François Fougère
| François-Marie-Jacques Fougère | |
| Naissance | Angoulême (Charente) |
|---|---|
| Décès | (à 73 ans) Rabat (Maroc) |
| Origine | |
| Arme | Artillerie |
| Grade | Général de corps d'armée |
| Commandement | Artillerie du Maroc ; région militaire de Marrakech ; 24e corps d'armée ; troupes françaises du Levant |
| Conflits | Première Guerre mondiale ; Seconde Guerre mondiale |
| Distinctions | Grand officier de la Légion d'honneur |
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François-Marie-Jacques Fougère, généralement appelé François Fougère, né le à Angoulême et mort le à Rabat, est un général français issu de l'artillerie. Après avoir exercé des commandements au Maroc et en Syrie, il dirige le 24e corps d'armée pendant la bataille de France de 1940, puis les troupes françaises du Levant après l'armistice[1],[2].
Biographie
Formation et commandements avant 1940
François Fougère commence sa carrière dans l'artillerie. Nommé sous-lieutenant en 1903, puis capitaine en 1913, il participe à la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il reçoit plusieurs citations. Devenu chef d'escadron en 1919, il occupe ensuite différents postes dans les régiments d'artillerie et les états-majors, notamment au Gouvernement militaire de Paris et auprès du Conseil supérieur de la guerre. Il est promu lieutenant-colonel en 1926, puis colonel en 1928[1],[3].
Sa carrière prend ensuite une dimension coloniale. Promu général de brigade le 20 mars 1933, il commande l'artillerie française au Maroc de juin 1933 à juillet 1936. Affecté au Levant, il prend en août 1936 le commandement des territoires du Sud syrien, qu'il conserve jusqu'en février 1938. Entre-temps, il est promu général de division le 18 septembre 1937. Il rejoint alors le Maroc, où il dirige la division territoriale puis la région de Marrakech jusqu'au début de l'année 1940[2],[1].
La bataille de France
En février 1940, François Fougère reçoit le commandement du 24e corps d'armée. Lors de la seconde phase de l'offensive allemande, au début du mois de juin, celui-ci relève de la 7e armée du général Aubert Frère, au sein du groupe d'armées no 3. Son quartier général est établi à Giraumont, dans l'Oise. Ses unités tiennent une partie du dispositif défensif français organisé le long de la Somme, de l'Oise et du canal de l'Oise à l'Aisne, notamment dans la région de Chauny et de Manicamp[4].
La composition du corps d'armée varie au fil des opérations. Parmi les grandes unités placées sous ses ordres figurent la 3e division légère d'infanterie du général Duchemin, la 23e division d'infanterie du général Jeannel, la 87e division d'infanterie d'Afrique du général Henry Martin et la 7e division d'infanterie coloniale du général Noiret[5]. La 11e division d'infanterie, commandée par le général Paul-Hippolyte Arlabosse, est mise à sa disposition le 6 juin, au lendemain de la reprise de l'offensive allemande sur ce front[6].
Malgré la résistance des divisions françaises sur l'Oise et l'Ailette, le front est percé et les unités du 24e corps d'armée se replient vers le sud. La 11e division couvre notamment leur flanc dans les combats de l'Aisne, puis autour de Villers-Cotterêts et de Crépy-en-Valois, avant d'être rattachée au 1er corps d'armée le 13 juin. Dans un témoignage rédigé quelques mois après les événements, François Fougère souligne le rôle joué par cette division dans la retraite de son corps, de la Somme jusqu'à la Vienne[6],[4].
Le commandement au Levant et la fin de carrière
Le 15 juillet 1940, après la défaite française, François Fougère est nommé commandant supérieur des troupes du Levant, en Syrie et au Liban, alors sous mandat français. Il obtient le 22 juillet le rang et l'appellation de général de corps d'armée. Son commandement s'inscrit dans le contexte du régime de Vichy, dont l'autorité est contestée par des militaires qui cherchent à poursuivre la guerre aux côtés des Britanniques et de la France libre[2],[7].
En novembre 1940, à la demande de la commission italienne d'armistice présente à Beyrouth, il transmet un état des militaires français passés en territoire sous contrôle britannique. Étudié par l'historien Robin Leconte, ce document fait état d'environ 700 départs entre le 26 juin et le 31 octobre 1940, sur quelque 45 000 militaires alors présents au Levant. Il témoigne des tensions entre le maintien de l'autorité militaire de Vichy et les premiers engagements en faveur de la France libre[7].
À la fin de décembre 1940, François Fougère devient adjoint au commandant en chef des troupes du Levant. Il cesse ces fonctions le 26 mai 1941 et passe dans la deuxième section du cadre des officiers généraux. Admis à la retraite en décembre 1943, il est rayé des cadres de l'armée en mars 1944. Il meurt à Rabat le 18 juillet 1954, à l'âge de 73 ans[1],[2].
Distinctions
François Fougère est notamment titulaire des décorations suivantes[3] :
- grand officier de la Légion d'honneur ;
- croix de guerre 1914-1918, avec sept citations ;
- croix de guerre 1939-1945, avec une citation ;
- Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieurs, avec trois citations ;
- Médaille coloniale ;
- grand officier de l'Ouissam alaouite.
Préface
- Paul-Hippolyte Arlabosse, La Division de fer dans la bataille de France. 10 mai-25 juin 1940, Paris, Charles-Lavauzelle, 1943. François Fougère signe la préface de cet ouvrage consacré aux combats de la 11e division d'infanterie ; elle est datée du 25 décembre 1940[6],[8].
Notes et références
- ↑ 1,0 1,1 1,2 et 1,3 « Général Fougère », dossier biographique sur le site ATF40, notamment contributions de Crosnier et d'avz94, novembre 2020. Le dossier individuel du général est conservé au Service historique de la Défense, sous la cote 13 Yd 1033.
- ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Steen Ammentorp, « François-Marie-Jacques Fougère », Generals of World War II.
- ↑ 3,0 et 3,1 « Général de corps d'armée Fougère », Musée des Étoiles, notice consacrée à son uniforme et à ses décorations.
- ↑ 4,0 et 4,1 « Les combats de 1940 sur l'Ailette », Picardie 1939-1945, 10 janvier 2016.
- ↑ « Le 12e R.E.I. dans la bataille de France en 1940 », Fédération des sociétés d'anciens de la Légion étrangère, 2016.
- ↑ 6,0 6,1 et 6,2 François Fougère, préface à Paul-Hippolyte Arlabosse, La Division de fer dans la bataille de France. 10 mai-25 juin 1940, 5e éd., Charles-Lavauzelle, 1946, p. 5-7. Préface datée du 25 décembre 1940.
- ↑ 7,0 et 7,1 Robin Leconte, « Inventer une désobéissance collective durant l'été 1940 ? Les militaires du Levant face aux armistices et à Mers el-Kébir », Cahiers de la Méditerranée, no 109, 2024, p. 23-41, DOI : 10.4000/14aua.
- ↑ « La Division de fer dans la bataille de France », notice bibliographique d'un exemplaire de la 4e édition, Charles-Lavauzelle, 1943, Livre-rare-book.
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