René Mittenaere
| René Mittenaere | ||
| Arme | Légion étrangère | |
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| Conflits | Seconde Guerre mondiale | |
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René Mittenaere, né le 9 mai 1913 à Jemappes, en Belgique, et mort le 14 octobre 2007, est un sous-officier belge de la Légion étrangère française et un combattant des Forces françaises libres[1]. Engagé volontaire en 1935, il sert d'abord en Afrique du Nord et au Levant. Après avoir participé à la campagne de Norvège en 1940, il rallie la France libre en Grande-Bretagne et poursuit la guerre au sein de la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), en Érythrée, en Syrie, dans le désert libyen et égyptien, en Tunisie, en Italie puis en France[2],[3].
Son état de services reproduit dans ses mémoires mentionne trois blessures au combat : le 18 juin 1944 pendant la campagne d'Italie, le 5 novembre 1944 dans les Vosges et le 23 janvier 1945 en Alsace. Les pages de présentation de son livre le disent toutefois « blessé gravement quatre fois », sans que l'extrait publié de ce relevé permette d'identifier avec certitude une quatrième blessure[2],[4].
En 1967, Mittenaere publie L'Héroïque épopée, un récit autobiographique qu'il présente comme fondé sur le carnet de campagne tenu pendant la guerre. Ce témoignage a ensuite été repris dans des publications consacrées à la 13e DBLE, notamment à propos de la campagne d'Italie et des combats de Radicofani[5],[6].
Biographie
Engagement dans la Légion et service au Levant
René Mittenaere s'engage pour cinq ans le 30 décembre 1935 à l'Intendance militaire de Laon, au titre de la Légion étrangère. Il rejoint le Dépôt commun des régiments étrangers à Sidi Bel Abbès le 13 janvier 1936, puis est affecté au 1er régiment étranger. Au printemps, il part pour le Levant et débarque à Beyrouth le 22 avril. Il y sert pendant plus de trois ans, son séjour étant prolongé en 1938[2].
Une décision de rapatriement sanitaire intervient en juillet 1939. Mittenaere quitte Beyrouth le 26 juillet à bord du Champollion et retrouve Sidi Bel Abbès à l'automne. En janvier 1940, alors que la guerre a commencé en Europe, il est affecté à un régiment de marche avant d'être désigné comme volontaire pour le corps expéditionnaire envoyé en Norvège[2].
Norvège et ralliement à la France libre
Constituée en février 1940 pour l'expédition de Norvège, la 13e DBLE est engagée au printemps dans les opérations alliées autour de Bjerkvik et de Narvik. Mittenaere y sert à la 7e compagnie. L'unité participe à la prise de Bjerkvik le 13 mai, puis aux combats de Narvik à partir du 28 mai, avant d'être évacuée lorsque l'effondrement du front français impose le retour du corps expéditionnaire[2],[3].
Mittenaere revient à Brest le 18 juin 1940, puis gagne l'Angleterre le 21. Au moment de la séparation de la demi-brigade entre les hommes qui repartent vers l'Afrique du Nord et ceux qui choisissent de continuer le combat aux côtés du général de Gaulle, il reste en Grande-Bretagne. Son état de services date son ralliement aux Forces françaises libres du 1er juillet 1940. Il est alors affecté à la 14e demi-brigade de marche de Légion étrangère, nom porté temporairement par la formation ralliée, qui reprend celui de 13e DBLE le 2 novembre[2],[3].
À la fin de l'été, il quitte la Grande-Bretagne avec son unité. Après un séjour à Douala, au Cameroun, puis un transit par Freetown, il gagne l'Afrique orientale au début de 1941[2],[3].
Afrique orientale, Syrie et guerre du désert
Avec la 13e DBLE, Mittenaere prend part à la campagne d'Érythrée contre les forces italiennes. L'unité combat notamment à Keren en mars 1941, puis à Massaoua en avril. Son état de services le fait ensuite embarquer de Massaoua le 1er mai à destination de la Palestine[2],[3].
