Sommières-du-Clain (Vienne)
Décès (à 66 ans)
Poitiers (Vienne)
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Grade Commandant de réserve honoraire
Années de service 1934 – 1963
Commandement Batterie de commandement du 411e régiment d'artillerie d'Afrique
2e batterie du 47e régiment d'artillerie
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Guerre d'Algérie
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Croix de la Valeur militaire

Jean Marcel Frédéric Gagnaire, né le à Sommières-du-Clain (Vienne) et mort le à Poitiers, est un officier d'artillerie français et un ancien membre de la Résistance intérieure française. Engagé dans l'armée en 1934, il sert au Levant avant de rejoindre les Forces françaises de l'intérieur pendant la Seconde Guerre mondiale. Il participe ensuite à la guerre d'Indochine et à la guerre d'Algérie. Son parcours comprend notamment des missions d'observation aérienne en Indochine, une fonction d'aide de camp auprès du président du gouvernement de Cochinchine et le commandement d'une batterie d'artillerie en Algérie[1].

Biographie

Origines et premiers engagements

Jean Gagnaire naît dans une famille de propriétaires exploitants du Poitou. Son père, Marcel-Frédéric Gagnaire, a combattu pendant la Première Guerre mondiale, notamment sur le front de l'Yser ; sa mère se nomme Marguerite Cheminade. Il effectue une partie de ses études en internat à Civray, où il obtient son baccalauréat. Le 23 avril 1938, il épouse à Poitiers Andréa-Marie Girault, avec laquelle il a deux enfants.

Il choisit la carrière militaire en 1934 et s'engage pour quatre ans au 109e régiment d'artillerie lourde hippomobile, alors en garnison à Châteaudun. Muté en 1937 au 20e régiment d'artillerie nord-africain, à Poitiers, il y est nommé maréchal des logis[2].

Jean Gagnaire au 20e régiment d'artillerie nord-africain, en 1938.

Volontaire pour servir au Levant, il rejoint en août 1939 la 20e batterie du groupe de marche qui y est envoyé. Débarqué à Beyrouth le 21 août, il est affecté le mois suivant à Homs, en Syrie, territoire alors placé sous mandat français. Il y séjourne pendant environ un an, au début de la Seconde Guerre mondiale[2].

Résistance et retour dans l'armée (1943-1945)

Après sa démobilisation, Jean Gagnaire rejoint la Résistance dans la Vienne en 1943, sous le pseudonyme d'« Arthur ». Il prend la responsabilité d'un groupe au sein du maquis Joël, actif notamment dans le secteur de L'Isle-Jourdain. Ce maquis, rattaché aux Forces françaises de l'intérieur, participe aux combats de la Libération dans le département, sous le commandement du lieutenant de Crisenoy à partir de juillet 1944[3].

Ses services dans les Forces françaises de l'intérieur sont homologués après la guerre. Le Service historique de la Défense conserve la référence de son dossier individuel sous la cote GR 16 P 238352, qui l'identifie par ses prénoms, sa date et sa commune de naissance[4].

Après avoir suivi une formation à l'école des cadres de Saint-Maixent-l'École, il est nommé lieutenant de réserve d'artillerie le 26 mai 1945. Il est ensuite affecté au 18e régiment de tirailleurs sénégalais, dont une partie des effectifs contribue à la reconstitution du 43e régiment d'infanterie coloniale. Ce régiment est destiné à rejoindre le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient[2].

Guerre d'Indochine (1946-1948)

Le lieutenant Gagnaire débarque le 2 février 1946 au cap Saint-Jacques, dans le sud de l'Indochine française, avant d'être envoyé vers Cần Thơ, dans le delta du Mékong. La présence française y fait face à des mouvements indépendantistes armés, dans un contexte de reprise du contrôle colonial et de montée des tensions qui débouchent sur la guerre d'Indochine.

Durant l'année 1946, il prend part à des opérations dans le delta, notamment dans la région du fleuve Hậu, puis dans la province de Thủ Dầu Một. Il est également employé à des missions aériennes d'observation d'artillerie et d'appui aux troupes au sol, parfois au cours d'engagements armés. Ces missions s'inscrivent dans l'activité des groupes aériens d'observation d'artillerie, qui utilisent des avions légers pour la reconnaissance, la localisation des positions adverses et le guidage des feux[2],[5]. Pour sa participation aux opérations, il reçoit une citation à l'ordre de la division et la croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs.

Le lieutenant Jean Gagnaire à Thủ Dầu Một, le 2 décembre 1946.

À la fin de 1946, il est détaché à Saïgon comme aide de camp du docteur Lê Văn Hoạch, président du gouvernement provisoire de la Cochinchine. Ce gouvernement, mis en place avec l'appui des autorités françaises, défend alors une organisation distincte de la Cochinchine, en opposition au projet d'unification du Viêt Nam porté par la République démocratique du Viêt Nam. Lê Văn Hoạch a succédé à Nguyễn Văn Thinh après la mort de ce dernier en novembre 1946[6].

Une relation publiée dans Le Journal de Saïgon le 14 mars 1947 confirme la présence du lieutenant Gagnaire dans l'entourage du président Hoạch, à l'occasion d'une visite officielle de l'Institut Pasteur de Saïgon[7].

Admis dans l'armée d'active en juin 1947, Jean Gagnaire quitte l'Indochine en février 1948. De retour en métropole, il est affecté en juin au 33e régiment d'artillerie[2].

