Tour B2, mon amour
| Tour B2, mon amour | |
| Auteur | Pierre Bottero |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Roman jeunesse |
| Version originale | |
| Langue | Français |
| Version française | |
| Éditeur | Flammarion |
| Collection | Tribal |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1er octobre 2004 |
| Couverture | Sébastien Pelon |
| Nombre de pages | 150 |
| ISBN | 2-08-162480-X |
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Tour B2, mon amour est un roman jeunesse réaliste de Pierre Bottero, publié le 1er octobre 2004 par Flammarion dans la collection Tribal[1].. Centré sur la naissance d'un premier amour entre deux adolescents, Tristan et Clélia, il prend pour cadre une cité de banlieue et aborde notamment le poids du groupe, l'affirmation de soi et la découverte de la littérature.
Le roman appartient à la veine réaliste de l'œuvre de Bottero, davantage connu pour ses cycles de fantasy. L'auteur explique avoir voulu raconter une histoire d'amour dans une cité sans nier les difficultés sociales qui s'y rencontrent, mais sans réduire ce milieu à la violence, à la drogue ou au racisme[2].. Tour B2, mon amour reçoit en 2006 le prix littéraire adolescent « J'ai lu, j'élis » à Angers et le deuxième prix des collégiens de la ville de Vannes[3]..
Genèse et publication
Dans un entretien accordé en 2006, Pierre Bottero précise que l'intrigue n'est pas inspirée d'une histoire vraie. Il relie toutefois le décor du roman à son expérience d'enseignant : il avait travaillé pendant cinq ou six ans dans un quartier qu'il qualifie de difficile. Cette expérience l'amène à contester une représentation des cités concentrée presque exclusivement sur leurs aspects les plus sombres. Son projet consiste au contraire à placer au premier plan des liens d'amitié et une histoire sentimentale, en partant de l'idée que l'expérience amoureuse n'est pas propre à un milieu social[2].
Le livre s'inscrit aussi dans l'alternance que l'écrivain cherche alors à maintenir entre imaginaire et réalisme. Bottero explique que l'écriture de romans réalistes lui permet d'approfondir les personnages et leurs relations, en contrepoint des aventures de fantasy qu'il développe parallèlement[2].
Les prénoms des deux protagonistes renvoient volontairement à de grandes histoires d'amour littéraires. Tristan fait référence à Tristan et Iseut, tandis que Clélia doit son prénom à Clélia Conti, personnage de La Chartreuse de Parme de Stendhal. Bottero indique avoir choisi ces deux références parce que les œuvres l'avaient marqué et parce que leur rapprochement l'amusait[2]. Cette filiation littéraire devient un élément de l'intrigue elle-même, puisque Clélia fait découvrir à Tristan des textes qui l'aident à mettre des mots sur ce qu'il éprouve.
La première édition, illustrée par Sébastien Pelon, compte 150 pages[3] et porte l'ISBN 2-08-162480-X[1]. Flammarion réédite le roman dans la collection Tribal en 2006 puis en 2010[3]. Une nouvelle édition paraît chez Flammarion Jeunesse le 24 mai 2017, sous l'ISBN 978-2-08-141094-7[4].. En 2018, France Loisirs réunit Tour B2, mon amour et Le Garçon qui voulait courir vite dans un même volume[5].. Une édition numérique au format EPUB est publiée par Flammarion Jeunesse en janvier 2024[6]..
Résumé
Tristan, âgé d'une quinzaine d'années, vit avec sa mère dans la tour B2 d'une cité, rue de Vienne. Il connaît les usages du quartier et reste très lié à ses amis d'enfance, notamment Mourad et Saïd, tout en refusant de se laisser entraîner dans certaines activités illicites. Un soir de pluie, il remarque une jeune fille bouleversée par la mort d'un chat. Le lendemain, il la retrouve au collège : Clélia est la nouvelle élève de sa classe.
Clélia vient d'emménager avec son père, écrivain, après avoir quitté une maison à la campagne. Solitaire, passionnée de lecture et peu familière des codes de la cité, elle se distingue par son vocabulaire, ses vêtements et sa manière d'être. Elle regrette particulièrement le jardin de son ancienne maison et un sycomore qu'elle a surnommé Tom Bombadil. Cette singularité attire les moqueries de plusieurs élèves, tandis que Tristan se sent de plus en plus intrigué par elle[7]..
Les deux adolescents se rapprochent progressivement. Leurs conversations sur un banc deviennent des moments de confidence, et Clélia ouvre Tristan à ses lectures, en particulier à La Chartreuse de Parme. Le garçon commence à prendre davantage au sérieux le collège et à s'éloigner des attentes de son groupe d'amis. Leur relation, encore mal définie, devient néanmoins difficile à assumer publiquement.
Sous la pression et les railleries de ses camarades, Tristan finit par humilier Clélia et l'embrasse de force. Blessée, elle quitte la cité et retourne vers son ancienne maison. Tristan comprend alors la gravité de son geste. Aidé par Mourad, qui cesse de tourner ses sentiments en dérision, il part à sa recherche. Il retrouve Clélia près du sycomore de son enfance ; les mots qu'ils s'adressent et se laissent par écrit leur permettent de reconnaître leurs sentiments et de se réconcilier[7].
Écriture et thèmes
Construction du récit
La narration alterne deux dispositifs. La plus grande partie du roman est racontée à la troisième personne, au plus près du point de vue de Tristan. Des chapitres brefs donnent cependant directement la parole à Clélia à la première personne, sous une forme proche du journal intime. Cette alternance oppose moins deux intrigues qu'elle ne rend perceptibles deux manières de regarder le même environnement et d'exprimer les mêmes émotions[8]..