La demi-brigade participe ensuite à la campagne de Syrie et du Liban contre les forces restées fidèles au régime de Vichy et atteint Damas en juin 1941. Mittenaere poursuit alors son service au Moyen-Orient[3].
En 1942, il participe à la guerre du désert. Son relevé de campagnes et son récit le donnent présent à Bir Hakeim, où la 1re brigade française libre résiste du 27 mai au 10 juin aux forces de l'Axe, puis lors de la seconde bataille d'El Alamein. La 13e DBLE est notamment engagée dans l'attaque d'Himeimat dans la nuit du 23 au 24 octobre. L'état de services de Mittenaere précise qu'il est affecté au 1er bataillon de la demi-brigade à compter du 1er octobre 1942[4],[3].
Il prend ensuite part à la campagne de Tunisie en 1943. Cette phase clôt, pour la 13e DBLE, près de trois années de campagnes en Afrique et au Moyen-Orient avant son engagement en Europe l'année suivante[3].
Campagne d'Italie
Mittenaere embarque à Bizerte le 18 avril 1944 et débarque à Naples deux jours plus tard[2]. Intégrée à la 1re Division française libre, la 13e DBLE entre en campagne dans le secteur du Garigliano au mois de mai. Après la rupture du front allemand, elle participe aux combats de Pontecorvo puis à la progression vers Rome et la Toscane. L'historique de l'Ordre de la Libération cite notamment, pour la demi-brigade, Pontecorvo, Monte Leucio, San Lorenzo, Acquapendente et Radicofani[3],[7].
Les 17 et 18 juin 1944, la 13e DBLE affronte des positions allemandes fortement défendues autour de Radicofani. Une étude publiée par la Fondation de la France Libre s'appuie à plusieurs reprises sur le récit de Mittenaere pour décrire la progression du 1er bataillon et les pertes subies dans ce secteur. Son état de services indique qu'il est blessé et évacué le 18 juin, date que son propre relevé de combats associe à Radicofani[6],[2],[4]. Il rejoint de nouveau sa compagnie le 18 juillet[2].
De la Provence aux Vosges et à l'Alsace
Après la campagne d'Italie, Mittenaere embarque à Tarente le 18 août 1944 et débarque en France le 20 août. La 1re DFL est alors engagée dans la campagne de Provence : après les combats de Toulon et d'Hyères, elle remonte la vallée du Rhône puis rejoint la Bourgogne et l'est de la France. Le parcours mentionné par Mittenaere passe notamment par Lyon, Autun et Dijon avant l'entrée dans les Vosges[2],[7].
Au début de novembre, la 13e DBLE mène des combats particulièrement coûteux dans le secteur de Rochesson, pour s'emparer de la cote 1013. Le 5 novembre, Mittenaere y est blessé mais reste à son poste, selon son état de services. Le dossier historique publié par l'Amicale de la 1re DFL sur ces journées le cite également parmi les légionnaires engagés dans le secteur[8],[2].
La division poursuit ensuite son offensive en direction de Belfort et du Ballon d'Alsace, dans des conditions hivernales difficiles. Les publications commémoratives de l'Amicale de la 1re DFL consacrées à cette phase des opérations désignent alors Mittenaere comme sergent-chef[9]. Après l'entrée en Alsace, il est de nouveau blessé le 23 janvier 1945 et évacué vers un hôpital de campagne. Cette blessure l'éloigne de son unité jusqu'au 22 juin 1945, après la capitulation allemande[2].
Fin de service et vie après-guerre
De retour à la 13e DBLE en juin 1945, Mittenaere reçoit encore plusieurs affectations internes au cours des mois suivants. Le 7 février 1946, il rejoint le Dépôt commun des régiments étrangers à Sidi Bel Abbès. La commission de réforme d'Oran prononce sa réforme définitive le 12 avril 1946. Son état de services indique alors qu'il est dirigé vers le dépôt de la Légion à Marseille et qu'il se retire à Chaville, en Seine-et-Oise[2].
Il publie ses souvenirs de guerre en 1967. Il meurt le 14 octobre 2007, à l'âge de 94 ans[1].