Affectation en Allemagne et guerre d'Algérie (1950-1961)

En juillet 1950, Jean Gagnaire rejoint à Baden-Baden, au sein des Forces françaises en Allemagne, le groupement d'aviation et d'observation d'artillerie no 2, où il exerce des fonctions d'adjoint. Il est promu capitaine le 1er janvier 1954.

En 1955, il est envoyé en Algérie, alors entrée dans une guerre opposant les forces françaises aux indépendantistes algériens. Affecté au 1er groupe autonome du 411e régiment d'artillerie d'Afrique, dans la région d'Alger, il commande la batterie de commandement. En novembre 1956, il rejoint le 1er groupe du 47e régiment d'artillerie, dont il prend la tête de la 2e batterie[2].

Sa batterie participe à des opérations de ratissage contre des combattants de l'insurrection algérienne dans la région de Ménerville (aujourd'hui Thénia) et du massif de Bouzegza. Lors d'opérations menées en février 1957, notamment celles désignées sous les noms d'« Amsthas » et de « Koria », les unités françaises découvrent des caches d'armes et de ravitaillement et affrontent des groupes armés dans le secteur de l'oued Boudouaou. Un compte rendu de ces actions paraît dans La Dépêche quotidienne d'Algérie en avril 1957[8]. Il reçoit une citation à l'ordre de la division, signée du général Jacques Allard, ainsi que la croix de la Valeur militaire[2].

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 30 décembre 1959[2]. Une nouvelle citation, datée du 4 avril 1961, souligne ses services comme adjoint au commandement d'un sous-groupement. Dans le vocabulaire militaire français de l'époque, elle insiste aussi sur sa participation à l'action dite de « pacification » et sur ses contacts avec les populations[9].

Retraite et hommage

En juillet 1961, Jean Gagnaire quitte l'Algérie et rejoint le 402e bataillon des services à Saint-Germain-en-Laye. Admis à la retraite de l'armée d'active en mai 1963, il demeure officier de réserve. Il reçoit en octobre 1972 le grade de commandant à titre honoraire. Il poursuit une activité civile et participe à la vie associative[2].

Il meurt à Poitiers le 16 avril 1981, à l'âge de 66 ans[1]. En 2000, une plaque commémorative lui est consacrée à Sommières-du-Clain, sa commune natale, à l'initiative de l'amicale du 47e régiment d'artillerie[10].

Décorations

Les distinctions mentionnées dans sa documentation militaire et biographique comprennent[2] :

  • Légion d'honneur : chevalier (30 décembre 1959) ;
  • Croix de guerre 1939-1945 ;
  • Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs, avec citation à l'ordre de la division ;
  • Croix de la Valeur militaire, avec citations ;
  • Médaille de la Résistance ;
  • Croix du combattant volontaire de la Résistance et croix du combattant ;
  • Médaille coloniale, avec agrafe « Extrême-Orient » ;
  • Médaille commémorative de la guerre 1939-1945, médaille commémorative de la campagne d'Indochine et médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre en Afrique du Nord, avec agrafe « Algérie » ;
  • Ordre du Million d'Éléphants et du Parasol blanc (Royaume du Laos) : chevalier.

Notes et références

  1. ↑ 1,0 et 1,1 Fichier des personnes décédées de l'Insee, notice « Gagnaire, Jean Marcel Frédéric », reproduite dans la liste des décès enregistrés à Poitiers en 1981, acte n° 627 du 16 avril 1981.
  2. ↑ 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 et 2,09 Centre des archives du personnel militaire, Pau, extraits d'états de services militaires et répertoire des citations de Jean Gagnaire, documents mentionnés dans la documentation biographique initiale (cotes non précisées).
  3. ↑ « La Vienne pendant la Seconde Guerre mondiale », Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie (AJPN), rubrique consacrée aux maquis de la Vienne, notice « Maquis Joël ».
  4. ↑ Service historique de la Défense, Dossiers administratifs de résistantes et résistants, sous-série GR 16 P, répertoire de la lettre G, entrée « Gagnaire, Jean Marcel », cote GR 16 P 238352, mention d'homologation FFI.
  5. ↑ Philippe Roudier, « Les groupes aériens d'observation d'artillerie en Indochine », Revue historique des armées, no 261, 2010, p. 35-45.
  6. ↑ Christopher Goscha, « Provisional Government of the Republic of Cochinchina », Dictionnaire de la guerre d'Indochine, Université du Québec à Montréal.
  7. ↑ « Le président Hoach visite l'Institut Pasteur de Saïgon », Le Journal de Saïgon, 14 mars 1947, article reproduit dans le recueil documentaire Institut Pasteur, Saïgon, p. 70-71 du fichier PDF.
  8. ↑ La Dépêche quotidienne d'Algérie, 23 avril 1957, compte rendu d'opérations du 1er groupe du 47e régiment d'artillerie, référence conservée dans la documentation biographique.
  9. ↑ Ordre no 33 du 4 avril 1961 du général de division Arfouilloux, commandant la zone Sud-Algérois et la 20e division d'infanterie, cité dans la documentation biographique. Pour ses fonctions : « L'organisation du commandement en Algérie », Le Monde, 29 avril 1961.
  10. ↑ « Souvenir : une plaque à Jean Gagnaire », Centre Presse, 27 septembre 2000 ; « Sommières-du-Clain : plaque commémorative, souvenir et reconnaissance par l'amicale du 47e RA », Centre Presse, 10 octobre 2000.

Article publié sur Wikimonde Plus

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