Le contraste passe également par les registres de langue. Les échanges de Tristan avec ses camarades sont directs et familiers, tandis que la voix de Clélia se nourrit davantage de lectures, d'images et de références littéraires. Le récit fait ainsi de la langue un marqueur de différence, mais aussi un moyen de rapprochement : la lecture de Stendhal et les textes que s'échangent les deux adolescents fournissent progressivement à Tristan un vocabulaire pour comprendre et formuler ses sentiments[8].
Amour, groupe et affirmation de soi
Le premier amour constitue le moteur du récit, mais il est indissociable du regard des autres. Tristan ne doit pas seulement comprendre ce qu'il ressent ; il lui faut aussi décider jusqu'où il accepte de s'écarter des normes de son groupe. Le conflit principal naît de cette tension entre l'intimité et la peur du ridicule. L'humiliation infligée à Clélia marque l'échec de Tristan à assumer publiquement ses sentiments, tandis que la fin du roman repose sur sa capacité à reconnaître sa responsabilité et à parler en son propre nom.
Cette évolution donne au roman une dimension d'apprentissage. La relation avec Clélia modifie le rapport de Tristan aux études, aux livres et à ses amis, sans présenter sa transformation comme un changement de milieu ou d'identité. Son parcours consiste plutôt à acquérir une autonomie vis-à-vis des comportements attendus de lui.
Représentation de la cité et place de la littérature
Le cadre urbain n'est pas idéalisé : le roman évoque la violence, le chômage, les trafics et la fragilité de certains habitants. Ces éléments restent toutefois en arrière-plan d'une intrigue construite autour des sentiments et des relations quotidiennes. Ce choix correspond explicitement au projet de Bottero, qui voulait montrer que la vie dans une cité ne se réduit pas aux images négatives qui lui sont habituellement associées[2].
La littérature forme l'autre pôle du récit. Les références à Tristan et Iseut et à La Chartreuse de Parme ne servent pas seulement de clins d'œil : elles mettent en regard les grands modèles romanesques de l'amour et une relation adolescente contemporaine, située dans une tour d'habitation. Clélia tend d'abord à lire sa propre expérience à travers les livres ; Tristan, de son côté, découvre qu'il peut s'appuyer sur eux sans cesser d'être lui-même. Le roman rapproche ainsi culture littéraire et expérience ordinaire plutôt que de les opposer.
Accueil et usages scolaires
Le site spécialisé en littérature jeunesse Ricochet souligne la justesse du personnage de Tristan, notamment dans sa vulnérabilité au regard de ses camarades, mais se montre plus réservé sur la crédibilité de Clélia, jugée moins convaincante[7]. Cette réserve porte sur la caractérisation des personnages plutôt que sur le principe du récit, que le site présente comme une histoire d'amour inscrite dans un environnement urbain contemporain.
Le livre connaît par ailleurs une réception notable auprès de jurys de jeunes lecteurs. En 2006, il obtient le prix « J'ai lu, j'élis », organisé à Angers, et se classe deuxième au prix des collégiens de la ville de Vannes[3].
Il est également utilisé dans un contexte pédagogique. En 2016, une ressource d'Éduscol destinée au cycle 4 l'intègre à un panel de lectures consacré au questionnement « La ville, lieu de tous les possibles ? »[9].. Le manuel Colibris 4e de Hatier le propose de son côté comme lecture accompagnée dans un ensemble consacré aux « amours romanesques », en insistant sur l'alternance des narrateurs, la pression du groupe et le rôle de la littérature dans la relation entre Tristan et Clélia[8].
Éditions principales
- Pierre Bottero, Tour B2, mon amour, Paris, Flammarion, coll. « Tribal », 2004, 150 p., ISBN 2-08-162480-X[3].
- Pierre Bottero, Tour B2, mon amour, Flammarion Jeunesse, 2017, ISBN 978-2-08-141094-7[4].
- Pierre Bottero, Tour B2 mon amour ; Le Garçon qui voulait courir vite, Paris, France Loisirs, 2018, ISBN 978-2-298-14131-3[5].
- Pierre Bottero, Tour B2 mon amour, Flammarion Jeunesse, édition numérique, 2024, ISBN 978-2-08-044718-0[6].
Notes et références
- ↑ 1,0 et 1,1 « Tour B2 mon amour », sur Decitre (consulté le )
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 « Interview Pierre Bottero : Calou, l'ivre de lecture (2006) », sur Marchombre.fr (consulté le )
- ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 « Pierre Bottero : bio-bibliographie », sur Centre national de la littérature pour la jeunesse, Bibliothèque nationale de France, (consulté le )
- ↑ 4,0 et 4,1 « Tour B2 mon amour », sur Fnac (consulté le )
- ↑ 5,0 et 5,1 « Tour B2 mon amour ; Le garçon qui voulait courir vite / Pierre Bottero », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France (consulté le )
- ↑ 6,0 et 6,1 « Tour B2 mon amour – eBook », sur Fnac (consulté le )
- ↑ 7,0 7,1 et 7,2 « Tour B2 Mon Amour », sur Ricochet (consulté le )
- ↑ 8,0 8,1 et 8,2 « Colibris 4e, livre du professeur », sur Hatier, (consulté le )
- ↑ « La ville, lieu de tous les possibles ? – Panels de lecture », sur Éduscol, ministère de l'Éducation nationale, (consulté le )
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