Professeur documentaliste dans l'enseignement agricole français

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Un professeur documentaliste dans l'enseignement agricole français est responsable du CDI d'un établissement scolaire rattaché au ministère de l'Agriculture. Ses missions vont de la responsabilité du CDI aux missions d'enseignement.

Spécificités de l'enseignement agricole

Historique

L'origines du métier de professeur-documentaliste dans l’Enseignement agricole date des années 1950, au moment de l'apparition des bibliothèques centrales dans l'ensemble des lycées. Ces structures font évoluer l'organisation de la diffusion du livre dans la scolarité, et le concept de bibliothèque devient celui de centre de ressources documentaires afin que les documents soient exploités dans une perspective pédagogique. C'est la la loi d’orientation de 1989 qui créé le cadre pour les CDI de l’Éducation nationale[1].

Mais la spécificité du métier dans l’Enseignement agricole débute en 1969 car avant cette date les établissements n'étaient dotés que de bibliothèques modestes. Dans les années 1970, à l'initiative des équipes éducatives, une réflexion est menée sur l'usage pédagogigue des documents, leur classement et la qualité de l'information diffusée[1].

Le travail est alors encadré par le ministère de l’Agriculture qui met en place l'idée d'ouvrir de véritables CDI et de structurer la formation de bibliothécaires-documentalistes. Afin que les élèves apprennent l'usage de ces nouveaux centres de ressources documentaires, les bibliothécaire-documentaliste sont aussi formés pour apprendre aux élèves à connaître le CDI[1].

De puis la création du CAPES, les documentalistes de l’Enseignement Agricole Public sont également professeurs[2]. En 1960, le Ministère de l’Agriculture confirme sa tutelle pour l’enseignement et la formation professionnelle agricole. Durant cette période, les appellations des personnels exerçant dans les centres fluctuent. De bibliothécaires documentalistes en 1976, ils sont nommés chargés de fonctions de documentation et d’information en 1983, pour devenir, en 1990, des professeurs documentalistes. Dès 1982, des heures de cours sont confiées aux bibliothécaires documentalistes pour faire découvrir aux élèves le fonctionnement du centre. En 1984, avec la rénovation de l’enseignement agricole, des heures de documentation apparaissent dans les programmes. C’est en 1989 que la documentation devient une discipline à part entière au sein de modules de formation. De fait, en 1990, apparaît le premier concours de PLPA1 documentation.

La profession est actuellement régie par deux textes réglementaires : le référentiel CDI de 1997 et la note de service sur les missions et obligations des professeurs documentalistes de 1998 (texte annulant la note de 1983 relative au rôle des CDI, définition des missions et obligations des services des personnels chargés de fonction d’information et de documentation)[2].

Missions professionnelles et pédagogie

Un professeur documentaliste dans l'enseignement agricole exerce, selon le système éducatif français, dans un centre de documentation et d’information au sein d’un établissement public local d'enseignement (EPLEFPA), d’un lycée professionnel agricole (LPA) ou d’un lycée d’enseignement général et technologique agricole (LEGTA). Son rôle est à la fois rattaché à la communauté pédagogique, avec des missions d'enseignement, mais aussi la responsabilité du CDI[3].

Avec reconnaissance officielle du statut de professeur, les professeurs-documentalistes assument à la fois des missions de professeur et de documentaliste. Mais ce qui est au coeur du métier, c'est surtout la réflexion sur l’utilisation pédagogique des documents car cet aspect est accentué par l’organisation modulaire de l’Enseignement agricole, où chaque cours est un module. Plusieurs disciplines interviennent au sein de modules, ce qui oblige à faire collaborer la documentation entre plusieurs disciplines. C'est ce qui a contribué à distinguer durablement le métier de professeur-documentaliste et qui le distingue de celui de l’Éducation nationale[1].

L'organisation du CDI, du fonds documentaire, enseigne les techniques de recherche documentaire tout en organisant de la médiation culturelle, des projets pédagogiques[4]. C'est pourquoi on parle de professeur documentaliste[5]. Mis en place en 1998, Renadoc (Réseau national documentaire), permet le dépouillement partagé des ressources, la mutualisation, les échanges d'informations, l’harmonisation des pratiques documentaires, la rationalisation des tâches.

Les établissements agricoles accueillent les élèves de la 4e au BTSA. C'est pourquoi les professeurs documentalistes interviennent dans chacun de ces niveaux de scolarité. En 4e c'est surtout les technologies de l’informatique et du multimédia[6]. Durant les trois années de Baccalauréat professionnel, il s'agit de maitriser la recherche d'information[7]. Puis, l'accompagnement pour le BTSA il s'agit de mettre en oeuvre des recherches pour un thème culturel et socio-économique précis[8].

Notes et références

  1. 1,0 1,1 1,2 et 1,3 Cécile Gardiès 2011.
  2. 2,0 et 2,1 Bénédicte de la Houplière, « Professeur-documentaliste dans l’enseignement agricole », Cahiers Pédagogiques, no 470,‎ (lire en ligne)
  3. « Arrêté du 13 juillet 2016 relatif au référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation au sein de l'enseignement agricole | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  4. http://sites.ensfea.fr/cdi/wp-content/uploads/sites/3/2014/06/referentiel-prof-doc.pdf
  5. http://www.chlorofil.fr/fileadmin/user_upload/emploi/metiers/NS-prof-doc.pdf
  6. « Référentiel de formation : 4ème et 3ème de l’Enseignement Agricole (cycle 4) » [PDF], sur Chlorofil.fr, (consulté le )
  7. « Référentiel de certification et de formation Enseignements généraux Baccalauréat professionnel » [PDF], sur Chlorofil.fr, (consulté le )
  8. « Document d’accompagnement du référentiel de formation M22 » [PDF], sur Chlorofil.fr, (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Cécile Gardiès, Professeur-documentaliste. Un tiers métier, Dijon, Éducagri éditions, coll. « Agora », , p. 67-85 .
  • Michel Dumas, Isabelle Fabre, Cécile Gardies, Sylvie Perget, Marianne Rinaldi, L’éducation à l’information, Éducagri éditions,  .

Articles connexes

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