Avi Bitton

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Avi Bitton est un avocat français, né à Casablanca et inscrit au barreau de Paris depuis 2003. D'abord formé au droit bancaire et financier, il exerce ensuite principalement en droit du travail, avec une activité centrée sur les cadres et les cadres dirigeants, et intervient également en droit pénal[1],[2].

Après un début de carrière chez Clifford Chance, marqué par un conflit autour de son engagement syndical, il s'installe à son compte en 2005[3]. Il siège ensuite au Conseil de l'Ordre des avocats de Paris et au Conseil national des barreaux[2], puis fonde en 2011 le Manifeste des avocats collaborateurs (MAC), syndicat consacré notamment au statut et aux conditions d'exercice des avocats collaborateurs[4]. Dans les années 2020, sa présence sur les réseaux sociaux acquiert une forte visibilité grâce à des vidéos de vulgarisation et de communication professionnelle ; le ton combatif de certaines d'entre elles et les méthodes de négociation qu'il revendique suscitent aussi des critiques au sein de la profession[1].

Jeunesse et formation

Avi Bitton naît à Casablanca et arrive en France à l'âge de sept ans. Après une scolarité qui l'oriente d'abord vers un CAP de vente, il poursuit une filière STT puis entreprend des études de droit. Le Point, qui retrace ce parcours en 2025, souligne le contraste entre ces débuts scolaires et la suite de sa formation universitaire[1].

Il obtient à la Sorbonne un magistère en droit privé et public des activités économiques et un diplôme d'études approfondies (DEA) en droit économique français et européen, puis un Master of Laws (LLM) en droit bancaire et financier à la London School of Economics[5]. Sa notice professionnelle mentionne également des charges d'enseignement à la Sorbonne en 2006-2007 et 2008-2009, puis à l'École supérieure de gestion de Paris en 2016[5]. Il est inscrit au barreau de Paris depuis 2003[2].

Débuts professionnels et cabinet

Avi Bitton rejoint le bureau parisien de Clifford Chance, où il travaille en droit bancaire et financier. Il y crée une section de la CFTC afin de contester notamment les horaires et les conditions de travail des collaborateurs. Selon Le Monde, le cabinet se voit d'abord refuser son licenciement ; le conflit se conclut en septembre 2005 par son départ, dans le cadre d'un accord dont les termes restent confidentiels[3]. Il s'installe alors à son compte et constitue progressivement sa propre clientèle[3].

Son activité se déplace vers le droit du travail, en particulier la défense et le conseil de cadres. Au milieu des années 2020, son cabinet resserre son positionnement autour des négociations de départ de cadres supérieurs et de dirigeants. Fin 2025, Le Point relève qu'il privilégie alors les accords négociés aux procédures contentieuses[1]. En 2026, Le Monde le présente de même comme le fondateur d'un cabinet spécialisé en droit social qui conseille des cadres lors de leurs négociations de départ[6].

Activité d'avocat

Droit du travail

Sa pratique en droit du travail porte notamment sur les licenciements et ruptures négociées, ainsi que sur les situations de harcèlement et de discrimination[5]. Plusieurs dossiers médiatisés concernent des discriminations liées à l'origine. En 2012, il représente la Licra, partie intervenante dans une procédure au terme de laquelle le conseil de prud'hommes de Paris condamne Natixis pour discrimination raciale envers un cadre[7]. En 2017, il est l'avocat d'un salarié de la SNCF auquel le conseil de prud'hommes de Bobigny accorde plus de 40 000 euros après avoir retenu une discrimination en raison de son origine[8].

La situation des avocats collaborateurs constitue par ailleurs un thème récurrent de son activité professionnelle et syndicale. Interrogé en 2018 à propos du harcèlement dans les cabinets d'avocats, il souligne la vulnérabilité particulière des collaborateurs exerçant sous statut libéral, qui ne relèvent pas du Code du travail et dont le contrat peut être rompu sans avoir à motiver la décision[9].

Droit pénal

Sa pratique comprend également des dossiers pénaux. Il représente notamment plusieurs parties civiles dans le dossier de l'attentat de la rue des Rosiers. Lors de l'arrestation en Norvège, en septembre 2020, d'un homme soupçonné d'avoir participé à l'attentat de 1982, Le Parisien le cite comme avocat de plusieurs victimes constituées parties civiles[10].

Mandats professionnels et activité syndicale

Avi Bitton est élu au Conseil de l'Ordre des avocats de Paris pour la mandature 2010-2012, puis réélu en 2012 pour la mandature 2013-2015[5],[11]. Il siège ensuite au Conseil national des barreaux pendant les mandatures 2012-2014 et 2015-2017 ; une notice de son éditeur le présente également comme ancien vice-président de la commission du CNB chargée des avocats collaborateurs[5],[2]. De 2018 à 2023, il est membre du conseil de discipline de l'Ordre selon sa notice professionnelle, et figure encore dans la composition officielle de cette instance en 2023[5],[12].

En 2011, il fonde le Manifeste des avocats collaborateurs (MAC). Le syndicat défend les intérêts des avocats collaborateurs et des avocats en cours d'installation, notamment sur les questions de statut, de protection sociale, de déontologie et de représentation professionnelle[4]. Avi Bitton en est président jusqu'en 2017, puis en devient secrétaire général ; le site du MAC le présente toujours dans cette fonction en 2026[13]. Le site de l'organisation, dont il est directeur de la publication, assume par ailleurs un registre revendicatif et volontiers polémique dans ses billets sur la vie du barreau[13],[14].

