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Réchauffement climatique naturel

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Le réchauffement climatique d'origine naturel depuis 1950 est une hypothèse minoritaire soutenu par les sceptiques du réchauffement climatique anthropique. Le réchauffement du climat de 1950 à nos jours serait du essentiellement a l'augmentation des fluctuations solaires.

Hypothèse des fluctuations de l'activité solaire

Les simples variations de flux lumineux n'expliquent pas les anomalies de températures. Le paramètre qui retient l'attention des chercheurs est l'activité éruptive solaire, c'est-à-dire le nombre d'éruptions à la surface du soleil, observées depuis Galilée sous la forme de taches solaires. Cette activité se traduit par une déviation des rayonnements ionisants qui frappent la terre depuis l'espace, et qui seraient impliqués dans le processus de formation des nuages : plus l'activité solaire est forte, plus les rayonnements ionsiants sont déviés, plus la couverture nuageuse est faible.

Très faible activité solaire de 2007 à 2009

Les années 2007 et 2008 sont caractérisés par une très faible activité solaire, 2008 est l'année avec le moins de taches solaires juste après 1913[1]. En 2008 le vent solaire est à son plus bas niveau depuis 50 ans[2]. Ce fort changement d'activité solaire devrait infirmer ou confirmer l'hypothèse des fluctuations de l'activité solaire dans les prochaines années.

Activité solaire depuis l'an 900, mesurée par la variation de quantité de carbone 14 par rapport à l'actuel, dans le bois ( plus il y avait d'activité solaire et moins il y avait de carbone 14 produit dans l'atmosphère et le bois de l'époque, car les vents solaires dévient les rayons cosmiques qui produisent le carbone 14)
le Minimum de Maunder correspond à un déficit marqué du nombre de taches solaires entre 1645 et 1715. Une siècle après le minimum de Maunder eut lieu le minimum de Dalton. Indépendamment de ces périodes de minimum apparaît très clairement une modulation du nombre de taches solaires, suivant le cycle solaire d'environ 11 ans.

Arguments pour

  • En 1997, les physiciens danois Eigil Friis-Christensen et Hensik Svensmark annoncent avoir établi une corrélation entre les variations passées du climat, la couverture nuageuse et l'activité solaire. Selon eux, une forte activité solaire entraînerait une diminution du flux des rayons cosmiques d'origine galactique, réduisant l'ionisation de l'atmosphère et entraînant une moindre formation des noyaux de gel et de condensation. La couverture nuageuse se réduirait, diminuant l'albedo de la planète et permettant ainsi un réchauffement[3],[4]. Et l'activité de l'année qui vient s'annonce particulièrement faible[5]. Les travaux de l'équipe de Svensmark ont trouvé de nombreux échos dans la communauté scientifique[6],[7],[8]. Au-delà des constatations, ces études sont à poursuivre pour bien appréhender les phénomènes physiques mis en œuvre.
  • Le projet CLOUD (Cosmic Leaving OUtdoor Droplets)[9] qui utilisera l'installation le synchrotron à protons du CERN, devrait aider à la compréhension de l'interaction des rayons cosmiques avec l'atmosphère.
  • Le lien entre environnement et activité solaire a également été mis en évidence par l'étude de données hydrologiques en Afrique du Sud[10].

Cette thèse est reprise en mars 2007 dans le film du producteur de télévision Martin Durkin qui recueille dans son film (sous-titré en français[11]) The Great Global Warming Swindle (La grande escroquerie du réchauffement global)[12], l'avis de plusieurs scientifiques renommés. Le film cite notamment une étude datant de 2005 de Ján Veizer (Ottawa-Carleton Geoscience Centre, Université d'Ottawa)[13], démontrant cette corrélation à différentes échelles de temps ainsi que l'influence complémentaire d'autres types de rayonnements cosmiques ayant notamment une influence sur l'évaporation d'eau et la couverture nuageuse. La liste des 20 personnalités (18 chercheurs) est disponible dans l'article correspondant The Great Global Warming Swindle (Contributors to the programme). Pour eux, grâce aux études des corrélations, les variations du rayonnement solaire ont beaucoup plus d'influence sur la variation du climat terrestre que les rejets de CO2 par l'homme.

Ce film a reçu de vives critiques de la part de la Royal Society ainsi que du Met Office[14], qui ont publié un contre-argumentaire en 8 points[15].

Arguments contre

Peu de temps après l'exposé de la théorie de Friis-Christensen et Svensmark, l'américain Paul Damon et le danois Peter Laut dirent avoir trouvé des erreurs dans les données citées pour soutenir leur hypothèse. En outre, une réduction de la couverture nuageuse diminue certes l'albédo, mais diminue également l'impact de l'effet de serre et il est plus difficile de déterminer si le bilan final entraîne un réchauffement ou un refroidissement de l'atmosphère. Enfin, le rôle des rayons cosmiques dans la création des noyaux de condensation est discutée, en particulier dans les basses couches de l'atmosphère où les aérosols semblent jouer un rôle prédominant. Par ailleurs, Eigil Friis-Christensen a reconnu en 2002 que la corrélation climat-activité solaire ne s'observait plus depuis les années 1980[3].