L'Héroïque épopée
Publié à Paris en 1967 par Promotion et Édition, L'Héroïque épopée retrace le parcours de Mittenaere de la Norvège à la fin de la guerre. Dans son avant-propos, l'auteur précise qu'il ne cherche pas à produire un ouvrage d'histoire : il dit reconstruire chronologiquement les événements à partir d'un cahier de notes tenu comme journal de campagne[5]. Le livre constitue ainsi avant tout un témoignage personnel, dont certains passages peuvent être rapprochés des états de services et des historiques d'unité.
Le récit a été repris dans les travaux mémoriels consacrés à la 1re DFL et à la 13e DBLE. L'Amicale de la division en a notamment publié des extraits sur la campagne d'Italie, tandis que l'étude de Giors Oneto consacrée à Radicofani dans la revue de la Fondation de la France Libre cite Mittenaere parmi les témoins de la bataille[10],[6].
Décorations et mentions honorifiques
La notice consacrée à Mittenaere dans la base Les Français Libres identifie, à partir d'une photographie de ses décorations, notamment la Légion d'honneur au grade de chevalier, la Médaille militaire et la Croix de guerre 1939-1945[1].
Le nombre total de distinctions qui lui est attribué dans les présentations de son livre doit être distingué de ces décorations identifiées. Les pages liminaires de l'édition de 1967 parlent de « plus de quatre-vingt-dix distinctions honorifiques » françaises et étrangères[4]. La présentation éditoriale de la réédition numérique porte ce total à plus de cent, évoque en même temps des brevets et diplômes et le qualifie de « l'homme le plus décoré d'Europe et peut-être même du monde actuel »[11]. Cette formule relève de la présentation promotionnelle de l'ouvrage. La fiche éditoriale ne fournit pas d'inventaire institutionnel distinguant les décorations d'État des autres distinctions, brevets et diplômes qu'elle évoque ; le total annoncé ne peut donc pas être traité comme un décompte officiel de décorations d'État.
Publication
- René Mittenaere, L'Héroïque épopée : Norvège, Érythrée, Syrie, Lybie, Tunisie, Italie, France, Allemagne, Paris, Promotion et Édition, 1967[11].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 et 1,2 « René Mittenaere », Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943 (consulté le 31 août 2026).
- ↑ 2,00 2,01 2,02 2,03 2,04 2,05 2,06 2,07 2,08 2,09 2,10 2,11 2,12 2,13 et 2,14 René Mittenaere, L'Héroïque épopée, Paris, Promotion et Édition, 1967, p. 15-17, extrait numérisé.
- ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 3,4 3,5 3,6 3,7 et 3,8 Ordre de la Libération, « 13e demi-brigade de Légion étrangère », dans « Les unités militaires Compagnon de la Libération – Armée de terre » (consulté le 31 août 2026).
- ↑ 4,0 4,1 4,2 et 4,3 René Mittenaere, L'Héroïque épopée, Paris, Promotion et Édition, 1967, pages liminaires, extrait numérisé.
- ↑ 5,0 et 5,1 René Mittenaere, L'Héroïque épopée, Paris, Promotion et Édition, 1967, avant-propos, extrait numérisé.
- ↑ 6,0 6,1 et 6,2 Giors Oneto, « Radicofani 1944, le courage d'oser (2e partie) », Fondation de la France Libre, no 57, septembre 2015, p. 10-15.
- ↑ 7,0 et 7,1 Ministère des Armées, « La 1re division française libre (DFL) », Chemins de mémoire (consulté le 31 août 2026).
- ↑ Amicale de la 1re Division française libre, « 3-7 novembre 1944 : le front des Vosges, la 13e DBLE à Rochesson, cote 1013 » (consulté le 31 août 2026).
- ↑ Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nomméesGrade - ↑ Amicale de la 1re Division française libre, « La campagne d'Italie du sergent René Mittenaere (13 DBLE) » (consulté le 31 août 2026).
- ↑ 11,0 et 11,1 FeniXX réédition numérique, « L'héroïque épopée – René Mittenaere », fiche éditoriale de l'ouvrage (consultée le 31 août 2026).
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