Son engagement ordinal comprend aussi des contestations judiciaires portant sur le fonctionnement du barreau. Avec Elizabeth Oster et Élisabeth Cauly, également membres du Conseil de l'Ordre, il participe à une action contre l'approbation des comptes 2012 de l'Ordre. La cour d'appel de Paris annule en 2016 les délibérations concernées pour défaut d'information et de transparence ; le pourvoi du Conseil de l'Ordre est rejeté par la Cour de cassation en octobre 2017[15].

Le ton du MAC et les interventions de son fondateur ont également donné lieu à des procédures disciplinaires. En 2014, un article du site consacré au statut professionnel de Jeannette Bougrab au cabinet Mayer Brown est examiné par le conseil de discipline. Celui-ci met Avi Bitton hors de cause pour les faits relatifs à ce texte, en tenant notamment compte de la liberté d'expression syndicale. Dans une autre affaire portant sur son intervention dans un conflit du travail entre avocats, il reçoit en revanche un avertissement[16].

Publication et médiatisation

En septembre 2018, Avi Bitton publie chez LGDJ Le procès au conseil de prud'hommes, un ouvrage pratique consacré à la procédure prud'homale après les réformes intervenues entre 2008 et 2018 et à son articulation avec les procédures pénale, administrative et de sécurité sociale[2].

Dans les années 2020, sa présence sur les réseaux sociaux devient une composante importante de son activité. En décembre 2025, Le Point estime que ses vidéos cumulent environ huit millions de vues par mois[1]. En mai 2026, Actu-Juridique indique qu'il est suivi par environ 1,7 million de personnes tous réseaux confondus. Il y présente lui-même cette activité à la fois comme un moyen de diffuser des informations juridiques et comme un outil de visibilité auprès de clients potentiels, en particulier les cadres dirigeants souhaitant négocier leur départ[17].

Cette stratégie de communication est aussi discutée. Le Point rapporte les critiques de confrères défendant des employeurs, qui jugent ses méthodes de négociation excessivement agressives ; la présidente de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines qualifie par ailleurs de caricaturale l'une de ses vidéos sur les DRH. Avi Bitton assume pour sa part utiliser, dans certains dossiers, la perspective d'une médiatisation et le risque réputationnel comme leviers de négociation[1]. Fin 2025, une vidéo dans laquelle il évoque les obstacles sexistes rencontrés selon lui par les jeunes femmes souhaitant exercer comme pénalistes provoque les réactions de plusieurs avocates pénalistes, qui lui reprochent d'entretenir les stéréotypes qu'il dit vouloir dénoncer. Il retire rapidement la vidéo et reconnaît avoir mal formulé son propos[1].

Références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 et 1,6 Nicolas Bastuck, « Avi Bitton, l'enfant terrible du droit du travail », Le Point, 29 décembre 2025.
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 et 2,4 « Le procès au conseil de prud'hommes », LGDJ, 2018.
  3. ↑ 3,0 3,1 et 3,2 Pascal Ceaux, « Un conflit entre un avocat et son ancien cabinet retombe sur un client », Le Monde, 17 mai 2006.
  4. ↑ 4,0 et 4,1 « Manifeste des avocats collaborateurs », Barreau de Paris, mise à jour le 29 novembre 2024.
  5. ↑ 5,0 5,1 5,2 5,3 5,4 et 5,5 « Avi Bitton, avocat associé », Avi Bitton Avocats Associés, consulté le 10 septembre 2026.
  6. ↑ Frédéric Brillet, « Les plans sociaux déguisés se multiplient dans les entreprises », Le Monde, 1er juillet 2026.
  7. ↑ « Natixis condamné pour discrimination raciale contre un de ses cadres », Le Parisien, 27 décembre 2012.
  8. ↑ « Discrimination : la SNCF condamnée à verser plus de 40 000 euros à un salarié », Le Parisien, 30 mai 2017.
  9. ↑ Charlotte Bouvier, « Les jeunes avocates, harcelées et sans recours », blog « Libertés surveillées », Le Monde, 4 mai 2018.
  10. ↑ « Attentat de la rue des Rosiers : 38 ans après, une arrestation inespérée en Norvège », Le Parisien, 9 septembre 2020.
  11. ↑ « Élections ordinales Paris 2012 : résultats du 2nd tour », Le Monde du droit, 2012.
  12. ↑ « Organisation du Conseil de l'Ordre 2023 », Barreau de Paris, 2023.
  13. ↑ 13,0 et 13,1 « Le Manifeste des Avocats Collaborateurs », site du MAC, consulté le 10 septembre 2026.
  14. ↑ « Mentions légales », Manifeste des avocats collaborateurs, consulté le 10 septembre 2026.
  15. ↑ Laurence Garnerie, « Pas d'irrégularité pour l'élection 2016 au bâtonnat de Paris », Gazette du Palais, n° 40, 21 novembre 2017.
  16. ↑ Pascal Ceaux, « Affaire Bougrab : le conseil de discipline donne raison à Me Avi Bitton », L'Express, 25 février 2014, mis à jour le 26 février 2014.
  17. ↑ Sophie Tardy-Joubert, « Les réseaux sociaux pour les avocats, entre publicité et accès au droit, faut-il choisir ? », Actu-Juridique, 11 mai 2026.

Liens externes

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