En 2001, Peter Stott et d'autres chercheurs du centre Hadley du Royaume-Uni ont publié un article portant sur le modèle de simulation numérique le plus complet jamais réalisé sur le XXe siècle. Leur étude comprenait à la fois les agents de forçage naturels (variations solaires et émissions volcaniques) et le forçage anthropique (gaz à effet de serre et sulfates sous formes d'aérosols). À l'instar de Lassen et de Thejll, ils trouvèrent que les facteurs naturels expliquaient un réchauffement graduel jusqu'en 1960, suivi d'un retour à des températures proches de celles de la fin du XIXe siècle, en accord avec le changement graduel du forçage solaire au cours du XXe siècle et de l'activité volcanique des dernières décennies. Ces facteurs seuls étaient incapables d'expliquer le réchauffement des dernières décennies. De façon similaire, le forçage anthropique seul ne pouvait expliquer le réchauffement de la période 1910-1945, mais se révélait nécessaire pour simuler le réchauffement depuis 1976. Cependant, en combinant tous ces facteurs intervenants, l'équipe de Stott fut en mesure de simuler précisément les changements de températures planétaires au cours du XXe siècle. Ils prédirent que l'émission continue de gaz à effets de serre causerait des montées de température futures « à un rythme similaire à celui qu'on a pu observer durant les dernières décennies.» [4] Un graphique de la relation entre les facteurs naturels et anthropiques contribuant au changement de climat est reproduite sur le rapport Climate Change 2001: The Scientific Basis du GIEC.

Dans l'édition du 6 mai 2000 du magazine américain New Scientist, Lassen et l'astrophysicien Peter Thejll, complétant l'étude de 1991 avec de nouvelles données, conclurent que bien que le cycle solaire puisse expliquer environ la moitié de l'accroissement en température observé depuis 1900, il ne pouvait en aucune manière expliquer l'accroissement de 0,4 °C depuis 1980.

En 1991, Knud Lassen de l'Institut danois de météorologie de Copenhague et son collègue Eigil Friis-Christensen[16] ont trouvé une forte corrélation entre la longueur du cycle solaire et les changements de température dans l'hémisphère Nord. Au départ, ils avaient inclus les taches solaires et les mesures de températures relevées entre 1861 et 1989, mais s'aperçurent plus tard que des enregistrements datant de quatre siècles confirmaient leur découverte. Cette corrélation permettait d'expliquer 80% des variations de température durant la période considérée[17]. Cette étude, et le graphique associé ont été par la suite contestés, car fondés sur des valeurs erronées[18]. Sallie Baliunas, une astronome du centre d'astrophysique de la Harvard-Smithsonian Institution, fut l'une des plus ardentes supportrices de la théorie que l'activité solaire « peut expliquer les changements majeurs du climat dans les 300 dernières années, en particulier le réchauffement global actuel ». Toutefois, les données indiquent que la corrélation entre les températures et l'activité solaire n'est plus valable pour les trente dernières années, cette dernière étant restée à peu près constante[19].

En 2007, le quatrième rapport[20] du GIEC estime que le forçage radiatif dû aux gaz à effet de serre produits par l'activité humaine est dix fois plus important que celui dû au rayonnement solaire[21].

Voir aussi

Personnalités ou organismes contestant l'effet de serre comme cause du réchauffement ou contestant son origine humaine

Notes et références

  1. l'année 2008 est marquée par une remarquable absence de taches solaires
  2. Ulysse révèle que l'éjection du vent solaire plasmatique est à son minimum depuis 50 ans
  3. 3,0 et 3,1 Robert Kandel, Réchauffement climatique : Soleil ou vieilles lunes ?, La Science au Présent, Encyclopédie Universalis, (2007), p. 174-179
  4. Experimental evidence for the role of ions in particle nucleation under athmospheric conditions, Proc of Royal Society, Aout 2006
  5. [1]
  6. Low cloud properties influenced by cosmic rays, The American Physical Society, Vol 85, Décembre 2000
  7. Solar variability and the earth's climate : introduction and overview, Space Science Reviews Vol 94, Novembre 2000
  8. The sun's role in climate variations, Science Vol 296 Avril 2002
  9. [2]
  10. Linkage betwwen solar activity, climate predictablity and water resource development, Journal of South African Institution of Civil Engineering, Vol 49 Juin 2007
  11. 'The Great Global Warming Swindle', March 2007
  12. Voir l'article The global-warmers were bound to attack, but why are they so feeble?, The Daily Telegraph, 17 March 2007
  13. Celestial Climate Driver: A Perspective from Four Billion Years of the Carbon Cycle, Géoscience Canada, March 2005
  14. Voir un article du Monde, Un documentaire télévisé sur le réchauffement climatique suscite une vive polémique en Grande-Bretagne
  15. Voir (en)Climate change controversies: a simple guide. Le président de la Royal Society déclara le 9 mars 2007 : « Global temperature is increasing. This warming threatens the future health and wellbeing of many millions of people throughout the world. This is especially true of those in the developing countries who are the least able to adapt and who are likely to be the worst affected. Many factors play a part in global warming but there is significant scientific evidence that greenhouse gas emissions, particularly CO2, are responsible for most of the temperature rise. If present trends continue the projected climate change will be far greater than that already experienced. Greenhouse gas emissions are something that we can and must take action on. [...] », cf (en)Royal Society, The Royal Society's response to the documentary "The Great Global Warming Swindle"
  16. Les données de Eigil Friis-Christensen et Lassen ont été utilisées dans le film The Great Global Warming Swindle, mais également artificiellement complétées par le réalisateur du film. Voir Regarding: “The Great Global Warming Swindle”, broadcast in the UK on Channel 4 on March 8, 2007
  17. voir graphique
  18. "Analysis of a number of published graphs that have played a major role in these debates and that have been claimed to support solar hypotheses [Laut, 2003; Damon and Peristykh, 1999, 2004] shows that the apparent strong correlations displayed on these graphs have been obtained by incorrect handling of the physical data"[source http://stephenschneider.stanford.edu/Publications/PDF_Papers/DamonLaut2004.pdf]
  19. Voir Solar Variability and Climate, de l'Institut Max Planck, ou plus généralement The Sun and the Earth's climate
  20. Voir rapport de synthèse 2007 du GIEC
  21. voir [3], p. 17

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